Contrairement aux idées reçues et à la précédente réforme de 2010 qui avait fait descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue pour manifester contre le report de l’âge légal de 60 à 62 ans, aujourd’hui, 2 Français sur 3 se sont résignés à l’idée que la réforme des retraites est un mal nécessaire.
Une écrasante majorité (80%) va même plus loin en estimant que modifier l’âge légal, la durée de cotisation ou le montant des cotisations ou bien celui des retraites ne vont pas suffire.
« Il faut repenser plus largement le système en simplifiant les organisations, en réduisant les coûts de fonctionnement, en fusionnant des régimes », estime la majorité des personnes interrogées.
Seul 1 Français sur 5 sait combien il touchera pour sa retraite
Car les Français sont rebutés par les modalités pratiques de la retraite, selon ce sondage.
Seuls 19 % des actifs interrogés ont « une idée précise du montant de la pension qu’ils percevront », 35 % seulement savent « combien d’années il leur reste à travailler » et 38% à peine connaissent les noms et le nombre d’organismes qui gèrent leur retraite.
Ainsi, une immense majorité d’entre eux aimerait :
« pouvoir contacter directement et facilement un conseiller » (87%) ;
« garantir à chaque usager un interlocuteur unique » (80%) ;
« recevoir un seul virement » sur leur compte en banque pour l’ensemble de leurs pensions (74%).
C’est ce que laisse entendre LesEchos.fr en présentant l’état d’avancée des réflexions du gouvernement à propos de la future réforme des retraites pour réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020.
De toute façon, les autres leviers sont exclus, insuffisants ou pas pour tout de suite, rappelle le site du quotidien économique.
Relever l’âge légal ?
C’est non ! Jean-Marc Ayrault l’a promis dans sa récente interview accordée au Journal du Dimanche :
« Nous ne toucherons pas à l’âge légal. Le fil conducteur de nos décisions, c’est la justice. Cette réforme traitera la pénibilité au travail, la complexité des régimes et résoudra les inégalités. Au final, nous paierons les retraites, nous préserverons les plus petites retraites, et nous pérenniserons les régimes de retraite pour les générations à venir. »
Augmenter la durée de cotisation ?
Oui mais ce n’est pas pour demain ! François Hollande l’a pourtant annoncé lors de son grand oral sur France 2 :
« Comme on vit plus longtemps (…) il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues »
Mais, LesEchos.fr explique que le relèvement de la durée de cotisation est déjà programmé jusqu’en 2020 par la précédente réforme des retraites à raison d’un trimestre supplémentaire par génération, passant ainsi de 164 trimestres pour les personnes nées en 1952, à 166 trimestres pour les personnes nées en 1956 et les générations suivantes. Or, si le président de la République veut allonger encore un peu plus la durée de cotisation, il est obligé d’annuler les décrets en vigueur. Je vous laisse imaginer la pagaille pour les futurs retraités concernés. Donc un nouveau relèvement de la durée de cotisation ne sera pas possible avant 2020.
Toucher aux pensions ?
Vraisemblablement ! Il faut s’attaquer aux dépenses. Pas en baissant les pensions mais en limitant leur progression calquée jusqu’ici sur le coût de la vie. C’est ce qu’ont déjà décidé les partenaires sociaux pour les régimes complémentaires AGIRC ARRCO, également déficitaires, en désindexant les pensions de l’inflation. Mais de nombreuses questions subsistent dans le cas d’une telle mesure. Combien de temps, quelle proportion et qui ? En effet, toutes les pensions seront-elles touchées, alors même que le Premier ministre a déclaré qu’ « il n’est pas question que les petites retraites soient pénalisées » ?
Cotiser plus ?
Évidemment ! Forcément ! D’autant plus si on ne rabote légèrement que certaines pensions. Augmenter les ressources est donc le levier inévitable pour cette future réforme afin d’espérer équilibrer le régime général des retraites.
Ainsi, le gouvernement étudie l’éventualité de déplafonner les cotisations, mettant par conséquent à contribution les hauts salaires. Par ailleurs, l’idée d’un alignement de la CSG appliquée aux retraites (6,6 %) sur celle appliquée aux salaires (7,5 %) refait surface.
En attendant, les cotisations retraites sont déjà très élevées en France, rappelle le journal économique. De plus, souvenons-nous que le gouvernement, lors de son arrivée au pouvoir, les a déjà relevées pour financer la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans.
Quoi qu’il en soit, les hauts salaires risquent d’être très clairement dans la ligne de mire de la future réforme des retraites.
Après l’imbroglio de la fameuse taxe à 75 %, qui sera finalement payée par les entreprises, ces dernières n’ont sûrement pas fini de mettre la main à la poche, on dirait…
Il a fait une simple estimation du capital dont vous pourriez disposer aujourd’hui pour votre retraite si vous aviez investi, durant toute votre vie active, vos cotisations en bourse plutôt que dans le système de répartition.
Résultat : 800 000 euros.
Voilà la somme que vous auriez aujourd’hui pour profiter de votre retraite.
Pour ses calculs, cet expert en économie a pris l’exemple d’un salarié du privé qui prendrait sa retraite cette année après 43 ans de travail et donc de cotisations. Il s’est basé sur un salaire représentant à peine 59% du salaire moyen en 1970, soit moins de 10 000 euros par an, et 115% du salaire moyen aujourd’hui, soit 40 000 euros bruts.
Sur 43 ans, les cotisations cumulées ne représentent que 200 000 euros
Sachant que les cotisations retraite représentent 26% aujourd’hui de votre salaire brut, en ayant placé ne serait-ce que 20% de son salaire brut dans le CAC 40, et réinvesti à chaque fois les dividendes, nets d’impôts, de ces mêmes actions, vous seriez détenteur d’un portefeuille d’une valeur de plus de 800 000 euros. Alors que les cotisations cumulées depuis 1970 ne représentent que 200 000 euros environ.
Un capital que ce retraité fictif pourrait très bien convertir en rente viagère auprès d’un assureur. En estimant son espérance de vie à 86 ans, il toucherait pendant 24 ans, une rente équivalente à près de 38 000 euros par an ! Une pension plutôt confortable, et sans avoir fait appel à la collectivité, c’est à dire sans bénéficier des cotisations des actifs plus jeunes comme le prévoit notre système par répartition.
Aujourd’hui le revenu annuel moyen d’un retraité célibataire en France n’est que de 14 600 euros, alors que les Français en espèrent le double !
Cette simulation originale jette donc un sacré pavé dans la mare, alors qu’une nouvelle réforme des retraites se dessine. Sans forcément balayer le système actuel, l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne se révèle nécessaire.
La prochaine réforme des retraites annoncée pour cette année semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.
Passé le temps des festivités (assez court d’ailleurs de l’aveu même des journalistes qui couvraient l’évènement), et d’une photo mondialement échangée sur les réseaux sociaux, retour à la réalité pour Barack Obama.
Le dossier des retraites est en effet l’un des principaux chantiers auxquels devra s’attaquer le Président des Etats-Unis réélu. Car, à ce jour, 2 Américains sur 3 doivent financer eux-mêmes leur pension de retraite. L’Etat ne leur verse quasiment rien. Ainsi leurs revenus proviennent essentiellement de plans d’épargne-retraite et de fonds de pension. Or, ces dernières années, avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, certains dont les choix d’investissement ont été hasardeux, ont vu leurs économies se réduire comme une peau de chagrin. Au point de devoir retrouver, pour les moins chanceux, le chemin du travail, bien après que l’heure de la retraite a sonné.
Planifier sa retraite ? On verra plus tard…
De quoi avoir de plus en plus de mal à rester optimiste quant à ses vieux jours. D’ailleurs, un tiers des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite à… 80 ans, selon une étude de la banque Wells Fargo.
Au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans !
En-dehors de ces difficultés économiques, de nombreux américains ne planifient tout simplement pas correctement leur retraite. Le sondage indique que la majorité de la classe moyenne américaine (52%) affirme que leur préoccupation financière principale est de faire face aux factures mensuelles. Épargner pour la retraite est secondaire. Signe d’un certain fatalisme, plus de la moitié des préretraités américains (53%) ne sont pas persuadés de réussir à économiser suffisamment pour pouvoir profiter de leur retraite comme ils l’envisageaient.
« C’est si difficile pour les Américains d’économiser pour la retraite. Les gens disent qu’ils vont travailler plus longtemps, mais comment est-ce que ce sera possible pour des millions d’Américains ? », s’inquiète Joe Ready, director of Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.
Un véritable risque pour la croissance américaine
Mais au-delà d’un simple problème individuel et générationnel, c’est le spectre d’un véritable risque pour la croissance qui plane au-dessus des Etats-Unis à cause des retraites de la génération Baby boom, pointe un gérant de Jupiter AM, gestionnaire de fonds.
« Le nombre même des baby boomers (approximativement 28% des Américains) qui ont atteint l’âge du départ à la retraite, ou qui l’atteindront dans les années à venir, implique que les dépenses de santé, en particulier, devraient augmenter significativement », rapporte Boursorama.com
« Si les Etats-Unis ne remédient pas à cette situation, nous pourrions assister à une explosion des dépenses sociales, rendant insoutenables les finances du pays. (…) Cependant, si un compromis est trouvé sur les dépenses futures et qu’il y a une plus grande visibilité sur les coûts engendrés, les freins concernant l’investissement pourraient, selon nous, rapidement disparaître et les cours décoller. Et à l’image de ce qui s’est passé pour les crises récentes, tout dépend donc aujourd’hui des politiciens », conclut le gérant de fonds interrogé.
« Le meilleur est encore à venir ! », a promis Barack Obama dans son discours discours suite à sa réélection.
46 900. C’est le nombre de chômeurs supplémentaires recensés en septembre dernier, portant à 3 057 900, le nombre de demandeurs d’emploi.Des chiffres dévoilés par le ministère du Travail aujourd’hui, qui confirment une tendance inquiétante : le nombre de chômeurs de 50 ans et plus progresse (+2,3%). Avec les jeunes de moins de 25 ans (+2,2%), les seniors encore actifs continuent de subir de plein fouet la crise économique.
« C’est comme un navire lancé en pleine vitesse », a justifié ce mercredi matin, sur Canal +, Michel Sapin, ministre de l’Emploi.
Comprendre : ce n’est pas demain la veille qu’il faut s’attendre à ce que la tendance s’inverse et que la situation s’améliore.
C’est une dure réalité pour des seniors qui cherchent déjà des trimestres à tout prix pour partir à la retraite, rapporte LeMonde.fr
Car, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est à dire travaillés, pour espérer partir en retraite anticipée au titre d’une carrière longue, explique le site du quotidien. Autrement dit, les trimestres validés, que l’on accumule en période de chômage comptent « pour du beurre » pour espérer bénéficier d’un départ à la retraite à 60 ans.
Ainsi, certains seniors, comme cet homme originaire de Lens qui témoigne, courent désespérément après une poignée de trimestres.
« On ne s’occupe jamais assez de sa retraite », résume-t-il en expliquant qu’avec 173 trimestres validés, mais 165 cotisés, à 59 ans, il a encore besoin de quatre trimestres pour prendre sa retraite malgré plus de quarante-trois ans de vie professionnelle.
Licencié en 2009, il n’avait pas prévu que la réforme des retraites de 2010 repousserait l’âge minimum légal pour partir. Pas prévu non plus qu’il serait si dur, à son âge, d’acquérir les trimestres manquants. Du coup, il a du faire des sacrifices, refaire son CV, oublier les 3 000 € bruts qu’il touchait en tant qu’agent de maîtrise pour aligner aujourd’hui les heures comme agent d’entretien dans une école lilloise. Ainsi, il espère pouvoir partir en retraite en 2013.
Bilan : au rythme de 86 heures par mois, payées au smic, cotiser ses quatre trimestres lui aura pris dix mois.
« Heureusement que j’ai réussi à trouver cet emploi l’année dernière avant de finir tous mes droits, se réjouit-il, il y a nettement moins d’offres cette année. »
“La société traite mal ses vieux”
Pour les moins chanceux, c’est la douche froide. Les chômeurs seniors en fin de droits se sentent totalement abandonnés, rapporte le site du Nouvel Obs.
Plus d’allocation et pas encore l’âge légal de la retraite: à 59 ou 60 ans, sans perspective d’emploi, ils revendiquent un « juste retour » de la société, après toute une vie de travail.
Comme cette habitante du Doubs qui témoigne. Partie « l’esprit tranquille » lorsque son employeur, un équipementier automobile l’a licenciée à 55 ans, le DRH lui avait assurée qu’elle aurait 3 ans d’allocation chômage et l’AER (Allocation Equivalent Retraite) jusqu’à la retraite. Manque de bol, cette allocation accordée aux chômeurs de moins de 60 ans ayant leurs annuités pour faire la jonction entre chômage et retraite a été supprimée il y a 18 mois. Et l’âge de la retraite, bien sûr, a été reculé. Comme tous les seniors au chômage en fin de droits, elle doit se contenter de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 470 euros par mois dans le meilleur des cas pour un célibataire.
« La société traite mal ses vieux. On voudrait nous faire passer pour des assistés mais toute ma vie je me suis adaptée, j’ai fait mon travail correctement et aujourd’hui mon pays n’en a rien à cirer », déplore une autre.
De son côté, le ministère du Travail mise sur le contrat de génération, projet cher à François Hollande pour encourager à la fois l’embauche de jeunes et le maintien en activité des seniors.
Un projet de loi sera présenté en ce sens dès le 12 décembre au conseil des ministres pour permettre son déploiement début 2013, avec l’objectif de 500.000 embauches de jeunes en CDI au cours des prochaines années et le maintien dans l’emploi de 500.000 salariés plus âgés. Les retraites méritent, elles aussi, d’avoir un avenir, non ?
Le créateur d’entreprise, durant sa vie professionnelle, apprend à ne plus compter ses heures, ses clients casse-pieds, ses problèmes de stock, de personnel, d’impayés,… Mais pour sa retraite, il se doit pourtant de bien compter. Car les retraités artisans et commerçants perçoivent une pension moyenne de 1 285 € par mois, seulement, tous régimes confondus, selon les derniers chiffres du RSI (Régime Social des Indépendants).
Ce montant global de retraite qui comprend l’ensemble des prestations vieillesse de droit direct et de réversion est surtout inférieur de 11% à celui de l’ensemble des retraités français ! Par ailleurs, la distinction selon le genre fait apparaître de plus grandes différences : les hommes ont une pension moyenne inférieure de 18% et les femmes de 14%.
De plus, malgré l’amélioration de leur carrière au fil des générations, les femmes bénéficient toujours de pensions inférieures à celles des hommes. Fin 2008, la retraite globale des femmes pensionnées du RSI représente 70% de celle des hommes du RSI (67% pour l’ensemble des retraités français).
Alors comment améliorer sa pension de retraite après une vie de commerce ou d’artisanat en tant que travailleur non salarié ?
1/ En rachetant des trimestres manquants. C’est la possibilité offerte depuis peu par le RSI conformément au décret du 16 avril 2012 : racheter des trimestres de cotisation à un coût avantageux pour améliorer sa retraite.
Les artisans et les commerçants concernés doivent :
être affiliés depuis au moins 15 ans au régime d’assurance vieillesse des artisans (Ava) et/ou des commerçants (Organic) puis du RSI ;
avoir validé moins de 4 trimestres de cotisation assurance vieillesse au cours d’1 année civile ;
être nés avant le 1er janvier 1960 ;
être à jour de leurs cotisations et obligations déclaratives en tant que chef d’entreprise et/ou employeur.
Conditions de rachat :
1 trimestre par période d’affiliation (continue ou discontinue) de cinq ans ;
7 trimestres maximum ;
636 euros par trimestre (coût pour une demande effectuée en 2012) ;
les demandes doivent être déposées avant le 31 décembre 2013.
200 000 travailleurs indépendants sont concernés par ce dispositif avantageux financièrement. Les commerçants et les artisans concernés seront contactés par courrier par leur caisse RSI.
Christiane Taubira a dévoilé hier dans un entretien accordé à La Croix, les grandes lignes du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe. Une promesse de Jean-Marc Ayrault, qui avait déclaré en juillet dernier qu’«au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l’adoption» serait «ouvert à tous les couples, sans discrimination».
Cela correspond d’ailleurs à ce que François Hollande, le Président de la République, s était engagé à faire, durant la campagne électorale.
Mais aucune précision de la part de la Garde des Sceaux sur la retraite de réversion qui deviendrait, par conséquent, un droit.
Mariage + Adoption = nombreux avantages à la retraite
Une avancée loin d’être anodine. En effet, à la perte de votre conjoint, seul le mariage vous permet d’obtenir, sous certaines conditions, une retraite de réversion. A ce jour, le concubinage ou le PACS n’accorde pas ce droit.
Ainsi, ce projet de loi sur le mariage homosexuel ouvrirait de fait ce droit à une retraite de réversion pour le conjoint survivant ayant au moins 55 ans. Une ressource non négligeable, égale à 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé. Sans parler des majorations éventuelles qui deviendraient également un droit, comme la majoration en cas d’adoption. Aujourd’hui, une majoration adoption de 4 trimestres par enfant mineur adopté est attribuée au titre de l’incidence sur sa vie professionnelle.
Autre droit qui s’ouvrirait avec ce projet de loi sur le mariage gay, l’allocation de veuvage, réservée aux conjoints survivants qui n’ont pas encore l’âge pour demander une retraite de réversion, c’est à dire 55 ans. Il s’agit d’une allocation attribuée pour une durée de 2 ans, dont le montant est unique et soumis à condition de ressources.
Le premier ministre a précisé que ce projet de loi sur le «mariage pour tous» serait présenté «fin octobre» en conseil des ministres. En espérant que cet aspect « retraite » du projet de loi soit enfin détaillé, ne serait-ce que pour les caisses qui vont devoir, de fait, revoir leurs calculs pour certaines pensions.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu mardi les représentants des salariés et du patronat, entouré des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique).
La CGT veut revenir à la retraite à 60 ans pour tous
En attendant de connaître cette semaine le nom du nouveau secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault s’était déjà prononcé sur la prise en compte tous les trimestres validés (c’est-à-dire y compris les périodes de chômage, maladie, invalidité…). Tout en formant le vœu d’un rétablissement de l’âge de départ légal à 60 ans pour tous comme il y a 15 jours sur RTL.
Des consultations portant sur les grands chantiers sociaux et notamment le retour partiel de la retraite à 60 ans, afin de connaître les doléances des partenaires sociaux sur cette promesse électorale de François Hollande.
« Quelqu’un qui a été au chômage n’a pas choisi d’être au chômage. Au nom de quoi il serait pénalisé ? », s’est insurgé le leader de FO.
Une réforme fondée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal pour la CFDT
Pour la CFDT, son leader, François Chérèque, milite pour une « réforme systémique », basée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal. Celle-ci remettrait à plat l’ensemble des règles en vigueur.
Ce que veut le patronat
« Pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle »
“Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu’un qui gagne environ 2 000 euros brut par mois”, a affirmé la présidente du Medef.
« Ce n’est pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables »
Des propos alarmistes réitérés par la dirigeante patronale sur BFMTV.
« Si la mesure devait s’appliquer directement aux régimes complémentaires de retraite, alors le risque d’une faillite d’un des deux grands régimes complémentaires est très grand et à un horizon très bref : 2014-2015 »
Ce qu’en pense l’opposition
Fillon : “Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche”
François Fillon a estimé que la question de la retraite à 60 ans était une “hypocrisie”, rapporte LePoint.fr.
“Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche […]. Cela a souvent été le cas dans l’Histoire. La gauche s’était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n’est déjà plus d’actualité puisque maintenant, ça n’est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C’est donc une hypocrisie”, a déclaré l’ancien Premier ministre à la presse en marge d’une visite de soutien à un candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis.
“Pendant tout le débat parlementaire, la gauche nous a expliqué que si elle revenait au pouvoir, elle abrogerait la réforme qui a été votée. Je vois qu’aujourd’hui, il n’est plus question de l’abroger mais simplement de l’aménager”, a ajouté l’artisan de la réforme des retraites.
“Maintenant, les engagements qu’a pris le gouvernement sur le retour à la retraite à 60 ans, toutes les mesures qui visent à augmenter la dépense publique sont des mesures qui sont dangereuses dans un contexte de crise économique et financière européenne”, a mis en garde François Fillon. Demandant, enfin, « au président de la République au moins de suspendre la mise en oeuvre de ces réformes car, dans les trois mois qui viennent, nous allons voir la situation économique et financière en Europe »
Une « double peine », selon Jean-François Copé
Invité de la matinale de RTL, le secrétaire national de l’UMP a, de son côté, reproché au gouvernement de faire l’impasse sur la compétitivité des entreprises.
« Si vous revenez à la retraite à 60 ans, vous augmentez les cotisations des employeurs, vous augmentez les cotisations des salariés, donc c’est double peine », a justifié le député-maire de Meaux.
« Le premier enjeu, c’est la création d’emplois », a-t-il plaidé. « La question du coût du travail est majeure ».
Que va donc faire le gouvernement ?
Accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, selon LesEchos.fr. Car la promesse de François Hollande devrait coûter beaucoup moins cher que prévu, selon le site du quotidien économique.
Le retour partiel à la retraite à 60 ans devrait, en effet, concerner moins de personnes que prévu. Alors que le projet PS tablait sur un coût de 1 milliard d’euros la première année puis de 5 milliards d’euros en régime de croisière (en 2017), la facture de la mesure devrait ainsi se « limiter » à moins de 2 milliards d’euros par an, à terme.
Le relèvement programmé des cotisations servirait alors à combler un déficit aggravé par la crise. Ainsi, fort d’une plus grande marge de manœuvre que prévu, le gouvernement pourrait donc accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, en prenant par exemple en compte certaines périodes de chômage.
Verdict dans les 3 semaines puisque le décret sera déposé rapidement selon la volonté du 1er ministre. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation ») Et instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein, s’ils ont cotisé 41 ans et/ou validé tous les trimestres.
« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.
Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.
Le contrat de génération déjà controversé
Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.
« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.
A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.
« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr
Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !
Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com
Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».
« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.
« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.
Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.
Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée
C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?
« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.
” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “
Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !
En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.
« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.
« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave
Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.
Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.
Réclamation, contestation des droits calculés,… l’Assurance Retraite s’est enfin dotée d’un médiateur. Il s’appelle Claude Périnel. C’est l’ancien Directeur de l’action sociale à la CNAV. C’est lui, désormais qui s’emparera de tout litige entre un assuré, un retraité et sa caisse.
Du moins dans les quatre régions (Centre, Languedoc-Roussillon, Nord-Picardie et Normandie) où ce dispositif est ouvert à titre expérimental avant d’être généralisé, assure la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), à l’ensemble du pays.
Concrètement, les missions du Médiateur de l’Assurance retraite consisteront à :
Offrir une nouvelle voie de recours gracieux aux assurés qui ont déposé une réclamation ou contesté le traitement de leur dossier par leur caisse de retraite, s’ils ne sont pas satisfaits ou sont en désaccord avec la réponse qui leur a été apportée.
Proposer, au regard des demandes qui lui auront été adressées dans le cadre de sa mission, des évolutions législatives ou réglementaires.
Impartial, le Médiateur de l’Assurance retraite pourra fournir au retraité, après examen de son dossier, des explications sur la décision de sa caisse régionale ou formuler, auprès de sa caisse, une recommandation pour le réexamen de sa demande.
Mais, la décision finale relèvera, quoi qu’il arrive de la responsabilité de la caisse régionale.
Qui peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?
Tout le monde. Tout assuré (ou son représentant légal) dès lors que vous aurez préalablement déposé une réclamation écrite auprès de votre caisse de retraite et que vous n’êtes pas satisfait de la réponse.
Dans le cas particulier d’une contestation des droits qui vous ont été notifiés, vous devrez auparavant avoir saisi la Commission de recours amiable de votre Caisse de retraite et avoir reçu sa décision, avant de pouvoir saisir le Médiateur de l’Assurance retraite en dernier ressort.
Comment saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?
Chacun peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite par courrier ou par courriel.