Archive pour le mot-clef ‘santé’

Barack Obama réélu, quel avenir pour les retraites américaines ?

Jeudi 22 novembre 2012

Passé le temps des festivités (assez court d’ailleurs de l’aveu même des journalistes qui couvraient l’évènement), et d’une photo mondialement échangée sur les réseaux sociaux, retour à la réalité pour Barack Obama.

Le dossier des retraites est en effet l’un des principaux chantiers auxquels devra s’attaquer le Président des Etats-Unis réélu. Car, à ce jour, 2 Américains sur 3 doivent financer eux-mêmes leur pension de retraite. L’Etat ne leur verse quasiment rien. Ainsi leurs revenus proviennent essentiellement de plans d’épargne-retraite et de fonds de pension. Or, ces dernières années, avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, certains dont les choix d’investissement ont été hasardeux, ont vu leurs économies se réduire comme une peau de chagrin. Au point de devoir retrouver, pour les moins chanceux, le chemin du travail, bien après que l’heure de la retraite a sonné.

Planifier sa retraite ? On verra plus tard…

De quoi avoir de plus en plus de mal à rester optimiste quant à ses vieux jours. D’ailleurs, un tiers des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite à… 80 ans, selon une étude de la banque Wells Fargo.

Au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans !

En-dehors de ces difficultés économiques, de nombreux américains ne planifient tout simplement pas correctement leur retraite. Le sondage indique que la majorité de la classe moyenne américaine (52%) affirme que leur préoccupation financière principale est de faire face aux factures mensuelles. Épargner pour la retraite est secondaire. Signe d’un certain fatalisme, plus de la moitié des préretraités américains (53%) ne sont pas persuadés de réussir à économiser suffisamment pour pouvoir profiter de leur retraite comme ils l’envisageaient.

« C’est si difficile pour les Américains d’économiser pour la retraite. Les gens disent qu’ils vont travailler plus longtemps, mais comment est-ce que ce sera possible pour des millions d’Américains ? », s’inquiète Joe Ready, director of Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

Un véritable risque pour la croissance américaine

Mais au-delà d’un simple problème individuel et générationnel, c’est le spectre d’un véritable risque pour la croissance qui plane au-dessus des Etats-Unis à cause des retraites de la génération Baby boom, pointe un gérant de Jupiter AM, gestionnaire de fonds.

« Le nombre même des baby boomers (approximativement 28% des Américains) qui ont atteint l’âge du départ à la retraite, ou qui l’atteindront dans les années à venir, implique que les dépenses de santé, en particulier, devraient augmenter significativement », rapporte Boursorama.com 

« Si les Etats-Unis ne remédient pas à cette situation, nous pourrions assister à une explosion des dépenses sociales, rendant insoutenables les finances du pays. (…) Cependant, si un compromis est trouvé sur les dépenses futures et qu’il y a une plus grande visibilité sur les coûts engendrés, les freins concernant l’investissement pourraient, selon nous, rapidement disparaître et les cours décoller. Et à l’image de ce qui s’est passé pour les crises récentes, tout dépend donc aujourd’hui des politiciens », conclut le gérant de fonds interrogé.

« Le meilleur est encore à venir ! », a promis Barack Obama dans son discours discours suite à sa réélection.

AB

Retraites : une nouvelle réforme, vite !

Lundi 19 novembre 2012

Une majorité de Français (70%) estiment qu’il est nécessaire de faire une nouvelle réforme des retraites dans les deux ans qui viennent. Une personne sur 4 jugeant même cela tout à fait nécessaire. Tel est l’enseignement majeur du nouvel état des lieux de l’opinion des Français sur la retraite et sa préparation: en fait la dixième édition de l’Observatoire des retraites de l’Union Mutualiste Retraite (UMR) avec Liaisons sociales Magazine et Ipsos, rendu public à la fin octobre.

Revenons un peu sur ces chiffres. Le souhait est quasiment unanime car l’insatisfaction et l’inquiétude grandissantes quant à l’avenir des retraites sont partagées par toutes les catégories de population (72% des salariés du privé et 66% des salariés du public). On n’observe même pas de clivage politique sur cette question puisque sympathisants PS (69%) comme UMP (70%) jugent cela indispensable.

Une majorité de Français inquiets

Plus d’un Français sur 2 se disent inquiets en ce qui concerne leur santé ou leur accès aux soins (58% ; +20) ou leur capacité à vivre de façon indépendante (57% ; +20). Ils sont encore plus nombreux à se montrer préoccupés par leur niveau de vie (71% : +16) et plus précisément par le montant de leur retraite (76% ; +12).

Une inquiétude particulièrement élevée chez les femmes, les personnes âgées de 35 à 59 ans et les actifs occupés, par ailleurs très angoissés par le niveau des pensions. Ainsi, dans le détail, se disant inquiètes quant au montant de leur retraite :

  • 4 femmes sur 5 (81%);
  • 83% d’actifs;
  • 84% de personnes âgées de 35 à 59 ans.

Enfin, même si 86% approuvent le retour de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont suffisamment cotisé, les problèmes sont toutefois loin d’être résolus : une nouvelle réforme leur semble donc indispensable

Souhait d’une réforme en profondeur

Les Français, pourtant très remontés à l’époque de la réforme Fillon de novembre 2010, souhaitent aujourd’hui une nouvelle réforme selon ce nouvel Observatoire des Retraites. Pas une simple « réformette », qui plus est, mais une véritable mise à plat du système même s’ils restent fortement attachés au régime collectif en vigueur.

En effet, les interviewés se montrent très attachés à ce mode de fonctionnement : 69% estiment ainsi que le système de retraite doit rester collectif et solidaire, afin de limiter les inégalités entre les Français et garantir à chacun une retraite minimum. Les plus de 35 ans (72%), les salariés du secteur public (74%), les cadres (82%) et les sympathisants PS (81%) sont encore plus nombreux à le souhaiter.

Malgré tout, une large majorité des personnes interrogées souhaite voir conduire une réforme de grande ampleur, sans mettre de côté les sujets qui fâchent. Ainsi, 62% des Français pensent que si une réforme devait avoir lieu, il faudrait qu’elle modifie en profondeur le système de retraite en France, en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats (mode de calcul des pensions, harmonisation des régimes de retraite entre secteur public et privé, nouveaux prélèvements pour les retraités,…).

Autrement dit, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont un « boulevard » pour la concertation sur les retraites prévue à partir du printemps 2013. 

Enfin, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent d’ailleurs avoir épargné en vue de leur retraite.

Si vous en êtes, vous auss,i à l’heure de ces choix cruciaux, de quelle façon épargnez-vous pour préparer la vôtre de retraite ?

AB

Pour prolonger : vous pouvez consulter en ligne l’Observatoire Français des Retraites / UMR 10ème édition; les chiffres clés de l’UMR.

Les retraités grecs survivront-ils à la rigueur ?

Mardi 9 octobre 2012

Chaque jour, chaque heure, chaque minute, pour ne pas dire chaque seconde, une nouvelle actualité en chasse une autre. Et encore plus à l’heure du web et des réseaux sociaux… C’est le cas de la Grèce et de ses retraités, quelque peu tombés dans l’oubli médiatique depuis l’été dernier. Ils ne font plus les gros titres de l’actualité et pourtant ils la vivent de manière violente et désespérante depuis cette rentrée.

Cet été, les retraités grecs sont descendus dans la rue, bravant la chaleur étouffante d’Athènes, pour manifester contre la baisse de leurs pensions et la mise en place de nouveaux impôts. Mais, pour dénoncer, aussi, la fin du remboursement de certains traitements médicaux. Un nouveau coup dur pour une population déjà fragile. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés devant le ministère de la Santé pour crier leur colère au point d’investir les bureaux.

Pensions et remboursements de santé en berne

« J’ai commencé à travailler en 1965, explique cet homme. Je ne me suis pas arrêté depuis, et maintenant après 47 ans de cotisation, je suis puni et je n’ai plus assez d’argent pour manger, pour payer les factures d’électricité. Et maintenant ils veulent qu’on paye en plus ! Mais comment faire si on n’a pas d’argent ?»

« Je ne peux plus m’acheter mes médicaments, que voulez-vous que je fasse avec 400 euros ? s’écrie une vieille femme. Comment pourrais-je payer de nouveaux impôts ? Je ne parle pas juste de moi, c’est tout le pays qui s’écroule, moi je suis vieille et je vais disparaître, mais nos enfants, que vont-ils devenir ? Ils sont en train de tout détruire ! »

« Ils », c’est la troïka des représentants des créanciers (Union européenne, FMI, BCE) accusée de tous les maux par le peuple grec. Début septembre, les retraités sont d’ailleurs revenus à la charge. Ils ont encore investi une grande artère du centre d’Athènes pour protester contre les coupes du budget de la santé et ses répercussions sur le système d’aide sociale.

« La situation est tragique, nos vies sont en danger affirme Dimos Koubouris président de l’Union de retraités. La situation des retraités est désespérée, nous exigeons la distribution de médicaments. Nous demandons l’arrêt des coupes budgétaires, nous demandons enfin que le montant de nos retraites et nos avantages nous soient restitués. Pendant toute notre vie nous avons cotisé pour ça ».

De nouvelles réductions des retraites

Baisse des pensions. Baisse des remboursements de santé. Quelles seront les prochaines coupes sur le dos des retraités ? Seule certitude, elles seraient nombreuses, selon un blogueur s’exprimant sur le site Mediapart :

  • Reduction de 10 à 30% du pécule (somme cotisée comme la retraite mais versée en une seule fois au moment de la cessation d’activité) de 23 caisses de retraites. La réduction atteindrait 40% pour certaines caisses.
  • Contribution d’1% du montant de la retraite pour tous ceux qui ont déjà perçu leur pécule. Contribution évidemment établie indépendamment du niveau des retraites et des autres coupes. Cette mesure concernerait à peu près 800 000 travailleurs.
  • Réduction échelonnée des retraites.Le projet étudié par le gouvernement réduirait toutes les pensions de retraites supérieures à 600 ou 700 euros. Pour les retraites les plus faibles la réduction serait de 1 à 2%. Pour une retraite proche de 1000€ la coupe serait de 5% tandis que pour une pension de 2000€ la réduction atteindrait 20%. Pour les pensions supérieures à 2000€ le taux augmenterait, et un plafond pourrait être institué (on parle de 2500€).
  • Les retraites de l’OGA, les assurances agricoles, pourraient également être réduites.
  • Un prélèvement supplémentaire sera institué sur les retraites complémentaires supérieures à 400€. On parle d’une réduction de 8 à 12% si la retraite ne dépasse pas 1000€, et de 15 à 20% au-delà.

La facture est effectivement salée mais la Grèce doit réduire ses dépenses d’environ 12 milliards d’euros sur les deux prochaines années afin de satisfaire aux conditions de ses créanciers internationaux qui ont suspendu le versement de la dernière tranche d’aide financière destinée à lui éviter une faillite, rappelle le correspondant de l’agence Reuters.

Les retraités grecs y survivront-ils ?

AB

Rien ne sert de courir, il faut partir à point… à la retraite

Vendredi 25 mai 2012

Tandis qu’une concertation va s’engager la semaine prochaine entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour déterminer les conditions du retour partiel à la retraite à 60 ans, promis par François Hollande, Rue89 Eco nous permet de ne pas oublier une autre réalité qui suscite beaucoup moins l’enthousiasme : le quotidien d’une retraitée  au bout du rouleau. Elle s’appelle Liliane. Elle a 62 ans. Et seulement 634 € par mois pour vivre.

« J’ai un appart’ de pauvre, ça se voit. », confie celle qui vit avec une retraite de misère, comme de plus en plus de femmes âgées.

Une minuscule retraite pour un parcours “cabossé”

La dernière fois, raconte-t-elle à la journaliste, un petit garçon de l’immeuble est passé devant sa porte entrebâillée et a dit : « C’est moche, il y a rien. » C’était un enfant mais ça l’a « blessée ».

L’article égraine ainsi la vie et le quotidien de cette femme au parcours cabossé qui reçoit chaque mois une minuscule retraite : elle n’a pas cotisé en étant mère au foyer (comme beaucoup de retraitées), puis sans-domicile et chômeuse. Il lui manque soixante trimestres.

Avec un revenu de 448 euros par mois, Liliane est ainsi largement en-dessous du seuil de pauvreté dressé par l’Insee. Elle a renoncé à se soigner, ne prend qu’un repas par jour et n’a pas de loisirs.

Autour du 15-20 du mois, Liliane n’a plus rien. Elle ne se plaint pas, explique qu’elle n’aime pas montrer ses conditions de vie et insiste :

« La santé, c’est un trésor, quand ça fout le camp, ça revient pas. »

Quand elle évoque sa vie, Liliane tient des paroles dures :

« J’ai l’impression que je suis arrivée au bout du rouleau. »

Malheureusement, elle n’est pas la seule. La pauvreté augmente aussi chez les aînés, rapporte l’Observatoire des Inégalités.

De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles, sont donc obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans les posts Le cri d’alarme des retraités et Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !.

Retraite à 60 ans : un miroir aux alouettes ?

Alors, bien sûr, quand on a ses 41 annuités à 60 ans, c’est rageant et désespérant de se dire qu’il faut attendre encore un peu avant de partir à la retraite. Cette promesse électorale du candidat Hollande tombe à point nommé.

Mais que doit-on se dire, lorsqu’on sait que quelque soit l’âge, la retraite ne sera qu’un long calvaire parce qu’on n’a pas su, parce qu’on n’a pas pu, la préparer comme il se doit.

Le système de retraite par répartition repose sur la solidarité entre générations. Les jeunes générations travaillent et cotisent pour financer les retraites de leurs aînés. Et à leur tour, leurs propres retraites seront financées par les générations suivantes.

Oui mais voilà, tant que les jeunes générations auront du mal à trouver du travail, qu’ils auront plusieurs trous dans leur carrière, pourront-ils continuer à payer les retraites de leurs aînés ?

Pour eux-mêmes, à quoi bon courir après la retraite à 60 ans s’il devient impossible de remplir les 41 annuités de cotisation ?

Et tant qu’il y aura des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, à quoi bon se presser pour avoir une maigre pension en conséquence ?

Ainsi, ne vaudrait-il pas mieux dépenser les milliards que coûtera le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les 100 000 « chanceux » concernés, dans la lutte contre le chômage de ceux qui ont la capacité de cotiser et les inégalités salariales ?

Les emplois et les salaires d’aujourd’hui ne sont-ils pas les retraites et leur niveau de pensions de demain ?

Tout dépend, apparemment, où l’on place le curseur de la solidarité…

AB

Les retraites en retrait du débat Sarkozy-Hollande

Jeudi 3 mai 2012

Quel retraité ou futur retraité, n’est pas resté sur sa faim, hier, à l’issue du débat télévisé de l’entre deux tours de l’élection présidentielle ?

J’ai beau lire ou revoir les extraits sélectionnés par la presse et le web ce matin, la petite poignée de minutes consacrée à ce sujet -pourtant capital- n’a pas retenu l’attention de grand monde, comme en témoigne ce résumé vidéo du débat réalisé par le Nouvel Obs :


Le débat Hollande – Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

Dans le détail, Nicolas Sarkozy s’est simplement félicité d’avoir mené une réforme nécessaire, sans heurts, ni violences tandis que François Hollande a juste réitéré sa promesse :

« Je rétablirai le départ à 60 ans dès lors qu’il y a 41 années de cotisations et qu’on a commencé tôt à travailler »

Un peu mince pour se faire véritablement une opinion, savoir de quoi sera fait l’avenir. Rappelons que la réforme ne permet de financer notre système de retraite que jusqu’en 2017. Et après ?

L’avenir des retraites, une nouvelle patate chaude ?

Si l’on voulait un peu plus de fond sur les retraites et leur avenir, c’est la radio qu’il fallait écouter, hier. Plus tôt dans la matinée, Europe 1 a été le théâtre d’un vrai débat d’idées entre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy et Marisol Touraine, chargée de cette question auprès de François Hollande.


Retraites : la réforme “n’est pas juste” par Europe1fr

Sur la réforme de 2010, tout d’abord :

« L’espérance de vie s’allonge. Elle a pris 15 ans depuis 1950. Notre réforme a permis de sauver le système des retraites et de le financer au moins pour les 5 ans qui viennent. Ce n’était pas une réforme facile à faire. Tout le monde a bien compris l’enjeu », a rappelé la porte parole du candidat de l’UMP.

De son côté, Marisol Touraine, a appelé à « tout reprendre » parce qu’il y a un « problème ».

« Le choix du gouvernement a été de faire peser sur ceux qui ont commencé à travailler jeune l’essentiel de la réforme. Tout cela pour pas grand chose puisque la caisse nationale d’assurance vieillesse, la branche vieillesse reste en déficit. Pas qu’un peu, de 6 milliards d’euros pour 2011 », a-t-elle estimé en soulignant qu’il s’agissait d’une « réforme injuste ».

Sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains :

La porte parole du candidat PS a justifié cette promesse par le fait que « nous ne vivons pas tous plus longtemps avec la même espérance de vie en bonne santé. »

« Il nous paraît donc légitime que ceux qui ont eu des métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler jeune puissent partir avant les autres », a-t-t-elle insisté.

De son côté, NKM a défendu le fait que « quand on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps sauf à prendre le risque d’augmenter les impôts comme veulent le faire les socialistes, là ce sera pour tous les travailleurs des impôts en plus ».

Sur le financement :

La promesse de François Hollande, qui coûterait 1 milliard d’euros par an, sera financée par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1% par an.

Une proposition injuste qui « va être payée par tous les Français », selon la porte parole de Nicolas Sarkozy, estimant que cela représentera une hausse d’impôts de « 250€ par an pour un couple qui gagne, chacun, 1 650€ par mois ».

Et après 2017 ?

La question reste, hélas, sans réponse comme si une réforme inévitable de la réforme des retraites était une nouvelle patate chaude que chacun des candidats voudrait bien repasser à un(e) autre… mais dans 5 ans !

AB

Pour prolonger : relire aussi “Le débat fiscal, entre les deux tours“; et revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme demain“.

Vivre sa retraite à l’étranger : le choix du climat et de la… fiscalité !

Mercredi 2 mai 2012

Avez-vous déjà songé à profiter de votre retraite ailleurs qu’en France ? Oui, bien sûr, mais où ?

Challenges.fr nous éclaire cette semaine avec le classement des 10 pays préférés des Français sous forme de diaporama. Détaillant aussi les raisons, souvent météorologiques, toujours fiscales, qui peuvent pousser nos compatriotes à s’expatrier à l’heure de la retraite.

Sans surprise, c’est le Maroc, à 3h d’avion seulement de Paris, qui arrive en tête des destinations préférées des Français qui, sans y avoir d’attaches familiales, choisissent de prendre leur retraite hors de France. Ils seraient déjà entre 20.000 et 25 000 environ à profiter d’un climat agréable mais aussi d’une fiscalité douce.

En effet, les “non-résidents” français sont imposés au Maroc sur leur pension, selon une convention fiscale signée entre les deux pays. Mais le royaume chérifien accorde aux retraités français un double avantage sur la part des revenus touchés au Maroc : un abattement de 40 % sur le montant à déclarer et une réduction de 80 % de l’impôt dû.

Au final, le Maroc offre aux retraités Français un coût de la vie environ 30 % inférieur à celui de l’Hexagone. Selon le site retraite-étranger.fr, l’avantage mensuel sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités résidant au Maroc, serait de 28 % (s’il est propriétaire) et même de 39 % (s’il est locataire) !

L’Espagne s’octroie la 2e place de ce classement. Il faut dire que les Franco-Espagnols sont nombreux, plus de 150 000 personnes selon les estimations, à revenir au pays lorsque sonne l’heure de la retraite pour profiter d’un climat plus agréable et d’un différentiel de niveau de vie encore – mais de moins en moins — intéressant.

Contrairement au Maroc, la fiscalité est neutre. C’est-à-dire que vos pensions resteront imposables en France. Et le coût de la vie est d’environ 10 % inférieur à la France.

Son voisin, le Portugal, occupe la 3e marche du podium. Les Portugais sont une des communautés les plus structurées et les plus fortes en France. Les mariages mixtes sont très nombreux, ce qui explique en grande partie le nombre élevé de Français (entre 30 000 et 50 000 environ) prenant leur retraite au Portugal. Comme pour l’Espagne, globalement, le coût de la vie au Portugal est moins élevé que dans la plupart des autres pays d’Europe où un retraité français peut “vivre mieux en dépensant moins”.

Un niveau de vie jusqu’à 60 % supérieur qu’en France

Mais d’une manière générale pour vivre vraiment mieux qu’en France avec le même budget il faut quitter l’Europe, traverser la Méditerranée et même les Océans.

Autres destinations privilégiées par les nouveaux retraités :

  • Tunisie : les Français y seraient déjà plus de 10 000, le coût de la vie est jusqu’à 50 % inférieur ;
  • Sénégal : de 3 000 à 5 000 Français qui n’ont pas d’attaches familiales avec le pays. L’avantage sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités serait d’environ 40 % ;
  • Île Maurice : environ 15 000 Français et leurs proches y résideraient ;
  • Floride (USA) : beaucoup de retraités attirés par la baisse des prix de l’immobilier sur place. Un tiers des 100 000 Français sur place seraient des retraités. Même s’ils restent imposables en France, le coût de la vie y est inférieur de 5 %.
  • République Dominicaine : un millier de Français. Hormis le climat et le coût de la vie dû à la pauvreté de l’île, cette destination offre peu d’avantages : absence de services publics et risque de double imposition.

Enfin, deux nouvelles destinations sont de plus en plus prisées, dernièrement, par les retraités Français : la Thaïlande et le Brésil.

La part des plus de 60 ans parmi nos compatriotes vivant en Thaïlande est passée de 4 % à 16 % ces 15 dernières années. C’est l’un des pays où le différentiel de niveau de vie est le plus favorable aux Français, jusqu’à 60 % supérieur, mais vous resterez imposable en France.

Au Brésil, en revanche, où le nombre des résidents français retraités y a plus que décuplé en 10 ans, vous serez imposables sur place.

Attention à l’effet “coup de soleil” !

Quelle que soit la destination que vous choisiriez pour passer votre retraite, même si climat et fiscalité se révèlent plus doux qu’en France, il ne faut pas négliger certains points faibles, rappelle le site de l’hebdomadaire économique.

“Attention à l’effet “coup de soleil” : quand on vient dans un pays en vacances, on bronze et on peut avoir l’impression que tout y est facile. Mais une fois installé, il faudra apprendre à vivre sur place toute l’année : se mettre, dans les pays non francophones, à apprendre la langue et s’y faire des amis. On ne peut pas passer sa vie à marcher sur la plage !”, met en garde Louis Eudes, PDG de Délocalia, société de conseil patrimonial pour les Français de l’étranger.

L’effet coup de soleil peut amener à surpayer les biens et les services, par méconnaissance des usages, de la réalité des prix et des prestations. Prenez par exemple la santé : dans les pays où le coût de la vie est bas, elle peut se révéler très chère, beaucoup plus qu’en France. Et il faudra donc prévoir une assurance santé ou l’adhésion à la CFE (Caisse des Français à l’étranger) avec mutuelle.

Alors ? Prêts vous aussi à tenter l’aventure, une fois retraité, pour un petit coin de paradis… fiscal ?

AB

TVA sociale : quelles conséquences pour les retraites ?

Jeudi 5 janvier 2012

tva_sociale_retraite_Keith_LaverackNicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat débat, jusqu’ici, de la campagne présidentielle.

En évoquant, lors de ses vœux aux Français, l’idée d’une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale, le Président de la République a savamment jeté le premier os à ronger de cette nouvelle année qui débute pour la meute de politiques, syndicalistes, journalistes et autres observateurs et commentateurs de tout poil.

« Nous sommes l’un des pays européens dont la part des cotisations rapportées aux salaires est l’une des plus élevées. », justifie Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’analyses Asterès sur le site de La Croix.

Travail et protection sociale coûtent trop cher

C’est ainsi que pour certains économistes, notre système, hérité des Trente Glorieuses, de financement de la retraite ou de l’assurance-maladie, notamment, par les cotisations assises sur les salaires est devenu insatisfaisant, poursuit le quotidien.

À la fois parce que le coût de la protection sociale est amené à exploser en raison du vieillissement de la population – le « trou » de la Sécurité sociale pourrait atteindre près de 14 milliards d’euros en 2012 – et parce que le coût du travail est trop élevé pour que l’économie française soit compétitive. Déjà, Michel Rocard, avait institué en 1990 la contribution sociale généralisée (CSG) pour que le travail ne soit pas le seul financeur de la protection sociale.

Le principe d’une TVA sociale consiste donc à transférer une partie du financement de notre protection sociale par le travail, sur la consommation en la taxant davantage par le biais de son impôt indirect : la TVA.

Or, spontanément, qui dit augmentation dela TVA, dit augmentation des prix donc baisse du pouvoir d’achat, selon moi.

« Cette TVA sociale s’analyse à la fois comme une mini-dévaluation – on renchérit le coût des importations et on baisse celui des exportations – et une minidéflation salariale. On réduit à la fois le coût du travail pour les entreprises et le pouvoir d’achat des salaires ce qui est économiquement équivalent à une diminution des salaires. En mettant aussi au passage à contribution les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs. », anticipe même Alain Madelin dans Les Echos.

« Ce ne sont pas les produits importés qui paient l’impôt mais les consommateurs de ces produits — Mettez une taxe sur les vaches, ce ne seront pas les vaches qui la paieront — dit l’adage. La même facture sociale restera payée par le même nombre de Français », prédit l’ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé.

Les retraités protégés en cas d’inflation ?

« Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale », promet au contraire François Bellanger, le président de la Confédération française des retraites, interrogé par La Croix.

« L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés. En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé. », rassure-t-il.

Le débat ne fait donc que commencer. Les partisans d’une substitution de la TVAaux cotisations sociales soulignent son caractère favorable à l’emploi et sa neutralité vis-à-vis du financement de la sécurité sociale. D’autres considèrent qu’une telle réforme acte le fait que le futur accroissement des dépenses sociales ne pourra être financé que par une augmentation des cotisations, observe politiquessociales.net.

Recourir davantage à la protection individuelle ?

Selon ce site Québécois de veille sur les politiques sociales et la mondialisation, l’exemple allemand est éclairant.

« Loin d’être équilibré, le “paquet TVA” se solde par un supplément net de recettes pour l’État de l’ordre d’un peu moins de 0,4 point de PIB, dont plus de la moitié est supportée par les ménages, via la hausse de l’inflation. L’Allemagne est l’un des pays de l’UE où les inégalités salariales sont désormais parmi les plus élevées. La mesure mise en place en janvier 2007 en Allemagne s’inscrit en fait dans la suite logique des réformes antérieures de l’assurance chômage et de l’assurance invalidité vieillesse : elle ne fait qu’entériner le choix de limiter la part des ressources nationales affectées aux régimes sociaux contributifs, de favoriser le recours croissant à la protection individuelle, au risque de développer de la pauvreté et de fragiliser une cohésion sociale déjà bien malmenée depuis une dizaine d’années en Allemagne. », conclut Odile Chagny, chercheur affilié à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques).

Bref, un constat bien éloigné de la promesse sociale d’une nouvelle TVA.

Alors qui croire ?

AB

Marc Fiorentino : « Moi j’ai 51 ans, je suis à peu près certain que je n’aurai pas de retraite »

Lundi 18 juillet 2011

C’est la déclaration choc de ce spécialiste de l’économie et de la finance, auteur de Sauvez votre argent ! Mon régime santé pour vos économies, de Marc Fiorentino aux éditions Robert Laffont, livre du mois de la librairie TV4Finance.

Une vidéo mise en ligne récemment sur la Web TV de la finance vue par les femmes et dans laquelle Marc Fiorentino, éditorialiste sur BFM et dans La Tribune, se montre une nouvelle fois pessimiste quant à la capacité des Etats à surmonter la crise et éviter la faillite.

Alors que ces jours-ci, la contagion de la crise de la dette des pays de l’Union Européenne semble s’étendre et que les USA sont également dos au mur, ce livre que les blogs BforBank vous présentaient déjà lors de sa parution, semble être à nouveau d’actualité.

Il faut dire que cet ancien dirigeant de banques d’affaires américaines – même si on peut lui reprocher une vision un peu trop apocalyptique des choses – est, malgré tout un des rares à ne pas pratiquer la langue de bois au sujet de la crise. Il s’est toujours montré inquiet quant à l’avenir de nos économies en général et des retraites en particulier.

Marc Fiorentino a donc souhaité, à travers son guide, expliquer la finance de façon simple et claire à tous ceux qui pensent n’y rien pouvoir comprendre. Il y donne aussi des conseils avisés pour placer son argent : de 10 000 euros à 1 million d’euros.

Depuis la crise tout a changé

En résumé, votre argent est en danger, selon lui.

« La gestion en bon père de famille n’est plus possible, depuis la crise tout a changé. »

Pourquoi cela a changé ?

  • La finance est au service de la finance, pas de l’économie.
  • La globalisation augmente l’ampleur des crises.
  • La rapidité avec laquelle l’information circule fait que n’importe quelle opinion est diffusée dans le monde entier.
  • Le monde est dirigé par une trentaine de financiers.
  • Les politiques ne comprennent rien à ce qui se passe.
  • Les états ne sont pas gérés, ils dépensent sans compter.
  • La Chine veut devenir numéro un sans respecter les règles.
  • La nature humaine contient les germes des crises : appât du gain et panique.

Nos 4 vérités

Marc Fiorentino consacre la 1ère partie de son livre à nous dire nos 4 vérités :

  • « Vous êtes le pigeon de service : vos conseillers ne cherchent pas votre intérêt mais ils cherchent à placer le produit du mois. Ne venez plus vous plaindre d’avoir payé des frais.
  • Vous croyez encore au père noël : vous cherchez des [placements ultra-performants] « sans risque » [...] Cela n’existe pas.
  • Vous ne pouvez plus avoir de certitude : votre entreprise, votre banque ou le pays peut faire faillite.
  • Vous êtes manipulé : un jour on vous raconte que le pétrole explose, le lendemain c’est l’or. Une information chasse l’autre. Ne les écoutez pas. »

Les autres parties du livre sont une véritable ordonnance de remèdes pour nos économies avec 8 commandements pour faire les bons choix et un régime pour faire grossir votre argent.

Alors si pour vous aussi les vacances d’été sont enfin l’occasion de prendre le temps de lire à tête reposée autre chose que des journaux et des magazines, vu le contexte, il est peut-être temps de vous plonger dans ce livre : Sauvez votre argent ! Mon régime santé pour vos économies, de Marc Fiorentino aux éditions Robert Laffont.