Archive pour le mot-clef ‘seniors’

Bientôt la retraite à 65 ans ?

Mardi 26 février 2013

Bientôt la retraite à 65 ansEn attendant le coup d’envoi cette semaine de la réforme des retraites avec le lancement ce mercredi 27 février de la la Commission chargée d’élaborer des propositions par le gouvernement, certaines voix, tous bords politiques confondus, préconisent déjà un passage à 65 ans pour l’âge légal de la retraite.

Il y a un mois, Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, s’était prononcé dans les colonnes du JDD pour le report des départs en retraite :  

« Il faut dire la vérité aux Français, le vrai calcul se fonde sur la durée de cotisations, pas sur un droit lié à un âge borné et inutile. En conséquence, on peut aller jusqu’à 65 ans. C’est vivement souhaitable, à tous points de vue. Il y a une mortalité forte juste après 60 ans car le travail maintient en forme. Et travailler plus longtemps résoudrait le sous-emploi des seniors. Ce serait un apport considérable. »

Ce week-end, c’est au tour de Xavier Bertrand, ancien ministre UMP du Travail, d’avoir prôné au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI la retraite à 65 ans :

« Il va falloir aussi accepter de continuer à travailler plus longtemps et je pense que la prochaine étape pour les retraites, disons-le sans détour, c’est 65 ans (…) entre 2025 et 2030, certainement plus près de 2025. 65 ans à ce moment précis, c’est ce qui nous permettra de garder notre système de retraite. (…) Beaucoup de Français parmi les plus jeunes préfèrent savoir à quoi s’en tenir plutôt qu’on les mène bateau à chaque fois. »


Xavier Bertrand invité du Grand Jury du 24… par rtl-fr

Reforme de la retraite : 3 mois pour élaborer des pistes

Libre à la commission qui sera installée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, de retenir cette idée parmi les nombreuses pistes de la réforme qu’elle est censée élaborer.

Une dizaine d’experts vont composer cette commission qui aura 3 mois pour travailler et rendre ses conclusions pour la Conférence sociale, prévue au mois de juillet. Des mesures que le gouvernement espère appliquer au plus vite. Car le temps presse.

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné en fin d’année le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011. Pas mieux pour les régimes complémentaires, AGIRC-ARRCO qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

A compter de cette semaine, la retraite n’aura jamais été autant une histoire de trimestre !

AB

Copyrights : Luciano Guelfi sur Flickr

La difficile case chômage, en attendant la retraite

Mercredi 24 octobre 2012

46 900. C’est le nombre de chômeurs supplémentaires recensés en septembre dernier, portant à 3 057 900, le nombre de demandeurs d’emploi. Des chiffres dévoilés par le ministère du Travail aujourd’hui, qui confirment une tendance inquiétante : le nombre de chômeurs de 50 ans et plus progresse (+2,3%). Avec les jeunes de moins de 25 ans (+2,2%), les seniors encore actifs continuent de subir de plein fouet la crise économique.

« C’est comme un navire lancé en pleine vitesse », a justifié ce mercredi matin, sur Canal +, Michel Sapin, ministre de l’Emploi.

Comprendre : ce n’est pas demain la veille qu’il faut s’attendre à ce que la tendance s’inverse et que la situation s’améliore.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
La Matinale du 24/10 – Interview de Michel Sapin

Seuls comptent les trimestres cotisés

C’est une dure réalité pour des seniors qui cherchent déjà des trimestres à tout prix pour partir à la retraite, rapporte LeMonde.fr

Car, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est à dire travaillés, pour espérer partir en retraite anticipée au titre d’une carrière longue, explique le site du quotidien. Autrement dit, les trimestres validés, que l’on accumule en période de chômage comptent « pour du beurre » pour espérer bénéficier d’un départ à la retraite à 60 ans.

Ainsi, certains seniors, comme cet homme originaire de Lens qui témoigne, courent désespérément après une poignée de trimestres.

« On ne s’occupe jamais assez de sa retraite », résume-t-il en expliquant qu’avec 173 trimestres validés, mais 165 cotisés, à 59 ans, il a encore besoin de quatre trimestres pour prendre sa retraite malgré plus de quarante-trois ans de vie professionnelle.

Licencié en 2009, il n’avait pas prévu que la réforme des retraites de 2010 repousserait l’âge minimum légal pour partir. Pas prévu non plus qu’il serait si dur, à son âge, d’acquérir les trimestres manquants. Du coup, il a du faire des sacrifices, refaire son CV, oublier les 3 000 € bruts qu’il touchait en tant qu’agent de maîtrise pour aligner aujourd’hui les heures comme agent d’entretien dans une école lilloise. Ainsi, il espère pouvoir partir en retraite en 2013.

Bilan : au rythme de 86 heures par mois, payées au smic, cotiser ses quatre trimestres lui aura pris dix mois.

« Heureusement que j’ai réussi à trouver cet emploi l’année dernière avant de finir tous mes droits, se réjouit-il, il y a nettement moins d’offres cette année. »

“La société traite mal ses vieux”

Pour les moins chanceux, c’est la douche froide. Les chômeurs seniors en fin de droits se sentent totalement abandonnés, rapporte le site du Nouvel Obs. 

Plus d’allocation et pas encore l’âge légal de la retraite: à 59 ou 60 ans, sans perspective d’emploi, ils revendiquent un « juste retour » de la société, après toute une vie de travail.

Comme cette habitante du Doubs qui témoigne. Partie « l’esprit tranquille » lorsque son employeur, un équipementier automobile l’a licenciée à 55 ans, le DRH lui avait assurée qu’elle aurait 3 ans d’allocation chômage et l’AER (Allocation Equivalent Retraite) jusqu’à la retraite. Manque de bol, cette allocation accordée aux chômeurs de moins de 60 ans ayant leurs annuités pour faire la jonction entre chômage et retraite a été supprimée il y a 18 mois. Et l’âge de la retraite, bien sûr, a été reculé. Comme tous les seniors au chômage en fin de droits, elle doit se contenter de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 470 euros par mois dans le meilleur des cas pour un célibataire.

« La société traite mal ses vieux. On voudrait nous faire passer pour des assistés mais toute ma vie je me suis adaptée, j’ai fait mon travail correctement et aujourd’hui mon pays n’en a rien à cirer », déplore une autre.

La ministre de la Santé Marisol Touraine s’est engagée sur son blog à « traiter cette question importante » lors de la concertation sur les retraites en 2013.

De son côté, le ministère du Travail mise sur le contrat de génération, projet cher à François Hollande pour encourager à la fois l’embauche de jeunes et le maintien en activité des seniors.


François Hollande : «inverser la courbe du… par PartiSocialiste

Un projet de loi sera présenté en ce sens dès le 12 décembre au conseil des ministres pour permettre son déploiement début 2013, avec l’objectif de 500.000 embauches de jeunes en CDI au cours des prochaines années et le maintien dans l’emploi de 500.000 salariés plus âgés. Les retraites méritent, elles aussi, d’avoir un avenir, non ?

L’Europe, incapable de compter ses retraités

Mardi 2 octobre 2012

Les retraités, comptez-vous ! Car l’Office européen des statistiques est incapable de vous recenser. Eurostat est tout à fait capable de mesurer le nombre de seniors en Europe mais pas… le nombre exact de retraités au sein des 27 pays de l’Union Européenne, selon Challenges.fr.

« C’est assez difficile de calculer le nombre de retraités puisque les systèmes sont très différents en Europe et que certains peuvent bénéficier de plusieurs pensions. Alors on donne des tendances, sans être très précis », justifie Eurostat auprès du site d’informations économiques.

1 personne sur 4 serait retraitée en Europe

Une tendance qui serait de 120 millions de retraités estimés en 2010 dans l’EU-27, d’après le dernier numéro du guide de l’Europe sociale paru cet été.

Soit près d’une personne sur 4. Mais encore faut-il tenir compte du fait que parmi les retraités, certains sont redevenus actifs. De plus en plus de seniors reprennent, en effet, le chemin du travail ces dernières années.

Le taux d’emploi en Europe chez les plus de 50 ans a augmenté continuellement depuis 2000. En dix ans, le nombre de seniors de 55 à 64 ans qui travaillent a progressé de 50% selon l’Eurostat. Ainsi, plus de 60% des 55-59 ans et 30% des 60-64 ans travaillent.

La France, en revanche, est l’un des rares pays à compter avec précision ses concitoyens qui touchent une pension de retraite. Ainsi l’INSEE, l’institut de la statistique français comptabilisait en 2010, 15,08 millions de personnes, retraitées de droit direct d’au moins un régime français et 576.000 personnes touchant le minimum vieillesse.

« Le système français est plus centralisé ce qui facilite les choses alors que dans des pays où le système de retraite se fait par capitalisation, c’est très compliqué », explique Eurostat.

22,5 % du salaire de chaque travailleur versé pour les retraites publiques européennes

Si l’Europe est incapable de compter précisément le nombre de ses retraités, elle sait en revanche… combien ça coûte.

Les États membres de l’Union européenne proposent, en effet, certains des systèmes publics de retraite parmi les plus complets et généreux du monde. Actuellement, ils garantissent aux personnes âgées de plus de 65 ans un revenu équivalent à 94 % de revenu moyen des personnes de tous les âges confondus dans l’UE.

Une générosité évidemment supportée par ceux qui travaillent : en moyenne, en 2009, 22,5 % du salaire de chaque travailleur était versé pour soutenir les retraites publiques européennes, dont 14 % par les employeurs et 8 % par les travailleurs eux-mêmes.

Mais pour combien de temps encore, sachant que la population européenne vieillit tandis que la population active recule ?

C’est ainsi que la commission Européenne, comme l’OCDE, recommandent, notamment, que l’épargne privée complémentaire joue un plus grand rôle pour garantir l’adéquation des revenus pendant la retraite. Reste à choisir laquelle, grâce, par exemple, à notre comparateur en ligne de solutions retraite.

AB

Caisses de retraite : un déficit de 30 milliards d’ici 20 ans

Mercredi 26 septembre 2012

30 Mds d’€. Tel est le chiffre abyssal dévoilé par Challenges.fr. Il résulte de prévisions établies par Florence Legros, professeur à Paris-Dauphine, spécialisé en prévision et prospective appliquée. Référence sur toutes les questions de retraite, elle est également conseiller scientifique auprès du directeur des retraites de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Selon elle, dans moins de 20 ans, le régime des retraites sera en déficit de 30 milliards d’euros, si rien n’est fait pour le réformer. Tout dépend, néanmoins, de l’évolution du taux de chômage dans les années qui viennent.

« Dans l’hypothèse – pour le moins optimiste – d’un chômage à 4,5% ; le trou se limiterait à 11,9 milliards d’euros. Mais si en moyenne, il se stabilise sur la durée à 8%, il faut s’attendre à voir le déficit de l’assurance vieillesse atteindre les 18,5 milliards d’euros. », rapporte le site économique.

A titre de comparaison, aujourd’hui, le taux de chômage en France métropolitaine s’établissait à 9,7% de la population active au deuxième trimestre 2012 (10,2% en comptant les DOM).

C’est dire si ces projections sont déjà très optimistes !

Alors, à quoi a bien pu servir la réforme des retraites de 2010, si c’est pour être encore en déficit dans 20 ans, me direz-vous ?

A gagner du temps et éviter la casse !

Car l’économiste a également évalué le niveau du déficit à prévoir si la réforme des retraites de 2010 n’avait pas été entérinée. Avec un chômage à 4,5%, le trou se serait creusé à 35 milliards et à 50 milliards dans l’hypothèse de 8 % de chômage ! Bref, la faillite programmée de notre système de retraite par répartition.

Des pensions de retraite qui risquent de baisser

Ce naufrage des caisses de retraite est la conséquence inéluctable de l’évolution de la démographie française, selon Florence Legros : la proportion d’actifs ne cesse de baisser par rapport aux retraités.

« En 1900, la France comptait 8 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne âgée, en 2000 cette proportion est passée à 4 pour 1, et elle tombera à 2 pour 1 en 2050. En clair, les actifs sont de moins en moins nombreux à payer les retraites. », détaille Challenges.fr

Conséquence : les pensions de retraite risquent de diminuer à l’avenir, représentant une part de plus en plus faible des revenus que les retraités percevaient en période d’activité. D’ailleurs, le taux de remplacement, qui mesure cette proportion, ne cesse de baisser depuis dix ans.

D’où la volonté du nouveau gouvernement de taxer davantage les retraités actuels pour sauver les meubles et économiser quelques milliards d’euros.

C’est ainsi que la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, préconise de raboter les avantages fiscaux et sociaux dont bénéficient les retraités. Car notre dette sociale ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures, préviennent les sages de la rue Cambon.

« Les retraités sont-ils pour autant une génération dorée ? », s’interroge le quotidien La Croix

Il faut le croire puisque longtemps inférieur à la moyenne, le niveau de vie des seniors rattrape désormais celui des actifs. Mais on a bien vu ces temps-ci que ces généralités masquent des réalités plus complexes.

Des retraités pauvres plus nombreux

La récente hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Le niveau de vie médian des retraités a diminué de 1,1 % et leur taux de pauvreté a progressé de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.

Mais plus que quelques coups de rabots, il est peut-être temps d’attaquer ce problème de l’avenir des retraites …à la hache !

Et mener, désormais, une indispensable réforme de la réforme, pour enrayer définitivement la spirale du déficit des caisses de retraite afin de ne pas accabler les générations futures.

C’est ainsi qu’une concertation sur les retraites aura lieu à partir du «printemps 2013» comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog. C’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et le processus semble en route car selon Économiematin.fr, l’ancien sénateur Alain Vasselle devrait prochainement perdre la présidence du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale, chargé de conseiller le gouvernement sur ce sujet, au profit de l’universitaire Mireille Elbaum, spécialiste du financement de la protection sociale. Cette ancienne conseillère de Martine Aubry, prône notamment une réforme systémique de la sécurité sociale qui pourrait déboucher sur la mise en place d’un système unifié de retraites par points ou en comptes notionnels. A suivre…

AB

Vers un dispositif unique de cumul emploi-retraite ?

Mardi 31 juillet 2012

C’est la recommandation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un récent rapport qui dénonce des « inégalités de l’accès au cumul emploi-retraite » et « une très grande complexité liée à l’application des différentes formes de cumul ».

D’autant que de plus en plus de seniors reprennent le chemin du travail ces dernières années. En effet, il n’y a pas qu’au Japon, comme on l’a vu dans le précédent post, où nombre de retraités préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles.

2 fois plus de retraités actifs qu’il y a 5 ans

En France aussi, désormais. Ils seraient 500 000 « retraités actifs », selon ce même rapport de l’IGAS. C’est 2 fois plus qu’il y a 5 ans. Pour le seul régime général, ils sont passés de 137 000 à quelque 308 000 seniors salariés, révèle la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) sur LePoint.fr.

Et le phénomène ne date pas d’hier comme en témoigne ce reportage de TF1 réalisé en 2008 :

« Si je veux m’en sortir, il faut que je bosse », résume cette ex-cadre de la fonction publique.

Car pour la plupart de ces retraités qui ont repris une activité, il s’agit souvent de compléter une pension insuffisante (1 015 euros par mois en moyenne pour une carrière complète au régime général) par une activité à temps partiel.

« Avec 1 300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j’ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m’en sors pas », déplore cette grand-mère dynamique, installée dans l’Essonne.

Aide à domicile, garde d’enfants, ménage de nuit dans les entreprises… Depuis sa retraite en 2003, Monique Nicolas n’a jamais cessé de travailler, touchant 300 à 600 euros par mois, notamment grâce au site Seniorsavotreservice.com, qui recense quelque 50 000 CV de retraités… deux fois plus qu’en 2011 !

Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois

Depuis que le dispositif de cumul emploi-retraite a été assoupli en 2009, tout en conservant l’intégralité de leur retraite, il leur permet en effet de bénéficier d’un revenu d’activité représentant entre un quart et un tiers de ce qu’ils touchaient dans la vie active. Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois.

Mais pas pour tous. Ce que dénonce l’IGAS.

Seuls les retraités du régime général, qui ont atteint l’âge du taux plein (65 ans et neuf mois pour la génération 1952) ou alors l’âge légal (60 ans et neuf mois pour les natifs de 1952) et disposant d’une pension à taux plein, peuvent cumuler sans limite pensions et revenus d’activité, explique L’Entreprise.

Dans le cas contraire, le cumul est plafonné et ne doit pas dépasser, soit la moyenne des trois derniers salaires, soit 1,6 fois le Smic. En cas de dépassement, le versement de la retraite est suspendu. De plus, ces retraités qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral doivent respecter un délai de carence de six mois s’ils souhaitent reprendre du service chez leur ex-employeur.

Autre forme de cumul : ceux qui se mettent à leur compte et reprennent une activité professionnelle non salariée (artisans, commerçants et industriels, professions libérales, avocats, exploitants agricoles) ou relevant des régimes spéciaux. Ces derniers peuvent cumuler librement.

« Un ancien cadre supérieur qui continue à travailler avec le statut d’indépendant peut ainsi cumuler sans aucune limite », explique Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

Autant de cas particuliers qui ont donc incité l’IGAS à préconiser ainsi « la fusion de toutes les formes de cumul… dans le souci d’une plus grande justice sociale ».

D’autant plus que ce phénomène est appelé à s’amplifier car les retraités français restent, malgré tout, encore moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans atteignait 5,2 %, contre 10 % en Allemagne et 10,5 % en moyenne en Europe. Autrement dit, en France, le cumul emploi-retraite a de beaux jours devant lui.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mieux préparer sa retraite ?

AB

Les retraités japonais, des kamikazes du boulot

Lundi 23 juillet 2012

Ce n’est pas vraiment pour passer le temps. Même s’il peut avoir tendance à s’écouler un peu trop lentement aux goûts de certains retraités. Mais, hélas, par obligation de gagner sa croûte. En effet, nombre de retraités Japonais préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles, nous apprend Kyoko Hasegawa, le correspondant de l’Agence France-Presse à Tokyo. 

Il y a quelques mois, les Japonais se distinguaient déjà avec une proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste dont nous nous sommes faits l’écho sur ce blog : taxer les beaux gosses pour financer les retraites !

Doubler les impôts des « beaux » et réduire ceux des « laids » pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

En 2060, 2 Japonais sur 5 auront plus de 65 ans

Car la 3ème puissance économique mondiale est une société plus que vieillissante. Aujourd’hui, plus d’un Japonais sur cinq a au moins 65 ans. En 2060, ce sera près d’un sur deux (40%) !

C’est l’une des proportions les plus élevées au monde, rappelle l’article. L’espérance de vie des hommes pourrait alors atteindre 84 ans (78,2 ans en France) et celle des femmes frôler 91 ans (84,8 ans en France). Le déclin démographique et la crise économique menacent le système de protection sociale et nombre de Japonais ne croient plus en la capacité de la collectivité à financer les retraites.

« Il n’y a aucun emploi pour les septuagénaires et les octogénaires ! », se lamente ainsi un septuagénaire nippon.

Pourtant, une loi prévoyant l’instauration d’un minimum vieillesse a été promise par la majorité de centre-gauche lors de son arrivée au pouvoir en septembre 2009. Près de trois ans plus tard, elle fait toutefois encore l’objet de vifs débats au Parlement.

Aujourd’hui, force est de constater selon le journaliste que de nombreux seniors ne comptent plus que sur eux-mêmes. D’autant plus que leurs besoins financiers sont importants car ces générations grisonnantes nécessitent d’importantes dépenses de santé, en matériel comme en personnel médical.

« Un grand nombre de sexagénaires retraités veulent continuer à travailler pour des raisons économiques. Ils s’inquiètent des coûts de la prise en charge de leurs parents, de leurs propres dépenses médicales et de la baisse du niveau des pensions », résume un chercheur à l’Organisation japonaise pour l’emploi des seniors et des handicapés.

71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans et plus

D’après un livre blanc remis en juin au gouvernement, 71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans voire plus. Un vœu pieux, car dans les faits, en 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans était plutôt de 36,3% et celui des 70-74 ans de 22,8%.

Mais les auteurs de ce rapport recommandent d’élever ce taux afin de maintenir une croissance acceptable.

Ainsi on voit d’ores et déjà des seniors, parfois très vieux, dans des emplois non qualifiés, comme le nettoyage des bureaux avant l’arrivée des employés ou la gestion de la circulation autour des travaux publics, raconte l’article.

Mais on trouve aussi des retraités Japonais dans des métiers plus qualifiés. D’ailleurs l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui organise l’aide du Japon envers les pays pauvres recrute des seniors. Des volontaires de 40 à 69 ans pour travailler dans un pays du sud pour deux ans maximum. Ainsi, chaque année, jusqu’à 470 personnes partent dans une soixantaine de pays.

Un volontaire, par exemple, a été envoyé au Paraguay pour éditer un ouvrage d’histoire à l’attention des nouveaux immigrants japonais. A 58 ans, il a dû « dérouiller » son anglais et se mettre à l’espagnol en partant de zéro.

Ce retraité, programmateur informatique à ses débuts professionnels, a été peu à peu poussé hors du métier technique avec l’arrivée de jeunes plus au fait des nouvelles technologies, et s’est retrouvé employé administratif en fin de carrière.

« Ce changement m’a aidé à vouloir faire quelque chose de complètement nouveau lorsque je suis arrivé à la retraite », confie cet ex-technicien de 66 ans.

Bref, pour les retraités Japonais aussi, le changement, c’est maintenant. Aux antipodes évidemment de ce qui est promis aux retraités Français. Mais pour combien de temps ?

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Faut-il investir en bourse pour sa retraite ?

Mercredi 25 avril 2012

Alors que l’Europe est face à un défi colossal, le financement des retraites, les mesures de rigueur prises dans chaque pays comme l’allongement de la durée de cotisation et de l’âge légal de départ, nous incitent à davantage préparer nous-mêmes, financièrement, notre retraite.

Plan d’épargne retraite individuel, collectif, assurance-vie, immobilier… ce ne sont pas les possibilités de placement et d’investissement qui manquent.

Mais que penser de la bourse ? Peut-on aussi préparer financièrement ses vieux jours en investissant sur les marchés ? Est-ce une démarche trop risquée et dangereuse ? Car on n’oublie pas que ces dernières années ont été ponctuées de crises et soubresauts sur les places boursières.

Aujourd’hui, qu’a-t-on appris ? Quelles sont les questions que doit se poser l’investisseur pour placer sans trop de risque son argent en bourse ?

Autant de questions posées dernièrement, lors de la conférence-live BforBank sur le thème : “Investir en bourse. Les nouvelles règles 2012″, animée par Thomas Blard avec :

Les trois experts ont parlé de l’ambiance sur les marchés, des différentes stratégies de placement à adopter, de la fiscalité des actions mais aussi de la question d’investir en bourse pour préparer sa retraite.

Ni un casino, ni le loto, mais un investissement à long terme


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« La bourse doit être considéré comme un investissement à long terme », a rappelé d’emblée Bertrand Miserey.

« Investir régulièrement contribue à lisser le risque. », a ajouté Véronique Guisquet-Cordoliani.

Les trois experts regrettant la vision négative que l’on peut avoir de la bourse en France, préférant se reposer sur l’Etat, contrairement aux pays anglo-saxons où chacun doit financer sa retraite et capitalise très tôt, dès son entrée sur le marché du travail.

Faut-il viser le rendement ou la croissance d’une action?

Tout dépend de son âge et de son objectif. Si vous êtes un retraité débutant en bourse et que vous souhaitez avoir chaque année des rendements réguliers, alors nos experts vous conseillent d’opter pour des sociétés qui vous verseront de généreux dividendes.

En revanche, si vous êtes jeune et que votre but est de constituer une épargne retraite sur 10 ou 15 ans, nos experts vous conseillent de choisir des sociétés pour lesquelles vous n’allez pas vous intéresser uniquement au dividende mais au potentiel d’évolution du cours de l’action.

« C’est pas le casino, c’est pas le loto, c’est un placement moyen et long terme. Si on veut faire du day-trading c’est un autre sport, c’est une autre spéculation et c’est surtout pas pour faire sa retraite », a souligné Jean-Marc Sylvestre.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui »


Investir en Bourse, les nouvelles règles 2012… par BforBankTV

« Avant d’aller directement sur les marchés il faut se faire une phase d’apprentissage », préconise Bertrand Miserey.

« La prudence que je ne comprends pas c’est celle des seniors aujourd’hui. », s’est étonné Jean-Marc Sylvestre.

Car si les systèmes de retraite sont fragilisés pour les générations futures, ce n’est pas le cas pour les retraités aujourd’hui qui ont des pensions très confortables selon le journaliste économique. De plus, la moitié des retraités sont propriétaires de leur logement principal et détiennent de nombreux livrets bancaires.

« C’est eux qui devraient prendre des risques en bourse. Car leur espérance de vie est relativement courte donc s’ils se cassent la figure dans 10 ou 15 ans, peu importe ! », a expliqué le journaliste économique, constatant par ailleurs, avec ironie que dans un casino, les seniors sont bien plus nombreux à jouer aux machines à sous et sur les tables que les jeunes.

Dans les autres parties de la conférence (visible sur la WebTV BforBank), les experts ont abordé bien d’autres questions plus générales, concernant tout profil d’investisseurs.

Mais vous, chers lectrices et lecteurs, à la retraite ou en train de la préparer activement ? Pour vos placements en 2012 et au futur, ce sera la bourse ou la… bourse ?

AB

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

“Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors”

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

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