Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.
Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).
Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?
Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :
- une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
- une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
- un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.
Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.
Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.
Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?
3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?
« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.
A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.
2040, retour naturel à l’équilibre
Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.
Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.
Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.
« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.
En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.
Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.
N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…
AB






