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Marchés émergents : le carnet du voyage en Asie de Gemway Assets

Investissement - bluekite

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Les membres de la petite équipe de Gemway Assets continuent de sillonner les pays émergents, de façon à s’assurer qu’ils investissent à bon escient dans les firmes de contrées au parfum d’exotisme et, aussi, afin de dénicher des dossiers prometteurs. Dernier voyage en date : Bangkok et Kuala Lumpur.

Lors des huit jours qu’ils ont passés en Asie, les spécialistes de Gemway Assets ont été en contact avec une trentaine de sociétés de la région Asean et fait le point sur l’avancement des réformes dans cette partie du monde. Ce genre de voyages est également l’occasion de participer à des conférences internationales où de nombreuses sociétés se présentent aux investisseurs venus d’un peu partout.


450 millions d’habitants dans quatre pays

« Nous avons rencontré Maybank, Public Bank, Banco de Oro, dans le secteur bancaire, Axiata, Maxis, AIS, PLDT, Tower Bersama, dans celui des télécommunications, Matahari Department Stores, Mitra Adiperkasa, Nestlé Malaysia, Century Pacific, dans celui de la consommation, indiquent les experts voyageurs, et une vingtaine d’autres sociétés dans divers secteurs. La région attire de nouveau les investisseurs et le sentiment commence à s’améliorer. Les performances boursières depuis le début de l’année sont encourageantes, dans un contexte de retournement des devises. Les disparités entre les pays persistent néanmoins. »

L’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et la Malaisie rassemblent 450 millions d’habitants. La capitalisation boursière agrégée de ces quatre pays est supérieure à 850 milliards de dollars. L’économie thaïlandaise tourne quelque peu « au ralenti » depuis le coup d’État militaire de janvier 2014. Sont attendus, en juillet 2016, un référendum sur la nouvelle Constitution et, d’ici à octobre 2017, des élections parlementaires. Le gouvernement cherche actuellement à relancer la consommation avec des aides fiscales et sociales.

« On espère un rebond de la demande privée, ajoutent les spécialistes de Gemway Assets, mais le consommateur (rural à 50 %) est très endetté (80 % du PIB) et les perspectives de l’industrie agricole sont moroses. En réalité, on compte surtout sur l’exécution des projets publics. La direction de Siam Cement, observent-ils, s’attend à une progression des ventes de ciment de 3 % à 5 % en volume en 2016, après 0 % enregistré en 2015, mais principalement tirées par les projets publics plutôt que par le secteur privé. Siam Cement est le plus grand et le plus ancien groupe industriel thaïlandais. Il est présent dans la chimie, le ciment, les matériaux de construction et l’emballage. Dans le ciment, le groupe table sur des volumes en hausse de 3 % à 5 % en Thaïlande, de 6 % ou 7 % en Indonésie et de 8 % au Vietnam. »

Autre valeur en vue : Major Cineplex, principal opérateur de salles de cinéma en Thaïlande, avec six cents écrans (soit une part de marché de 70 %). Du fait de l’expansion de la classe moyenne jeune (l’âge moyen en Asean est de trente ans), le cinéma est un loisir social et culturel de « premier ordre ». Le ticket d’entrée est relativement abordable (l’équivalent de 4 €-4,50 €). Aujourd’hui, l’essentiel des films projetés est des productions hollywoodiennes. La société s’inspire du modèle coréen et vient de signer un partenariat pour la production d’un premier film thaïlandais…

Projets d’infrastructures en Indonésie

Forte de du ratio PIB/habitant le plus élevé de la région (plus de 8 500 $), la Malaisie enregistre une croissance économique toujours solide, de près de 4 %. Toutefois, les finances publiques y sont « mises à mal » par la baisse du prix du pétrole (30 % des recettes fiscales via Petronas, le pétrolier national), alors que l’« ombre » d’une dégradation de la note du pays appelle à une rigueur fiscale. Le ratio dette/PIB approche « dangereusement » de la limite des 55 % prévue par la Constitution.

« L’introduction d’une TVA de 6 % en avril 2015 vient compenser partiellement le manque à gagner, mais pénalise le pouvoir d’achat des consommateurs, déjà très endettés, font remarquer les gérants. La direction de Public Bank (meilleure banque du pays en termes de croissance, de gains de parts de marché et de gestion des coûts) nous avertit de la faiblesse de la demande à venir. Elle table sur une hausse du crédit de 8 % ou 9 % seulement. La seconde hausse du salaire minimum en cinq ans (de 11 % cette fois) devrait aider le sentiment, mais va peser sur les marges des entreprises. »

L’Indonésie pourrait désormais susciter davantage d’intérêt. Le président BH Jokowi, ayant « redistribué les cartes politiques », se focalise sur l’exécution des projets d’infrastructures. Le fondateur de Lazada, premier site d’e-commerce en Asie du Sud-Est, souligne que l’Indonésie est le « pire élève » quant à l’offre en logistique dans la région, ce qui pousse la société à y investir massivement. Le risque concerne les revenus : le déficit fiscal ne peut, constitutionnellement, dépasser le seuil de 3 % du PIB, tandis que les entrées fiscales ont été « source de déception » en 2015.

« Moins de 1 % de la population paie des impôts, précisent les spécialistes. L’évasion fiscale est un sujet national sur le lequel le gouvernement pourrait voter une amnistie d’ici à juin. La direction du principal promoteur immobilier (centres commerciaux, résidentiel, bureau), Lippo Karawaci, est très optimiste sur cette mesure et pense qu’une partie des 200 milliards de dollars de capitaux indonésiens logés à Singapour pourrait revenir et être investie dans l’immobilier. En attendant, la consommation repart doucement. »

Aux Philippines, le ratio PIB/habitant devrait bientôt franchir le seuil symbolique des 3.000 $. Les transferts des travailleurs émigrés philippins et le secteur de la sous-traitance informatique assurent une source de revenus en devise stable et de plus en plus importante. Les ménages sont peu endettés, comme le relève la direction de Banco de Oro, première banque du pays et membre du conglomérat SM Group. Elle prévoit une croissance des prêts de 12 % ou 13 %. Par ailleurs, l’investissement public pourrait repartir après les élections présidentielles de mai prochain.

Surpondération de la Chine et de l’Inde

Les organismes de placement collectif spécialisés sur les marchés émergents, souvent gérés sous des bannières de droit étranger, ne manquent pas. GemEquity (Gemway Assets) est loin d’avoir acquis la notoriété d’un Magellan (Comgest) ou d’un Carmignac Emergents (Carmignac Gestion), mais il fait partie des bons outsiders pour qui souhaite miser, en diversification, sur un meilleur comportement d’ensemble des pays en développement dans les années qui viennent.

« Notre positionnement a progressivement évolué au cours du mois dernier vers une repondération des secteurs industrie, énergie et consommation courante, explique Michel Audeban, directeur général, en charge du développement, de Gemway Assets. Parallèlement, nous avons renforcé sélectivement nos lignes en Russie (en privilégiant Magnit, le leader de la distribution, et la Bourse moscovite, Moscow Exchange) et au Brésil (augmentation de notre position sur Weg, le fabricant de moteurs électriques industriels). Notre pondération cyclique est passée de 25,4 % à près de 30 %. »

« Nous avons soldé nos actions Samsonite, après l’annonce de l’acquisition de Tumi. Si, poursuit-il, l’opération fait beaucoup de sens au niveau industriel, elle est relativement onéreuse et accroît sensiblement la dette du groupe. Nous restons positifs sur la valeur à long terme, mais estimons que le cours boursier est limité à moyen terme. Nous avons également vendu nos Sonatel en Afrique de l’Ouest (peu de liquidité et faible progression des résultats) et arbitré, en Corée, nos SK Hynix au profit de Samsung Electronics. Nous affichons une certaine prudence sur les perspectives de la mémoire (Dram et Nand), principale source de revenus de SK Hynix. En revanche, nous sommes optimistes sur le nouveau smartphone de Samsung (modèles S7 et S7Edge). »

Géographiquement, la Chine reste le marché le mieux représenté dans le fonds, avec 29 % de l’actif (soit 5 points de plus que dans l’indice MSCI Emerging Markets). Les valeurs choisies se trouvent parmi les valeurs de croissance structurelle dans les secteurs de l’e-commerce, de l’assurance-vie et de la santé. L’Inde correspond désormais à près de 12 % de l’actif (soit 3,5 points de plus que son poids indiciel). Le groupe industriel Reliance a fait l’objet d’un renforcement. En Corée et à Taiwan (17,4 % de l’actif, contre 14,6 % dans l’indice global), les investissements sont concentrés sur les leaders technologiques (comme Samsung Electronics et TSMC). En plus de la Russie et du Brésil, le fonds est également investi en Turquie et en Afrique, ainsi qu’en Indonésie et aux Philippines.

Michel Lemosof (ancien rédacteur en chef adjoint pour Investir)

Attention ! Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Avant d’investir, consultez le Mémento de l’investisseur en Bourse.

 

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