Archive pour le mot-clef ‘Président de la République’

L’Allemagne tacle la France sur la retraite à 60 ans

Vendredi 15 juin 2012

Lors du sommet du G8, à Camp David (USA)

C’est un véritable sermon qu’a adressé le ministre allemand des Finances à l’encontre du Président de la République, François Hollande. Dans un entretien publié mercredi dernier par le quotidien italien La Stampa, Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines personnes entrées tôt dans le monde du travail.

« En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué.

Une position encouragée d’ailleurs par le rapport publié cette semaine sur Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. (voir le post « Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées »)

« Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. », a critiqué le ministre allemand des Finances.

En comparaison, l’âge minimum légal de départ à la retraite est de 63 ans en Allemagne, après 35 ans seulement de cotisations mais pour toucher une pension avec décote. Pour une pension à taux plein, les deux pays sont en revanche plus proches puisqu’en France, la réforme des retraites prévoit de la faire passer progressivement de 65 à 67 ans d’ici à 2023. Ce que l’Allemagne prévoit également de réaliser d’ici à 2028, rappelle LeFigaro.fr.

L’Allemagne exhortée à remettre le moteur de l’économie en route

Le quotidien souligne par ailleurs que ce mercredi, François Hollande recevait les dirigeants de l’opposition socialiste allemande à l’Élysée. Une coïncidence qui pourrait expliquer le pourquoi d’une telle critique. De plus, l’Allemagne doit faire face ces temps-ci à un feu croisé de critiques. De Washington à Rome, en passant par Londres, les dirigeants du G7 appellent l’Allemagne à relâcher sa position à propos de la rigueur, ajoute LeFigaro.fr

Outre Manche et outre Atlantique, le célèbre quotidien économique The Economist a même demandé en Une à Angela Merkel de «remettre le moteur» de l’économie en route.

La chancelière allemande, stoïque, a répondu que l’arrêt des réformes structurelles du marché du travail en cours «serait fatal». Et de vanter le modèle allemand. Les résultats de l’Allemagne «ont montré qu’il s’agissait du bon chemin», a-t-elle insisté. Mais, a-t-elle reconnu, ces réformes «ont besoin de temps» pour agir sur la croissance, rapporte LeFigaro.fr

Quant à la réaction de la France aux critiques de l’Allemagne, seul Pierre Moscovici, pour le moment, a répondu lors d’une conférence de presse :

« En ce qui concerne les propos de monsieur Schäuble, je serai extrêmement bref : je ne fais jamais de commentaire sur la politique qui est menée en Allemagne, voilà. »

Pourtant, de gauche comme de droite, lors de la campagne présidentielle, les commentaires sur la politique menée en Allemagne allaient bon train. Tous élogieux. Mais ça c’était avant…

AB

Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation

Lundi 21 mai 2012

Ce sera pour début juillet au plus tard a annoncé Marisol Touraine. La ministre française des Affaires sociales et de la Santé, fraîchement nommée, s’est engagée ce matin sur France 2 à ce que le décret rétablissant partiellement la retraite à 60 ans soit publié rapidement.

«Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou à 19 ans, qui ont leur 41 annuités de cotisations pourront partir à 60 ans et non pas à 62 ans comme c’est le cas aujourd’hui», a-t-elle affirmé.

Avec ou sans périodes de chômage ?

Mais cette promesse symbolique du nouveau président de la République, qui devrait concerner 150 000 personnes par an, ne se fera pas sans concertation. Car les trimestres validés au titre du chômage ou des majorations pour enfants posent déjà problème.

«Il est indispensable de discuter des modalités d’application», exige Bernard Thibault. Faute de quoi, «cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement», a menacé Jean-Claude Mailly (FO) la semaine dernière, rapporte LeFigaro.fr.

François Hollande a rappelé qu’il faudrait avoir effectivement cotisé 41 annuités, et que ces trimestres validés au titre du chômage ou de la maternité ne seraient pas pris en compte. Or les syndicats demandent un assouplissement.

« Qui sera concerné exactement par cette mesure ? Nous voulons en discuter », explique Eric Aubin, le « M. Retraites » de la CGT, sur LesEchos.fr.

« Cette mesure sera de toute façon bénéfique, mais on peut encore l’améliorer, notamment pour tenir compte de certaines situations de chômage ou de la maternité », ajoute Jean-Louis Malys (CFDT).

Marisol Touraine s’est néanmoins avancée ce matin sur les congés maternité qui seraient comptabilisés, de même que les périodes de service militaire. En revanche, pour les périodes de chômage, il faudra attendre la rencontre prévue la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.

Un obstacle financier

« J’ai demandé hier à Marisol Touraine, nouvelle ministre, dès sa prise de fonction, d’engager la concertation avec les partenaires sociaux avant de rédiger définitivement le projet de décret», a confirmé de son côté Jean-Marc Ayrault sur France Inter.

Le Premier ministre a indiqué que son arbitrage se ferait après cette consultation et au vu des contraintes budgétaires.


Jean-Marc Ayrault par franceinter

Car le principal obstacle sera bel et bien financier, rappelle Le Figaro.

« La mesure, dans sa version restreinte, devrait déjà coûter jusqu’à 5 milliards par an (financés par une hausse des cotisations) au seul régime de base. Peut-être ces syndicats se montreront-ils moins velléitaires lorsqu’il s’agira de la transposer aux régimes complémentaires Agirc-Arrco, qu’ils cogèrent avec le patronat. Le coût est estimé à environ 50 % de celui pesant sur le régime de base »

Un bon test en tout cas en prévision d’une concertation beaucoup plus vaste qui aura lieu par la suite sur l’ensemble du système de retraites. Âge légal, durée de cotisation, financement, rapprochement des règles entre régimes, pénibilité,…

Et dire que la réforme des retraites est entrée en vigueur il y a moins d’un an. Déconcertant non ?

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Les retraités ont-ils fait gagner Hollande ?

Lundi 7 mai 2012

« Je suis le président de la jeunesse de France », a notamment déclaré le nouveau président de la République, lors de son discours place de la Bastille hier soir devant la foule rassemblée pour fêter son élection. Mais les retraités n’ont-ils pas contribué à élire François Hollande ? Ont-ils sanctionné le président sortant ?

Les retraités avaient joué un rôle essentiel dans la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, en votant à 70% pour le candidat de l’UMP.

Hier, leur choix a-t-il été de nouveau décisif ? C’est la question que l’on peut se poser, au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, à la lumière d’un essai : « La minorité silencieuse ».

C’est le titre d’une étude sur les retraités des sociologues Alain Mergier et Philippe Guibert, publié début mai par la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste.

Selon eux, les retraités forment une classe d’électeurs à part entière qui finit par peser dans les urnes.

« Une catégorie politique est en train de naître, qui va prendre de l’importance, compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de vie », avertit l’un des auteurs interrogé par LeMonde.fr

Car les retraités constituent près du tiers de l’électorat, sont plus marqués politiquement autour d’un clivage droite/gauche et sont davantage partisans que le reste de la population. Mais, surtout, Alain Mergier et Philippe Guibert notent, parallèlement, « une certaine régularité dans la manière dont ils perçoivent la société, laissant apparaître de fait un clivage net avec les actifs », au delà de leur sensibilité politique.

Un discours de désapprobation qu’ils soient de droite ou de gauche

Selon les auteurs, les retraités, quelque soit leur bord politique, ont un discours commun. Cette même parole est avant tout critique et distincte des discours de la vie active, du fait de leur mise à l’écart.

Un discours de désapprobation, structuré en 2 pôles : « l’argent roi » et « l’enfant roi ».

Les retraités s’insurgent à la fois contre l’incohérence manifeste aujourd’hui entre l’argent et le travail mais aussi l’excès de jeunisme qui se caractérise, selon eux, par une « disqualification de la transmission et la déperdition des savoirs ».

Par ailleurs, « les retraités ont une conception commune de l’autorité politique, incarnée par le Général de Gaulle », explique les deux auteurs. De droite ou de gauche, ils plébiscitent la fermeté tout en attendant d’un président qu’il exerce son autorité de façon calme et réfléchie, et non par l’agitation et l’agressivité.

Alain Mergier et Philippe Guibert laissent entendre ainsi que « c’est ce qui conduit une majorité de retraités à trouver que François Hollande, en 2012, incarne mieux la conception gaullienne que Nicolas Sarkozy »

C’est en tout cas ce qui ressort des longs entretiens individuels que ces sociologues ont eu avec 24 retraités représentatifs pour leur sujet d’étude.

« Le vote retraité est décisif »

Autre principal enseignement : le poids électoral des retraités, qui boude moins les urnes que le reste de la population, ne cesse de croître.

« Le vote retraité est décisif, aussi décisif que celui des milieux populaires », soulignent les deux auteurs.

« Leur désir constant de stabilité tant politique qu’économique explique le faible vote des retraités en faveur des extrêmes, leur refus de leur sortie de l’euro et leur souhait de réduction de la dette publique – même si réapparaît dans les différentes causes et solutions proposées le clivage gauche/droite », ajoutent-ils.

Au 1er tour, selon une étude de l’IFOP, les retraités ont voté à 37 % pour le président sortant, à 32 % pour le candidat socialiste François Hollande, à 10 % pour Marine Le Pen (Front national), à 9 % pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem).

« L’écart entre M. Sarkozy et M. Hollande était plus faible dans le vote des retraités qu’il ne l’était au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 entre le candidat de l’UMP et Ségolène Royal qui défendait alors les couleurs du PS. Ainsi, à titre d’exemple, pour Ipsos, M. Sarkozy avait obtenu 41 % des suffrages dans cette catégorie, contre 23 % seulement pour Mme Royal », rappelle LeMonde.fr

Qu’en a-t-il été hier pour le 2nd tour ? Difficile, pour l’heure, d’en avoir une idée précise.

Les retraités, même de droite, avaient de sérieuses réserves sur Nicolas Sarkozy

Pourtant, selon un sondage Ipsos l’avantage pour Nicolas Sarkozy était important : il obtenait près de 59 % des intentions de vote, contre 41 % pour François Hollande, chez les retraités.

« Les retraités, y compris ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, ne semblent plus retrouver chez lui la conception de l’autorité présidentielle. En outre, les retraités qui se disent de droite, malgré leur fidélité politique évoquée plus haut, expriment ouvertement de sérieuses réserves au sujet d’un candidat qui incarne la conception de l’argent roi. Il serait donc surprenant que l’électorat retraité se prononce en faveur de Nicolas Sarkozy avec une ampleur similaire à 2007 », concluaient dès le 2 mai, Alain Mergier et Philippe Guibert, auteurs de « La minorité silencieuse – Étude sur les retraités », publié par la Fondation Jean Jaurès.

Une minorité silencieuse, que les futur(e)s candidat(e)s pour 2017 devront apprendre à courtiser… ou dont ils devront se méfier !

AB

Présidents de la République : des retraités gâtés

Mercredi 4 avril 2012

Nicolas Sarkozy pourra toucher jusqu’à 22 150 euros brut par mois s’il prend sa retraite en cas de défaite au lendemain de l’élection présidentielle.

« Si je suis battu le 6 mai, j’arrête la politique », avait déclaré, début mars, Nicolas Sarkozy sur RMC.

Le site Quoi.info l’a pris au mot et a calculé ce que pourrait toucher le Président sortant en tant que jeune retraité. Une rente à peu près équivalente à ce qu’il gagne aujourd’hui en exercice (18 700 euros), qui totalise plusieurs sources de revenus :

  • sa retraite de président de la République (2007-2012): 5250 euros bruts/mois. Cette pension, définie par la loi n° 55-366 du 3 avril 1955n’est soumise à aucun plafond de ressources : elle est donc cumulable avec les salaires ou les retraites d’autres mandats ;
  • sa retraite de député : 1900 euros bruts/mois. Entre juin 1988 et mai 1993 puis entre septembre 1995 et avril 1997, Nicolas Sarkozy a été député de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine (Neuilly-sur-Seine, Puteaux). Mais ses droits à la retraite de député ne s’ouvriront qu’en 2015, lorsqu’il aura atteint les 60 ans requis ;
  • sa retraite de maire de Neuilly-sur-Seine (1983-2002) et de président de Conseil général des Hauts-de-Seine (2004-2007) : 2000 euros brut/mois ;
  • la pension pour un siège au Conseil constitutionnel : 13 000 euros brut par mois. Les anciens présidents de la République sont membres de droit à vie du Conseil constitutionnel.

De nombreux avantages en nature à vie

Autres avantages réservés aux anciens chefs de l’Etat jusqu’à la fin de leur vie par la volonté de François Mitterrand et de son Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius :

  • un appartement de fonction meublé et équipé, dont la maintenance et les charges, y compris le téléphone, sont assumées par l’Etat ;
  • deux personnes prises en charge par l’Etat qui sont affectés au service de leur appartement de fonction ;
  • deux policiers à titre permanent pour assurer leur protection rapprochée ;
  • une voiture de fonction dont l’entretien est assuré, avec deux chauffeurs ;
  • la gratuité sur l’ensemble des réseaux de transport publics dans la meilleure classe ;
  • sept fonctionnnaires (un chef de cabinet, deux assistants pour le secrétariat particulier, un fonctionnaire des archives nationales et trois secrétaires dactylographes)

Jacques Chirac, le plus gâté

Mais le Président sortant ne serait pas pour autant le plus privilégié. Il toucherait bien moins que ses prédécesseurs. Jacques Chirac étant le retraité le plus gâté. A la fin de son second mandat, en 2007, L’Express avait fait l’addition entre sa fonction présidentielle, ses anciens mandats de député de Corrèze, de conseiller général, de maire de Paris, de conseiller référendaire à la Cour des comptes et de membre du conseil constitutionnel. Total : 31 000€ bruts environ par mois.

Valéry Giscard d’Estaing n’étant pas très loin de ce chiffre, selon La Tribune, avec sa retraite d’ancien inspecteur général des finances, d’ancien élu local du Puy-de-Dôme, et d’ancien président de la République : 29 000€ bruts environ par mois. VGE n’ayant pourtant fait qu’un seul mandat.

En revanche aucun d’entre eux ne peut prétendre à une pension particulière au titre de leurs fonctions ministérielles par le passé. En effet, à l’exception des ministres fonctionnaires qui continuent de cotiser à leur caisse de retraite d’origine pendant leur mission au gouvernement, les ministres et les secrétaires d’Etat ne bénéficient d’aucun droit à la retraite.

AB

Sarkozy : revenir sur la retraite à 60 ans est une folie

Lundi 30 janvier 2012

Sarkozy-retraite-bfmtvLe Président de la République a déclaré hier que le retour de la retraite à 60 ans était “une folie“, “un mensonge, ajoutant que “cela ne se ferait pas“, lors de son intervention télévisée, en faisant allusion à la proposition de François Hollande de revenir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leur durée de cotisations.

 

“C’est une folie, il n’y a personne qui croit ça, il n’y a aucun Français qui pense que c’est vrai, c’est un mensonge parce que ça ne se fera pas”, a affirmé le chef de l’Etat.

“Quand on a fait la réforme des retraites, tout le monde nous a critiqués, maintenant toute l’Europe nous suit”, a-t-il même prétendu.

 

“Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?”

L’occasion pour Nicolas Sarkozy de balayer d’un revers de main l’une des propositions de François Hollande, sans jamais citer son nom. Le candidat du Parti Socialiste a en effet promis que, s’il est élu Président de la République en mai prochain, ceux qui ont suffisamment cotisé « pourront partir à 60 ans » (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »).

Une mesure qui “conduirait le pays à la ruine. Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?” s’est indigné Nicolas Sarkozy.

Ceux qui travailleront encore, si l’on en croit la présentation du programme de François Hollande faite jeudi dernier.

S’il est élu, sa promesse de permettre aux Français qui ont cotisé 41 ans de pouvoir partir à 60 ans sera financée par une hausse des cotisations sociales, souligne Le Monde.

Des mesures qui risquent sérieusement de grever les comptes de la Sécurité sociale, analyse Le Point.

Selon l’évaluation de l’association Sauvegarde retraites, elles coûteront au moins 6,3 milliards d’euros par an à partir de 2020, année où elles exerceront tous leurs effets.

Seul point commun pour le moment entre le candidat socialiste et le Président de la République : ne pas trop toucher aux retraités actuels, note Le Monde.

Mais pour combien de temps ?

AB

TVA sociale : quelles conséquences pour les retraites ?

Jeudi 5 janvier 2012

tva_sociale_retraite_Keith_LaverackNicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat débat, jusqu’ici, de la campagne présidentielle.

En évoquant, lors de ses vœux aux Français, l’idée d’une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale, le Président de la République a savamment jeté le premier os à ronger de cette nouvelle année qui débute pour la meute de politiques, syndicalistes, journalistes et autres observateurs et commentateurs de tout poil.

« Nous sommes l’un des pays européens dont la part des cotisations rapportées aux salaires est l’une des plus élevées. », justifie Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’analyses Asterès sur le site de La Croix.

Travail et protection sociale coûtent trop cher

C’est ainsi que pour certains économistes, notre système, hérité des Trente Glorieuses, de financement de la retraite ou de l’assurance-maladie, notamment, par les cotisations assises sur les salaires est devenu insatisfaisant, poursuit le quotidien.

À la fois parce que le coût de la protection sociale est amené à exploser en raison du vieillissement de la population – le « trou » de la Sécurité sociale pourrait atteindre près de 14 milliards d’euros en 2012 – et parce que le coût du travail est trop élevé pour que l’économie française soit compétitive. Déjà, Michel Rocard, avait institué en 1990 la contribution sociale généralisée (CSG) pour que le travail ne soit pas le seul financeur de la protection sociale.

Le principe d’une TVA sociale consiste donc à transférer une partie du financement de notre protection sociale par le travail, sur la consommation en la taxant davantage par le biais de son impôt indirect : la TVA.

Or, spontanément, qui dit augmentation dela TVA, dit augmentation des prix donc baisse du pouvoir d’achat, selon moi.

« Cette TVA sociale s’analyse à la fois comme une mini-dévaluation – on renchérit le coût des importations et on baisse celui des exportations – et une minidéflation salariale. On réduit à la fois le coût du travail pour les entreprises et le pouvoir d’achat des salaires ce qui est économiquement équivalent à une diminution des salaires. En mettant aussi au passage à contribution les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs. », anticipe même Alain Madelin dans Les Echos.

« Ce ne sont pas les produits importés qui paient l’impôt mais les consommateurs de ces produits — Mettez une taxe sur les vaches, ce ne seront pas les vaches qui la paieront — dit l’adage. La même facture sociale restera payée par le même nombre de Français », prédit l’ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé.

Les retraités protégés en cas d’inflation ?

« Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale », promet au contraire François Bellanger, le président de la Confédération française des retraites, interrogé par La Croix.

« L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés. En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé. », rassure-t-il.

Le débat ne fait donc que commencer. Les partisans d’une substitution de la TVAaux cotisations sociales soulignent son caractère favorable à l’emploi et sa neutralité vis-à-vis du financement de la sécurité sociale. D’autres considèrent qu’une telle réforme acte le fait que le futur accroissement des dépenses sociales ne pourra être financé que par une augmentation des cotisations, observe politiquessociales.net.

Recourir davantage à la protection individuelle ?

Selon ce site Québécois de veille sur les politiques sociales et la mondialisation, l’exemple allemand est éclairant.

« Loin d’être équilibré, le “paquet TVA” se solde par un supplément net de recettes pour l’État de l’ordre d’un peu moins de 0,4 point de PIB, dont plus de la moitié est supportée par les ménages, via la hausse de l’inflation. L’Allemagne est l’un des pays de l’UE où les inégalités salariales sont désormais parmi les plus élevées. La mesure mise en place en janvier 2007 en Allemagne s’inscrit en fait dans la suite logique des réformes antérieures de l’assurance chômage et de l’assurance invalidité vieillesse : elle ne fait qu’entériner le choix de limiter la part des ressources nationales affectées aux régimes sociaux contributifs, de favoriser le recours croissant à la protection individuelle, au risque de développer de la pauvreté et de fragiliser une cohésion sociale déjà bien malmenée depuis une dizaine d’années en Allemagne. », conclut Odile Chagny, chercheur affilié à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques).

Bref, un constat bien éloigné de la promesse sociale d’une nouvelle TVA.

Alors qui croire ?

AB

Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque

Mercredi 14 décembre 2011

Le candidat socialiste ne rétablira pas l’âge légal de la retraite à 60 ans pour tous, s’il est élu Président de la République en mai prochain. Seuls ceux qui ont suffisamment cotisé (41 ans et demi, soit 166 trimestres) « pourront partir à 60 ans », a-t-il expliqué hier sur RTL au micro du chroniqueur Jean-Michel Apathie :

« Devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas »

Un éclaircissement qui, depuis, suscite de vives réactions notamment sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Raillé gentiment à droite, notamment par la députée de Meurthe et Moselle, Valérie Rosso-Debord :

François Hollande est surtout critiqué par les militants de son propre camp et notamment Gérard Filoche, soutien de Martine Aubry :

L’ex-inspecteur du travail, membre du PS, qui en profite au passage pour attaquer à nouveau la réforme des retraites :

De son côté, le Premier ministre, s’en est pris lundi aux «circonvolutions» des socialistes sur la retraite à 60 ans. François Fillon craint toujours «l’annulation du gain de la réforme de 2010», c’est-à-dire les 60 ans pour tous, soit «8 milliards supplémentaires» de dépenses annuelles à l’horizon 2018. «C’est juste impossible», prévient-il.

« Si ce n’est pas un enterrement, cela y ressemble beaucoup. » commente Libération.

« Des propos qui excluent donc d’office un rétablissement général de la retraite à 60 ans », conclu LeMonde.fr.

Un simple élargissement du dispositif “carrières longues”

« Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit ses concurrentes -Martine Aubry et Ségolène Royal- qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans », souligne Le Figaro.

« Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif «carrières longues», qui permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de toucher une retraite avant les autres. », ajoute le quotidien.

Il existe en effet déjà un dispositif qui permet aux salariés ayant commencé à cotiser tôt de partir à 60 ans ou avant. Il faut avoir démarré son activité avant 18 ans. Les conditions de cotisation varient selon la génération et l’âge de départ, mais elles sont toujours nettement supérieures aux 41 ans et demi en vigueur pour les autres salariés. Il faut avoir cotisé entre 5 et 7 trimestres supplémentaires.

Exemple : un salarié né en 1954 peut partir à 56 ans s’il a commencé à 15 ans et cotisé 43 annuités et un trimestre. Pour un assuré né en 1952 qui a commencé à 17 ans, la durée de cotisation pour un départ à 60 ans est de 43 ans.

De ce fait, une question reste en suspens selon Le Monde.fr : « François Hollande doit encore expliquer s’il compte maintenir cette majoration, ou s’il compte la supprimer pour l’ensemble des carrières longues, ce qui semble plus conforme à ses propos. »

“On travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses”, Bernard Thibault

Autant dire que le débat politique sur les retraites n’est pas près de s’achever. D’autant plus que le secrétaire général de la CGT, invité au micro de France Inter ce matin, n’en démord pas :


Bernard Thibault par franceinter

Si François Hollande devient Président de la République, « une des premières décisions doit être le rétablissement du droit au départ à la retraite à 60 ans avec l’examen de mesures spécifiques s’agissant des travaux pénibles ».

« Ce que ne dit pas le Président de la République, c’est que nous avons la double facture : on travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses, donc une majorité de gauche, je l’imagine, ne peut pas s’inscrire dans le même sillage ».

En attendant une nouvelle journée de manifestations contre le plan d’austérité du gouvernement aujourd’hui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans tout le pays. Une mobilisation, certes, modeste, mais une forme d’avertissement, tout de même lancé, aux élus de tous bords à l’approche de l’élection présidentielle.

AB

Pour prolonger : relire l’article “François Hollande candidat : son budget envisagé” (sur la rubrique “Impôts et Fiscalité” de BforBank.com)

Et après la retraite ?

Vendredi 18 novembre 2011

retraite_dependance_personne_ageeLa réforme des retraites par ci ; la réforme des retraites par là… On ne parle que d’elle depuis plus d’un an. D’elle et d’un âge symbolique qui attire et attise la polémique : 60 ans. Puis deux. 62 ans  - l’âge légal de départ en retraite en 2017 – et 67 ans – l’âge pour toucher une pension à taux plein quelle que soit sa durée de cotisation.

Mais après ?

Comme si ça n’intéressait plus personne en général et les médias en particulier ce qui se passe et ce qui se passera après le départ à la retraite.

C’est pourtant le cœur du débat ! C’est parce que nous vivons plus longtemps que nous devons travailler plus longtemps. L’espérance de vie s’accroît à un rythme d’enfer selon cette récente publication de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques):

” En un quart de siècle, les hommes de 35 ans ont gagné 5 années d’espérance de vie et les femmes 4,5 ans.”

Et chaque année, nous gagnons en moyenne 3 mois d’espérance de vie ! Mais dans quel état ?

Un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes

Dépendant ou pas ? Le mot est lâché. Voilà pourquoi on préfère faire l’autruche et ne pas anticiper la dépendance. On la redoute car c’est la dernière étape à vivre. L’étape qui suit la retraite et précède la mort.

Rassurons-nous, selon le Professeur Françoise Forette, Présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie, à peine 7 % des plus de 60 ans souffrent d’un certain degré de dépendance. Mais, ça n’arrive pas qu’aux autres, et dans son article sur le défi de la longévité, elle souligne également que

” les 7 % de la population de plus de 60 représentent plus d’un million de personnes dont la dépendance nécessite une assistance et un coût important pour la collectivité.”

Par ailleurs, “la pyramide des âges de la population française évolue vers une augmentation de la proportion des plus de 80 ans qui va tripler entre les années 2000 et les années 2050. Il y a donc bien un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes.”

Et qui nous prendra en charge à ce moment-là ?

La réforme de la dépendance discrètement enterrée

La question restera hélas en suspens. La réforme de la dépendance est une nouvelle fois reportée. Loin de l’agitation médiatico-politique autour des retraites. Discrètement enterrée, titrait Le Monde.

C’était pourtant l’un des grands chantiers pour 2011 du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Des débats interrégionaux ont été organisés, des rapports parlementaires ont été remis au Président de la République, mais les tumultes de la crise ont contraint le chef de l’État a repoussé cette réforme. “Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd’hui, dans l’urgence, ne serait pas responsable”, a justifié le Premier ministre François Fillon lors de l’annonce de son 1er plan de mesures d’austérité fin août.

La crise financière a eu raison de la réforme de la dépendance. Pis, elle aura certainement raison de sa totale prise en charge par l’État.

Alors que faire en attendant ?

Prévenir puisqu’on ne peut pas guérir ! Et comme le martèle le Pr Françoise Forette :

La prévention des maladies liées à l’âge passe par ” le style de vie et l’éradication des facteurs de risque, promotion de l’information et de l’éducation, détection et correction des risques de fragilité, poursuite de l’activité professionnelle ou bénévole, maintien de l’optimisme et de l’estime de soi par l’intégration sociale… ces outils ont fait scientifiquement la preuve de leur efficacité. Ils sont entre nos mains pour faire de la longévité la plus extraordinaire aventure du vivant “.

Et mettre encore des sous de côté ! Puisque l’État croule sous la dette et la souscription à une assurance perte d’autonomie liée à l’âge était, de plus, l’une des propositions de Valérie Rosso-Debord, député de Meurthe et Moselle et auteur d’un rapport sur le financement de la prise en charge de la dépendance.

Alors ne regardons plus la retraite par le petit bout de la lorgnette. Elle ne commence plus à 60 ans mais bien la préparer c’est surtout faire en sorte de mieux vivre les dizaines d’années qui suivent !

AB

Jeunes actifs et déjà pauvres futurs retraités !

Mercredi 2 novembre 2011

jeunes_actifs_futurs_pauvres_retraitesRien ne sera plus jamais comme avant pour notre retraite.

Il est définitivement temps de tirer un trait sur la retraite telle que la connaissent nos parents, nos grands parents. Les pensions qu’ils touchent et ce qu’ils en font pour les plus privilégiés d’entre eux. La nôtre, celle des jeunes actifs, ne ressemblera en rien à la leur.

C’est en tout cas l’avis d’Alfred Galichon, professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, dans un billet très intéressant publié par LesEchos.fr :

« En France, la difficile réforme des retraites de 2010 a eu le mérite de mettre en évidence que les jeunes actifs d’aujourd’hui seront bien loin d’avoir, une fois à la retraite, le niveau de vie qu’avaient leurs aînés baby-boomers. »

Plus nombreux à être frappés par le chômage et la précarité

Parce qu’au delà de la certitude, aujourd’hui, de devoir travailler plus longtemps que nos aînés depuis la réforme des retraites de 2010, nous risquons désormais, selon lui, d’être plus nombreux à être frappés par le chômage, à connaître plus souvent la précarité et davantage de difficultés pour nous loger, nous soigner,… bref, rien de très réjouissant. Rien avoir avec une retraite de pacha !

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy, l’a rappelé lors de son intervention télévisée du 27 octobre dernier, dans la foulée du plan de sauvetage de la zone euro adopté à Bruxelles. Le Président de la République a défendu ses réformes emblématiques en assurant qu’elles avaient évité à la France les réductions des salaires ou des pensions imposées en Grèce, en Espagne, en Irlande ou au Portugal, souligne 20minutes.fr :

“Si nous n’avons pas eu à faire ça en France, c’est parce que nous avons fait la réforme des retraites à temps”, a-t-il plaidé, “la réforme des retraites a protégé la France et a protégé les Français”. De même que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Mais ce n’était qu’un début. Alors que plusieurs pays sont déjà allés plus loin en fixant l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans, ce ne sont pas quelques mois de cotisations retraites supplémentaires, en France, qui suffiront à enrayer la crise. Aussi, le chef de l’Etat a également annoncé que le gouvernement allait présenter rapidement un nouveau plan de rigueur budgétaire.

« Le débat sur la politique fiscale en France prend en considération, à juste titre, l’équité sociale. Or une autre dimension fondamentale de l’équité est absente du débat : l’équité entre générations. », note Alfred Galichon avec perspicacité.

Ainsi, peut-être que certains seniors qui coulent jusqu’à présent des jours paisibles n’ont désormais qu’à bien se tenir.

« Il est frappant qu’aucun effort n’ait été demandé aux retraités actuels, alors que la charge de financement des retraites pèsera de plus en plus lourdement sur les générations suivantes. », remarque Alfred Galichon.

« No taxation without representation, dit l’adage, or si les générations futures sont de fait taxées, elles sont sous-représentées dans le processus démocratique. Et l’histoire nous enseigne que les populations taxées et non représentées finissent par se soulever. », avertit ce professeur d’économie.

L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau

Un propos illustré, en effet, par les manifestations en Grèce et les revendications des Indignés en Espagne. Et qui vient de trouver, manifestement à point nommé, un écho retentissant hier avec l’annonce, par le 1er ministre grec, d’un référendum sur ce fameux plan de sauvetage européen. Et patatra ! L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau et fait plonger les bourses du monde entier. L’euro est à nouveau ébranlé. De quoi donner un nouveau souffle aux revendications révolutionnaires de certains jeunes devant la caméra de BFM TV, venus manifester à Nice contre le G-20 qui se tient dès demain et vendredi à Cannes.

Désormais, les jeunes Européens savent bien qu’il leur sera demandé des sacrifices que n’ont pas connus leurs aînés, et ils sont sans doute de moins en moins prêts à l’accepter.

AB