Archive pour le mot-clef ‘syndicats’

Vers une retraite à 65 ans ?

Vendredi 12 septembre 2014

retraite_allemandsLes partenaires sociaux se sont réunis en groupe de travail cette semaine, afin de réfléchir à la stratégie à adopter pour éviter la disparition définitive des retraites complémentaires dont les caisses sont plus que jamais dans le rouge. La piste la plus probable : le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Moins d’un an pour établir une feuille de route

A l’approche de la prochaine séance officielle de négociations se tenant le 28 septembre, syndicats et patronat se sont donc concertés le 9 septembre dernier au siège du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans le 7e arrondissement de Paris, afin de faire le point sur les différents scénarios possibles pour sauver les caisses de retraites complémentaires.

Les partenaires sociaux ont au plus tard jusqu’à juin 2015 pour se mettre d’accord et présenter le dispositif le plus adapté. Sa mise en œuvre devra débuter dès janvier 2017.

En attendant, plusieurs pistes sont à l’étude : augmenter les cotisations ou encore baisser le montant des pensions. Cependant, ces mesures paraissent difficilement réalisables dans un contexte déjà particulièrement tendu pour les retraités (fin de la demi-part des veufs et des veuves, désindexation partielle des retraites complémentaires pour 2014 et 2015 ou encore le gel temporaire des retraites de base).

De plus, d’après des simulations demandées par la CGT, pour combler le gouffre des caisses de retraites complémentaires, il faudrait que les cotisations augmentent d’ici 2040 de :

  • + 12,66 %, pour l’Arrco (retraite complémentaire des salariés) -soit le double du taux actuel de 6,65 %-
  • + 22,8 % pour l’Agirc (retraite complémentaire des cadres), actuellement à 16,22 %.

Une hausse des cotisations qui pourrait se heurter au taux maximal de cotisation retraite,  instauré à 28 % du salaire brut.

Retraite à 65 ans, pérennité jusqu’à 2040

Alors, face à la maigre réserve des caisses de retraites complémentaires, de 9 milliards pour l’Agirc et de 55,4 milliards pour l’Arrco, au 31 décembre 2013, c’est le scénario du Medef qui semble le plus pragmatique. Pour éviter l’épuisement en 2018 de la caisse des salariés, et en 2024 de la caisse des cadres, l’organisation patronale propose de reculer progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Un dispositif qui toucherait les générations nées à partir de 1956, et de plein fouet, à partir de 1961. Actuellement établi à 62 ans, ce changement devrait, selon les simulations de l’Agirc-Arrco, rendre les caisses pérennes jusqu’en 2040, dans le cas où des carrières prolongées ne viendraient pas perturber l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Dans le cas contraire, les caisses ne tiendraient que jusqu’en 2032.

Mais la mesure passera-t-elle auprès de l’opinion publique ? Sera-t-elle acceptée par les syndicats, le gouvernement ? Il n’y a pas vraiment le choix explique Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à Challenges : « Les comptes sont catastrophiques : à ce rythme, on n’échappera pas à une nouvelle réforme des régimes complémentaires d’ici quelques mois… »

Le spectre de nouvelles mesures qui seront à coup sûr défavorables aux salariés mais aussi aux retraités. De quoi inciter tout un chacun à préparer dès que possible sa propre retraite, avant que ce ne soit une nouvelle réforme qui s’en occupe. Connaissez-vous d’ailleurs le montant de votre future pension ? Pour pouvoir le calculer, cliquez ici.

AB

Pas de revalorisation en octobre pour les petites retraites

Lundi 8 septembre 2014

revalorisation_retraiteLes organisations syndicales confirment que les pensions de retraite inférieures à 1 200 € ne seront pas revalorisées en octobre suite à des problèmes techniques et des retards juridiques. Mais, « tout retard sera compensé » tient à rassurer le gouvernement. Explications.

Difficile d’estimer le nombre de retraités modestes

Le doute plane encore sur l’avenir des petites retraites. Selon une source proche du dossier, la revalorisation des pensions inférieures à 1 200 €, promise au 1er octobre, ne serait pas à l’abri d’un nouveau retard, rapporte LeParisien.fr.

Une information confirmée notamment par les syndicats CGT et CFDT. Déjà repoussée de six mois, du mois d’avril au mois d’octobre, par la réforme de l’ex Premier ministre Jean-Marc Ayrault, puis carrément gelée par le nouveau locataire de Matignon, Manuel Valls, la revalorisation des pensions de retraite devait pourtant être maintenue pour les retraités les plus modestes. Finalement, les huit millions de personnes, a priori concernées par cette faveur, seront logées à la même enseigne que les autres retraités.

L’explication avancée par le gouvernement et déjà évoquée dans les annexes de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014. Ces dernières font état de retards juridiques et de problèmes techniques qui mettent à mal la mise en place de cette exception. En d’autres termes, le gouvernement peine à définir qui, exactement, touche une pension inférieure à 1 200 € et donc, qui est censé être épargné par la non-revalorisation de sa pension de retraite.

Un manque de coordination

Pour réaliser cette revalorisation, l’État comptait sur l’EIRR (Répertoire des Échanges Inter Régimes de Retraites). Celui-ci a été mis en place en 2009. Il regroupe l’ensemble des informations fournies par les divers régimes de retraite pour calculer, ainsi, majoration de pension de réversion et minimum contributif. Toutefois, l’EIRR a été utilisé jusqu’à maintenant à petite échelle.

Revaloriser les petites pensions nécessite d’élargir les bases de données de l’EIRR. Cela demande d’une part du temps a prévenu la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) – en charge du dossier – mais aussi un décret qui n’a pour l’instant pas été transmis.

Alors, quand seront revalorisées les petites retraites, se demandent les organisations syndicales ?

« Dans leurs réponses, la direction de la CNAV et les représentants du gouvernement ont confirmé ce que nous craignions : les obstacles juridiques et techniques ne sont pas levés, il n’y aura pas de revalorisation des petites pensions au 1er octobre prochain. Ni le niveau, ni la nouvelle date n’ont pu nous être précisés », explique la CGT sur LeFigaro.fr.

Un manque à gagner de 11 euros par mois

Ce qui est certain, c’est que le montant de la revalorisation ne sera pas connu avant le 25 septembre 2014 : date de la publication des projections de la commission des comptes de la Sécurité Sociale. Ce retard devrait en moyenne représenter 11 euros en moins par mois pour les retraités les plus modestes.

Au Gouvernement le ton se veut rassurant, affirmant que « tout retard sera compensé » et devrait être payé rétroactivement.

En attendant, l’« effet d’annonce destiné à faire passer la pilule du gel des retraites » de Manuel Valls est entièrement tombé à l’eau, selon les syndicats.

Votre retraite vous intéresse-t-elle vraiment ?

Vendredi 18 octobre 2013

Ma retraiteD’une part, un Français sur cinq ne sait pas à quel âge il pourra prendre sa retraite ; d’autre part, près d’un Français sur deux compte garder une activité professionnelle pendant sa retraite. Ces deux sondages publiés à quelques jours d’intervalles donnent en effet à réfléchir. Les Français se soucient-ils vraiment de leur avenir et de leur retraite ? Ou sont-ils à ce point résignés et ont perdu tout espoir de profiter un jour d’un repos bien mérité, sans souci financier, à l’instar des générations précédentes ?

Dire qu’il y a encore 21% des seniors qui ne savent pas jusqu’à quel âge ils devront travailler pour obtenir une retraite à taux plein ! C’est le sondage étonnant du groupe Menway pour le magazine Entreprise et Carrières, publié sur RTL.fr.

Pourtant, il est possible aujourd’hui pour tout un chacun d’obtenir facilement et rapidement un relevé de carrière en ligne. Sur le site de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), vous pouvez obtenir un récapitulatif de vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les  retraites complémentaires. Quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler.

Tout aussi édifiant, 49% des salariés comptent garder une activité professionnelle pendant leur retraite, en majorité par souci d’argent, selon une étude du cabinet Cegos, rapporte Europe1.fr.

Même les fonctionnaires sont 35% à envisager de travailler pour compléter leur revenu ! Pourtant, différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) existent pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères.

Une bataille perdue d’avance

A croire que pour leur retraite, les Français ont jeté l’éponge et sont devenus fatalistes.

D’ailleurs, les syndicats n’ont que faiblement mobilisé leurs troupes mardi alors que les députés ont adopté en première lecture le projet de loi de réforme des retraites qui prévoit notamment l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans à l’horizon 2035.

On est bien loin de la grande contestation dans les rues contre la réforme Fillon de 2010, même à Marseille :

Seuls les députés ont tout de même donné l’impression ces derniers jours de défendre bec et ongles leurs convictions. Une bataille perdue d’avance, certes, pour les parlementaires de l’opposition. Néanmoins, la réforme voulue par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault est loin d’avoir fait l’unanimité dans les rangs de la majorité. Le projet de loi a en effet été adopté de justesse,  seulement 270 voix Pour et 249 Contre.

Au tour du Sénat désormais de plancher sur ce texte, fin octobre, avant son adoption sans l’ombre d’un doute en fin d’année.

A nouveau dans l’indifférence générale ou plutôt la résignation générale ?

AB

« Plus le temps passe et moins on aura de retraite »

Vendredi 13 septembre 2013

combien coute une maison de retraite« Notre système de retraite va droit dans le mur »

« Déçue par les propositions du gouvernement, qui oublie notamment les femmes »

 « Notre gouvernement devrait avoir le courage de commencer par uniformiser les conditions de calcul des droits et conditions de départ en retraite des 36 régimes spéciaux avec le régime général »

 Voici, quelques uns des nombreux commentaires de lecteurs du Monde publiés cette semaine sur le site du quotidien.

Paroles de citoyens, jeunes ou retraités, de gauche ou de droite, pour ou contre ce projet de réforme des retraites du gouvernement de François Hollande. Des témoignages qui illustrent bien la déception et l’inquiétude des Français par les mesures annoncées par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à la fin du mois d’août.

« Au fil du temps, j’ai observé ces – réformes – qui ne sont que régressions sociales ! Une nouvelle réforme des retraites, payées par la solidarité des gens d’en bas. », fustige ainsi Christiane, jeune retraitée de 60 ans, qui a d’ailleurs manifesté mardi à l’appel des syndicats CGT, FO, FSU et Sud Solidaire.

Ils étaient entre 155 000 et 360 000 manifestants à battre le pavé dans toute la France contre la réforme. Pas vraiment une déferlante mais pas un échec non plus selon Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.

« Le gouvernement ne prend pas en compte le fait que vivre vieux n’est pas forcément vivre en bonne santé, et donc reculer l’âge de la retraite pour tout le monde n’est pas acceptable. », témoigne cette autre retraitée manifestante sur LeMonde.fr

D’autres lecteurs du quotidien ne sont pas descendus dans la rue mais considèrent néanmoins que le problème des retraites n’est pas traité comme il le devrait.

« A quoi bon allonger la durée de cotisation sans toucher à l’âge de départ à la retraite, si ce n’est reporter encore davantage les problèmes sur les générations futures ? », s’interroge par exemple Thomas, 29 ans, jeune actif qui aurait envie de manifester mais pour une vraie réforme.

Enfin, certains au contraire se montrent magnanimes même s’ils restent pessimistes quant à l’efficacité économique de cette énième réforme des retraites. 

« Prise en compte de la pénibilité, facilitation des cotisations pour les précaires, aide pour les alternants, aucune modification des modes de calcul… Bien sûr, la durée de cotisation augmente, mais aucune réforme des retraites ne sera satisfaisante dans l’état dans lequel se trouvent les finances aujourd’hui. », relativise un lecteur.

Mais, chacun d’entre nous est-il vraiment prêt, après une vie de labeur, à faire contre mauvaise fortune, bon cœur ?

AB

Marisol Touraine : « une réforme des retraites de gauche »

Mardi 23 juillet 2013

reforme retraiteFin du 1er round de la concertation sur la réforme des retraites. Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, a achevé vendredi dernier les rendez-vous marathon avec les leaders des organisations syndicales et patronales, entamés avec Jean-Marc Ayrault, le 4 juillet dernier. Sans rien révéler des intentions du gouvernement, préférant visiblement n’abattre ses cartes qu’au dernier moment, c’est à dire à la rentrée, rapporte LaDepeche.fr.

« Nous allons montrer que nous pouvons faire une réforme des retraites de gauche », a-t-elle simplement déclaré selon LeFigaro.fr 

Qu’est-ce qu’une réforme des retraites de gauche ?

Encore un peu de patience pour le savoir vraiment et connaître les détails des propositions de réforme que la ministre va transmettre dans les jours qui viennent à Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

Mais d’ores et déjà on évoque au ministère des affaires sociales, selon Les Echos.fr, un « paquet social » de mesures sans précédent : retraites des femmes, prise en compte de la pénibilité, question des jeunes qui entrent tard sur le marché du travail,…

Ce qui est quasi certain, c’est que les actifs et les entreprises seront mis à contribution. La durée de cotisation sera bien allongée et les retraités eux-mêmes devront mettre la main à la poche avec une hausse de la CSG et des avantages familiaux rognés.

En revanche, les fonctionnaires et les bénéficiaires de régimes spéciaux devraient finalement être épargnés, selon BMFTV.com

C’est fin août que le Premier ministre recevra à nouveau les partenaires sociaux pour leur dévoiler les grandes orientations de la réforme. Ensuite, un projet de loi sera transmis au Conseil d’État et aux caisses de retraite début septembre puis présenté en Conseil des ministres le 18 septembre – avant les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, explique LeFigaro.fr. Pour finir par un vote au mois d’octobre et une application dès le mois de janvier 2014.

D’ici là, Jean-Marc Ayrault, sera aux côtés du Président de la République. François Hollande a reçu à l’Elysée l’ensemble des responsables de la majorité. Officiellement, pour sonner le début des vacances parlementaires. Mais, en fait, le chef de l’Etat veut mettre ses troupes en ordre de bataille pour la rentrée de septembre sur les dossiers brûlants : budget 2014, emploi et bien sûr les retraites. François Hollande voudrait éviter d’éventuels couacs, croit savoir BFMTV.com

Car le parti socialiste et les syndicats sont divisés au sujet de cette réforme.

Dans son texte d’orientation sur les retraites adopté récemment, le PS plaide en effet pour une réforme a minima. Car l’on s’inquiète déjà des éventuelles conséquences électorales à moins d’un an des élections municipales et des européennes de 2014.

De leur côté, les syndicats, même s’ils semblent désunis, ont déjà annoncé une journée de mobilisation le 10 septembre.

Ainsi, la rue sera-t-elle l’arbitre de la réforme des retraites ?

Réponse à la rentrée. En attendant les pavés, la plage…

AB

Comment préparer au mieux votre retraite : retrouver notre dossier spécial retraite

Retraites : la fin d’un monde

Jeudi 20 décembre 2012

Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.

Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).

Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?

Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :

  • une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
  • une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
  • un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.

Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?

3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?

« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.

A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.

2040, retour naturel à l’équilibre

Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.

Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.

Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.

« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.

En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.

Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…

AB

La réforme de la réforme des retraites, c’est maintenant

Mardi 17 juillet 2012

Le dossier de la réforme des retraites connaîtrait-il à côté de la réforme fiscale mise en musique cet été, un énième rebond ? Une concertation sur les retraites à partir du «printemps 2013», c’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et il ne l’a pas fait n’importe où, puisque cela s’est passé en clôture de la grande conférence sociale, qui a réuni autour du gouvernement syndicats et patronat en début de semaine dernière. Voici ci-dessous les passage clés du discours du responsable politique :


EVENEMENT,Discours de Jean-Marc Ayrault lors de… par publicsenat

Le premier ministre a donné ainsi le coup d’envoi de la réforme… de la réforme des retraites qui n’a surpris personne. Et pour cause.

Une réforme systémique programmée depuis 2010

« Une réforme durable préservant le système des retraites par répartition », c’était l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle.

Mais surtout, « la réforme de 2010 avait mis sur les rails un rendez-vous en 2013 de réflexion sur une réforme systémique des retraites que tout le monde avait un peu oublié », rappelle la fondation IFRAP. 

« Malgré la réforme de 2010, le régime général est toujours en déficit de 6 milliards pour près de 100 milliards d’euros de prestations versées en 2012 », explique ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes.

« Au total, notre système est devenu incompréhensible et l’on ne sait plus exactement combien il coûte et ce qui relève de la cotisation/assurance-vieillesse et ce qui relève de la solidarité. Impossible également de définir le rendement de nos différents systèmes de retraite (combien de retraite pour 1 euro cotisé ?). D’ailleurs cette question est largement taboue et les études très peu publiées », déplore la fondation IFRAP.

Un « dossier rock ‘n’ roll »

Concrètement, Jean-Marc Ayrault a fixé un calendrier en 3 étapes successives, qui sont :

  1. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) remettra à la fin de l’année 2012 un état des lieux de notre système et de ses perspectives financières en étudiant notamment la question de l’équité du système, les déterminants du niveau des pensions et la transition emploi-retraite;
  2. Une commission ad hoc formulera au début de l’année 2013 différentes pistes de réforme ;
  3. Une concertation engagée à partir du printemps 2013 sur la base des conclusions de cette commission.

« Difficile de dire, à ce stade, s’il s’agira d’une « petite » réforme des retraites, visant surtout à limiter l’ampleur des déficits aggravés par la crise, ou si elle ira plus loin », s’interroge LesEchos.fr 

« Il semble qu’il y a, en tout cas on l’espère, une acceptation qu’on mette à plat et qu’on étudie notre proposition d’autres systèmes », a indiqué François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, partisan d’un système de retraite par points.

« On ne peut pas dire que le consensus existe. Il n’existait pas avant, je ne vois pas pourquoi il existerait demain », a commenté de son côté Jean-Claude Mailly, leader de Force ouvrière, qui met en garde sur ce « dossier rock ‘n’ roll ».

AB

Les professeurs retraités rappelés au tableau ?

Vendredi 8 juin 2012

Demander à des professeurs retraités de remettre la blouse pour conseiller de jeunes collègues alors que la retraite à 60 ans est partiellement de retour : le gouvernement de François Hollande serait-il plus libéral qu’on ne le pense ? Ou cela ressemble fort à un paradoxe ?

Seule certitude, la belle idée de Vincent Peillon, ne suscite pas vraiment l’enthousiasme. La semaine dernière, le nouveau ministre de l’Éducation nationale avait en effet jugé dans un entretien au Parisien que le recours rémunéré à des professeurs retraités pour des missions de tutorat auprès de leurs jeunes confrères serait une belle idée, tout en excluant qu’il soit fait appel à eux pour des remplacements.

Mais c’est vraiment tièdement que les syndicats ont accueilli cette nouvelle, rapporte VousNousIls.fr, l’e-mag de l’éducation. 

 Une « fausse belle idée »

« J’ai dit lundi à Vincent Peillon que c’était une fausse belle idée car, dans le primaire, nous avons un corps de formateurs dont c’est le métier », a déclaré cette semaine Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires.

Certains profs, eux-mêmes retraités, jugent cette mesure inquiétante, comme Michel Soubiran dans une tribune sur le Plus du Nouvel Observateur :

« Elle implique de faire retravailler des enseignants retraités alors que les jeunes générations ont repris le flambeau ».

« Je suis à la retraite depuis le mois d’octobre et je peux vous dire que le travail me manque. Retrouver les écoles, les élèves et la pratique serait quelque chose qui pourrait vraiment me séduire. Mais la raison doit l’emporter : la proposition a déjà été faite à des professeurs retraités de prendre des postes aménagés ; l’aménagement se faisait au détriment des professeurs en poste… », déplore-t-il.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’un ministre de l’Éducation Nationale souhaite rappeler au tableau les profs à la retraite. Il y a 2 ans déjà, en mars 2010, Luc Chatel avait proposé de faire appel à des retraités pour pallier l’absence de certains professeurs absents, ce qui avait entraîné de nombreuses critiques chez les syndicats d’enseignants, rappelle LeParisien.fr.

Alors qu’en penser ? Le métier d’enseignant serait-il moins pénible que d’autres pour que l’on demande ainsi à des retraités de reprendre du service, tandis que d’autres pourront à nouveau partir à 60 ans ?

« La proposition de Vincent Peillon me va droit au cœur, mais ma raison me dit qu’on doit pouvoir trouver mieux », conclut le professeur retraité.

AB

Retraite à 60 ans : ça passe pour les mères de famille et les chômeurs âgés

Jeudi 7 juin 2012

C’est donc hier matin, comme prévu que le dispositif sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt a été présenté en Conseil des ministres. Avec un geste pour les mères de famille et les chômeurs.

Dans le détail, le décret permettra aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations (166 trimestres pour ceux nés en 1955, un peu moins pour ceux nés avant) de partir à 60 ans à taux plein, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme des retraites de 2010, explique LesEchos.fr. Il s’agit donc d’une extension du dispositif « carrières longues » réservé jusque là à celles et ceux qui ont commencé à travailler au plus tard à 17 ans. Avec également un bonus au titre de la maternité et du chômage.

En clair, les mères de famille vont gagner deux trimestres supplémentaires considérés comme « cotisés » si elles ont eu trois enfants et plus au cours de leur carrière. Jusqu’ici elles ne bénéficiaient au maximum que de quatre trimestres additionnels.

De même, les personnes ayant connu le chômage, qui ne bénéficiaient jusqu’ici d’aucun avantage spécifique seront gratifiées de deux trimestres considérés comme cotisés. Ce qui devrait permettre à des seniors chômeurs de longue durée proches des 60 ans de pouvoir partir en retraite et de toucher leur pension alors que jusqu’ici ils doivent patienter avec de très faibles ressources entre la fin de l’indemnisation chômage et la retraite.

Le coût de cette mesure est estimé pour l’an prochain à 1,1 milliard d’euros financé par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1 point par an pour les salariés et pour les employeurs.

« Soit 1,60 euro pour quelqu’un qui gagne le smic, 2 euros pour quelqu’un qui gagne 1600 euros par mois », a détaillé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, en charge de ce décret.

« A terme, en 2017, la mesure coûtera moins cher que ce qui était prévu tout en concernant autant de personnes», a souligné la ministre, évaluant le montant à « environ 3 milliards d’euros » au lieu des 5 milliards initialement prévus.

Du coup la hausse des cotisations retraite salariale et patronale prévue n’atteindront pas 0,5% en 2017 mais seulement 0,25% pour les salariés et 0,25% pour les entreprises, de quoi donner des marges de manœuvre pour la partie assumée par les complémentaires, et rassurer le patronat très critique vis à vis de cette mesure.

Au total, ce sont 110 000 personnes qui seront concernées en 2013 par cette promesse électorale de François Hollande. Le décret qui doit être examiné notamment par le Conseil d’État, sera publié au Journal Officiel au début de l’été. Il entrera en vigueur au 1er novembre.

« Une mesure de justice » décevante pour certains syndicats

Pour Marisol Touraine, cette décision du gouvernement est clairement « une mesure de justice ».


Le gouvernement accorde 2 trimestres de plus… par BFMTV

Côté syndicats, en revanche, certains semblent rester sur leur faim, jugeant globalement insuffisantes ces annonces, rapporte Europe1.fr

« Au-delà de deux enfants c’est principalement les femmes qui ont eu un congé parental ou qui se sont mises à temps partiel. Et elles n’arriveront jamais, avec deux trimestres supplémentaires, à 41 ans de cotisations même si elles ont commencé à 18 ou 19 ans », a déclaré Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC.

« Pour les mères de famille de plus de deux enfants, deux trimestres supplémentaires, ça ne suffit pas, il en aurait fallu au moins quatre », a-t-elle estimé.

« C’est un décret à l’eau tiède », a réagi pour sa part Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière.

« Certes le gouvernement a décidé de prendre en compte deux trimestres supplémentaires pour les congés maternité et les chômeurs, mais c’est insuffisant », ajoutant que ce n’est « rien pour les chômeurs de longue durée ».

« C’est pourquoi nous allons continuer à peser, puisqu’il ne s’agit que de la présentation d’un projet. Ce n’est donc pas définitif », a poursuivi le leader FO, rappelant que le débat sur les retraites allait redémarrer sur l’ensemble du dossier, à partir de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

En effet, les partenaires sociaux, syndicats et patronat déjà consultés sur ce thème il y a quelques jours, seront à nouveau sollicités pour se prononcer sur le texte définitif avant que ce dernier ne soit publié au Journal officiel, probablement à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, explique LeFigaro.fr

Un retour à la retraite à 60 ans pour tous est exclu

L’opposition, de son côté, dénonce une vraie « folie ». Reprenant son discours d’avant hier sur TF1, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a tenu à « alerter les Français sur les folies » que constituent les « cadeaux électoraux » du gouvernement, qui vont selon lui conduire à « une hausse massive des impôts ».

« Pour 100 000 personnes qui vont effectivement avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite à 60 ans, il y aura des millions de personnes qui vont payer plusieurs centaines d’euros de cotisation retraite supplémentaires » par an, a estimé pour sa part Valérie Pécresse sur Europe 1.


Aubry  » véritable ministre des Finances de… par Europe1fr

Mais qu’on se le dise, l’avenir de nos retraites ne s’arrête pas à ce cadeau bonus. Un débat plus global sur les retraites est prévu en juillet au cours d’une grande conférence sociale et dont les préparatifs ont commencé mardi, à Matignon. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault y a reçu les partenaires sociaux.

Mais Michel Sapin, le ministre du Travail, a d’ores et déjà exclu un retour à 60 ans pour tout le monde :

« Chacun sait très bien qu’aujourd’hui, ce n’est pas possible », rapporte Europe1.fr

A bon entendeur…

AB

Les retraites aux oubliettes de la présidentielle ?

Lundi 6 février 2012

retraite_presidentielle_fillon_aubryUne semaine après le duel entre François Hollande et Alain Juppé, François Fillon était l’invité de l’émission politique phare de France 2, ces derniers jours.

L’occasion pour le Premier ministre de se retrouver face à Martine Aubry pour un débat d’environ 40 minutes de temps. Une discussion très (trop ?) technique (de l’aveu général des observateurs), axée sur des batailles de chiffres et aussi sur la TVA sociale, parlant surtout des moyens de relancer la croissance ou encore de la politique de logement.

Mais, étonnamment, il me semble pas me tromper : rien n’a été dit sur les retraites. Pas de chiffrage ni de perspective, pas moins de solution ou de recommandation en l’état.

Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme l’été dernier avec l’allongement de la durée de cotisation et la fin adoptée de la retraite à 60 ans, le sujet suscite encore des questions. Il déclenche toujours des polémiques et réveille des craintes aussi bien chez les retraités que chez les plus jeunes censés préparer la leur. Pas plus tard que ces derniers jours d’ailleurs.

Avec la promesse du candidat socialiste de laisser partir finalement à 60 ans ceux qui ont suffisamment cotisé, sur laquelle le Président de la République est revenue, la question des retraites semblait donc loin d’être une cause entendue entre les deux principales forces politiques du pays.

16 millions de retraités

La durée du débat était-elle trop courte pour aborder avec tout le sérieux qui s’impose l’avenir de nos retraites, loin d’être réglé pour les générations futures ? On peut se le demander.

La Première secrétaire du PS, qui, il est vrai, a toujours été plus nuancée que la position de son parti sur la question des retraites, n’aurait-elle dans le fond rien à objecter au Premier ministre, pourtant principal artisan de cette réforme ? Pour beaucoup d’experts, quelque sensibilité politique qu’il s’agisse, le dossier serait essentiellement technique et traité comme tel. Beaucoup d’observateurs avaient par exemple insisté sur l’aspect arithmétique du dossier, lié aux vieillissement de la population, à l’augmentation du chômage… qui grignotent les marges de manoeuvre.

Toujours est-il que, seule certitude, au lendemain de ce débat télévisé, les 16 millions de voix que représentent les retraités en France ont été (pour l’heure) oubliées, ou à tout le moins mise de côté pour d’autres urgences. Dommage, à moins de 80 jours du premier tour de l’élection présidentielle… même s’il reste encore de l’espace médiatique pour aborder le sujet. Et qu’il demeure des interpellations possibles, notamment via les partenaires sociaux comme le rappelle par exemple Essonneinfo.fr : il s’agit pour eux de « replacer la question des retraites dans les thématiques de campagne des candidats à la fonction présidentielle« .

 

AB

NB : et d’ailleurs, si vous portiez le débat sur la place publique, que souhaiteriez-vous que les politiques traitent en priorité concernant les retraites et ses moyens de financement ? où se place le curseur de l’urgence selon vous ?