Petit retour arrière, suite à une actualité de la présidentielle entre parenthèses ces derniers jours. Du côté des mesures proposées sur le terrain économique et financier. Un système de retraite par points et une pension à taux plein à 65 ans : voilà les deux axes de propositions du candidat du Modem, sur le sujet des retraites.
Cela tombe plutôt bien. Les Français considéraient en effet il y a peu que l’on ne parlait pas assez de la question des retraites. C’est pourtant, au plan national, le domaine qui les préoccupent le plus avec le logement (73%) devant le pouvoir d’achat (63%), la crise (43%) ou encore les déficits publics (34%).
Le tout, faut-il le souligner, dans une campagne présidentielle jugée majoritairement ennuyeuse, selon un sondage Ipsos-Logica pour Le Monde-France Télévisons et Radio France.
Traiter le problème de la pénibilité
François Bayrou donne ainsi un coup de pied dans la fourmilière en prônant, dans son programme présidentiel, l’instauration d’un régime de retraite par points. Sa position en détails :
“Cela permettrait d’en finir avec l’usine à gaz actuelle puisque nous fusionnerons tous les systèmes de retraite existants, régimes spéciaux compris. La retraite à points, qui se base sur la répartition, où la solidarité nationale joue pleinement son rôle, offre aussi une grande transparence”, estime Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur MoDem du Pas-de-Calais, chargé des dossiers sociaux dans l’équipe de campagne du candidat centriste sur Capital.fr
“L’autre avantage est de traiter le problème de la pénibilité, en bonifiant les points des salariés qui exercent des métiers ou des rythmes de travail difficiles. Enfin, avec ce mécanisme, l’équilibre du régime est plus facile à trouver”, ajoute-t-il.
Un débat déjà soulevé lors des primaires socialistes par le candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet (voir le post « Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde »). Et cette solution d’un système de retraites par points adopté par la Suède, par exemple, ne fait pas l’unanimité. Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :
“Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites.”
Revenir sur une mesure qui pénalise les carrières heurtées
Un autre point est soulevé par le programme présidentiel de François Bayrou : le rétablissement de l’âge légal de 65 ans pour une retraite à taux plein.
“Nous nous sommes toujours opposés au report de l’âge légal à 67 ans pour obtenir une retraite à taux plein. Cette mesure pénalise les Français qui ont eu une carrière heurtée. Je pense notamment aux femmes, qui travaillent à temps partiel ou ont cessé un moment de leur activité pour élever leurs enfants”, confie Jean-Marie Vanlerenberghe.
Pour l’heure, la réforme des retraites entrée en vigueur en juillet dernier a prévu que l’âge du départ à la retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés, passe progressivement à 66 ans en 2019 et 67 ans en 2023.
En revanche, pas question pour le candidat du Modem de remettre en cause le relèvement de l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans introduit par la réforme de 2010.
“Les candidats qui prétendent revenir sur cette mesure mentent, car ils ne pourront pas tenir leurs promesses”, explique son porte-parole.
Sur ce point là, que les politiques se rassurent, les électeurs ont appris à leurs dépens que les promesses n’engagent vraiment… que ceux qui les écoutent.
AB



