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Les Français boudent la retraite progressive

man-272675_640Notre système des retraites semble avoir trouvé ses limites et les Français en ont conscience. Ainsi, ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de retarder leur départ à la retraite. Parmi toutes les alternatives possibles pour continuer à travailler, la retraite progressive ne remporte pas tous les suffrages. Pourtant, elle est plus avantageuse que le fait de repousser son départ à la retraite et même plus intéressante que le cumul emploi-retraite.

D’après l’INSEE, 452 000 personnes continuaient à travailler tout en touchant une pension de retraite en 2013. D’ailleurs, le 20h de France 2 du 21 septembre 2015 nous dépeint trois profils de personnes retraitées qui continuent à travailler. Plusieurs raisons motivent leur choix : pour arrondir leurs fins de mois, garder une vie sociale ou encore transmettre leur savoir.

Lorsque les retraités souhaitent continuer à travailler, ils ont plusieurs options. Cependant, seul le cumul emploi-retraite semble susciter leur intérêt. Pourtant, depuis le 1e janvier 2015, il est moins avantageux qu’avant.

En effet, le dispositif du cumul emploi-retraite avait pour objectif premier d’inciter les retraités à rester en activité tout en obtenant de nouveaux droits à la retraite. Mais depuis le 1er janvier 2015, les règles du cumul emploi-retraite ont changé et sont devenues moins généreuses qu’avant, afin de soulager les régimes de retraites complémentaires (AGIRC et ARRCO).

Depuis le début de l’année, en effet, que vous fassiez le choix du cumul intra-régime (reprendre une activité qui dépend du même régime d’assurance retraite que celui qui vous verse votre pension) ou inter-régime (reprendre une activité qui dépend d’un régime de retraite différent de celui dont vous relevez), votre nouvelle activité ne vous permet plus d’obtenir de nouveaux droits à la retraite. En clair, en reprenant une activité, vous cotisez désormais pour rien.

Les conditions d’accès à ce dispositif sont également durcies. En effet, sauf exceptions, si vous n’avez pas atteint l’âge d’obtention de la retraite à taux plein automatique (par exemple, 67 ans si vous êtes né(e) à partir de 1955) ou si vous n’avez pas liquidé votre retraite à taux plein (en ayant atteint l’âge légal et justifiant d’une durée d’assurance minimum, soit 62 ans et 166 trimestres si vous êtes né(e) à partir de 1955), le montant de votre pension de retraite sera alors réduit. Concrètement, le montant cumulé de vos revenus professionnels et de vos pensions de retraite sera plafonné à 2 332,03 euros.

Mais, malgré tous ces inconvénients, les retraités ne se tournent pas pour autant vers la retraite progressive.

Pourquoi la retraite progressive ne séduit-elle pas ?

Fin 2014, on dénombrait 371 500 retraités ayant recours au cumul emploi-retraite contre seulement 3 000 personnes qui bénéficiaient de la retraite progressive. La retraite progressive permet de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une partie de sa pension de retraite.

Pourtant, contrairement au cumul emploi-retraite, la réforme de janvier 2014 a assoupli les conditions d’accès à ce dispositif. Ainsi, pour en bénéficier, vous devez avoir 60 ans minimum et avoir réuni 150 trimestres d’assurance tous régimes de retraite obligatoires confondus. Aussi, la durée de travail à temps partiel doit être comprise entre 40% et 80% de la durée d’un temps plein.

Autre avantage : la retraite progressive permet au bénéficiaire de continuer à cotiser et à valider des trimestres ce qui n’est plus le cas du cumul emploi-retraite.

De ce fait, d’un point de vue financier, la retraite progressive est plus avantageuse que le cumul emploi-retraite. Cependant, ce dispositif ne convainc pas.

En effet, les entreprises ne cherchent pas forcément à garder leurs seniors à temps partiel et privilégient d’autres solutions. À 59 ans, un senior sur deux est hors du marché du travail, alors qu’ils n’ont, pour la plupart, pas encore l’âge légal de départ à la retraite. À 60 ans, ils ne sont plus que trois sur dix à être actifs, puis un sur sept à 63 ans (Document d’études sur l’emploi des seniors de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques).

Par ailleurs, la retraite progressive reste moins connue que le cumul emploi-retraite, ce qui explique que peu de retraités, encore, se tournent vers cette solution.

Ainsi, pour gonfler sa retraite, plusieurs solutions existent. Cependant, pour améliorer ses revenus sans être obligé de travailler, même après avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite, mieux vaut anticiper cette échéance capitale et épargner le plus tôt possible.

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