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Réforme des retraites : tous les Français devront faire un effort

Lundi 6 mai 2013

reforme_retraiteLa ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a déclaré, dans un entretien accordé au journal Le Figaro vendredi 3 mai, à propos de la future réforme des retraites :

« un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».

Afin de réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020, Marisol Touraine a confirmé la feuille de route du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault : 

« Des décisions seront prises d’ici la fin de l’année. Nous avons trois défis : le financement à court terme, la pérennité à long terme de notre système par répartition et des mesures de justice. Si on parle de durée de cotisation, qui est le critère le plus juste, vu l’augmentation de la durée de vie, elle doit tenir compte des réalités des carrières. Un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».

« La retraite par répartition doit rester le socle »

Qui bénéficiera alors réellement de mesures de justice si tous les Français doivent faire un effort, est-on en droit de se demander ?

Mais en matière de retraite, les politiques nous ont déjà démontré par le passé qu’ils n’étaient plus à un paradoxe près !

Preuve en est le départ anticipé à la retraite dès 60 ans pour les carrières longues dont se félicite Marisol Touraine alors que depuis belle lurette l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recommande aux gouvernements :

« augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés ».

Par ailleurs, la ministre des Affaires sociales et de la Santé affirme que la retraite par répartition doit rester le socle :

« Je ne pousse pas à un bouleversement des principes existants. Nous voulons consolider les principes, les inscrire dans la durée ».

Mais peut-on encore se permettre de réformer les retraites sans bouleverser quelque peu le système établi au siècle précédent ?

L’avenir en péril des retraites ne peut plus se contenter de « réformette » et il est dommage de tuer dans l’œuf, avant toute phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux, l’hypothèse d’une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

D’autre part, Marisol Touraine assure entendre « les inquiétudes à ce sujet (retraite, NDLR) » :

« Selon moi, elles ont deux causes. La première tient au caractère anxiogène de réformes qui, depuis des années, s’accumulent sans stabiliser pour autant les régimes dans la durée. Des efforts sont continuellement demandés aux Français, sans qu’ils en voient les résultats. Leur horizon sans cesse se dérobe. D’autre part, le rapport au travail s’est considérablement dégradé. Alors qu’il devrait être vécu comme un facteur d’émancipation, il est de plus en plus subi comme une contrainte. La retraite est alors perçue comme le moment où l’on retrouve la maîtrise de sa vie. Toucher aux retraites provoque donc des réactions très fortes. »

La ministre des Affaires sociales et de la Santé ne devrait donc pas ignorer que 82% des jeunes actifs ne font plus confiance à notre système fondé sur la solidarité entre les générations pour leur assurer une pension suffisante

Seule certitude, les entreprises vont devoir mettre la main à la poche. « Il en va de la consolidation du régime des retraites dans le public comme dans le privé », a répondu Marisol Touraine, confirmant ainsi à demi mot les informations des Echos.fr sur l’éventualité d’une hausse des cotisations.  

Résultat des courses au mois de juin, en espérant éviter de nouveaux efforts inutiles…

AB

Retraite : partir dès que possible

Jeudi 2 mai 2013

partir_retraiteEntre juillet 2010 et juin 2011, plus de 3 retraités sur 4 sont partis à la retraite dès qu’ils en ont eu la possibilité. Une tendance qui se confirme : la majorité des nouveaux retraités partent dès qu’ils ont atteint une pension à taux plein, afin de profiter le plus longtemps possible de la retraite.

C’est le principal enseignement de l’enquête Motivations de départ à la retraite de 2012, réalisée conjointement par la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la Dss (Direction de la sécurité sociale) et le Cor (Conseil d’orientation des retraites) auprès de 3 000 Français qui ont récemment mis un terme à leur carrière.

60,2 ans, c’est l’âge moyen “idéal” pour prendre sa retraite selon les personnes interrogées. Mais dans les faits, les 664 000 nouveaux retraités au régime général résidant en France, qui ont pris leur retraite entre début juillet 2010 et fin juin 2011, ont, en moyenne, 61 ans et demi au moment de la liquidation, qu’ils occupent ou non un emploi au moment du départ à la retraite.

Profiter de la retraite le plus longtemps possible

Avoir atteint le taux plein est la première des motivations de départ à la retraite. Elle a joué dans la décision de partir pour 67 % des nouveaux retraités. Ensuite, pour 58 % des personnes interrogées, c’est d’avoir atteint l’âge de 60 ans qui a compté. Les autres facteurs liés au droit à pension concernent moins de la moitié des répondants : « avoir atteint un niveau de pension suffisant » a compté pour 41 % d’entre eux, 31 % évoquent la peur d’une nouvelle réforme qui diminuerait leurs droits et 29 % la possibilité de continuer à travailler ou de reprendre un emploi.

A ce propos, les retraités partis en 2010-2011 sont un peu plus nombreux que ceux partis deux ans plus tôt à envisager de reprendre un emploi. Néanmoins, le souhait de profiter de la retraite le plus longtemps possible a compté pour deux retraités sur trois.

Par ailleurs, des difficultés liées au dernier emploi a importé pour 61 % des nouveaux retraités. Du fait de problèmes de santé pour 39 % des nouveaux retraités, ou tout simplement un sentiment de lassitude pour 40 % des répondants.

Toutefois, un tiers de nouveaux retraités (31%) ne sont pas partis dès qu’ils en ont eu l’occasion. Une prolongation d’activité pour l’intérêt du travail, pour une majorité des personnes interrogées, mais aussi le désir de conserver son salaire quelques années de plus pour 71 % des répondants et augmenter leur future retraite pour 65% d’entre eux.

A ce propos, les durées d’assurance et les dispositifs du régime général d’assurance vieillesse sont encore mal connus d’après cette enquête. Encore plus d’un retraité sur trois ne connaît pas ou ne se souvient pas de la durée validée et de la durée requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Par ailleurs, environ 40 % des nouveaux retraités disent n’avoir jamais entendu parler de la décote et de la retraite progressive et plus d’un retraité sur deux n’a jamais entendu parler de la surcote.

Raison de plus de s’informer dès que possible en consultant votre relevé de situation en ligne qui récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, et bien préparer votre retraite en faisant une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, pour partir effectivement dès que possible, sans mauvaise surprise par la suite.

 

AB

Les Français et la retraite, entre déni et illusions

Mardi 5 mars 2013

Les Français et l'épargne retraiteLes Français préfèreraient épargner pour préparer leurs vacances (47%) plutôt que leur retraite (34%) !

C’est l’un des enseignements édifiants d’une étude HSBC sur l’avenir des retraites reprise par la presse ces derniers jours. D’ailleurs, 59% des personnes interrogées reconnaissent ne pas préparer correctement leur retraite, voire pas du tout pour plus d’un Français sur 3 (36%) même s’ils sont de plus en plus inquiets sur les difficultés financières qui se poseront à cette période de la vie.

Pire, les personnes interrogées déclarent avoir pleinement conscience que leur propre espérance de vie excédera de beaucoup l’espérance de vie de leur épargne retraite. S’attendant à vivre en moyenne 19 ans après l’âge de la retraite, les Français considèrent que leur épargne ne durera que 9 ans. Restera donc en moyenne 10 années à vivre sans aucun revenu complémentaire !

Un paradoxe d’autant plus surprenant que c’est justement au moment de la retraite que les dépenses liées aux problèmes de santé et de dépendance augmentent considérablement.

« C’est un peu comme en matière de prévention pour la santé : les Français ont de plus en plus peur, mais ils sont dans une certaine forme de déni et repoussent encore et toujours la préparation de leur retraite, que ce soit financièrement ou mentalement », analyse sur 20minutes.fr le sociologue Serge Guérin, spécialiste des questions de vieillissement et associé à l’étude.

Il faut reconnaître néanmoins qu’avec la crise, le chômage et l’endettement, même en le voulant, une bonne partie de la population ne pourrait pas se faire un bas de laine pour sa retraite.

Malgré tout, même la minorité qui épargne consciemment et volontairement pour sa retraite, le fait de façon trop timide en France : à partir de 30 ans, contre 26 ans dans le reste du monde et pour un montant de 86€ en moyenne chaque mois, contre 214€ dans le monde.

Retraite : une confiance aveugle en l’État providence

Autre illustration de cette édifiante contradiction, alors même que les Français reconnaissent ne pas trop préparer leur retraite, ils souhaitent néanmoins en moyenne un revenu pour la retraite égal à 82 % de leur revenu d’activité !

Un niveau pourtant inatteignable avec pour seule rentrée d’argent les pensions des régimes de retraite (général et complémentaires). Et que dire de leur estimation de leur revenu idéal pour cette période qui se situe, selon l’étude, à plus de 2 000 euros par mois, alors que le revenu médian d’un ménage de retraités se situe autour de 1 500 euros !

« On observe une confiance excessive dans les prestations sociales qui pourtant s’amenuisent », commentent les auteurs de l’étude.

En effet, la confiance en l’État providence a, cette année, fortement progressé en France, en dépit d’une situation déficitaire des régimes de retraite publics bien connue.

Nous sommes d’ailleurs quasiment les seuls au monde. Ailleurs, à peine 16% des individus font prioritairement confiance aux États pour financer leur retraite. En France, c’est presque 1 personne sur 2 (44%), soit deux fois plus qu’en 2011 !

Le seul autre pays du monde dans lequel l’État providence suscite encore un fort indice de confiance est la Chine (37%), qui soit dit en passant, réfléchit à un éventuel allongement de l’âge de la retraite.

Seuls les plus jeunes (25-34 ans) semblent heureusement les plus lucides et ont une confiance moins marquée vis-à-vis de la capacité de l’État à leur fournir l’essentiel de leurs revenus à la retraite (30% seulement). Ils anticipent ainsi d’autres sources de financement, pour une part équivalente aux pensions de retraite publiques (20% épargne salariale, 30% assurance vie, 38% épargne court terme).

Une jeunesse qui va, malgré tout, devoir continuer à mettre aussi la main à la poche pour assumer les retraites de ces générations précédentes qui ont brillé par leur attentisme et une confiance aveugle dans un système désormais inadapté.

Et vous, comment préparez-vous votre retraite et quel montant espérez-vous ? Pour vous aider, calculez votre retraite en ligne.

AB

Vos cotisations retraite placées en bourse rapporteraient aujourd’hui… 800 000 euros !

Jeudi 7 février 2013

C’est le savant calcul réalisé par Acrithène, doctorant en économie et blogueur sur Atlantico.fr.

Il a fait une simple estimation du capital dont vous pourriez disposer aujourd’hui pour votre retraite si vous aviez investi, durant toute votre vie active, vos cotisations en bourse plutôt que dans le système de répartition.

Résultat : 800 000 euros.

Voilà la somme que vous auriez aujourd’hui pour profiter de votre retraite.

Pour ses calculs, cet expert en économie a pris l’exemple d’un salarié du privé qui prendrait sa retraite cette année après 43 ans de travail et donc de cotisations. Il s’est basé sur un salaire représentant à peine 59% du salaire moyen en 1970, soit moins de 10 000 euros par an, et 115% du salaire moyen aujourd’hui, soit 40 000 euros bruts.

Sur 43 ans, les cotisations cumulées ne représentent que 200 000 euros

Sachant que les cotisations retraite représentent 26% aujourd’hui de votre salaire brut, en ayant placé ne serait-ce que 20% de son salaire brut dans le CAC 40, et réinvesti à chaque fois les dividendes, nets d’impôts, de ces mêmes actions, vous seriez détenteur d’un portefeuille d’une valeur de plus de 800 000 euros. Alors que les cotisations cumulées depuis 1970 ne représentent que 200 000 euros environ.

Un capital que ce retraité fictif pourrait très bien convertir en rente viagère auprès d’un assureur. En estimant son espérance de vie à 86 ans, il toucherait pendant 24 ans, une rente équivalente à près de 38 000 euros par an ! Une pension plutôt confortable, et sans avoir fait appel à la collectivité, c’est à dire sans bénéficier des cotisations des actifs plus jeunes comme le prévoit notre système par répartition.

Aujourd’hui le revenu annuel moyen d’un retraité célibataire en France n’est que de 14 600 euros, alors que les Français en espèrent le double !

Cette simulation originale jette donc un sacré pavé dans la mare, alors qu’une nouvelle réforme des retraites se dessine. Sans forcément balayer le système actuel, l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne se révèle nécessaire.

D’ailleurs, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent avoir épargné en vue de leur retraite.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour cette année semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ?

AB

Les retraités, plus fourmis que cigales

Jeudi 31 janvier 2013

Les retraités dépensent moins, sauf pour l’alcool et le chauffage. C’est l’un des nombreux enseignements de « France, portrait social 2012 » publié par l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).

Avant le grand âge, les couples de retraités se préparent en effet à une autre phase de leur vie. Ainsi, les seniors épargnent davantage, ne voulant pas être à la charge de leurs enfants. Côté dépenses, les retraités renouvellent une dernière fois les équipements électroménagers de la maison. Ils adoptent ensuite, progressivement, une vie plus casanière. On est loin du cliché du retraité globe-trotter ou épicurien.

Pour certains, il ne reste que des miettes

En réalité, les dépenses des retraités liées au logement (loyer, charges, chauffage, électricité) augmentent, de même que leur recours aux services domestiques à domicile. En revanche, ils diminuent leurs dépenses alimentaires, à la fois à domicile et à l’extérieur, mais ils maintiennent leur consommation d’alcool. Enfin, ils dépensent moins pour les vacances ainsi que pour l’habillement.

Mais pour certains, une fois à la retraite, peu importe leurs envies, il ne reste que des « miettes ».

C’est ainsi que plusieurs exploitants agricoles de l’Aisne se sont manifestés il y a quelques mois, pour faire part à François Hollande de leurs conditions difficiles. Ces agriculteurs ont carrément envoyé des lettres contenant des miettes de pain au Président de la République pour protester contre leur maigre retraite.

Un geste symbolique qui n’a pas vraiment plu en haut lieu. Une enquête du parquet de Paris pour offense au chef de l’Etat, délit puni par la loi, a été ouverte. Le représentant des agriculteurs a été convoqué au commissariat, même si l’Elysée a formellement démenti avoir déposé plainte.

Les anciens exploitants agricoles en France revendiquent une retraite à 75% du SMIC, un taux qui n’est actuellement pas appliqué. En moyenne, un exploitant agricole retraité touche environ 770 euros par mois. Les exploitants demandent aussi la retraite complémentaire pour les épouses de retraités actuels.

Pas vraiment de quoi chanter tout l’été, mais apparemment, aller crier famine ne fait toujours pas recette…

AB

« Le système des retraites en France, c’est le Titanic » !

Mercredi 30 janvier 2013

marc fiorentinoComme à son habitude, Marc Fiorentino n’y va pas par quatre chemins. Notre système de retraite coule à toute vitesse, selon lui. Un naufrage comparable à celui du Titanic d’après le PDG d’Euroland Finance interrogé par le Nouvel Obs à l’occasion de la parution de son nouveau livre « Sauvez votre retraite ! » aux éditions Robert Laffont.

« La réforme Fillon, ce sont quelques canots de sauvetage jetés à l’eau, qui permettront de sauver quelques retraités. Le retour aux 60 ans, même si cela ne concerne que 150 000 personnes qui, de plus, méritaient de partir à la retraite, c’est un mauvais signal, c’est l’orchestre qui joue sur le pont pendant que le bateau coule. », confie le conseiller financier au magazine.

Ses prédictions résumées en 4ème de couverture sont plus que pessimistes :

« (…) vous allez vivre plus vieux que vous ne l’imaginez, vous n’allez pas toucher la retraite à laquelle vous avez droit, vous allez devoir travailler plus longtemps que prévu, les jeunes cotisent pour rien, les seniors vont se faire piquer une partie de leurs économies, vous devez vous protéger contre la dépendance (…) »

Préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance

Couverture livre FiorentinoPour autant, Marc Fiorentino ne souhaite pas la disparition de notre système par répartition au profit exclusif d’un système par capitalisation à l’anglo-saxonne. Un système totalement inadapté, selon lui, rappelant que pendant la crise, il a failli connaître la faillite, des retraités américains ayant dû reprendre le chemin des petits jobs à 70 ans parce que leur « capital » de retraite s’était envolé sur les marchés financiers.

Le conseiller financier préfère un système par répartition, réaliste, avec un complément de capitalisation. Partageant, par ailleurs, l’idée récurrente d’une remise à plat complète du système avec pourquoi pas l’adoption d’un modèle « par points », à la suédoise comme le suggèrent certains syndicats et leaders politiques.

Mais, en attendant la grande concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux prévue au printemps, Marc Fiorentino donne, dans son nouveau livre, des conseils pratiques à suivre dès aujourd’hui. Une stratégie reposant sur 4 piliers : préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance, les 4 piliers d’une solution pour votre retraite.

En effet, plus que le simple fait de préparer sa retraite, il s’agit surtout d’anticiper sa fin de vie et se prémunir face à la dépendance, comme Marc Fiorentino l’a expliqué sur BFM Business :

Alors ? Enfin décidé(e) à “sauver” votre retraite ?

AB

Vers le gel partiel des pensions de retraite ?

Lundi 21 janvier 2013

Le compte à rebours pour une moindre revalorisation des retraites du régime général, comme nous l’évoquions déjà il y a un mois, a peut-être commencé.

Dans une interview donnée aux Echos, Jérôme Cahuzac, le ministre du budget a déclaré qu’une décision de désindexation des retraites complémentaires par les partenaires sociaux serait un « élément d’appréciation très important » pour le gouvernement concernant le régime général.

Désindexer les retraites complémentaires pendant cinq ans, voilà justement ce que vient de proposer aujourd’hui le Medef lors d’une nouvelle séance de négociation avec les syndicats pour réduire le déficit de l’AGIRC-ARRCO, rapporte le site du journal économique.

En clair, au 1er avril 2013, les pensions seraient relevées de 1,5 point de moins que l’inflation. Les années suivantes, jusqu’en 2017, les retraites seraient revalorisées de l’inflation moins 1 point. Total : une économie de 4 milliards d’euros par an au bout de 5 ans. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Une proposition pourtant jugée inacceptable par l’ensemble des syndicats de salariés même s’ils ne sont pas contre ce principe d’une revalorisation moins forte que l’inflation, exceptée la CGT, à condition qu’il y ait une hausse des cotisations.

« Cela reviendrait à faire reculer le pouvoir d’achat des retraités de plus de 5 % en cinq ans », a souligné Jean-Louis Malys (CFDT).

Autres lignes de front

Mais ce n’est pas tout. Le patronat aimerait bien aussi raboter les pensions de réversion. Les veufs et veuves ne toucheraient plus que 56 % de la retraite complémentaire de leur conjoint décédé, au lieu de 60 % actuellement, et à partir de 60 ans seulement (alors que l’âge minimum est de 55 ans à l’Arrco).

Par ailleurs, le Medef projette également de reculer progressivement l’âge à partir duquel il est possible de toucher sa pension complémentaire. Or elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. Avec une telle mesure, les seniors reculeraient d’autant leur départ à la retraite pour pouvoir toucher l’intégralité de leur pension.

Autant dire qu’il est plus que temps de bien préparer sa retraite et le plus jeune possible ! 

Suite au prochain épisode : une nouvelle séance de négociation aura lieu le 6 février. Mais d’ici là on attend avec impatience le nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Son état des lieux du système français sera dévoilé le 23 janvier et doit précéder la vaste concertation en vue d’une réforme de la réforme des retraites. 

A coup sûr, un élément d’appréciation de plus pour Jérôme Cahuzac et le gouvernement concernant l’avenir du régime général des retraites.

Pension de retraite : sur le chemin de la parité hommes/femmes ?

Vendredi 11 janvier 2013

33% de moins. Tel est l’écart parlant des niveaux de retraite des femmes par rapport aux hommes constaté en 2009, selon le dernier numéro de Retraite et société publié par la CNAV. En 2029, cet écart serait encore de 24% !

Autant dire que la réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes semble un chemin bien long, sinueux et sans issue véritable. C’est pourtant l’un des objectifs de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme sur les retraites.

Plusieurs phénomènes sont avancés par cette publication pour expliquer ces écarts et cette réduction bien mince.

Après le 1er enfant…

Le chiffre : 38% des femmes arrêtent temporairement de travailler après leur 1er enfant. C’est surprenant par rapport à la vision de la société que l’on souhaiterait avoir. Mais le constat est là : les femmes sont moins nombreuses sur le marché du travail parce qu’elles assument un rôle encore dominant à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches domestiques.

Pour les jeunes générations, s’il est désormais rare pour une femme de rester au foyer, il demeure fréquent qu’elle s’arrête temporairement de travailler après une naissance. Ainsi, 38 % des femmes ne travaillent pas après une première naissance, 51 % après une deuxième et 69 % après une troisième. De ce fait, l’activité des femmes continue de progresser mais à un rythme ralenti.

En outre, d’après les enquêtes Emploi du temps de l’Insee, la durée du temps domestique des femmes est encore supérieure de 70 % à celle des hommes (3 h 26 contre 2 h 00 par jour) et leur temps professionnel moindre. L’emploi à temps partiel s’est en effet largement répandu. Si 15 % des femmes étaient dans cette situation au début des années 1980, on en compte le double à la fin des années 1990 (depuis cette proportion est stable aux alentours de 30 %). Mais qui dit travail à temps partiel, dit salaire partiel et donc pension partielle.

Par ailleurs, les écarts de salaires persistent. S’ils diminuaient par le passé, ils ont pratiquement cessé de se réduire depuis le milieu des années 1990. Et, selon les projections, en 2029, les écarts rémanents de rémunération au cours de la vie active deviendraient alors la cause principale des différences de pension entre hommes et femmes partant au même âge.

Mais une part de la réduction des écarts pourrait venir aussi, non pas de la hausse des revenus des femmes, mais de la baisse des pensions des hommes. En effet, en comparant les résultats de 2029 à ceux de 2009, la part des hommes bénéficiant d’une retraite à taux plein au titre de la durée d’assurance est en forte baisse.

Reste une inconnue de taille : la population de retraités, hommes et femmes, célibataires ou divorcés/séparés dans les années à venir. Car sous l’effet de l’érosion du modèle du « couple marié stable », cette population ne sera plus composée uniquement de couples et d’individus veufs bénéficiant, au décès de leur conjoint, d’une pension de réversion qui modère la baisse de leurs ressources. Pour les retraités célibataires ou divorcés/séparés, cette pension de réversion ne jouera pas (ou peu).

Que retenir ? Les pensions de retraite des femmes vont, certes, progresser au fil des générations, mais sans, toutefois, rattraper celles des hommes. Et, en ignorant les évolutions démographiques et conjugales, bien malin qui peut prédire précisément les futurs écarts de niveau de vie à la retraite entre hommes et femmes. Si ce n’est que les femmes ont tout intérêt à bien préparer leur retraite.

AB

Pour prolonger :

  • intéressant point sur le blog de “Retraite plus” qui constate une inégalité hommes/femmes face aux maisons de retraite. Elles y sont plus nombreuses, avec des difficultés plus grande à en financer leur hébergement.
  • à noter aussi, au rayon des questions financières, qu’une égalité hommes/femmes est désormais posée juridiquement depuis le 21 décembre dernier, en matière de tarifs d’assurance.

L’Équateur, le meilleur endroit du monde pour couler une retraite heureuse

Mercredi 2 janvier 2013

C’est le site International living, spécialiste de la retraite à l’étranger pour les Américains, qui distingue pour la 4ème année consécutive « la petite Suisse de l’Amérique Latine ». L’Équateur, grand comme la moitié de la France, coincé entre la Colombie et le Pérou, serait ainsi le meilleur endroit de la terre pour prendre sa retraite.

Pour la douceur de son climat tropical ? La beauté de ses paysages variés qui s’étendent de l’océan Pacifique aux profondeurs de l’Amazonie ? Sa culture exotique ? Certes, oui. Mais surtout pour son coût de la vie et ses prix de l’immobilier bon marché comparé aux Etats-Unis et à l’Europe.

« Pour 38 000 euros, vous pouvez acheter une maison dans une ville coloniale ou un appartement sur la plage. Vous pouvez aussi louer un meublé de deux chambres sur la plage pour 380 euros par mois. L’immobilier ici est si abordable que certains expatriés ont deux maisons. »

Par ailleurs, le site assure que l’Équateur est une destination stable et sécure, s’appuyant sur le témoignage d’un Américain installé là-bas qui a l’impression « de vivre aux Etats-Unis dans les années 50 ».

Une certitude, le continent Sud-Américain est devenu l’eldorado des retraités Nord-Américains dont les revenus se réduisent au fil des ans comme une peau de chagrin.

Le Panama et le Mexique complètent ce podium des destinations paradisiaques pour couler une retraite heureuse. Cocotiers, plages dorées, eaux turquoises, loisirs peu coûteux,… autant d’arguments qui poussent de plus en plus les seniors américains à s’expatrier au Sud des Etats-Unis mais aussi en Asie et même en France.

Oui, vous avez bien lu. Plus de 100 000 américains vivent chez nous dans l’hexagone, à l’image de ce couple qui profite de sa retraite à Paris avec « un budget raisonnable de 2 400 euros par mois. »

Pour des retraités Français, en revanche, c’est au Maroc, en Tunisie ou en Espagne, qu’ils sont de plus en plus nombreux à couler une retraite heureuse pour un budget raisonnable. Ils seraient ainsi plus d’un million de retraités tricolores à couler des jours heureux à l’étranger.

L’expatriation des retraités semble donc un phénomène croissant qui prospère des deux côtés de l’atlantique. Drôle de paradoxe pourtant pour ces deux pays, les USA comme la France, où de nombreux jeunes du monde entier rêvent encore et toujours de s’installer alors que les retraités eux-mêmes ne songent qu’à les quitter…

AB

Retraites : la fin d’un monde

Jeudi 20 décembre 2012

Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.

Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).

Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?

Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :

  • une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
  • une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
  • un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.

Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?

3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?

« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.

A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.

2040, retour naturel à l’équilibre

Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.

Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.

Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.

« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.

En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.

Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…

AB