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Réforme des retraites : tous les Français devront faire un effort

Lundi 6 mai 2013

reforme_retraiteLa ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a déclaré, dans un entretien accordé au journal Le Figaro vendredi 3 mai, à propos de la future réforme des retraites :

« un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».

Afin de réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020, Marisol Touraine a confirmé la feuille de route du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault : 

« Des décisions seront prises d’ici la fin de l’année. Nous avons trois défis : le financement à court terme, la pérennité à long terme de notre système par répartition et des mesures de justice. Si on parle de durée de cotisation, qui est le critère le plus juste, vu l’augmentation de la durée de vie, elle doit tenir compte des réalités des carrières. Un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».

« La retraite par répartition doit rester le socle »

Qui bénéficiera alors réellement de mesures de justice si tous les Français doivent faire un effort, est-on en droit de se demander ?

Mais en matière de retraite, les politiques nous ont déjà démontré par le passé qu’ils n’étaient plus à un paradoxe près !

Preuve en est le départ anticipé à la retraite dès 60 ans pour les carrières longues dont se félicite Marisol Touraine alors que depuis belle lurette l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) recommande aux gouvernements :

« augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés ».

Par ailleurs, la ministre des Affaires sociales et de la Santé affirme que la retraite par répartition doit rester le socle :

« Je ne pousse pas à un bouleversement des principes existants. Nous voulons consolider les principes, les inscrire dans la durée ».

Mais peut-on encore se permettre de réformer les retraites sans bouleverser quelque peu le système établi au siècle précédent ?

L’avenir en péril des retraites ne peut plus se contenter de « réformette » et il est dommage de tuer dans l’œuf, avant toute phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux, l’hypothèse d’une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

D’autre part, Marisol Touraine assure entendre « les inquiétudes à ce sujet (retraite, NDLR) » :

« Selon moi, elles ont deux causes. La première tient au caractère anxiogène de réformes qui, depuis des années, s’accumulent sans stabiliser pour autant les régimes dans la durée. Des efforts sont continuellement demandés aux Français, sans qu’ils en voient les résultats. Leur horizon sans cesse se dérobe. D’autre part, le rapport au travail s’est considérablement dégradé. Alors qu’il devrait être vécu comme un facteur d’émancipation, il est de plus en plus subi comme une contrainte. La retraite est alors perçue comme le moment où l’on retrouve la maîtrise de sa vie. Toucher aux retraites provoque donc des réactions très fortes. »

La ministre des Affaires sociales et de la Santé ne devrait donc pas ignorer que 82% des jeunes actifs ne font plus confiance à notre système fondé sur la solidarité entre les générations pour leur assurer une pension suffisante

Seule certitude, les entreprises vont devoir mettre la main à la poche. « Il en va de la consolidation du régime des retraites dans le public comme dans le privé », a répondu Marisol Touraine, confirmant ainsi à demi mot les informations des Echos.fr sur l’éventualité d’une hausse des cotisations.  

Résultat des courses au mois de juin, en espérant éviter de nouveaux efforts inutiles…

AB

La retraite, un casse-tête à réformer pour les Français

Mercredi 24 avril 2013

epargner_retraitePour 93 % des Français, la priorité serait de « ne remplir qu’un seul dossier pour commencer à percevoir sa retraite ».

C’est l’un des enseignements d’un récent sondage Opinion Way pour Accenture, Les Echos et Europe 1, alors qu’une commission d’experts installée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault planche à l’heure actuelle sur la future réforme des retraites pour réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020.

Contrairement aux idées reçues et à la précédente réforme de 2010 qui avait fait descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue pour manifester contre le report de l’âge légal de 60 à 62 ans, aujourd’hui, 2 Français sur 3 se sont résignés à l’idée que la réforme des retraites est un mal nécessaire.

Une écrasante majorité (80%) va même plus loin en estimant que modifier l’âge légal, la durée de cotisation ou le montant des cotisations ou bien celui des retraites ne vont pas suffire.

« Il faut repenser plus largement le système en simplifiant les organisations, en réduisant les coûts de fonctionnement, en fusionnant des régimes », estime la majorité des personnes interrogées.

Seul 1 Français sur 5 sait combien il touchera pour sa retraite

Car les Français sont rebutés par les modalités pratiques de la retraite, selon ce sondage.

Seuls 19 % des actifs interrogés ont « une idée précise du montant de la pension qu’ils percevront », 35 % seulement savent « combien d’années il leur reste à travailler » et 38% à peine connaissent les noms et le nombre d’organismes qui gèrent leur retraite.

Ainsi, une immense majorité d’entre eux aimerait :

  • « pouvoir contacter directement et facilement un conseiller » (87%) ;
  • « garantir à chaque usager un interlocuteur unique » (80%) ;
  • « recevoir un seul virement » sur leur compte en banque pour l’ensemble de leurs pensions (74%).

En espérant que ces attentes soient bien prises en compte par le rapport de la commission d’experts qui doit être rendu au gouvernement au mois de juin pour une réforme programmée à l’automne, vous pouvez déjà consulter votre relevé de situation en ligne qui récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les complémentaires, quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler.

Ces informations vous permettront de faire une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, et d’avoir ainsi une idée concrète de ce que vous toucherez pour votre retraite.

Enfin, en disposant de toutes les informations sur votre situation personnelle, comparez par exemple, grâce à notre Comparateur de solutions retraite les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

Quelle que soit la future réforme, on ne sera jamais aussi bien servi que par soi-même…

AB

Retraites : la fin d’un monde

Jeudi 20 décembre 2012

Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.

Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).

Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?

Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :

  • une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
  • une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
  • un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.

Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?

3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?

« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.

A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.

2040, retour naturel à l’équilibre

Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.

Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.

Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.

« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.

En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.

Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…

AB

Retraites : une nouvelle réforme, vite !

Lundi 19 novembre 2012

Une majorité de Français (70%) estiment qu’il est nécessaire de faire une nouvelle réforme des retraites dans les deux ans qui viennent. Une personne sur 4 jugeant même cela tout à fait nécessaire. Tel est l’enseignement majeur du nouvel état des lieux de l’opinion des Français sur la retraite et sa préparation: en fait la dixième édition de l’Observatoire des retraites de l’Union Mutualiste Retraite (UMR) avec Liaisons sociales Magazine et Ipsos, rendu public à la fin octobre.

Revenons un peu sur ces chiffres. Le souhait est quasiment unanime car l’insatisfaction et l’inquiétude grandissantes quant à l’avenir des retraites sont partagées par toutes les catégories de population (72% des salariés du privé et 66% des salariés du public). On n’observe même pas de clivage politique sur cette question puisque sympathisants PS (69%) comme UMP (70%) jugent cela indispensable.

Une majorité de Français inquiets

Plus d’un Français sur 2 se disent inquiets en ce qui concerne leur santé ou leur accès aux soins (58% ; +20) ou leur capacité à vivre de façon indépendante (57% ; +20). Ils sont encore plus nombreux à se montrer préoccupés par leur niveau de vie (71% : +16) et plus précisément par le montant de leur retraite (76% ; +12).

Une inquiétude particulièrement élevée chez les femmes, les personnes âgées de 35 à 59 ans et les actifs occupés, par ailleurs très angoissés par le niveau des pensions. Ainsi, dans le détail, se disant inquiètes quant au montant de leur retraite :

  • 4 femmes sur 5 (81%);
  • 83% d’actifs;
  • 84% de personnes âgées de 35 à 59 ans.

Enfin, même si 86% approuvent le retour de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont suffisamment cotisé, les problèmes sont toutefois loin d’être résolus : une nouvelle réforme leur semble donc indispensable

Souhait d’une réforme en profondeur

Les Français, pourtant très remontés à l’époque de la réforme Fillon de novembre 2010, souhaitent aujourd’hui une nouvelle réforme selon ce nouvel Observatoire des Retraites. Pas une simple « réformette », qui plus est, mais une véritable mise à plat du système même s’ils restent fortement attachés au régime collectif en vigueur.

En effet, les interviewés se montrent très attachés à ce mode de fonctionnement : 69% estiment ainsi que le système de retraite doit rester collectif et solidaire, afin de limiter les inégalités entre les Français et garantir à chacun une retraite minimum. Les plus de 35 ans (72%), les salariés du secteur public (74%), les cadres (82%) et les sympathisants PS (81%) sont encore plus nombreux à le souhaiter.

Malgré tout, une large majorité des personnes interrogées souhaite voir conduire une réforme de grande ampleur, sans mettre de côté les sujets qui fâchent. Ainsi, 62% des Français pensent que si une réforme devait avoir lieu, il faudrait qu’elle modifie en profondeur le système de retraite en France, en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats (mode de calcul des pensions, harmonisation des régimes de retraite entre secteur public et privé, nouveaux prélèvements pour les retraités,…).

Autrement dit, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont un « boulevard » pour la concertation sur les retraites prévue à partir du printemps 2013. 

Enfin, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent d’ailleurs avoir épargné en vue de leur retraite.

Si vous en êtes, vous auss,i à l’heure de ces choix cruciaux, de quelle façon épargnez-vous pour préparer la vôtre de retraite ?

AB

Pour prolonger : vous pouvez consulter en ligne l’Observatoire Français des Retraites / UMR 10ème édition; les chiffres clés de l’UMR.

Les retraites en campagne, la promesse d’un sacré casse-tête

Mardi 17 avril 2012

Pour la dernière ligne droite avant le 1er tour de l’élection présidentielle dimanche 22 avril, profitons-en pour récapituler l’essentiel des propositions et les différents points de vue des candidats sur le dossier des retraites.

Car tous — excepté le président sortant — envisage une réforme de la… réforme !

Pour le moment, avec la loi de 2010 portant réforme des retraites, l’âge légal de départ va passer progressivement de 60 à 62 ans (65 à 67 ans pour une pension sans décote) avec une durée de cotisation de 41,5 annuités à partir de la génération 1955 pour une pension à taux plein.

Retraite à 60 ans : presque pour tous mais pas pour tout le monde

La retraite à 60 ans pour tous ? Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) sont pour. Avec un retour également aux 37,5 années de cotisation d’avant la réforme.

Marine Le Pen (FN) envisage elle aussi de revenir en arrière sur l’âge légal de départ. Avec même la possibilité de partir avant 60 ans pour les mères d’au moins trois enfants ou d’un enfant handicapé et une durée de cotisation limitée à 40 ans.

Quant à Eva Joly (EELV), également dans le camp de la retraite à 60 ans, elle ne toucherait pas aux 41,5 ans de cotisation mais promet des majorations pour les mères de famille.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon (FG) s’est prononcé, lui aussi pour le départ à la retraite à 60 ans mais préfère que la réduction de la durée de cotisation fasse l’objet d’une négociation avec les syndicats.

La retraite à 60 ans, aussi, mais pas pour tout le monde. C’est la position de François Hollande (PS) : un départ à 60 ans à taux plein pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“.

Promesse similaire pour Nicolas Dupont-Aignan (DLR) et Jacques Cheminade (Solidarité et progrès): permettre à ceux ayant cotisé 41,5 ans de partir avant 62 ans, voire 60 ans.

Mais certains candidats vont plus loin dans les promesses. Jean-Luc Mélenchon ou Jacques Cheminade envisagent une pension minimum équivalente au SMIC et même une extension de la pension de réversion aux pacsés pour le candidat du Front de Gauche.

Pour d’autres, il faudra tout remettre à plat et refondre carrément le système. François Hollande compte rouvrir, dès cet été, les négociations avec les partenaires sociaux sur l’âge de départ, la pénibilité, les carrières fractionnées… Quant à Nicolas Dupont-Aignan et François Bayrou, ils envisagent de passer à un régime de retraite par points, comme nous l’évoquions déjà dans le post « François Bayrou : les “points” sur la table des retraites »

Quant à Nicolas Sarkozy, il promet le versement des pensions le 1er du mois au lieu du 8 à compter du 1er juillet. Puisque de toute manière, sa réforme prévoit, depuis l’adoption du texte voté par le gouvernement en 2010, une “réflexion nationale” sur une refonte complète des retraites dès 2014. (voir le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »)

Le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires

Quant au financement des différentes promesses des uns et des autres et du système des retraites quelle que soit son évolution, taxer le travail et/ou le capital, les cœurs balancent.

Seule certitude, le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires au moyen de cotisations patronales et salariales, analyse Le Point.

François Hollande veut d’ailleurs les augmenter de 0,1 point avant juillet.

Les autres candidats veulent faire appel à d’autres sources : taxes douanières et économies sur les prestations aux immigrés pour l’extrême droite, taxation du capital et des profits des entreprises pour les candidats “à gauche de la gauche”.

Quoi qu’il en soit, il faudra bien dénicher tôt ou tard une ou plusieurs poules aux œufs d’or car, malgré la réforme de 2010, le financement de notre régime des retraites n’est assuré que jusqu’en 2018. En 2010, l’INSEE dénombrait 16 millions de retraités en France, ils seront 18 millions en 2020 et 23 millions en 2050 (soit une hausse de 47%).

Bref la seule véritable promesse de cette campagne présidentielle qui sera bel et bien tenue concernant les retraites, c’est celle d’un sacré casse-tête…

AB

Les retraités slovènes pas mieux lotis que les Grecs

Mardi 27 mars 2012

C’est ce que j’ai découvert à travers un reportage édifiant de la chaine Euronews.

D’ici 30 ans, ce petit pays qui a adopté l’euro il y a 5 ans à peine, comptera moins d’un actif par retraité. Il risque ainsi de connaître une situation comparable à la Grèce. C’est à dire un vieillissement accéléré de sa population, dû à un faible taux de natalité ainsi que de trop nombreux départs anticipés à la retraite.

En Grèce, selon un universitaire américain, 20% des habitants sont déjà à la retraite et il y a 1,7 actif pour 1 retraité. Selon lui, si le régime actuel perdure, en 2050, ce sont 40% des Grecs qui seront pensionnés.

Chaque actif devrait alors faire vivre “lui-même, sa famille et jusqu’à deux retraités! “, rapporte un blog du quotidien Ouest France.

Moins de cotisants pour plus de pensionnés

Et la Slovénie, comme la plupart des pays Européens, n’a pas été épargnée par le ralentissement de la croissance dans la zone euro. Elle est, de plus, confrontée comme les autres à une baisse de sa natalité et à l’allongement de l’espérance de vie.

Résultat : moins de cotisants pour plus de pensionnés, dans un contexte de chômage élevé pour la plupart d’entre eux.

Dès 2003, on comptait plus de personnes âgées que d’enfants en Slovénie. Une réalité qui suffit à mettre en péril le système de retraite.

 C’est pour cela que, comme en France, la plupart des états membres de l’UE ont réformé leur système de retraite en allongeant l’âge légal de départ et la durée de cotisation.

Mais pas la Slovénie.

“les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent “

Les Slovènes ont rejeté, l’été dernier, à plus de 70% le projet de réforme relevant de 63 à 65 ans l’âge légal de la retraite. Malgré la mise en garde solennelle du chef du gouvernement social démocrate de l’époque :

” Si nous ne soutenons pas cette réforme, les finances publiques peuvent s’effondrer et alors les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent “, rapporte le blog de Michel Noblecourt, éditorialiste au Monde.

Tota,  un véritable camouflet qui a précipité la chute du Gouvernement quelques mois après.

Et dire que ce projet de réforme des retraites, exigé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), avait pourtant été adopté en décembre par le Parlement avant de susciter la colère des syndicats et de l’opposition, qui ont obtenu l’organisation d’un référendum.

Aujourd’hui, hélas, la Slovénie est de nouveau en récession, signalait le mois dernier La Tribune.

Le nouveau Premier ministre conservateur a donc promis de redresser les finances publiques du pays grâce à un programme d’austérité, tout en prenant des mesures visant à stimuler la croissance et l’emploi via des réformes structurelles.

Mais le nouveau chef du Gouvernement est surtout attendu au tournant sur cette réforme des retraites dans les mois qui viennent.

En attendant, chez nous, en France, la réforme des retraites commence à rapporter, selon le site de l’Expansion.

Le report de l’âge légal de départ à la retraite a permis une économie de 258 millions d’euros pour le régime général en 2011…

 

AB

 

Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part

Vendredi 24 février 2012

retraite_majoration_enfantHeureuses, les mères de famille qui peuvent grâce à leurs bambins grappiller des trimestres pour leur récapitulatif de carrière. Mais la réforme de cette majoration de durée d’assurance pour enfants pourrait bien mettre à l’épreuve demain bon nombre de couples modernes aujourd’hui.

Saviez-vous que les conditions pour bénéficier de la majoration prise en compte dans le calcul de la retraite ont été modifiées à compter d’avril 2010 ?

Désormais les pères peuvent prétendre à une partie de la durée de majoration globale réservée auparavant aux mères. Ironie du calendrier, c’est la semaine dernière, jour de la Saint Valentin qu’a été publiée la circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) précisant cette majoration de la durée d’assurance (MDA) pour enfants. Cette réforme promet pourtant à l’avenir des situations bien plus épineuses qu’un joli bouquet de roses. Certaines mamans pourraient en effet voir vraiment rouge.

Egalité homme/femme aussi pour la retraite

Jusqu’ici les femmes salariées du secteur privé se voyaient attribuer spontanément une majoration de leur durée d’assurance vieillesse, jusqu’à deux ans par enfant. Cette disposition avait pour objectif de compenser leurs interruptions de carrière liées aux enfants. Une époque révolue depuis une jurisprudence soulignant le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Un arrêt de la Cour de cassation du 19 février 2009 a en effet accordé aux hommes ce même droit à la majoration de durée d’assurance.

Aussi, le gouvernement a décidé de réagir sans tarder. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 a décrit un nouveau dispositif. Une réforme qui s’applique à tous les couples, mariés, pacsés ou vivant maritalement.

Désormais, la majoration globale de deux ans par enfant est conservée, mais cette durée se partage entre :

  • 4 trimestres attribués aux mères au titre de la grossesse et de la maternité
  • 4 trimestres supplémentaires attribués au père ou la mère au titre de l’éducation de l’enfant.

Enfant éduqué par le couple = majoration partagée

Ces 4 trimestres pour l’éducation sont accordés :

  • à la mère pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010, sauf si le père apporte la preuve qu’il a élevé seul l’enfant pendant une partie des quatre premières années suivant la naissance ou l’adoption
  • à la mère “dans le silence du couple”, pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2010;
  • elle peut être partagée d’un commun accord entre les deux parents, accord exprimé au plus tard six mois après les 4 ans de l’enfant ou son adoption.

En cas de désaccord, la majoration sera attribuée à celui qui prouve avoir contribué à titre principal à l’éducation de l’enfant pendant la période la plus longue ou, à défaut, la majoration sera partagée par moitié.

Autant dire que pour des couples séparés depuis belle lurette, il n’y a pas mieux pour déterrer la hache de guerre !

En plus de fixer ces modalités d’attribution des majorations de maternité, d’adoption ou d’éducation, la circulaire du 14 février 2012 précise aussi son non cumul avec un congé parental. Car les mères mais aussi les pères qui ont obtenu un congé parental peuvent par ailleurs bénéficier d’une majoration de leur assurance égale à la durée du congé (maximum 3 ans par enfant). Mais cette majoration ne peut pas se cumuler avec la majoration de durée d’assurance pour enfant. C’est la solution la plus favorable à l’assuré qui sera retenue.

Quant à la solution la plus favorable à la paix des ménages, qui plus est, divorcés, au moment de prendre sa retraite dans quelques années, je demande à voir…

AB

Vous pouvez également consulter la rubrique retraite du site BforBank.

Simulation retraite : votre relevé de situation en ligne

Mercredi 18 janvier 2012

calculer_retraite_Curious_Expeditions_FlickrExcellente résolution de la CNAV(Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) pour cette nouvelle année.

Désormais, un relevé en ligne récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les complémentaires. Quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler. Une véritable avancée dans le droit à l’information sur votre retraite créée par la réforme de 2003.

Le site lassuranceretraite.fr proposait déjà la consultation gratuite du “relevé de carrière” mais dans son seul régime des salariés de l’industrie, du commerce et des services. Désormais, vous pouvez également consulter votre “relevé de situation individuelle”, qui retrace l’ensemble de votre carrière professionnelle en listant le nombre de trimestres et de points acquis auprès de tous les autres régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire, ainsi que les rémunérations prises en compte dans le calcul du montant de votre retraite.

Mais aussi des informations relatives à des périodes ou à des événements qui ne peuvent être rattachés à une année donnée (par exemple : enfants ou service militaire) et/ou qui sont susceptibles d’influer sur l’âge nécessaire pour la liquidation ou sur le montant de votre retraite.

Un service très pratique car ce relevé peut faire l’objet d’une demande sur les sites internet de vos différents organismes de retraite obligatoire. Parallèlement, il continue d’être adressé systématiquement par courrier aux assurés de 35, 40, 45 et 50 ans.

Éviter les mauvaises surprises

Surtout, vous pouvez enfin vérifier qu’aucune période travaillée n’a été oubliée, de façon intentionnelle ou non, par un employeur ou un organisme.

En vous permettant d’avoir une vision globale de vos droits et de vous assurer que les informations détenues par les organismes de retraite sont complètes et correctes, vous pouvez dès aujourd’hui effectuer les démarches nécessaires pour éviter ainsi d’avoir de mauvaises surprises le jour de votre départ en retraite.

Enfin, les informations de votre “relevé de situation individuelle” vous permettront de faire une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, et d’avoir ainsi une idée concrète de ce que vous toucherez pour votre retraite.

Pour obtenir, en quelques minutes seulement, votre relevé de situation individuelle sur le site de la CNAV, lassuranceretraite.fr, il suffit de vous inscrire avec votre numéro de Sécurité Sociale, qui sera votre identifiant, tout simplement. Choisir un mot de passe. Confirmer votre inscription par retour du mail que vous aurez reçu.

En principe, votre relevé est édité immédiatement. Sinon vous serez informé de sa disponibilité dans un délai de 2 à 3 semaines.

À partir de là, en disposant de toutes les informations sur votre situation personnelle, comparez par exemple, grâce à notre Comparateur de solutions retraite les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

Il ne sera jamais trop tard pour mettre au point votre plan d’action afin de couler des jours heureux une fois à la retraite, du moins, d’être bien dans vos pantoufles.

Pour reprendre un proverbe chinois,

« Lorsqu’on achète des souliers, on s’informe du pied » !

AB

Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque

Mercredi 14 décembre 2011

Le candidat socialiste ne rétablira pas l’âge légal de la retraite à 60 ans pour tous, s’il est élu Président de la République en mai prochain. Seuls ceux qui ont suffisamment cotisé (41 ans et demi, soit 166 trimestres) « pourront partir à 60 ans », a-t-il expliqué hier sur RTL au micro du chroniqueur Jean-Michel Apathie :

« Devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas »

Un éclaircissement qui, depuis, suscite de vives réactions notamment sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Raillé gentiment à droite, notamment par la députée de Meurthe et Moselle, Valérie Rosso-Debord :

François Hollande est surtout critiqué par les militants de son propre camp et notamment Gérard Filoche, soutien de Martine Aubry :

L’ex-inspecteur du travail, membre du PS, qui en profite au passage pour attaquer à nouveau la réforme des retraites :

De son côté, le Premier ministre, s’en est pris lundi aux «circonvolutions» des socialistes sur la retraite à 60 ans. François Fillon craint toujours «l’annulation du gain de la réforme de 2010», c’est-à-dire les 60 ans pour tous, soit «8 milliards supplémentaires» de dépenses annuelles à l’horizon 2018. «C’est juste impossible», prévient-il.

« Si ce n’est pas un enterrement, cela y ressemble beaucoup. » commente Libération.

« Des propos qui excluent donc d’office un rétablissement général de la retraite à 60 ans », conclu LeMonde.fr.

Un simple élargissement du dispositif “carrières longues”

« Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit ses concurrentes -Martine Aubry et Ségolène Royal- qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans », souligne Le Figaro.

« Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif «carrières longues», qui permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de toucher une retraite avant les autres. », ajoute le quotidien.

Il existe en effet déjà un dispositif qui permet aux salariés ayant commencé à cotiser tôt de partir à 60 ans ou avant. Il faut avoir démarré son activité avant 18 ans. Les conditions de cotisation varient selon la génération et l’âge de départ, mais elles sont toujours nettement supérieures aux 41 ans et demi en vigueur pour les autres salariés. Il faut avoir cotisé entre 5 et 7 trimestres supplémentaires.

Exemple : un salarié né en 1954 peut partir à 56 ans s’il a commencé à 15 ans et cotisé 43 annuités et un trimestre. Pour un assuré né en 1952 qui a commencé à 17 ans, la durée de cotisation pour un départ à 60 ans est de 43 ans.

De ce fait, une question reste en suspens selon Le Monde.fr : « François Hollande doit encore expliquer s’il compte maintenir cette majoration, ou s’il compte la supprimer pour l’ensemble des carrières longues, ce qui semble plus conforme à ses propos. »

“On travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses”, Bernard Thibault

Autant dire que le débat politique sur les retraites n’est pas près de s’achever. D’autant plus que le secrétaire général de la CGT, invité au micro de France Inter ce matin, n’en démord pas :


Bernard Thibault par franceinter

Si François Hollande devient Président de la République, « une des premières décisions doit être le rétablissement du droit au départ à la retraite à 60 ans avec l’examen de mesures spécifiques s’agissant des travaux pénibles ».

« Ce que ne dit pas le Président de la République, c’est que nous avons la double facture : on travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses, donc une majorité de gauche, je l’imagine, ne peut pas s’inscrire dans le même sillage ».

En attendant une nouvelle journée de manifestations contre le plan d’austérité du gouvernement aujourd’hui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans tout le pays. Une mobilisation, certes, modeste, mais une forme d’avertissement, tout de même lancé, aux élus de tous bords à l’approche de l’élection présidentielle.

AB

Pour prolonger : relire l’article “François Hollande candidat : son budget envisagé” (sur la rubrique “Impôts et Fiscalité” de BforBank.com)

Retraite : les Français se voient partir à… 66 ans !

Vendredi 9 décembre 2011

age_retraite_francais_prevoirLes actifs ont intégré le recul de l’âge de départ à la retraite puisqu’ils se voient partir en moyenne à 66 ans. C’est l’un des enseignements du Baromètre Deloitte « Les Français et la retraite » administré par Harris Interactive et publié cette semaine. Néanmoins 81 % des actifs s’inquiètent du montant qu’ils toucheront à la retraite.

D’ailleurs, près de 7 Français sur 10 pensent que la réforme des retraites n’est pas suffisante pour préserver durablement notre système par répartition. Aussi, les actifs s’en préoccupent de plus en plus tôt et l’âge moyen passe sous la barre des 47 ans pour s’y préparer. Même les plus jeunes (25-34 ans) se préparent déjà pour 42 % d’entre eux.

D’ailleurs, la retraite est devenue la 1re priorité d’épargne des actifs.

Mais plus de la moitié des actifs se tournent prioritairement vers les produits classiques (comptes sur livrets et assurance-vie), offrant souplesse et sécurité, pour leur effort d’épargne pour la retraite. Les produits existants dédiés à l’épargne retraite ne sont pas privilégiés, ne répondant pas à l’ensemble des préoccupations des Français, à la fois long terme (retraite) et court terme (aide à un proche, prise en charge de soins de santé), souligne Challenges.fr.

Une durée de préparation 3 fois supérieure à leurs aînés retraités

« L’argent dort à la banque. C’est la version moderne de la cassette d’Harpagon enterrée dans le jardin et c’est très mauvais. Mauvais pour l’Économie, parce qu’elle a besoin d’argent pour ses investissements et mauvais pour l’épargnant car cet argent ne fait que suivre l’inflation. », analyse Axel de Tarlé dans son Zoom Eco sur Europe 1.

« On ne peut pas bâtir un avenir la peur au ventre, comme si on devait tout liquider le lendemain et partir avec sa mallette de billets. », ajoute-t-il.

« Nous constatons un manque très important d’information des actifs sur la réalité de leur situation future, en particulier sur leur niveau de revenu à la retraite. Des efforts d’information, de conseil et d’accompagnement doivent voir le jour pour que chacun puisse se prémunir d’une baisse de revenu trop forte et pas bien anticipée par ailleurs », commente de son côté, Fabien Sauvage, Associé Conseil responsable secteur Assurance chez Deloitte.

Les Français estiment, par ailleurs, qu’il leur faudra trois fois plus de temps que leurs aînés pour être prêts, note LeFigaro.fr.

Et il est vrai que l’on peut rapidement se retrouver au dépourvu, comme le disait avec poésie Jules Renard :

“La vieillesse arrive brusquement, comme la neige. Un matin au réveil, on s’aperçoit que tout est blanc.”

AB

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