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Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : « On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à « la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible » comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : « Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition ».

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

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