Archive pour le mot-clef ‘retraite’

Retraites complémentaires : toujours pas de revalorisation

Lundi 16 mars 2015

Retraite complementaireLes années se suivent et se ressemblent, hélas, pour la revalorisation des retraites complémentaires. Les pensions des cadres et salariés du privé resteront gelées au 1er avril, pour la deuxième année consécutive. Un nouveau coup dur pour les retraités dont l’avenir des pensions complémentaires est justement en question.

Jusqu’à 13,50 € par mois de perte de pouvoir d’achat

La date symbolique du 1er avril n’y changera rien, il n’y aura pas de bonne surprise cette année pour les pensionnaires des régimes Arrco (complémentaire des salariés) et Agirc (complémentaire des cadres).

Comme l’an passé, leur pension de retraite complémentaire ne sera pas réévaluée cette année. Afin de réduire le déficit de ces deux régimes complémentaires, les partenaires sociaux avaient décidé en 2013 que la revalorisation des pensions serait limitée, y compris en 2015. Ainsi, syndicats de salariés et patronat s’étaient entendus pour désindexer les retraites complémentaires de l’inflation d’un point.

Or, la prévision d’inflation contenue dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015 étant de 0,9 %, la revalorisation aurait dû être négative -0,1 % (1 % – 0,9 %), ce qui aboutirait à une diminution des pensions. Mais comme l’accord prévoit que le taux ne peut pas être inférieur à 0 %, les pensions sont donc à nouveau gelées cette année.

Ce qui représente, malgré tout, une perte de pouvoir d’achat pour les retraités allant jusqu’à 13,50 euros par mois pour un ancien cadre touchant 1 500 euros au titre de sa retraite complémentaire, selon les calculs de votreargent.lexpress.fr.

Quatre mois pour sauver les retraites complémentaires

Ce gel des pensions de retraite complémentaire renforce, en tout cas, le pessimisme général qui entoure l’avenir des régimes Agirc et Arrco.

Les caisses des retraites complémentaires des salariés et des cadres du privé sont en effet dans le rouge depuis des années. Selon les projections, le régime des salariés serait à sec dans 12 ans et celui des cadres dans moins de trois ans, seulement.

Les partenaires sociaux se sont donnés quatre mois pour tenter de sauver les retraites complémentaires.  Lors de leur dernière réunion, le patronat a d’ailleurs fait des propositions chocs. Le Medef (Mouvement des Entreprises de France) a en effet proposé de :

  • prolonger le gel des pensions jusqu’en 2018 ;
  • reporter à 67 ans l’âge auquel le retraité peut toucher sa pension complémentaire à taux plein avec un système de décote ;
  • baisser la pension de réversion ;
  • réduire le nombre de points attribués par an ou en augmenter le prix d’achat ;
  • un système moins avantageux pour les chômeurs ;
  • une fusion des deux régimes, Arrco et Agirc.

Des mesures rejetées en bloc par les syndicats de salariés.

« Le patronat veut diminuer les dépenses, nous, on veut augmenter les recettes », fustige Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT sur Challenges.fr.

Autant dire que la prochaine réunion de négociation sur l’avenir des régimes de retraite complémentaire, prévue le 20 mars, promet d’être aussi glaciale que la revalorisation des pensions.

Les intérimaires retraités font le bonheur des employeurs

Vendredi 27 février 2015

cumul_emploi_retraiteArrivées à la fin de leur vie active, beaucoup de personnes font le choix du cumul emploi-retraite pour améliorer leur pension de retraite.

Cependant, il semblerait que ce dispositif soit aussi intéressant pour les employeurs, surtout lorsqu’ils font appel à des intérimaires retraités.

 Qu’est-ce que le cumul emploi retraite ?

Le cumul emploi-retraite concernerait aujourd’hui environ 500 000 personnes. Ce dispositif, mis en place par François Fillon en 2003, avait pour but d’inciter les retraités à rester en activité.

On peut faire le choix du cumul intra-régime qui consiste à reprendre une activité dépendant du même régime d’assurance retraite que celui qui vous verse votre pension. Par exemple, un salarié qui reprend une activité de salarié. Mais le cumul inter-régime est aussi possible.

Contrairement au cumul intra-régime, il consiste à reprendre une activité qui dépend d’un régime d’assurance retraite différent de celui dont vous avez relevé. Par exemple, un salarié qui choisirait de reprendre une activité d’auto-entrepreneur.

Cependant, cette reprise d’activité peut aussi se faire en intérim. Cela concerne la personne  retraitée qui a atteint l’âge de légal de la retraite avec le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein ou qui a atteint l’âge du taux plein automatique.

Entreprises d’intérim et retraités : un contrat gagnant-gagnant

« Depuis dix ans, on constate une progression du nombre de retraités qui candidatent pour des missions d’intérim, relève Raphaël Linossier, le président de l’agence d’intérim J4S, sur le site lemonde.fr et cette tendance s’est renforcée ces cinq dernières années avec, tous les ans, 1 % de retraités supplémentaires. »

Mais, qu’est ce qui pousse les retraités à reprendre une activité en tant qu’intérimaire ?

Le passage de la vie active à la retraite peut être un moment difficile à gérer. Continuer une activité en intérim permet une transition moins brutale. Cela permet également d’entretenir un lien social et d’obtenir un complément de salaire non-négligeable : « Le complément de revenu s’établit entre 800 et 1 000 euros net par mois », estime Raphaël Linossier.

Ces sommes sont d’autant plus appréciables qu’une étude montre que la moitié des Français estiment que 500 à 1 000 € supplémentaire par mois leur seraient nécessaires afin de vivre sereinement à la retraite. Ce surcroît de revenu leur permettrait de s’accorder des plaisirs comme voyager ou encore sortir au cinéma.

Pour les employeurs aussi, recruter des retraités en intérim a des avantages. En effet, leur taux d’absentéisme est très faible, ils sont très ponctuels et souples car ils n’ont plus de contraintes familiales. Avoir des retraités au sein d’une équipe permet également d’apporter un peu de sérénité: leur carrière est derrière eux, ils n’apportent aucune concurrence supplémentaire.

Seule ombre au tableau, le cumul emploi-retraite a perdu de son intérêt depuis le 1er janvier dernier.

En effet, quelle que soit la forme du cumul, la nouvelle activité ne permet pas d’obtenir de nouveaux droits à la retraite. Les cotisations se font donc à perte.

Retraite à l’étranger : le Maroc perd sa couronne au profit du Portugal

Jeudi 12 février 2015

passer sa retraite au PortugalComme chaque année depuis 2010, le site retraite-etranger.fr a publié son palmarès des pays où il fait bon vivre sa retraite.

Surprise, en 2015, le Maroc a perdu sa première place pour la céder au Portugal.

Pour réaliser son palmarès, retraite-etranger.fr met en compétition les vingt-cinq pays qui intéressent le plus les retraités français. Pour élaborer ce classement, douze critères sont retenus. Parmi eux, le coût de la vie et le climat sont les deux critères qui pèsent le plus lourd dans la note finale. Pour la note du coût de la vie, retraite-etranger.fr se base sur un panier de 30 produits et services communément consommés par un couple (habillement, alimentation, loisirs etc.).

Parmi les autres critères on retrouve :

  • la sécurité comprenant la corruption ou encore le taux de criminalité
  • les soins médicaux avec les équipements et la formation du personnel,
  • l’intégration (langue, accueil, réseaux d’expatriés francophones)
  • la valeur de l’immobilier
  • le patrimoine culturel
  • le patrimoine naturel
  • les loisirs
  • l’accessibilité
  • les infrastructures
  • la cuisine.

Le Portugal sur la première marche du podium

En 2014, le Portugal était seulement à la cinquième place du classement des pays où il fait bon vivre sa retraite. Cette année, il détrône le Maroc pour arriver sur la première marche du podium. Ce pays a toujours été attractif pour les retraités de l’hexagone séduits par son agréable climat, sa proximité géographique, son appartenance à l’Union Européenne et sa stabilité politique.

Autre avantage et non des moindres : les retraités français s’installant au Portugal peuvent voir leurs pensions exonérées d’impôt sur le revenu pendant 10 ans. Pour en bénéficier, il faut remplir plusieurs conditions :

  • résider dans le pays au moins 183 jours dans l’année,
  • ne pas y avoir habité au cours des 5 dernières années.

En remplissant ces conditions, les retraités français qui s’expatrient sont considérés comme résident non-habituel ce qui rend leur pensions de retraite privées non-imposables.

Cependant, comparé à d’autres pays, le coût de la vie reste assez élevé au Portugal. La Thaïlande, qui est à la deuxième place des pays où il fait bon vivre sa retraite, est l’un des pays où le coût de la vie est le plus bas. Il est « quasi trois fois moins élevé qu’en France – vous aurez une maison avec piscine pour le prix d’un F3 ici », constate Paul Delahoutre, responsable du site Retraite-etranger.fr sur le site votreargent.lexpress.fr. La Thaïlande offre en plus un cadre idyllique avec des plages de rêve. Seule la distance avec la France peut freiner l’ardeur des retraités candidats à cette expatriation.

En effet, la décision de vivre sa retraite à l’étranger ne doit pas être prise à la légère. Surtout si on décide de partir loin. Quitter un pays dans lequel on a vécu toute sa vie, abandonner ses habitudes, n’est pas si simple.

Néanmoins, ce classement vous permet d’avoir davantage de cartes en main si vous projetez de vivre votre retraite à l’étranger. Quelle que soit votre décision, rester ou partir, seule certitude, la retraite ça se prépare.

Retraite progressive : les clés pour comprendre

Lundi 26 janvier 2015

retraite_progressiveDe plus en plus, les Français ont conscience que le système de retraites actuel ne sera plus suffisant pour subvenir à leurs besoins à la fin de le leur vie active. Ainsi, différentes solutions s’offrent à eux : épargner, cumuler emploi et retraite ou encore choisir la retraite progressive. Détails sur ce dispositif encore peu connu par la plupart des Français.

Qu’est ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive, créée en 1988, est un dispositif permettant de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une partie de sa pension de retraite. Il permet donc au bénéficiaire de ne pas rompre trop brusquement avec le monde du travail mais aussi de continuer à cotiser et à valider des trimestres. Ce temps de travail supplémentaire sera pris en compte au moment de l’arrêt définitif du travail. Le montant de votre retraite sera donc amélioré. La retraite progressive s’applique également aux régimes complémentaires des cadres (AGIRC) et des non-cadres (ARRCO).

La réforme de janvier 2014 a assoupli les conditions d’accès à ce dispositif afin de permettre au plus grand nombre d’en bénéficier.

La retraite progressive, à quelles conditions ?

  • Avant la réforme de 2014, pour bénéficier de la retraite progressive, il fallait avoir atteint l’âge de 60 ans pour les personnes nées avant le 1er juillet 1951 et 62 ans, pour les personnes nées après le 31 décembre 1954. Cette condition a été assouplie. Aujourd’hui, pour bénéficier de ce dispositif, il faut avoir 60 ans minimum.
  • Il faut aussi avoir réuni 150 trimestres d’assurance tous régimes de retraite obligatoires confondus. Ces trimestres peuvent être cotisés ou encore rachetés.
  • La durée de travail à temps partiel doit être comprise entre 40 % et 80 % de la durée d’un temps plein. Cependant, la répartition du temps de travail vous appartient. Si vous souhaitez travailler simplement quelques jours par semaine ou quelques mois par an, c’est possible. La pension perçue sera proportionnelle au volume d’heures travaillées annuellement.

Par exemple, si vous réduisez votre temps de travail de moitié (50 %), vous percevrez la moitié de votre pension de retraite et un salaire pour votre mi-temps. Si vous décidez de baisser de 30 % le nombre d’heures travaillées, vous percevrez 30 % de votre pension de retraite et un salaire correspondant à 70 % d’un temps plein, etc. Quant à la fraction de retraite complémentaire, elle est censée être alignée sur celle de la retraite de base.

Demander sa retraite progressive ?

La personne souhaitant bénéficier d’une retraite progressive doit effectuer plusieurs démarches. Elle doit fournir un imprimé réglementaire de demande de retraite progressive avec lequel doivent être joints plusieurs autres documents. Par exemple, une copie du contrat de travail à temps partiel en cours d’exécution à la date d’effet de la retraite progressive ou encore une déclaration sur l’honneur attestant qu’on n’exerce aucune autre activité professionnelle que celle qui fait l’objet du contrat de travail à temps partiel entre autres. Ces documents doivent être envoyés à votre caisse de retraite du régime obligatoire.

Cependant, certaines conditions peuvent être différentes en fonction de votre statut. Ainsi, n’hésitez pas consulter le site du gouvernement qui vous permettra d’avoir plus de renseignements.

Tags : retraite progressive, retraite, bforbank, blog retraite, système des retraites, pension de retraite

700 milliards d’euros d’épargne retraite pour les Français

Lundi 26 janvier 2015

retraiteLes Français deviendraient-ils plus fourmis que cigales ? Eres, le spécialiste en retraite, épargne salariale et actionnariat salarié a publié les résultats 2014 de son Observatoire des Retraites Européennes. L’épargne retraite des Français est en constante augmentation ces dernières années.

D’après les chiffres de l’Observatoire des Retraites Européennes, les Français avaient à leur disposition à la fin de l’année 2013, un cumul d’environ 700 milliards d’euros d’épargne retraite soit une augmentation de 3 % par rapport à 2012. Cette hausse est régulière depuis une dizaine d’années. En effet, en 2003, l’épargne retraite cumulée des Français s’élevait à 486,5 milliards d’euros seulement. Mais, on remarque que les évolutions diffèrent si l’on va plus dans le détail. En effet, en 2012, l’épargne retraite individuelle était de 547,4 milliards d’euros contre 561,3 milliards d’euros en 2013 soit une progression de 3 %. Lépargne collective, celle souscrite par l’employeur, a connu une augmentation deux fois supérieure. Elle est passée de 127,1 milliards d’euros à 134,6 milliards d’euros entre 2012 et 2013.

Épargner pour sa retraite devient donc un enjeu majeur pour les Français qui estiment qu’ils peuvent de moins en moins se fier au système actuel. Les Français sont aujourd’hui 84 % à ne plus croire à ce système. En 2013, l’épargne retraite représentait 22 % de l’épargne financière totale des Français. Elle est répartie entre différents placements mais c’est l’assurance-vie qui remporte tous les suffrages.

L’assurance-vie l’épargne préférée des Français

En 2013 et selon les résultats de cette étude, l’assurance-vie représentait 45 % de l’épargne retraite en France devant les valeurs mobilières (24 %), PEA (plan d’épargne en actions) compris, et l’assurance retraite collective (13 %). Il est vrai que tout comme le livret A, l’assurance-vie offre une sécurité de placement et une fiscalité avantageuse qui semblent plaire aux Français.

L’Observatoire des Retraites Européennes prévoit d’ailleurs une accélération du marché de l’épargne retraite avec  une croissance de 8 % contre les 3 % de ces dernières années. Ainsi, d’après leurs estimations, le montant total de l’épargne retraite en France sera de 1 500 milliards d’euros en 2 023 et formera 50 % du PIB. Il est vrai que la crise connue actuellement par nos caisses de retraites complémentaires Agirc et Arcco et les différentes réformes des retraites entravent la confiance des Français envers ce système de répartition. Ainsi, ils ont de plus en plus conscience que pour bien vivre à la retraite, il faut avoir épargné à cet effet tout au long de leur vie active.

D’après un récent sondage, les personnes interrogées estiment qu’il leur faudrait 500 euros à 1 000 euros de plus par mois pour bien vivre sereinement leur retraite. Ainsi, bien choisir son placement est essentiel. Pour vous aider dans ce choix, n’hésitez pas à effectuer des estimations.

Retraites : le système devenu insuffisant pour les Français

Vendredi 5 décembre 2014

epargne_retraiteAujourd’hui, il semble que pour les Français, il est de plus en plus difficile de faire confiance uniquement au système de retraites actuel pour vivre de manière décente. C’est ce que révèle un sondage Odoxa pour Le Parisien.

Un niveau de vie qui baisse à la retraite

Les Français ont conscience qu’il risque d’y avoir une grosse différence entre leur dernier salaire et leur première pension de retraite. ’Presque 80 % des non retraités et 64 % des retraités estiment que le système actuel des retraites ne leur permet pas de bénéficier dune retraite correcte.

Les plus pessimistes étant les 35-49 ans, ils sont 84 % à ne plus croire à notre système de retraite actuel. Pour rappel, nos retraites fonctionnent par répartition. Les pensions des retraités sont financées grâce aux prélèvements sur les salaires des personnes encore en activité. Cependant, plus le temps passe, plus la proportion des salariés par rapport à celle des retraités baisse.

Aujourd’hui, on dénombre 1,4 cotisant pour 1 seul retraité. En 1975, on en comptait 3. La situation n’est pas prête de changer : l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui en France, il y a 15 millions de personnes âgées de 60 ans et plus. En 2030, il y en aura 5 millions de plus, soit 1 Français sur 3.

Il faudra donc trouver des solutions afin de faire face à cette démographie vieillissante.

Cette année, pour faire des économies, le gouvernement a fait le choix de ne pas revaloriser les pensions de retraite et de rendre le cumul emploi-retraite moins favorable dès 2015.

D’après ce sondage, 77 % des retraités pensent qu’ils ne sont pas privilégiés par rapport au reste de la population et ils sont 80 % à penser que leur pouvoir d’achat a baissé sensiblement depuis qu’ils ont arrêté de travailler.

Pour bien vivre sa retraite, il devient de plus en évident que l’on ne peut plus entièrement se reposer sur le système actuel. Il faut donc trouver d’autres solutions.

Épargner, un devoir plus que nécessaire

Les Français ont donc conscience qu’une fois à la retraite, ils vont devoir dépenser moins qu’avant. Actifs ou retraités, ils sont une majorité à penser qu’ils devront faire des économies sur les achats plaisirs ou les loisirs.

15 % des retraités disent devoir sacrifier leurs dépenses en nourriture car leur pouvoir d’achat a baissé en prenant leur retraite. Pour limiter la casse, 53 % des retraités disent que pour compléter leur pension, ils ont mis de l’argent de côté alors que seulement 34 % des actifs déclarent être en train d’épargner actuellement. Certaines personnes interrogées ont d’ailleurs quelques regrets. 36 % des retraités auraient souhaité mettre de l’argent de côté mais n’en ont pas eu les moyens durant leur carrière et 10 % ont estimé qu’épargner n’était pas utile.

Parmi les choix d’investissement, l’assurance-vie est plébiscitée. 80 % des retraités disent l’utiliser comme placement privilégié juste devant le PEA (Plan d’Épargne en Actions) et les placements immobiliers ou locatifs. Il est vrai que l’assurance-vie, tout comme le livret A, offrent une sécurité de placement et une fiscalité avantageuse qui plaisent beaucoup aux Français.

Vers une retraite à 65 ans ?

Vendredi 12 septembre 2014

retraite_allemandsLes partenaires sociaux se sont réunis en groupe de travail cette semaine, afin de réfléchir à la stratégie à adopter pour éviter la disparition définitive des retraites complémentaires dont les caisses sont plus que jamais dans le rouge. La piste la plus probable : le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Moins d’un an pour établir une feuille de route

A l’approche de la prochaine séance officielle de négociations se tenant le 28 septembre, syndicats et patronat se sont donc concertés le 9 septembre dernier au siège du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans le 7e arrondissement de Paris, afin de faire le point sur les différents scénarios possibles pour sauver les caisses de retraites complémentaires.

Les partenaires sociaux ont au plus tard jusqu’à juin 2015 pour se mettre d’accord et présenter le dispositif le plus adapté. Sa mise en œuvre devra débuter dès janvier 2017.

En attendant, plusieurs pistes sont à l’étude : augmenter les cotisations ou encore baisser le montant des pensions. Cependant, ces mesures paraissent difficilement réalisables dans un contexte déjà particulièrement tendu pour les retraités (fin de la demi-part des veufs et des veuves, désindexation partielle des retraites complémentaires pour 2014 et 2015 ou encore le gel temporaire des retraites de base).

De plus, d’après des simulations demandées par la CGT, pour combler le gouffre des caisses de retraites complémentaires, il faudrait que les cotisations augmentent d’ici 2040 de :

  • + 12,66 %, pour l’Arrco (retraite complémentaire des salariés) -soit le double du taux actuel de 6,65 %-
  • + 22,8 % pour l’Agirc (retraite complémentaire des cadres), actuellement à 16,22 %.

Une hausse des cotisations qui pourrait se heurter au taux maximal de cotisation retraite,  instauré à 28 % du salaire brut.

Retraite à 65 ans, pérennité jusqu’à 2040

Alors, face à la maigre réserve des caisses de retraites complémentaires, de 9 milliards pour l’Agirc et de 55,4 milliards pour l’Arrco, au 31 décembre 2013, c’est le scénario du Medef qui semble le plus pragmatique. Pour éviter l’épuisement en 2018 de la caisse des salariés, et en 2024 de la caisse des cadres, l’organisation patronale propose de reculer progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Un dispositif qui toucherait les générations nées à partir de 1956, et de plein fouet, à partir de 1961. Actuellement établi à 62 ans, ce changement devrait, selon les simulations de l’Agirc-Arrco, rendre les caisses pérennes jusqu’en 2040, dans le cas où des carrières prolongées ne viendraient pas perturber l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Dans le cas contraire, les caisses ne tiendraient que jusqu’en 2032.

Mais la mesure passera-t-elle auprès de l’opinion publique ? Sera-t-elle acceptée par les syndicats, le gouvernement ? Il n’y a pas vraiment le choix explique Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à Challenges : « Les comptes sont catastrophiques : à ce rythme, on n’échappera pas à une nouvelle réforme des régimes complémentaires d’ici quelques mois… »

Le spectre de nouvelles mesures qui seront à coup sûr défavorables aux salariés mais aussi aux retraités. De quoi inciter tout un chacun à préparer dès que possible sa propre retraite, avant que ce ne soit une nouvelle réforme qui s’en occupe. Connaissez-vous d’ailleurs le montant de votre future pension ? Pour pouvoir le calculer, cliquez ici.

AB

Les Allemands, bons pour la retraite à 76 ans ?

Mercredi 13 août 2014

retraite_allemandsLes travailleurs allemands devraient travailler jusqu’à 76 ans pour sauver le système de retraite outre-Rhin. C’est l’estimation avancée par Henrik Müller, professeur de l’université technique de Dortmund, dans un éditorial du Manager Magazin, repris par le site du Point.fr. Projection fantaisiste ou prévisions réalistes qui finiront par concerner toute l’Europe et pas seulement l’Allemagne ?

Douche froide pour les salariés allemands

A l’instar de la situation Française, nos voisins sont touchés par le départ massif à la retraite des baby-boomers d’après-guerre. Actuellement 2,3 millions de retraités de plus de 75 ans sont dépendants des caisses de santé allemande et l’estimation devrait monter à 3,4 millions en 2030. Une tendance qui touche l’ensemble de l’Europe puisque selon le rapport démographique de 2010 de l’Eurostat, « le nombre d’individus âgés de 60 ans et plus au sein de l’UE croît actuellement de plus de deux millions chaque année, à peu près deux fois le taux observé jusqu’il y a encore trois ans ».

Or, avec un taux de natalité allemand qui est l’un des plus faibles au monde, difficile de remplacer les retraités et financer par conséquent leurs pensions. Avec 1,4 enfant par femme depuis 1970, la population allemande vieillit à tel point qu’elle est désormais la plus vieille d’Europe. Pour contourner le problème, il faudrait que les allemandes aient a minima 2,1 enfants pour assurer le renouvellement de la population. Hélas, les plus de 65 ans représentent déjà plus de 20 % des habitants.

Des départs en retraite anticipée malgré tout

Déjà prévoyante en 2007, l’Allemagne avait pourtant été le précurseur de la vague des réformes de retraite en Europe, plongeant ainsi les travailleurs outre-rhin dans un avenir bien laborieux : afin de satisfaire la réalité économique, il leur faudrait travailler jusqu’à 67 ans.

Mais depuis le 1er juillet, le pays est en train de faire machine arrière. Tous ceux qui ont cotisé 45 années peuvent désormais partir dès l’âge de 63 ans, âge qui sera relevé progressivement jusqu’à 65 ans maximum. Mis en place par le gouvernement de coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, le ministère du Travail estime qu’environ 240 000 actifs pourront prétendre à ce changement, pour un coût de 2 à 3 milliards d’euros par an. Et l’engouement ne s’est pas fait attendre, puisque dès la première semaine de l’entrée en vigueur de la loi, 50 000 personnes avaient déposé un dossier auprès des caisses de retraite, rapporte le site La-croix.com.

Accueillir de nouveaux cotisants ?

Face à cette nouvelle réforme, certains craignent une pénurie de main d’œuvre dans plusieurs domaines. Henrik Müller, quant à lui, avance l’idée d’accueillir plus de 14 millions d’immigrants en âge de travailler pour compenser ainsi le déséquilibre des caisses de retraites. Sans autre alternative car les Allemands ne sont visiblement pas prêts à accroitre leurs efforts. Selon Eric Thode, économiste et spécialiste des questions de retraite à la fondation Bertelsmann, «  les dispositifs de départ anticipé sont généralement très prisés en Allemagne, même quand il faut consentir à une décote ». 

Travailler ou faire travailler, telle semble être désormais la question pour sauver nos retraites en Europe.

AB

Retraite des Français : l’herbe n’est pas plus verte ailleurs

Vendredi 8 août 2014

strategie_retraiteSe lamenter serait-il devenu un sport national en France. Les Françaisseraient-ils d’éternels insatisfaits, y compris lorsqu’ils sont retraités ? Apparemment oui, selon une étude récente du ministère des Affaires Sociales et de la Santé : les retraités Français jouissent d’un niveau de vie quasiment équivalent à celui des actifs, plus jeunes. Ce qui n’est pas forcément le cas dans les autres pays européens…

Un départ à la retraite « en douceur »

Alors que les Français s’inquiètent de plus en plus pour leur situation financière lorsqu’ils seront à la retraite ,il se pourrait bien qu’ils doivent tempérer leur mécontentement au vu des résultats de l’étude du ministère des Affaires Sociales et de la Santé, publiée le 17 juillet dernier.

Selon cette enquête, les retraités Français ont un niveau de vie pratiquement similaire à celui des actifs, leur revenu relatif représentant 96 % de celui des 0-64 ans. Une « situation relativement favorable » en comparaison des autres pays européens, dont le niveau de vie médian des retraités équivaut à 86 % de celui des actifs.

Il s’agit d’un très net avantage puisqu’en Allemagne, le revenu relatif des 65 ans et plus ne représente que 80 % de celui des actifs. Il se réduit même à 71 % pour les retraités Danois.

Une situation qui « a eu tendance à se maintenir, voire à se renforcer au cours de la dernière décennie » estime les auteurs du rapport.

Des caisses de retraite plus généreuses

Comment s’explique une telle contradiction ? Les pensions brutes des retraités français sont plus généreuses que celles de nos voisins Européens et notamment au Danemark, au Royaume-Uni et en Belgique. Le taux de remplacement en est la parfaite illustration.

Ce taux, qui correspond au ratio entre le montant de sa pension et sa dernière rémunération en tant qu’actif, reflète l’impact du départ à la retraite sur son niveau de vie. En France, le taux global de remplacement s’élève à 66 % alors que la moyenne européenne n’est que de 51%. Il s’élève à 44% pour le Royaume-Unis et 42% pour le Danemark.

Toutefois, le rapport note que les différences de structures de prélèvements directs et les différences de structures sociodémographiques viennent minorer les écarts entre les pays.

Conséquence directe de leur position favorable, les Français n’investissent pas dans des plans d’épargne retraite volontaire. Seuls 10% des 25-64 ans y ont recours : un placement pourtant populaire dans l’Union Européenne. Il concerne : 63 % des Allemands, 47 % des Suédois et l’Italie s’accorde avec la tendance des Français, puisque seulement 8 % d’entre eux y ont investi.

Mais pour combien de temps ?

Si la France bénéficie d’une situation confortable parallèlement à ses camarades européens, elle n’est guère prospère pour autant. Parmi le gouffre toujours plus grand des caisses de retraite complémentaire, les avantages des fonctionnaires remis perpétuellement en cause et les différentes réformes pour équilibrer l’ensemble, les retraites et le modèle social français pourraient bien désormais être sur la sellette afin d’être alignés sur les autres pays.

AB

Faut-il supprimer la retraite anticipée des fonctionnaires « actifs » ?

Mardi 5 août 2014
Hémicycle du Sénat

Image : flickr, © Sénat, certains droits réservés (CC BY-NC-ND 2.0)

2,3 milliards d’euros, c’est ce que coûte chaque année la retraite anticipée des fonctionnaires en catégorie dite active (policiers, gardiens de prison, infirmiers, pompiers, douaniers,…). Une estimation faite par le Sénateur du Val d’Oise Francis Delattre, auteur d’un récent rapport publié par la commission des finances du Sénat. Un chiffre à relativiser toutefois, car remettre en cause cet avantage ne permettrait pas pour autant à l’Etat de faire des économies substantielles.

 Qui sont ces fonctionnaires « actifs » ?

Les fonctionnaires de la catégorie dite « active » regroupe l’ensemble des emplois de la fonction publique « présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles », soit par exemple, les pompiers, les agents de police ou encore les sages-femmes.

Cette catégorie bénéficie d’avantages non négligeables : possibilité d’un départ anticipé à la retraite, réajustée par la réforme des retraites de 2010 à l’âge de 57 ans pour les « actifs », voire 52 ans pour les « super actifs ». A cela s’ajoute des bonifications et des majorations de durée d’assurance pour atteindre plus rapidement le taux plein.

Des avantages cependant souvent décriés, le fondement de ce statut spécial remontant à 1825.

Des économies qui pourraient finalement coûter cher

En réalité, si les pouvoirs publics décidaient de supprimer ce droit à la retraite anticipée pour ces fonctionnaires, cela ne permettrait pas de réaliser les 2,3 milliards d’euros d’économies imaginables. Au contraire, une telle mesure coûterait au final plus cher.

« La suppression du système des catégories actives dans la fonction publique n’apparaît pas opportune », amenant  même à « un coût global net pour les finances publiques », affirme le Sénateur.

Et pour cause, la suppression de ce droit se traduirait par le financement de salaires et de pensions plus élevés puisqu’en travaillant plus longtemps, les traitements des fonctionnaires seraient d’autant plus conséquents au fil des ans. De même pour leur pension puisque la retraite d’un fonctionnaire est basée sur les 6 derniers mois de salaire. De plus, « le maintien des effectifs peut venir contrarier le schéma d’emplois prévu initialement », « impliquant le non-remplacement d’un agent senior par un agent jeune ».

Des « actifs » moins nombreux et économes

Une décision qui se révèlerait incohérente à plus d’un titre puisqu’on assiste à la diminution du nombre total d’agents de la fonction publique classés en catégorie active, par exemple dans la fonction publique d’Etat : de 300 000 à la fin de l’année 2000, ils n’étaient plus que 165 000 en 2011. Une diminution qui s’explique notamment par la disparition de plusieurs corps, les instituteurs et les fonctionnaires de La Poste en tête, et la modification de statuts d’emploi.

Par ailleurs, les principaux concernés sont de moins en moins nombreux à profiter de leurs avantages. De 37 % en 2004, ils n’ont été que 17 % en 2012, et la tendance va même plus loin puisque l’âge moyen de liquidation de la pension retraite a progressé de 2 ans et 1 mois sur près de 10 ans, soit un âge effectif de départ à la retraite estimé à 57 ans et 4 mois.

Francis Delattre conclut que la solution n’est pas la suppression du système mais plutôt, son aménagement. Ainsi, il sera possible de « maintenir l’attractivité et prévenir le vieillissement de la fonction publique », tout en restant attentif au « périmètre des emplois classés en catégorie active » qui devrait s’ajuster sur une « cartographie des métiers exposés aux facteurs de pénibilité dans la fonction publique ».

Un des objectifs « à terme » : définir « un cadre commun au secteur public et au secteur privé ». Bref, pas de quoi rester passif…

AB