Demander à des professeurs retraités de remettre la blouse pour conseiller de jeunes collègues alors que la retraite à 60 ans est partiellement de retour : le gouvernement de François Hollande serait-il plus libéral qu’on ne le pense ? Ou cela ressemble fort à un paradoxe ?
Seule certitude, la belle idée de Vincent Peillon, ne suscite pas vraiment l’enthousiasme. La semaine dernière, le nouveau ministre de l’Éducation nationale avait en effet jugé dans un entretien au Parisien que le recours rémunéré à des professeurs retraités pour des missions de tutorat auprès de leurs jeunes confrères serait une belle idée, tout en excluant qu’il soit fait appel à eux pour des remplacements.
Mais c’est vraiment tièdement que les syndicats ont accueilli cette nouvelle, rapporte VousNousIls.fr, l’e-mag de l’éducation.
Une « fausse belle idée »
« J’ai dit lundi à Vincent Peillon que c’était une fausse belle idée car, dans le primaire, nous avons un corps de formateurs dont c’est le métier », a déclaré cette semaine Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires.
Certains profs, eux-mêmes retraités, jugent cette mesure inquiétante, comme Michel Soubiran dans une tribune sur le Plus du Nouvel Observateur :
« Elle implique de faire retravailler des enseignants retraités alors que les jeunes générations ont repris le flambeau ».
« Je suis à la retraite depuis le mois d’octobre et je peux vous dire que le travail me manque. Retrouver les écoles, les élèves et la pratique serait quelque chose qui pourrait vraiment me séduire. Mais la raison doit l’emporter : la proposition a déjà été faite à des professeurs retraités de prendre des postes aménagés ; l’aménagement se faisait au détriment des professeurs en poste… », déplore-t-il.
Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’un ministre de l’Éducation Nationale souhaite rappeler au tableau les profs à la retraite. Il y a 2 ans déjà, en mars 2010, Luc Chatel avait proposé de faire appel à des retraités pour pallier l’absence de certains professeurs absents, ce qui avait entraîné de nombreuses critiques chez les syndicats d’enseignants, rappelle LeParisien.fr.
Alors qu’en penser ? Le métier d’enseignant serait-il moins pénible que d’autres pour que l’on demande ainsi à des retraités de reprendre du service, tandis que d’autres pourront à nouveau partir à 60 ans ?
« La proposition de Vincent Peillon me va droit au cœur, mais ma raison me dit qu’on doit pouvoir trouver mieux », conclut le professeur retraité.
AB


