Ce sera pour début juillet au plus tard a annoncé Marisol Touraine. La ministre française des Affaires sociales et de la Santé, fraîchement nommée, s’est engagée ce matin sur France 2 à ce que le décret rétablissant partiellement la retraite à 60 ans soit publié rapidement.
«Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou à 19 ans, qui ont leur 41 annuités de cotisations pourront partir à 60 ans et non pas à 62 ans comme c’est le cas aujourd’hui», a-t-elle affirmé.
Avec ou sans périodes de chômage ?
Mais cette promesse symbolique du nouveau président de la République, qui devrait concerner 150 000 personnes par an, ne se fera pas sans concertation. Car les trimestres validés au titre du chômage ou des majorations pour enfants posent déjà problème.
«Il est indispensable de discuter des modalités d’application», exige Bernard Thibault. Faute de quoi, «cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement», a menacé Jean-Claude Mailly (FO) la semaine dernière, rapporte LeFigaro.fr.
François Hollande a rappelé qu’il faudrait avoir effectivement cotisé 41 annuités, et que ces trimestres validés au titre du chômage ou de la maternité ne seraient pas pris en compte. Or les syndicats demandent un assouplissement.
« Qui sera concerné exactement par cette mesure ? Nous voulons en discuter », explique Eric Aubin, le « M. Retraites » de la CGT, sur LesEchos.fr.
« Cette mesure sera de toute façon bénéfique, mais on peut encore l’améliorer, notamment pour tenir compte de certaines situations de chômage ou de la maternité », ajoute Jean-Louis Malys (CFDT).
Marisol Touraine s’est néanmoins avancée ce matin sur les congés maternité qui seraient comptabilisés, de même que les périodes de service militaire. En revanche, pour les périodes de chômage, il faudra attendre la rencontre prévue la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.
Un obstacle financier
« J’ai demandé hier à Marisol Touraine, nouvelle ministre, dès sa prise de fonction, d’engager la concertation avec les partenaires sociaux avant de rédiger définitivement le projet de décret», a confirmé de son côté Jean-Marc Ayrault sur France Inter.
Le Premier ministre a indiqué que son arbitrage se ferait après cette consultation et au vu des contraintes budgétaires.
Jean-Marc Ayrault par franceinter
Car le principal obstacle sera bel et bien financier, rappelle Le Figaro.
« La mesure, dans sa version restreinte, devrait déjà coûter jusqu’à 5 milliards par an (financés par une hausse des cotisations) au seul régime de base. Peut-être ces syndicats se montreront-ils moins velléitaires lorsqu’il s’agira de la transposer aux régimes complémentaires Agirc-Arrco, qu’ils cogèrent avec le patronat. Le coût est estimé à environ 50 % de celui pesant sur le régime de base »
Un bon test en tout cas en prévision d’une concertation beaucoup plus vaste qui aura lieu par la suite sur l’ensemble du système de retraites. Âge légal, durée de cotisation, financement, rapprochement des règles entre régimes, pénibilité,…
Et dire que la réforme des retraites est entrée en vigueur il y a moins d’un an. Déconcertant non ?
AB








