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Pension de retraite : sur le chemin de la parité hommes/femmes ?

Vendredi 11 janvier 2013

33% de moins. Tel est l’écart parlant des niveaux de retraite des femmes par rapport aux hommes constaté en 2009, selon le dernier numéro de Retraite et société publié par la CNAV. En 2029, cet écart serait encore de 24% !

Autant dire que la réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes semble un chemin bien long, sinueux et sans issue véritable. C’est pourtant l’un des objectifs de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme sur les retraites.

Plusieurs phénomènes sont avancés par cette publication pour expliquer ces écarts et cette réduction bien mince.

Après le 1er enfant…

Le chiffre : 38% des femmes arrêtent temporairement de travailler après leur 1er enfant. C’est surprenant par rapport à la vision de la société que l’on souhaiterait avoir. Mais le constat est là : les femmes sont moins nombreuses sur le marché du travail parce qu’elles assument un rôle encore dominant à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches domestiques.

Pour les jeunes générations, s’il est désormais rare pour une femme de rester au foyer, il demeure fréquent qu’elle s’arrête temporairement de travailler après une naissance. Ainsi, 38 % des femmes ne travaillent pas après une première naissance, 51 % après une deuxième et 69 % après une troisième. De ce fait, l’activité des femmes continue de progresser mais à un rythme ralenti.

En outre, d’après les enquêtes Emploi du temps de l’Insee, la durée du temps domestique des femmes est encore supérieure de 70 % à celle des hommes (3 h 26 contre 2 h 00 par jour) et leur temps professionnel moindre. L’emploi à temps partiel s’est en effet largement répandu. Si 15 % des femmes étaient dans cette situation au début des années 1980, on en compte le double à la fin des années 1990 (depuis cette proportion est stable aux alentours de 30 %). Mais qui dit travail à temps partiel, dit salaire partiel et donc pension partielle.

Par ailleurs, les écarts de salaires persistent. S’ils diminuaient par le passé, ils ont pratiquement cessé de se réduire depuis le milieu des années 1990. Et, selon les projections, en 2029, les écarts rémanents de rémunération au cours de la vie active deviendraient alors la cause principale des différences de pension entre hommes et femmes partant au même âge.

Mais une part de la réduction des écarts pourrait venir aussi, non pas de la hausse des revenus des femmes, mais de la baisse des pensions des hommes. En effet, en comparant les résultats de 2029 à ceux de 2009, la part des hommes bénéficiant d’une retraite à taux plein au titre de la durée d’assurance est en forte baisse.

Reste une inconnue de taille : la population de retraités, hommes et femmes, célibataires ou divorcés/séparés dans les années à venir. Car sous l’effet de l’érosion du modèle du « couple marié stable », cette population ne sera plus composée uniquement de couples et d’individus veufs bénéficiant, au décès de leur conjoint, d’une pension de réversion qui modère la baisse de leurs ressources. Pour les retraités célibataires ou divorcés/séparés, cette pension de réversion ne jouera pas (ou peu).

Que retenir ? Les pensions de retraite des femmes vont, certes, progresser au fil des générations, mais sans, toutefois, rattraper celles des hommes. Et, en ignorant les évolutions démographiques et conjugales, bien malin qui peut prédire précisément les futurs écarts de niveau de vie à la retraite entre hommes et femmes. Si ce n’est que les femmes ont tout intérêt à bien préparer leur retraite.

AB

Pour prolonger :

  • intéressant point sur le blog de “Retraite plus” qui constate une inégalité hommes/femmes face aux maisons de retraite. Elles y sont plus nombreuses, avec des difficultés plus grande à en financer leur hébergement.
  • à noter aussi, au rayon des questions financières, qu’une égalité hommes/femmes est désormais posée juridiquement depuis le 21 décembre dernier, en matière de tarifs d’assurance.

Barack Obama réélu, quel avenir pour les retraites américaines ?

Jeudi 22 novembre 2012

Passé le temps des festivités (assez court d’ailleurs de l’aveu même des journalistes qui couvraient l’évènement), et d’une photo mondialement échangée sur les réseaux sociaux, retour à la réalité pour Barack Obama.

Le dossier des retraites est en effet l’un des principaux chantiers auxquels devra s’attaquer le Président des Etats-Unis réélu. Car, à ce jour, 2 Américains sur 3 doivent financer eux-mêmes leur pension de retraite. L’Etat ne leur verse quasiment rien. Ainsi leurs revenus proviennent essentiellement de plans d’épargne-retraite et de fonds de pension. Or, ces dernières années, avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, certains dont les choix d’investissement ont été hasardeux, ont vu leurs économies se réduire comme une peau de chagrin. Au point de devoir retrouver, pour les moins chanceux, le chemin du travail, bien après que l’heure de la retraite a sonné.

Planifier sa retraite ? On verra plus tard…

De quoi avoir de plus en plus de mal à rester optimiste quant à ses vieux jours. D’ailleurs, un tiers des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite à… 80 ans, selon une étude de la banque Wells Fargo.

Au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans !

En-dehors de ces difficultés économiques, de nombreux américains ne planifient tout simplement pas correctement leur retraite. Le sondage indique que la majorité de la classe moyenne américaine (52%) affirme que leur préoccupation financière principale est de faire face aux factures mensuelles. Épargner pour la retraite est secondaire. Signe d’un certain fatalisme, plus de la moitié des préretraités américains (53%) ne sont pas persuadés de réussir à économiser suffisamment pour pouvoir profiter de leur retraite comme ils l’envisageaient.

« C’est si difficile pour les Américains d’économiser pour la retraite. Les gens disent qu’ils vont travailler plus longtemps, mais comment est-ce que ce sera possible pour des millions d’Américains ? », s’inquiète Joe Ready, director of Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

Un véritable risque pour la croissance américaine

Mais au-delà d’un simple problème individuel et générationnel, c’est le spectre d’un véritable risque pour la croissance qui plane au-dessus des Etats-Unis à cause des retraites de la génération Baby boom, pointe un gérant de Jupiter AM, gestionnaire de fonds.

« Le nombre même des baby boomers (approximativement 28% des Américains) qui ont atteint l’âge du départ à la retraite, ou qui l’atteindront dans les années à venir, implique que les dépenses de santé, en particulier, devraient augmenter significativement », rapporte Boursorama.com 

« Si les Etats-Unis ne remédient pas à cette situation, nous pourrions assister à une explosion des dépenses sociales, rendant insoutenables les finances du pays. (…) Cependant, si un compromis est trouvé sur les dépenses futures et qu’il y a une plus grande visibilité sur les coûts engendrés, les freins concernant l’investissement pourraient, selon nous, rapidement disparaître et les cours décoller. Et à l’image de ce qui s’est passé pour les crises récentes, tout dépend donc aujourd’hui des politiciens », conclut le gérant de fonds interrogé.

« Le meilleur est encore à venir ! », a promis Barack Obama dans son discours discours suite à sa réélection.

AB

La difficile case chômage, en attendant la retraite

Mercredi 24 octobre 2012

46 900. C’est le nombre de chômeurs supplémentaires recensés en septembre dernier, portant à 3 057 900, le nombre de demandeurs d’emploi. Des chiffres dévoilés par le ministère du Travail aujourd’hui, qui confirment une tendance inquiétante : le nombre de chômeurs de 50 ans et plus progresse (+2,3%). Avec les jeunes de moins de 25 ans (+2,2%), les seniors encore actifs continuent de subir de plein fouet la crise économique.

« C’est comme un navire lancé en pleine vitesse », a justifié ce mercredi matin, sur Canal +, Michel Sapin, ministre de l’Emploi.

Comprendre : ce n’est pas demain la veille qu’il faut s’attendre à ce que la tendance s’inverse et que la situation s’améliore.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
La Matinale du 24/10 – Interview de Michel Sapin

Seuls comptent les trimestres cotisés

C’est une dure réalité pour des seniors qui cherchent déjà des trimestres à tout prix pour partir à la retraite, rapporte LeMonde.fr

Car, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est à dire travaillés, pour espérer partir en retraite anticipée au titre d’une carrière longue, explique le site du quotidien. Autrement dit, les trimestres validés, que l’on accumule en période de chômage comptent « pour du beurre » pour espérer bénéficier d’un départ à la retraite à 60 ans.

Ainsi, certains seniors, comme cet homme originaire de Lens qui témoigne, courent désespérément après une poignée de trimestres.

« On ne s’occupe jamais assez de sa retraite », résume-t-il en expliquant qu’avec 173 trimestres validés, mais 165 cotisés, à 59 ans, il a encore besoin de quatre trimestres pour prendre sa retraite malgré plus de quarante-trois ans de vie professionnelle.

Licencié en 2009, il n’avait pas prévu que la réforme des retraites de 2010 repousserait l’âge minimum légal pour partir. Pas prévu non plus qu’il serait si dur, à son âge, d’acquérir les trimestres manquants. Du coup, il a du faire des sacrifices, refaire son CV, oublier les 3 000 € bruts qu’il touchait en tant qu’agent de maîtrise pour aligner aujourd’hui les heures comme agent d’entretien dans une école lilloise. Ainsi, il espère pouvoir partir en retraite en 2013.

Bilan : au rythme de 86 heures par mois, payées au smic, cotiser ses quatre trimestres lui aura pris dix mois.

« Heureusement que j’ai réussi à trouver cet emploi l’année dernière avant de finir tous mes droits, se réjouit-il, il y a nettement moins d’offres cette année. »

“La société traite mal ses vieux”

Pour les moins chanceux, c’est la douche froide. Les chômeurs seniors en fin de droits se sentent totalement abandonnés, rapporte le site du Nouvel Obs. 

Plus d’allocation et pas encore l’âge légal de la retraite: à 59 ou 60 ans, sans perspective d’emploi, ils revendiquent un « juste retour » de la société, après toute une vie de travail.

Comme cette habitante du Doubs qui témoigne. Partie « l’esprit tranquille » lorsque son employeur, un équipementier automobile l’a licenciée à 55 ans, le DRH lui avait assurée qu’elle aurait 3 ans d’allocation chômage et l’AER (Allocation Equivalent Retraite) jusqu’à la retraite. Manque de bol, cette allocation accordée aux chômeurs de moins de 60 ans ayant leurs annuités pour faire la jonction entre chômage et retraite a été supprimée il y a 18 mois. Et l’âge de la retraite, bien sûr, a été reculé. Comme tous les seniors au chômage en fin de droits, elle doit se contenter de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 470 euros par mois dans le meilleur des cas pour un célibataire.

« La société traite mal ses vieux. On voudrait nous faire passer pour des assistés mais toute ma vie je me suis adaptée, j’ai fait mon travail correctement et aujourd’hui mon pays n’en a rien à cirer », déplore une autre.

La ministre de la Santé Marisol Touraine s’est engagée sur son blog à « traiter cette question importante » lors de la concertation sur les retraites en 2013.

De son côté, le ministère du Travail mise sur le contrat de génération, projet cher à François Hollande pour encourager à la fois l’embauche de jeunes et le maintien en activité des seniors.


François Hollande : «inverser la courbe du… par PartiSocialiste

Un projet de loi sera présenté en ce sens dès le 12 décembre au conseil des ministres pour permettre son déploiement début 2013, avec l’objectif de 500.000 embauches de jeunes en CDI au cours des prochaines années et le maintien dans l’emploi de 500.000 salariés plus âgés. Les retraites méritent, elles aussi, d’avoir un avenir, non ?

L’Europe, incapable de compter ses retraités

Mardi 2 octobre 2012

Les retraités, comptez-vous ! Car l’Office européen des statistiques est incapable de vous recenser. Eurostat est tout à fait capable de mesurer le nombre de seniors en Europe mais pas… le nombre exact de retraités au sein des 27 pays de l’Union Européenne, selon Challenges.fr.

« C’est assez difficile de calculer le nombre de retraités puisque les systèmes sont très différents en Europe et que certains peuvent bénéficier de plusieurs pensions. Alors on donne des tendances, sans être très précis », justifie Eurostat auprès du site d’informations économiques.

1 personne sur 4 serait retraitée en Europe

Une tendance qui serait de 120 millions de retraités estimés en 2010 dans l’EU-27, d’après le dernier numéro du guide de l’Europe sociale paru cet été.

Soit près d’une personne sur 4. Mais encore faut-il tenir compte du fait que parmi les retraités, certains sont redevenus actifs. De plus en plus de seniors reprennent, en effet, le chemin du travail ces dernières années.

Le taux d’emploi en Europe chez les plus de 50 ans a augmenté continuellement depuis 2000. En dix ans, le nombre de seniors de 55 à 64 ans qui travaillent a progressé de 50% selon l’Eurostat. Ainsi, plus de 60% des 55-59 ans et 30% des 60-64 ans travaillent.

La France, en revanche, est l’un des rares pays à compter avec précision ses concitoyens qui touchent une pension de retraite. Ainsi l’INSEE, l’institut de la statistique français comptabilisait en 2010, 15,08 millions de personnes, retraitées de droit direct d’au moins un régime français et 576.000 personnes touchant le minimum vieillesse.

« Le système français est plus centralisé ce qui facilite les choses alors que dans des pays où le système de retraite se fait par capitalisation, c’est très compliqué », explique Eurostat.

22,5 % du salaire de chaque travailleur versé pour les retraites publiques européennes

Si l’Europe est incapable de compter précisément le nombre de ses retraités, elle sait en revanche… combien ça coûte.

Les États membres de l’Union européenne proposent, en effet, certains des systèmes publics de retraite parmi les plus complets et généreux du monde. Actuellement, ils garantissent aux personnes âgées de plus de 65 ans un revenu équivalent à 94 % de revenu moyen des personnes de tous les âges confondus dans l’UE.

Une générosité évidemment supportée par ceux qui travaillent : en moyenne, en 2009, 22,5 % du salaire de chaque travailleur était versé pour soutenir les retraites publiques européennes, dont 14 % par les employeurs et 8 % par les travailleurs eux-mêmes.

Mais pour combien de temps encore, sachant que la population européenne vieillit tandis que la population active recule ?

C’est ainsi que la commission Européenne, comme l’OCDE, recommandent, notamment, que l’épargne privée complémentaire joue un plus grand rôle pour garantir l’adéquation des revenus pendant la retraite. Reste à choisir laquelle, grâce, par exemple, à notre comparateur en ligne de solutions retraite.

AB

Vers un dispositif unique de cumul emploi-retraite ?

Mardi 31 juillet 2012

C’est la recommandation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un récent rapport qui dénonce des « inégalités de l’accès au cumul emploi-retraite » et « une très grande complexité liée à l’application des différentes formes de cumul ».

D’autant que de plus en plus de seniors reprennent le chemin du travail ces dernières années. En effet, il n’y a pas qu’au Japon, comme on l’a vu dans le précédent post, où nombre de retraités préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles.

2 fois plus de retraités actifs qu’il y a 5 ans

En France aussi, désormais. Ils seraient 500 000 « retraités actifs », selon ce même rapport de l’IGAS. C’est 2 fois plus qu’il y a 5 ans. Pour le seul régime général, ils sont passés de 137 000 à quelque 308 000 seniors salariés, révèle la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) sur LePoint.fr.

Et le phénomène ne date pas d’hier comme en témoigne ce reportage de TF1 réalisé en 2008 :

« Si je veux m’en sortir, il faut que je bosse », résume cette ex-cadre de la fonction publique.

Car pour la plupart de ces retraités qui ont repris une activité, il s’agit souvent de compléter une pension insuffisante (1 015 euros par mois en moyenne pour une carrière complète au régime général) par une activité à temps partiel.

« Avec 1 300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j’ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m’en sors pas », déplore cette grand-mère dynamique, installée dans l’Essonne.

Aide à domicile, garde d’enfants, ménage de nuit dans les entreprises… Depuis sa retraite en 2003, Monique Nicolas n’a jamais cessé de travailler, touchant 300 à 600 euros par mois, notamment grâce au site Seniorsavotreservice.com, qui recense quelque 50 000 CV de retraités… deux fois plus qu’en 2011 !

Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois

Depuis que le dispositif de cumul emploi-retraite a été assoupli en 2009, tout en conservant l’intégralité de leur retraite, il leur permet en effet de bénéficier d’un revenu d’activité représentant entre un quart et un tiers de ce qu’ils touchaient dans la vie active. Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois.

Mais pas pour tous. Ce que dénonce l’IGAS.

Seuls les retraités du régime général, qui ont atteint l’âge du taux plein (65 ans et neuf mois pour la génération 1952) ou alors l’âge légal (60 ans et neuf mois pour les natifs de 1952) et disposant d’une pension à taux plein, peuvent cumuler sans limite pensions et revenus d’activité, explique L’Entreprise.

Dans le cas contraire, le cumul est plafonné et ne doit pas dépasser, soit la moyenne des trois derniers salaires, soit 1,6 fois le Smic. En cas de dépassement, le versement de la retraite est suspendu. De plus, ces retraités qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral doivent respecter un délai de carence de six mois s’ils souhaitent reprendre du service chez leur ex-employeur.

Autre forme de cumul : ceux qui se mettent à leur compte et reprennent une activité professionnelle non salariée (artisans, commerçants et industriels, professions libérales, avocats, exploitants agricoles) ou relevant des régimes spéciaux. Ces derniers peuvent cumuler librement.

« Un ancien cadre supérieur qui continue à travailler avec le statut d’indépendant peut ainsi cumuler sans aucune limite », explique Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

Autant de cas particuliers qui ont donc incité l’IGAS à préconiser ainsi « la fusion de toutes les formes de cumul… dans le souci d’une plus grande justice sociale ».

D’autant plus que ce phénomène est appelé à s’amplifier car les retraités français restent, malgré tout, encore moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans atteignait 5,2 %, contre 10 % en Allemagne et 10,5 % en moyenne en Europe. Autrement dit, en France, le cumul emploi-retraite a de beaux jours devant lui.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mieux préparer sa retraite ?

AB

Les retraités japonais, des kamikazes du boulot

Lundi 23 juillet 2012

Ce n’est pas vraiment pour passer le temps. Même s’il peut avoir tendance à s’écouler un peu trop lentement aux goûts de certains retraités. Mais, hélas, par obligation de gagner sa croûte. En effet, nombre de retraités Japonais préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles, nous apprend Kyoko Hasegawa, le correspondant de l’Agence France-Presse à Tokyo. 

Il y a quelques mois, les Japonais se distinguaient déjà avec une proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste dont nous nous sommes faits l’écho sur ce blog : taxer les beaux gosses pour financer les retraites !

Doubler les impôts des « beaux » et réduire ceux des « laids » pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

En 2060, 2 Japonais sur 5 auront plus de 65 ans

Car la 3ème puissance économique mondiale est une société plus que vieillissante. Aujourd’hui, plus d’un Japonais sur cinq a au moins 65 ans. En 2060, ce sera près d’un sur deux (40%) !

C’est l’une des proportions les plus élevées au monde, rappelle l’article. L’espérance de vie des hommes pourrait alors atteindre 84 ans (78,2 ans en France) et celle des femmes frôler 91 ans (84,8 ans en France). Le déclin démographique et la crise économique menacent le système de protection sociale et nombre de Japonais ne croient plus en la capacité de la collectivité à financer les retraites.

« Il n’y a aucun emploi pour les septuagénaires et les octogénaires ! », se lamente ainsi un septuagénaire nippon.

Pourtant, une loi prévoyant l’instauration d’un minimum vieillesse a été promise par la majorité de centre-gauche lors de son arrivée au pouvoir en septembre 2009. Près de trois ans plus tard, elle fait toutefois encore l’objet de vifs débats au Parlement.

Aujourd’hui, force est de constater selon le journaliste que de nombreux seniors ne comptent plus que sur eux-mêmes. D’autant plus que leurs besoins financiers sont importants car ces générations grisonnantes nécessitent d’importantes dépenses de santé, en matériel comme en personnel médical.

« Un grand nombre de sexagénaires retraités veulent continuer à travailler pour des raisons économiques. Ils s’inquiètent des coûts de la prise en charge de leurs parents, de leurs propres dépenses médicales et de la baisse du niveau des pensions », résume un chercheur à l’Organisation japonaise pour l’emploi des seniors et des handicapés.

71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans et plus

D’après un livre blanc remis en juin au gouvernement, 71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans voire plus. Un vœu pieux, car dans les faits, en 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans était plutôt de 36,3% et celui des 70-74 ans de 22,8%.

Mais les auteurs de ce rapport recommandent d’élever ce taux afin de maintenir une croissance acceptable.

Ainsi on voit d’ores et déjà des seniors, parfois très vieux, dans des emplois non qualifiés, comme le nettoyage des bureaux avant l’arrivée des employés ou la gestion de la circulation autour des travaux publics, raconte l’article.

Mais on trouve aussi des retraités Japonais dans des métiers plus qualifiés. D’ailleurs l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui organise l’aide du Japon envers les pays pauvres recrute des seniors. Des volontaires de 40 à 69 ans pour travailler dans un pays du sud pour deux ans maximum. Ainsi, chaque année, jusqu’à 470 personnes partent dans une soixantaine de pays.

Un volontaire, par exemple, a été envoyé au Paraguay pour éditer un ouvrage d’histoire à l’attention des nouveaux immigrants japonais. A 58 ans, il a dû « dérouiller » son anglais et se mettre à l’espagnol en partant de zéro.

Ce retraité, programmateur informatique à ses débuts professionnels, a été peu à peu poussé hors du métier technique avec l’arrivée de jeunes plus au fait des nouvelles technologies, et s’est retrouvé employé administratif en fin de carrière.

« Ce changement m’a aidé à vouloir faire quelque chose de complètement nouveau lorsque je suis arrivé à la retraite », confie cet ex-technicien de 66 ans.

Bref, pour les retraités Japonais aussi, le changement, c’est maintenant. Aux antipodes évidemment de ce qui est promis aux retraités Français. Mais pour combien de temps ?

AB

Retraite à 60 ans : en attendant la fumée blanche…

Jeudi 31 mai 2012

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu mardi les représentants des salariés et du patronat, entouré des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique).

Ce que veulent les syndicats

Le Nouvel Observateur et Challenges.fr, notamment, récapitulent les positions des différents syndicats et soulignent leur division.

La CGT veut revenir à la retraite à 60 ans pour tous

En attendant de connaître cette semaine le nom du nouveau secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault s’était déjà prononcé sur la prise en compte tous les trimestres validés (c’est-à-dire y compris les périodes de chômage, maladie, invalidité…). Tout en formant le vœu d’un rétablissement de l’âge de départ légal à 60 ans pour tous comme il y a 15 jours sur RTL.

Des consultations portant sur les grands chantiers sociaux et notamment le retour partiel de la retraite à 60 ans, afin de connaître les doléances des partenaires sociaux sur cette promesse électorale de François Hollande.


Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT… par rtl-fr

L’application la plus large possible pour FO

Même son de cloche à FO. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, demande l’application la plus large possible du retour partiel à 60 ans.


Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force… par rtl-fr

« Quelqu’un qui a été au chômage n’a pas choisi d’être au chômage. Au nom de quoi il serait pénalisé ? », s’est insurgé le leader de FO.

Une réforme fondée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal pour la CFDT

Pour la CFDT, son leader, François Chérèque, milite pour une « réforme systémique », basée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal. Celle-ci remettrait à plat l’ensemble des règles en vigueur.

 

Ce que veut le patronat

« Pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle »

Laurence Parisot, invitée dimanche dernier du Grand Jury RTL-LCI- Le Figaro, espère pouvoir convaincre le gouvernement d’agir en douceur et avec parcimonie. (voir aussi le post : « Retraite à 60 ans : le Medef se rebiffe ! »)

“Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu’un qui gagne environ 2 000 euros brut par mois”, a affirmé la présidente du Medef.

« Ce n’est pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables »

Des propos alarmistes réitérés par la dirigeante patronale sur BFMTV.

« Si la mesure devait s’appliquer directement aux régimes complémentaires de retraite, alors le risque d’une faillite d’un des deux grands régimes complémentaires est très grand et à un horizon très bref : 2014-2015 »

Ce qu’en pense l’opposition

Fillon : “Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche”

François Fillon a estimé que la question de la retraite à 60 ans était une “hypocrisie”, rapporte LePoint.fr.

“Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche […]. Cela a souvent été le cas dans l’Histoire. La gauche s’était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n’est déjà plus d’actualité puisque maintenant, ça n’est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C’est donc une hypocrisie”, a déclaré l’ancien Premier ministre à la presse en marge d’une visite de soutien à un candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis.

“Pendant tout le débat parlementaire, la gauche nous a expliqué que si elle revenait au pouvoir, elle abrogerait la réforme qui a été votée. Je vois qu’aujourd’hui, il n’est plus question de l’abroger mais simplement de l’aménager”, a ajouté l’artisan de la réforme des retraites.

“Maintenant, les engagements qu’a pris le gouvernement sur le retour à la retraite à 60 ans, toutes les mesures qui visent à augmenter la dépense publique sont des mesures qui sont dangereuses dans un contexte de crise économique et financière européenne”, a mis en garde François Fillon. Demandant, enfin, « au président de la République au moins de suspendre la mise en oeuvre de ces réformes car, dans les trois mois qui viennent, nous allons voir la situation économique et financière en Europe »

Une « double peine », selon Jean-François Copé

Invité de la matinale de RTL, le secrétaire national de l’UMP a, de son côté, reproché au gouvernement de faire l’impasse sur la compétitivité des entreprises.


Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP…par rtl-frC

« Si vous revenez à la retraite à 60 ans, vous augmentez les cotisations des employeurs, vous augmentez les cotisations des salariés, donc c’est double peine », a justifié le député-maire de Meaux.

« Le premier enjeu, c’est la création d’emplois », a-t-il plaidé. « La question du coût du travail est majeure ».

Que va donc faire le gouvernement ?

Accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, selon LesEchos.fr. Car la promesse de François Hollande devrait coûter beaucoup moins cher que prévu, selon le site du quotidien économique.

Le retour partiel à la retraite à 60 ans devrait, en effet, concerner moins de personnes que prévu. Alors que le projet PS tablait sur un coût de 1 milliard d’euros la première année puis de 5 milliards d’euros en régime de croisière (en 2017), la facture de la mesure devrait ainsi se « limiter » à moins de 2 milliards d’euros par an, à terme.

Le relèvement programmé des cotisations servirait alors à combler un déficit aggravé par la crise. Ainsi, fort d’une plus grande marge de manœuvre que prévu, le gouvernement pourrait donc accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, en prenant par exemple en compte certaines périodes de chômage.

Verdict dans les 3 semaines puisque le décret sera déposé rapidement selon la volonté du 1er ministre. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation ») Et instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein, s’ils ont cotisé 41 ans et/ou validé tous les trimestres.

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

“Les femmes continueront à recevoir des retraites plus faibles que les hommes”

Mardi 13 mars 2012

C’est l’un des enseignements de l’enquête comparative sur l’emploi et la retraite publiée hier par l’INSEE à l’occasion de la journée de la femme.

En effet, en dépit de la progression de l’activité féminine et de droits familiaux liés aux enfants, les pensions des femmes sont inférieures de moitié à celles des hommes.

En 2008, le montant moyen de la pension de droit propre s’élève à 833 € pour les femmes et représente 48% seulement de la pension des hommes (1743 €).

Et même si les écarts de pension se réduisent au fil des générations, ils persisteront à l’avenir pour les générations de femmes actuellement actives, selon l’institut national de la statistique.

Pourquoi une telle inégalité entre femmes et hommes au moment de la retraite ?

Des écarts de salaire importants persisteront

Ces écarts reflètent les différences de situation sur le marché du travail. Les femmes sont certes de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, mais leur taux d’activité reste inférieur à celui des hommes, notamment parce qu’elles interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants. Par ailleurs, près de 30% d’entre elles travaillent à temps partiel et les salaires en équivalent temps plein des femmes demeurent inférieurs à ceux des hommes (20 % dans le secteur privé et environ 15% dans le secteur public).

Or notre système de retraite compense davantage les écarts de durée que les écarts de salaire révèle l’INSEE.

La pension d’un assuré dépend principalement de sa durée d’assurance (plus faible pour les femmes) et de son salaire de référence (également plus faible).

Néanmoins, le système de retraite inclut des dispositifs de redistribution qui réduisent ces disparités. En effet, les femmes bénéficient en particulier de droits familiaux liés aux enfants : majoration de durée d’assurance (voir le post « Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part »), assurance vieillesse des parents au foyer, etc.

Ces droits compensent au moins en partie les écarts de durée. Mais en partie seulement. Pour les générations futures de retraitées, avec la montée de l’activité féminine, la durée d’assurance des femmes progressera et, avec les droits familiaux, rejoindra celle des hommes. Mais les écarts de salaire demeurent importants aujourd’hui et risquent fort de persister.

Des retraitées célibataires ou divorcées bien moins loties que les veuves

Seuls les écarts de niveau de vie entre hommes et femmes retraités sont aujourd’hui limités. Malgré des écarts importants de pension, le niveau de vie des femmes âgées (65 ans et plus) vivant seules n’est inférieur que de 10 à 20 % à celui des hommes et des femmes vivant en couple.

Pour les veuves, les pensions de réversion permettent de maintenir, en moyenne, le niveau de vie antérieur au décès de l’époux. Les femmes divorcées ou célibataires à la retraite, plus diplômées que les autres femmes de leur génération, ont quant à elles en moyenne un niveau de vie comparable aux couples. Mais avec la fragilisation des parcours conjugaux, le nombre de retraitées célibataires ou divorcées augmentera, hélas, au fil des générations. Parmi elles, les femmes issues de catégories modestes ou peu diplômées pourraient être de plus en plus nombreuses. Des disparités croissantes pourraient être alors observées parmi les femmes retraitées vivant seules, selon qu’elles aient connu ou non des unions stables.

À l’avenir, avec l’amélioration relative des pensions féminines, seule la situation des veuves deviendrait plus favorable que celle des retraitées célibataires ou divorcées.

A se demander, finalement, si les femmes ont vraiment de la chance d’avoir une plus longue espérance de vie !

AB

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

“Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors”

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB