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Les retraites en retrait du débat Sarkozy-Hollande

Jeudi 3 mai 2012

Quel retraité ou futur retraité, n’est pas resté sur sa faim, hier, à l’issue du débat télévisé de l’entre deux tours de l’élection présidentielle ?

J’ai beau lire ou revoir les extraits sélectionnés par la presse et le web ce matin, la petite poignée de minutes consacrée à ce sujet -pourtant capital- n’a pas retenu l’attention de grand monde, comme en témoigne ce résumé vidéo du débat réalisé par le Nouvel Obs :


Le débat Hollande – Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

Dans le détail, Nicolas Sarkozy s’est simplement félicité d’avoir mené une réforme nécessaire, sans heurts, ni violences tandis que François Hollande a juste réitéré sa promesse :

« Je rétablirai le départ à 60 ans dès lors qu’il y a 41 années de cotisations et qu’on a commencé tôt à travailler »

Un peu mince pour se faire véritablement une opinion, savoir de quoi sera fait l’avenir. Rappelons que la réforme ne permet de financer notre système de retraite que jusqu’en 2017. Et après ?

L’avenir des retraites, une nouvelle patate chaude ?

Si l’on voulait un peu plus de fond sur les retraites et leur avenir, c’est la radio qu’il fallait écouter, hier. Plus tôt dans la matinée, Europe 1 a été le théâtre d’un vrai débat d’idées entre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy et Marisol Touraine, chargée de cette question auprès de François Hollande.


Retraites : la réforme “n’est pas juste” par Europe1fr

Sur la réforme de 2010, tout d’abord :

« L’espérance de vie s’allonge. Elle a pris 15 ans depuis 1950. Notre réforme a permis de sauver le système des retraites et de le financer au moins pour les 5 ans qui viennent. Ce n’était pas une réforme facile à faire. Tout le monde a bien compris l’enjeu », a rappelé la porte parole du candidat de l’UMP.

De son côté, Marisol Touraine, a appelé à « tout reprendre » parce qu’il y a un « problème ».

« Le choix du gouvernement a été de faire peser sur ceux qui ont commencé à travailler jeune l’essentiel de la réforme. Tout cela pour pas grand chose puisque la caisse nationale d’assurance vieillesse, la branche vieillesse reste en déficit. Pas qu’un peu, de 6 milliards d’euros pour 2011 », a-t-elle estimé en soulignant qu’il s’agissait d’une « réforme injuste ».

Sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains :

La porte parole du candidat PS a justifié cette promesse par le fait que « nous ne vivons pas tous plus longtemps avec la même espérance de vie en bonne santé. »

« Il nous paraît donc légitime que ceux qui ont eu des métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler jeune puissent partir avant les autres », a-t-t-elle insisté.

De son côté, NKM a défendu le fait que « quand on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps sauf à prendre le risque d’augmenter les impôts comme veulent le faire les socialistes, là ce sera pour tous les travailleurs des impôts en plus ».

Sur le financement :

La promesse de François Hollande, qui coûterait 1 milliard d’euros par an, sera financée par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1% par an.

Une proposition injuste qui « va être payée par tous les Français », selon la porte parole de Nicolas Sarkozy, estimant que cela représentera une hausse d’impôts de « 250€ par an pour un couple qui gagne, chacun, 1 650€ par mois ».

Et après 2017 ?

La question reste, hélas, sans réponse comme si une réforme inévitable de la réforme des retraites était une nouvelle patate chaude que chacun des candidats voudrait bien repasser à un(e) autre… mais dans 5 ans !

AB

Pour prolonger : relire aussi “Le débat fiscal, entre les deux tours“; et revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme demain“.

Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ?

Mercredi 22 février 2012

Les retraites continuent de faire débat entre les candidats à l’élection présidentielle.

Lors de son 1er grand meeting à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a visé le projet de François Hollande : ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans, en maintenant les 41,5 années de cotisation :

“Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en sachant que dans moins de dix ans on ne pourra plus payer les retraites”, a clamé le candidat UMP.

Discours de Nicolas Sarkozy à Marseille

Un argument sujet à caution selon Les décodeurs, blog du Monde.fr  qui se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux.

La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ne coulerait pas le système.

« Le PS ne propose pas un retour aux 60 ans pour tous, mais bien la possibilité laissée à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans de partir, dès lors qu’ils ont 41,5 années de cotisation, à 60 ans. Mais affirmer que cette réforme provoquera la faillite du système est un abus. », souligne le blog.

Les décodeurs rappellent que le parti socialiste chiffre le coût de ce rétablissement entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an, au début du dispositif, pour 130 000 personnes concernées environ.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) parle lui aussi de 100 000 à 110 000 personnes concernées chaque année par un départ en retraite anticipé pour carrière longue. Quant au coût, il augmenterait année après année à mesure de la montée en charge du dispositif.

L’Institut Montaigne, d’orientation libérale, le chiffre à 5 milliards d’euros par an en 2017, en comptabilisant la baisse du chômage induite par la réforme. Le PS assure pour sa part qu’il financera cette mesure par deux hausses de taxes, sur les bonus et stock-options (relèvement du forfait social de 8 % à 20 %) et sur les cotisations patronales et salariales (0,1 % par an), ce qui rapporterait 5 milliards au total.

« La mesure serait donc en principe financée et ne coulerait pas le système de retraites. », affirment Les décodeurs.

Mais au-delà de ce combat d’arrière-garde sur “l’âge du capitaine”, une vraie question se pose : pourra-t-on encore payer les retraites dans moins de 10 ans au même niveau qu’aujourd’hui ?

Les pensions de retraite en Allemagne se réduisent comme peau de chagrin

L’observatoire des politiques publiques, rappelle sur Challenges.fr, ce qui se fait à l’étranger. Et dans la plupart des pays voisins, l’âge légal de départ à la retraite est supérieur au nôtre.

« En Autriche, Portugal et Italie, il est fixé à 65 ans. Mais à la différence dela France, ces systèmes n’ont qu’un curseur : l’âge légal, qui permet de partir sans décote quelle que soit la durée de cotisation. », souligne l’observatoire.

La Grècea, elle aussi, décidé, du fait de la crise, de passer de 60 à 65 ans à l’horizon 2015.

« En janvier 2011, Angela Merkel se prononçait même pour une généralisation d’un âge légal à 67 ans dans toute la zone euro. », rappelle l’observatoire.

Car en Allemagne, depuis 2007, il a été repoussé de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein avec une entrée en vigueur progressive d’ici à 2030. Mais il faut savoir qu’outre-Rhin, il est néanmoins possible de partir à la retraite à 63 ans en touchant une moindre pension. Le montant des pensions devient d’ailleurs problématique depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

« Mais, du fait d’une pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés », selon le site économique.

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Autant dire que le problème du déficit des régimes de retraite reste entier en France malgré des économies estimées à 19 milliards par an à partir de 2018, selon l’observatoire des politiques publiques qui s’interroge sur Challenges.fr sur cette éventualité d’une réforme… de la réforme.

Du reste, rappellent Les Décodeurs, le PS a aussi promis une remise à plat globale du financement des retraites. Par ailleurs, le texte voté par le gouvernement en 2010 inclut lui aussi un amendement promettant une “réflexion nationale” sur une refonte complète des retraites dès 2014.

« Aucun des deux partis n’a donc aujourd’hui de solution pérenne dans tous les cas de figure. », conclut le blog.

Pas vraiment rassurant…

 

AB

Retraite à 60 ans : 1 milliard d’euros en 2012

Mercredi 21 décembre 2011

retraite_60_ans_sasastro_flickrEt moi, et moi, et moi… pourrait clamer la jeunesse !

Car ce serait bel et bien un nouveau fardeau pour ses pauvres épaules que de rétablir la retraite à 60 ans pour nos aînés.

1 milliard d’euros l’an prochain et surtout 5 milliards en 2017, c’est en effet ce que coûterait la promesse du candidat PS à l’élection présidentielle (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), selon les estimations de l’Institut Montaigne dévoilées par Les Echos.

Un chiffrage, d’ailleurs, qualifié de « tout à fait raisonnable » par Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, interrogé par le Nouvel Obs.

Le Parti Socialiste avait, en effet, chiffré le coût brut de cette mesure la 1ère année à 2 milliards d’euros, c’est-à-dire sans inclure les indemnités chômage en moins à verser en conséquence.

Tous ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans seraient pénalisés

D’après les estimations de ce cercle de réflexion réputé libéral, 150.000 personnes, soit un futur retraité sur 5, seraient concernées par cet assouplissement en 2012.

Le nombre de personnes concernées devrait ensuite mécaniquement augmenter, en raison de l’augmentation de l’âge légal de départ en retraite. Le coût brut du dispositif devrait être de 6,75 milliards en 2017, moins 1,75 milliard de gain grâce à la diminution du nombre de chômeurs âgés indemnisés, soit 5 milliards en net, selon Capital.fr.

« Du coup, on a vaguement l’impression que la proposition de François Hollande ne s’appliquerait pas très longtemps, que ce guichet serait ouvert en 2012, 2013, mais pas au-delà parce qu’il coûterait cher. », analyse Dominique Seux des Echos sur son blog.

« Soit il restera zéro marge de manœuvre pour modifier les autres curseurs, ceux qui concernent la majorité des Français, puisque les hausses d’impôt prévues par le PS seront déjà consommées. Soit, comme cela se murmure, la réforme de la réforme allongera la durée de cotisation pour tous à 42 ans. Et alors tous ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans seraient pénalisés, au moins financièrement. Tout en laissant des gros déficits. CQFD. », argumente le journaliste.

Une promesse inéquitable pour les jeunes

Même incrédulité à l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques publiques (IFRAP) qui a estimé, de son côté, ce projet d’étendre la mesure carrières longues aux personnes ayant travaillé à 18 ans à 12 milliards d’euros de 2012 à 2017.

« Cette proposition, sans doute généreuse, n’est pas du tout adaptée à la situation financière de la France et encore moins à celle des régimes de retraite qui sont déjà en déficit de 6 milliards d’euros cette année. », souligne la fondation.

D’autant plus que Frédéric Gonand, auteur de «Réformes des retraites» ­(Éditions universitaires européennes, 2010), professeur associé d’économie à l’université Paris-Dauphine, remarque surtout que le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans est inéquitable pour les jeunes dans une tribune publiée dans le Figaro.

« Le débat actuel sur les retraites continue d’oublier le grand enjeu caché de la réforme de 2010 : la protection des intérêts économiques de la jeunesse. », déplore-t-il.

Sans parler, évidemment, de l’avenir de leur propre retraite…

AB

Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque

Mercredi 14 décembre 2011

Le candidat socialiste ne rétablira pas l’âge légal de la retraite à 60 ans pour tous, s’il est élu Président de la République en mai prochain. Seuls ceux qui ont suffisamment cotisé (41 ans et demi, soit 166 trimestres) « pourront partir à 60 ans », a-t-il expliqué hier sur RTL au micro du chroniqueur Jean-Michel Apathie :

« Devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas »

Un éclaircissement qui, depuis, suscite de vives réactions notamment sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Raillé gentiment à droite, notamment par la députée de Meurthe et Moselle, Valérie Rosso-Debord :

François Hollande est surtout critiqué par les militants de son propre camp et notamment Gérard Filoche, soutien de Martine Aubry :

L’ex-inspecteur du travail, membre du PS, qui en profite au passage pour attaquer à nouveau la réforme des retraites :

De son côté, le Premier ministre, s’en est pris lundi aux «circonvolutions» des socialistes sur la retraite à 60 ans. François Fillon craint toujours «l’annulation du gain de la réforme de 2010», c’est-à-dire les 60 ans pour tous, soit «8 milliards supplémentaires» de dépenses annuelles à l’horizon 2018. «C’est juste impossible», prévient-il.

« Si ce n’est pas un enterrement, cela y ressemble beaucoup. » commente Libération.

« Des propos qui excluent donc d’office un rétablissement général de la retraite à 60 ans », conclu LeMonde.fr.

Un simple élargissement du dispositif “carrières longues”

« Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit ses concurrentes -Martine Aubry et Ségolène Royal- qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans », souligne Le Figaro.

« Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif «carrières longues», qui permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de toucher une retraite avant les autres. », ajoute le quotidien.

Il existe en effet déjà un dispositif qui permet aux salariés ayant commencé à cotiser tôt de partir à 60 ans ou avant. Il faut avoir démarré son activité avant 18 ans. Les conditions de cotisation varient selon la génération et l’âge de départ, mais elles sont toujours nettement supérieures aux 41 ans et demi en vigueur pour les autres salariés. Il faut avoir cotisé entre 5 et 7 trimestres supplémentaires.

Exemple : un salarié né en 1954 peut partir à 56 ans s’il a commencé à 15 ans et cotisé 43 annuités et un trimestre. Pour un assuré né en 1952 qui a commencé à 17 ans, la durée de cotisation pour un départ à 60 ans est de 43 ans.

De ce fait, une question reste en suspens selon Le Monde.fr : « François Hollande doit encore expliquer s’il compte maintenir cette majoration, ou s’il compte la supprimer pour l’ensemble des carrières longues, ce qui semble plus conforme à ses propos. »

“On travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses”, Bernard Thibault

Autant dire que le débat politique sur les retraites n’est pas près de s’achever. D’autant plus que le secrétaire général de la CGT, invité au micro de France Inter ce matin, n’en démord pas :


Bernard Thibault par franceinter

Si François Hollande devient Président de la République, « une des premières décisions doit être le rétablissement du droit au départ à la retraite à 60 ans avec l’examen de mesures spécifiques s’agissant des travaux pénibles ».

« Ce que ne dit pas le Président de la République, c’est que nous avons la double facture : on travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses, donc une majorité de gauche, je l’imagine, ne peut pas s’inscrire dans le même sillage ».

En attendant une nouvelle journée de manifestations contre le plan d’austérité du gouvernement aujourd’hui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans tout le pays. Une mobilisation, certes, modeste, mais une forme d’avertissement, tout de même lancé, aux élus de tous bords à l’approche de l’élection présidentielle.

AB

Pour prolonger : relire l’article “François Hollande candidat : son budget envisagé” (sur la rubrique “Impôts et Fiscalité” de BforBank.com)

Une maison de retraite à moins de 60 euros par jour !

Mardi 29 novembre 2011

maison_retraite_pas_cherLe président du Conseil Général de l’Essonne, Jérôme Guedj (PS), a posé vendredi dernier à Morangis (91), la première pierre d’une maison de retraite à 60 euros par jour et lancé la création d’un établissement public départemental autonome de gestion de maisons de retraite médicalisées.

“Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas”, résume-t-il.

“Aujourd’hui, des personnes âgées et leurs familles renoncent à une maison de retraite, diffèrent leur entrée, parce que le financement devient un problème majeur”, justifie Jérôme Guedj sur Téléssonne :

“Les principales victimes sont les classes moyennes, qui ne sont pas assez pauvres pour être aidées au titre de l’aide sociale et pas assez riches pour se payer une maison de retraite”, a-t-il ajouté.

Concrètement, le département compte faire baisser la facture journalière des résidents à 59 euros (hors soins médicaux) grâce à l’acquisition du terrain, cédé par la ville de Morangis à moindre coût. Le coût de la construction de l’établissement de Morangis est de 15 millions d’euros, dont 2,6 millions financés par le conseil général de l’Essonne, et 1,7 million d’euros par le conseil régional d’Ile-de-France. Bâtie par Vinci Construction France, son ouverture est prévue au premier semestre 2013.

100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement

«Nous avons aussi un enjeu de mutualisation. C’est pour cela qu’on créé un service départemental des maisons de retraite, avec des salariés employés par le conseil général.»

D’ici trois ans, le conseil général de l’Essonne a prévu d’ouvrir trois de ces établissements “100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement” : à Morangis, Courcouronnes et aux Ulis. Au total 270 places seront disponibles. A terme, l’idée est d’arriver à un millier de places publiques en Essonne, poursuit Jérôme Guedj qui souhaite exporter le modèle au niveau national.

“Ce n’est pas une maison de retraite low-cost”, se défend le maire PS de Morangis Pascal Noury.

«Il est primordial que les maisons de retraite médicalisées ne soient pas abandonnées au marché et que le service public puisse rivaliser avec les opérateurs privés», revendique, de son côté, Jean-Vincent Placé, vice-président (EELV) du conseil régional d’Ile-de-France.

Du côté des usagers des maisons de retraites et de leurs familles, qu’en pense-t-on ?

Joëlle Le Gall, présidente de la FNAPAEF, la Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées en Etablissements et de leurs familles, souhaite que l’on revienne à la philosophie des foyers-logements, où les personnes âgées ne devraient payer que le loyer. La prise en charge socio-médicale revenant à la Sécurité sociale comme elle l’a suggéré sur France Info.

En attendant, le coût mensuel d’une place dans cette maison de retraite s’élèvera à environ 1.800 euros. Un prix toujours supérieur aux montants moyens des retraites. «Faut être lucide. En dessous de ce prix-là, on ne pourrait pas garantir aux résidents le service exigé», reconnaît Jérôme Guedj dans 20Minutes.

AB

Copyrights : 1Sock sur Flickr

Retraite à 60 ans : plus une priorité pour la CFDT

Mercredi 16 novembre 2011

cfdt_francois_chereque_retraite_60_ansVexé, François Chérèque !

Froissé que le Gouvernement ait accéléré la semaine dernière le calendrier de la réforme des retraites. Pour rappel, l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans sera effectif en 2017 au lieu de 2018. Et il fallait s’y attendre, par extension, le recul progressif à 67 ans de l’âge permettant de toucher une pension à taux plein, et ce, quelle que soit la durée de cotisation, sera atteint en 2022 contre 2023 initialement.

François Fillon a, en effet, passé la vitesse supérieure. Sans même consulter apparemment les leaders syndicalistes. Le secrétaire général de la CFDT s’en est donc ému au micro de RTL en ce début de semaine face à Jean-Michel Apathie.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT… par rtl-fr

“La durée de cotisation doit être la base”

Pour autant, François Chérèque a définitivement chassé le spectre de la retraite à 60 ans, si chère au Parti Socialiste. Une belle porte de sortie pour le PS, analyse d’ailleurs Les Echos.

Un fardeau de moins, en effet, pour leur candidat désigné, François Hollande, quelque peu embarrassé par la cacophonie des leaders socialistes sur cette question comme nous l’évoquions lors des primaires du parti dans le post « Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans ! ».

La CFDT accorde davantage d’importance à la durée de cotisation.

La durée de cotisation devant être la base avec des choix personnels selon son propre parcours quant à l’âge de départ. Car c’est là, selon François Chérèque qu’on déplore le plus d’injustices, relate Les Echos. Certains salariés ayant commencé à travailler à 18 ans seront bientôt obligés de cotiser 44 ans, car ils ne pourront plus prendre leur retraite avant 62 ans. Or, il s’agit souvent de ceux qui sont le plus concernés par les métiers pénibles. A côté, d’autres pourront cesser de travailler, également à 62 ans, mais en ayant cotisé « seulement » 41,5 ans, la durée requise pour une retraite à taux plein.

6,4% des militants CGT ont moins de 30 ans

A croire qu’un vent de pragmatisme souffle sur les leaders syndicalistes cette semaine puisque même Bernard Thibault se félicite de la réforme des retraites, selon Marc Landré dans son blog de l’actualité sociale sur LeFigaro.fr !

De façon ironique, bien sûr ! Pour ne pas dire cynique.

Lundi, lors de la première présentation des comptes certifiés de la CGT, les chiffres ont parlé d’eux-mêmes : la CGT est une organisation de vieux ! A peine, 6,4% des militants ont moins de 30 ans. De plus, le syndicat peine à garder syndiqués ses militants lorsqu’ils deviennent retraités.

« On perd 80% de ceux qui basculent en retraite, ce n’est pas normal », juge Bernard Thibault. Et le patron de la CGT d’ironiser :

«Au moins avec la réforme des retraites et le recul de l’âge de départ en retraite, ils vont rester actifs plus longtemps », rapporte Marc Landré.

Plus aucun doute, c’est vraiment la crise !

AB

Copyrights : Neno° sur Flickr

Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : “On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à “la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible” comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : “Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition”.

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

Copyrights : Parti socialiste sur Flickr