Archive pour le mot-clef ‘seniors’

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Faut-il investir en bourse pour sa retraite ?

Mercredi 25 avril 2012

Alors que l’Europe est face à un défi colossal, le financement des retraites, les mesures de rigueur prises dans chaque pays comme l’allongement de la durée de cotisation et de l’âge légal de départ, nous incitent à davantage préparer nous-mêmes, financièrement, notre retraite.

Plan d’épargne retraite individuel, collectif, assurance-vie, immobilier… ce ne sont pas les possibilités de placement et d’investissement qui manquent.

Mais que penser de la bourse ? Peut-on aussi préparer financièrement ses vieux jours en investissant sur les marchés ? Est-ce une démarche trop risquée et dangereuse ? Car on n’oublie pas que ces dernières années ont été ponctuées de crises et soubresauts sur les places boursières.

Aujourd’hui, qu’a-t-on appris ? Quelles sont les questions que doit se poser l’investisseur pour placer sans trop de risque son argent en bourse ?

Autant de questions posées dernièrement, lors de la conférence-live BforBank sur le thème : “Investir en bourse. Les nouvelles règles 2012″, animée par Thomas Blard avec :

Les trois experts ont parlé de l’ambiance sur les marchés, des différentes stratégies de placement à adopter, de la fiscalité des actions mais aussi de la question d’investir en bourse pour préparer sa retraite.

Ni un casino, ni le loto, mais un investissement à long terme


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« La bourse doit être considéré comme un investissement à long terme », a rappelé d’emblée Bertrand Miserey.

« Investir régulièrement contribue à lisser le risque. », a ajouté Véronique Guisquet-Cordoliani.

Les trois experts regrettant la vision négative que l’on peut avoir de la bourse en France, préférant se reposer sur l’Etat, contrairement aux pays anglo-saxons où chacun doit financer sa retraite et capitalise très tôt, dès son entrée sur le marché du travail.

Faut-il viser le rendement ou la croissance d’une action?

Tout dépend de son âge et de son objectif. Si vous êtes un retraité débutant en bourse et que vous souhaitez avoir chaque année des rendements réguliers, alors nos experts vous conseillent d’opter pour des sociétés qui vous verseront de généreux dividendes.

En revanche, si vous êtes jeune et que votre but est de constituer une épargne retraite sur 10 ou 15 ans, nos experts vous conseillent de choisir des sociétés pour lesquelles vous n’allez pas vous intéresser uniquement au dividende mais au potentiel d’évolution du cours de l’action.

« C’est pas le casino, c’est pas le loto, c’est un placement moyen et long terme. Si on veut faire du day-trading c’est un autre sport, c’est une autre spéculation et c’est surtout pas pour faire sa retraite », a souligné Jean-Marc Sylvestre.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui »


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« Avant d’aller directement sur les marchés il faut se faire une phase d’apprentissage », préconise Bertrand Miserey.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui. », s’est étonné Jean-Marc Sylvestre.

Car si les systèmes de retraite sont fragilisés pour les générations futures, ce n’est pas le cas pour les retraités aujourd’hui qui ont des pensions très confortables selon le journaliste économique. De plus, la moitié des retraités sont propriétaires de leur logement principal et détiennent de nombreux livrets bancaires.

« C’est eux qui devraient prendre des risques en bourse. Car leur espérance de vie est relativement courte donc s’ils se cassent la figure dans 10 ou 15 ans, peu importe ! », a expliqué le journaliste économique, constatant par ailleurs, avec ironie que dans un casino, les seniors sont bien plus nombreux à jouer aux machines à sous et sur les tables que les jeunes.

Dans les autres parties de la conférence (visible sur la WebTV BforBank), les experts ont abordé bien d’autres questions plus générales, concernant tout profil d’investisseurs.

Mais vous, chers lectrices et lecteurs, à la retraite ou en train de la préparer activement ? Pour vos placements en 2012 et au futur, ce sera la bourse ou la… bourse ?

AB

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

“Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors”

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr

Allongement de la durée de cotisation retraite : “ce n’est qu’un début”, Marc Horwitz

Mercredi 17 août 2011

La durée de cotisation va-t-elle encore s’allonger ? La retraite par répartition va-t-elle disparaître ? Aurons-nous de quoi vivre à la retraite ? Tant de questions que nous sommes amenés à nous poser et partager en famille ou entre amis pendant ces vacances suite à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites au début de l’été.

Alors autant interroger un expert, Marc Horwitz, spécialiste des questions sur la protection sociale pour le magazine Que Choisir et auteur de « L’avenir des retraites – 25 questions décisives » paru chez Armand Colin.

Comment analysez-vous la décision d’allonger la durée de cotisation ?

Marc Horwitz – Audio 1

Marc Horwitz – Pour moi, ce n’est vraiment qu’un début. Si la logique de la loi Fillon de 2003 continue, on va avoir, à peu près, tous les 3 ans un réajustement de la durée de cotisation. Le vrai soucis est : que fait-on pour que les gens puissent cotiser ?

Il n’y a pas de boulot. Les gens sont « foutus » à la porte dans les grandes entreprises. A partir de 45 ans on considère qu’ils sont nuls ! Et dans l’administration à 65 ans on leur dit « au revoir Monsieur, on n’a plus besoin de vous, revenez comme contractuel ça nous coûtera moins cher. »

Le niveau des retraites en France n’est quand même pas élevé. Parce que la plupart des gens n’ont pas tout à fait, ce qu’on appelle, le taux plein qui est en fait 55% du plafond de la Sécurité Sociale. On est à 45% de moyenne et on va descendre à 40% dans les années qui viennent car les gens ne cotisent plus au plafond. Il y a tellement de gens qui ont eu des emplois avec des hauts et des bas ! Donc si on n’arrive pas à trouver du boulot pour les seniors, toutes les mesures qui peuvent être prises c’est une diminution du pouvoir d’achat des retraités.

Notre système de retraite par répartition sera-t-il vraiment maintenu ?

Marc Horwitz – Audio 2

MH – Je crois qu’il faut rassurer les gens. Effectivement, comme c’est du salaire différé, c’est à dire que les gens qui ont un salaire mettent de côté une partie de ce salaire pour avoir une retraite, la répartition ne posera pas de problème.

Elle sera plus ou moins élevée mais il y aura toujours assez d’argent pour qu’une partie des nouvelles générations payent pour les générations qui partent à la retraite.

Bien évidemment plus les nouvelles générations partent tard, plus c’est facile.

Mais ce que je viens de dire n’est exact qu’à une condition, que les seniors aient des salaires, qu’ils travaillent.

Or, ce qui est certain, c’est qu’on doit avoir 70% des gens de 60 ans et plus qui ne sont pas actifs, qui ne reçoivent plus un salaire. Ceux-là perçoivent soit une pension, soit des allocations chômage, soit , éventuellement, ils sont en incapacité de travail et ils ont des allocations de la Sécurité Sociale. Le problème de la répartition c’est celui-là !

3- Comment bien préparer sa retraite ?

Marc Horwitz – Audio 3

MH – Le meilleur conseil est de cotiser le plus tôt possible sur des plans qui permettent d’avoir, à 65 ans, une petite partie de ses revenus qui viennent de ces plans là. Ce sont les plans d’épargne retraite ou les plans d’épargne retraite d’entreprise. Si vous prenez ça, c’est déjà une base.

AB

Retraites : travailler plus pour gagner… autant ou presque !

Jeudi 7 juillet 2011

Sans surprise, le Conseil d’orientation des retraites (COR) l’a donc confirmé hier : pour les personnes nées en 1955, il est nécessaire de cotiser un trimestre de plus que les générations précédentes pour prétendre à une retraite à taux plein, soit 166 trimestres.

Xavier Bertrand, le ministre du travail avait déjà vendu la mèche en début de semaine sur Europe 1 et va, désormais, prendre rapidement un décret pour entériner cette décision d’allonger la durée de cotisation à 41,5 années.

Cette annonce, qui intervient moins d’une semaine seulement après la fin officielle de la retraite à 60 ans, a évidemment déclenché une avalanche de critiques ces dernières 48 heures dans la classe politique et syndicale fustigeant cette “double peine” infligée aux salariés.

” Mauvaise nouvelle, bonne nouvelle ”

Il fallait pourtant bien s’y attendre comme l’a justement rappelé L’Express.fr. « Le gouvernement avait déjà évoqué l’an dernier le passage à 41,5 ans, mais seulement à l’horizon 2020 (à partir de la génération 1958). Mais c’est l’application stricte d’un mécanisme prévu dans la loi Fillon de 2003 qui aboutit à accélérer ce calendrier. »

Selon la réforme des retraites, en effet, la durée de cotisation doit évoluer en fonction de l’espérance de vie à la retraite, afin de maintenir constant le ratio qui prévalait en 2003 entre durée d’assurance et durée de retraite. Or il s’avère qu’elle s’allonge plus vite que prévu !

« Mauvaise nouvelle, bonne nouvelle » ironise donc Les Echos, rappelant qu’en « 1981, à 60 ans, un Français avait la chance d’avoir encore vingt ans à vivre devant lui. En 1998, 22,4 ans. Aujourd’hui, les derniers chiffres connus situent cette « espérance » à 24,4 ans. C’est mieux que prévu en 2003. Qui oserait, de bonne foi, s’en plaindre ? »

Hélas, j’ai envie de répondre : « celles et ceux qui arriveront encore moins à cotiser pendant 166 trimestres »

A commencer par la génération 1955 dont il est question car le site de l’Expansion, notamment, nous alertait déjà en début d’année sur l’envolée du chômage des seniors sous l’effet de la crise. Le nombre des plus de 50 ans en recherche d’emploi a en effet progressé de 73 000 en 2010 pour atteindre 523 000 personnes, soit un bond de plus de 16%. Or une fois au chômage, la plupart peine à en sortir. Et, de ce fait, à cotiser suffisamment longtemps.

Une réforme sans fin

Dans ce cas là, comment voulez-vous pouvoir toucher une retraite à taux plein ?

D’autant plus que rien n’empêche un nouvel allongement décrété en 2012 pour la génération 1956, si l’espérance de vie continue de progresser. Il faut s’attendre à ce que cette durée de cotisation atteigne 42 ans pour les personnes nées en 1960, avance d’ailleurs Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), interrogé par le quotidien La Croix

Bref, il me semble qu’allonger la durée de cotisation rend un peu plus incertain la possibilité de partir en retraite à taux plein. Et davantage encore pour les jeunes aujourd’hui qui font des études plus longues et entrent de plus en plus tard sur le marché du travail.

Cette décision est surtout, à mon humble avis, la preuve d’une réforme sans fin et une incitation, volontaire ou non, à s’intéresser à d’autres sources de revenus complémentaires pour sa retraite. Car comme s’en félicite Les Echos, « l’an dernier, l’OCDE a montré que nous profitons de notre retraite six ans de plus en moyenne que dans les autres grands pays. »

Mais si c’est 6 ans de plus en se serrant la ceinture, non merci !

Le pêcheur de la fable de La Fontaine l’a appris à ses dépens : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

AB

Réforme des retraites : le hiatus des départs anticipés

Mercredi 2 février 2011

La question des retraites tient un peu moins le haut du pavé des actualités, depuis la fin 2010. Tant mieux : car cela veut dire que c’est aussi le temps de la prise de recul et de la réflexion de fond.

Sur Le Monde par exemple, on acte que “Malgré la réforme, la pré-retraite continue” : en fait un phénomène de ciseaux avec d’un côté moins de pré-retraités (dispositif qui coûte cher à l’Etat) et de l’autre, plus de seniors au chômage. L’article cite ces chiffres éloquents : “le nombre de demandeurs d’emploi de 50 ans et plus a augmenté en décembre 2010 de 16,3 % sur un an” (source Pôle Emploi).

Se greffe dessus le problème des départs anticipés à la retraite, pour cause de pénibilité au travail : un point crucial selon le gouvernement, pour faire passer la pilule du recul de l’âge de départ en retraite, mais qui en incombe pour l’heure aux entreprises… Mouvement d’autant plus renforcé que des plans de départ plus globaux se mettent en place, dans de grandes entreprises, pour des questions économiques face à la crise. Et que l’outil des départs conventionnels (rupture de contrat négociée, en forte augmentation) sert bien sur ce terrain…

En résumé : on perçoit bien que les arguments valables sur un plan socio-professionnel, se heurtent à la dure réalité économique. L’article résume parfaitement la situation, d’un trait : “Tandis que les Etats européens, aux prises avec leur déficit public, cherchent à limiter leurs dépenses sociales et à augmenter leurs rentrées fiscales, l’intérêt partagé d’un employeur en quête de réduction de coûts sans trop de casse sociale et d’un salarié qui désire s’arrêter reste le moteur des départs anticipés.

Du coup, comment financer?

Ce qui repose in fine la question des financements de la retraite, et des solutions pour y parvenir. Le cumul emploi-retraite semble bien en vue (cf : La Tribune), mais posera problème pour libérer des bassins d’emploi pour… les jeunes qui suivent derrière! Les solutions d’épargne et de placement sont une autre piste, tangible et organisable. Seront-elles à même de couvrir toute l’étendue des besoins et ce que le “système” ne pourra assurer? Vaste question.

Pour prolonger : relire nos articles d’actualités sur la retraite; revoir aussi la vidéo sur l’assurance-vie, comme produit de financement pour la retraite

Patrick Lelong : “Les points qui fâchent” dans la réforme (audio)

Vendredi 24 septembre 2010

Suite, sur le blog retraite, de notre entretien audio mené avec le journaliste Patrick Lelong, pour commenter la rentrée chaude du dossier des retraites. Il s’intéresse cette fois-ci à dresser un listing des “points bloquants” dans la réforme, votée à l’Assemblée Nationale le 15 septembre dernier, portant sur le financement des retraites en France.

Une réforme qui a poussé à nouveau les Français à la grève, à l’appel des formations syndicales, hier jeudi 23 septembre (cf : AFP).

Il détaille notamment à notre micro les inquiétudes et motifs de la mobilisation sociale sur :

  • le recul de l’âge
  • la condition des femmes (et l’éducation des enfants)
  • l’emploi (des seniors en premier plan)
  • enfin le calendrier politique

Pour prolonger : réécouter la première partie de notre entretien audio, sur l’avancée du dossier en cette rentrée. Vous pouvez aussi consulter le dossier “les points clés pour financer sa retraite“, publié sur le site de BforBank.

Front anti baisse des retraites chez les seniors

Mercredi 25 août 2010

Selon le dernier sondage BVA/L’Expansion, la France des seniors ne veut pas payer pour le refinancement de la dette française. Et notamment pas par une éventuelle diminution de ses pensions de retraite. Dans un article signé de Danièle Licata, l’hebdomadaire économique détaille les chiffres manifestant ce refus.

Dans le détail, on note ainsi que :

  • 52% des plus de 60 ans “ne veulent faire aucun effort pour réduire les déficits”
  • 16% seulement approuveraient une hausse des cotisations,
  • 14% approuveraient une taxe sur le patrimoine,
  • 10% approuveraient une hausse des impôts sur le revenu,
  • enfin 5% approuveraient une diminution des retraites

L’interprétation du dernier chiffre est capitale : car cela signifie que “la baisse des pensions [est] jugée intolérable par 95 % des sondés”. Ce que Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion, explique aisément pour L’Expansion : “Le refus de faire un effort est tellement massif qu’il est difficile d’établir une hiérarchie des sacrifices les plus acceptables“.

Un contexte donc plus difficile pour le gouvernement, pour faire passer sa réforme à la rentrée. Devant la forte mobilisation syndicale attendue pour la journée de grève du 7 septembre, on peut s’attendre, comme Les Echos le disent par ailleurs, à ce que des “concessions” soient déjà à l’étude…

Pour prolonger : lire les articles de BforBank sur le sujet de la retraite;