La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a déclaré, dans un entretien accordé au journal Le Figaro vendredi 3 mai, à propos de la future réforme des retraites :
« un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».
Afin de réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020, Marisol Touraine a confirmé la feuille de route du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault :
« Des décisions seront prises d’ici la fin de l’année. Nous avons trois défis : le financement à court terme, la pérennité à long terme de notre système par répartition et des mesures de justice. Si on parle de durée de cotisation, qui est le critère le plus juste, vu l’augmentation de la durée de vie, elle doit tenir compte des réalités des carrières. Un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».
« La retraite par répartition doit rester le socle »
Qui bénéficiera alors réellement de mesures de justice si tous les Français doivent faire un effort, est-on en droit de se demander ?
Mais en matière de retraite, les politiques nous ont déjà démontré par le passé qu’ils n’étaient plus à un paradoxe près !
Preuve en est le départ anticipé à la retraite dès 60 ans pour les carrières longues dont se félicite Marisol Touraine alors que depuis belle lurette l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recommande aux gouvernements :
« augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés ».
Par ailleurs, la ministre des Affaires sociales et de la Santé affirme que la retraite par répartition doit rester le socle :
« Je ne pousse pas à un bouleversement des principes existants. Nous voulons consolider les principes, les inscrire dans la durée ».
Mais peut-on encore se permettre de réformer les retraites sans bouleverser quelque peu le système établi au siècle précédent ?
L’avenir en péril des retraites ne peut plus se contenter de « réformette » et il est dommage de tuer dans l’œuf, avant toute phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux, l’hypothèse d’une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.
D’autre part, Marisol Touraine assure entendre « les inquiétudes à ce sujet (retraite, NDLR) » :
« Selon moi, elles ont deux causes. La première tient au caractère anxiogène de réformes qui, depuis des années, s’accumulent sans stabiliser pour autant les régimes dans la durée. Des efforts sont continuellement demandés aux Français, sans qu’ils en voient les résultats. Leur horizon sans cesse se dérobe. D’autre part, le rapport au travail s’est considérablement dégradé. Alors qu’il devrait être vécu comme un facteur d’émancipation, il est de plus en plus subi comme une contrainte. La retraite est alors perçue comme le moment où l’on retrouve la maîtrise de sa vie. Toucher aux retraites provoque donc des réactions très fortes. »
La ministre des Affaires sociales et de la Santé ne devrait donc pas ignorer que 82% des jeunes actifs ne font plus confiance à notre système fondé sur la solidarité entre les générations pour leur assurer une pension suffisante.
Seule certitude, les entreprises vont devoir mettre la main à la poche. « Il en va de la consolidation du régime des retraites dans le public comme dans le privé », a répondu Marisol Touraine, confirmant ainsi à demi mot les informations des Echos.fr sur l’éventualité d’une hausse des cotisations.
Résultat des courses au mois de juin, en espérant éviter de nouveaux efforts inutiles…
AB


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