Archive pour le mot-clef ‘pouvoir d’achat’

Retraite complémentaire : Noël au charbon, pâques… à la privation

Vendredi 14 décembre 2012

« Les retraités devront malheureusement se serrer la ceinture. (…) plutôt que de voir disparaître à terme les complémentaires », a déclaré Philippe Pihet, président FO de l’Arrco ce vendredi matin sur Europe 1. 

Une véritable première pour les retraites complémentaires qui ont toujours suivi l’inflation. Les partenaires sociaux envisagent en effet de revaloriser les pensions mais à un rythme moindre que l’inflation. Pas de Père Noël donc pour les retraités qui doivent se préparer à un régime minceur inévitable l’an prochain.

Concrètement, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%. Autrement dit le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Un déficit de 10 milliards d’euros en 2017

Mais les caisses de retraite complémentaire économiseraient ainsi près de 800 millions d’euros par an. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Il faut donc sauver le « soldat Agirc-Arrco », la part complémentaire des pensions de 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé. Car elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. L’Arrco, pour tous les salariés, a versé l’an dernier près de 38 milliards d’euros de prestations. L’Agirc, réservée aux cadres, a versé 18 milliards. A ce rythme-là, les réserves de ces régimes de retraite complémentaire fondent comme neige au soleil et seront à sec, respectivement en 2016 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco, souligne les Echos.

Sauf que cette moindre revalorisation s’ajoute à la future « taxe dépendance » de 0,3% dès le 1er avril 2013 sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2.

« Les retraités du secteur privé qui sont les seuls touchés ne sont pas prêts à l’accepter. Je crois que le sentiment que l’on peut éprouver est un sentiment d’écœurement parce qu’un régime de retraite ça se pilote à long terme. On n’attend pas d’être au bord du précipice pour prendre des mesures d’urgence », s’est insurgé François Bellanger, Président de la Confédération Française des Retraités, à la mi-journée sur Europe 1.

Si rien n’est encore signé puisque syndicats et patronat se sont donnés jusqu’en mars pour aboutir, ce principe d’un coup de frein à la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation semble malgré tout acquis et pourrait perdurer.

Une hausse des cotisations à craindre

Mais pas sans condition. Tous les syndicats qui se sont résignés, excepté la CGT, réclament en contrepartie une hausse des cotisations patronales pour certains et des mesures pour épargner les retraités les plus modestes pour d’autres. Une hausse de cotisation de 0,1 point, rapporterait un peu moins de 600 millions, explique le site du quotidien économique.

Autrement dit, ce sont les salariés qui risquent au final de devoir mettre à nouveau la main à la poche pour les retraites complémentaires de leurs aînés sans avoir l’assurance totale de pouvoir en bénéficier au même niveau à leur tour, dans quelques années.

En attendant, le gouvernement veut rassurer.

« Le pouvoir d’achat est notre préoccupation, a réagi Pierre Moscovici, ministre de l’Économie sur Europe 1 ce matin. Ne vous en faites pas pour les retraités. Les Français savent et doivent savoir que ce gouvernement veut défendre leur pouvoir d’achat, a-t-il assuré. »

“Mettre les mains dans la machine, superviser… par Europe1fr

Mais entre vouloir et pouvoir… à moins de croire encore au Père Noël !

10 millions de retraités taxés ?

Vendredi 12 octobre 2012

A-C. Poujoulat afp.com

Les retraités taxés seront-ils plus nombreux que prévu au final ?

Jusqu’à présent, afin de contribuer à réduire le trou de la sécu, selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, on pensait que seuls les retraités s’acquittant de l’impôt sur le revenu allaient devoir mette la main à la poche. Soit la moitié d’entre eux.

Mais, selon Les Echos, ce nouveau prélèvement sur les pensions des retraités de 0,15 % en 2013, puis de 0,3% en 2014 va, en fait, toucher une population très large de seniors.

Cette Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) devrait rapporter 350 millions d’euros en 2013 et renflouer le Fonds de solidarité vieillesse (qui finance notamment les droits à retraite des chômeurs). En 2014, la CASA devrait rapporter le double, soit 700 millions d’euros. Mais cette somme servira alors à financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.

2 retraités sur 3 concernés

Cette taxe, selon le projet de loi présenté ce matin en Conseil des ministres, devrait peser sur toutes les pensions qui sont soumises à la CSG :

  • au taux réduit de 3,8 % pour les retraités qui gagnent suffisamment pour être soumis à la taxe d’habitation ;
  • au taux supérieur de 6,6 % pour les retraités qui paient l’impôt sur le revenu.

Total : plus des deux tiers des pensionnés seront donc concernés (68 %, selon la Cour des comptes).

De quoi attiser la colère des retraités qui subissent de plein fouet, eux aussi, les effets de la crise. Leur pouvoir d’achat ne cesse de diminuer et cette nouvelle mesure ne va pas arranger les choses. Ni faire les affaires des élus soucieux de leur électorat.

15 millions de retraités en France, ça en fait des voix dans les urnes pour les prochaines échéances !

D’ailleurs certains parlementaires entendent atténuer la portée de la mesure, selon Les Echos. Le député socialiste de Toulouse, Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée veut ainsi limiter la taxe aux seuls retraités qui paient l’impôt sur le revenu, soit un peu plus de 7 millions d’entre eux. Pour compenser et trouver d’autres recettes, il souhaiterait ainsi faire payer des cotisations d’assurance-maladie aux résidents français travaillant en Suisse, qui peuvent en être exonérés actuellement. Une mesure qui rapporterait 450 millions d’euros. Sauf que cette idée a déjà été envisagée par le gouvernement mais finalement abandonnée en septembre dernier. Sera-t-elle exhumée ?

En attendant, à l’appel des syndicats, les retraités étaient invités hier à descendre dans les rues de plusieurs villes de France pour manifester leur mécontentement et réclamer :

- une hausse du pouvoir d’achat des retraités, en augmentant les retraites les plus basses, adoptant un minimum équivalent au smic et par conséquent une modification des modalités d’indexation des retraites ;

- la réouverture du dossier sur l’Aide à l’autonomie ;

- un accès aux soins plus facile pour les personnes âgées.

AB

Les retraités vont-ils perdre en pouvoir d’achat ?

Mardi 10 juillet 2012

C’est la question soulevée à juste titre par le magazine LeParticulier.fr suite à la publication, cette semaine, du rapport 2012 de la Cour des comptes. En effet, la Cour des comptes recommande que 33 milliards soient économisés en 2013. Mais si d’aventure, la croissance économique était nulle l’an prochain pour le pays, ce serait même… 44 milliards qu’il faudrait épargner, selon  le journal LeParisien.fr.

Des sommes qui donnent le tournis… et qui s’inscrivent dans une certaine angoisse de la population. Que note par exemple un récent sondage Louis Harris (relayé sur terrafemina.com), pour qui “Les Français considèrent comme prioritaires la retraite et la protection sociale (…) pour 60%”.

En somme il s’agit d’une rigueur dont on ne veut simplement pas prononcer le nom, analysent les observateurs qualifiés.

Bientôt l’abandon de l’indexation des retraites sur l’inflation ?

Le simple trou de la Sécu devrait atteindre lui 14,5 milliards d’euros. C’est plus que prévu, pour le régime général dont la retraite est l’une des branches.

« Côté recettes, le chômage limite la progression de la masse salariale, donc des cotisations sociales. Côté dépenses, l’inflation entraîne une hausse des pensions de retraite », explique LeFigaro.fr

Seule solution dans ce contexte : revenir sur l’indexation annuelle des prestations de retraite en abandonnant la référence à l’inflation.

« La réforme de 2010 et son accélération décidée en 2011 ont fixé le cadre de l’évolution à moyen terme des dépenses. Une maîtrise accrue des dépenses, si elle s’avérait nécessaire, pourrait, à court terme, porter sur les mécanismes d’indexation des pensions comme l’ont fait de nombreux pays européens », recommande la Cour des comptes.

C’est effectivement ce qu’a fait par exemple l’Italie en sacrifiant les retraités sur l’autel de la rigueur. (voir à ce sujet le post « Retraites en Italie : les larmes en attendant le sang ? »)

On se souvient des larmes d’Elsa Fornero, ministre Italienne du travail, qui avait craqué quand elle a admis que les retraites ne seraient plus indexées sur l’inflation à partir de 2012, sauf pour les deux plus basses tranches de revenus. Bref, la baisse programmée du pouvoir d’achat des retraités italiens. 

La part de rigueur

En France, certaines voix à l’image du très médiatique chef d’entreprise, Charles Beigbeder, réclament depuis longtemps que les retraités prennent leur part de rigueur. (voir à ce sujet le post « Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste »)

Ainsi, l’application d’une augmentation en fonction de l’inflation serait abandonnée, au profit d’une indexation différenciée selon l’importance des pensions, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes. À l’instar des prestations familiales en 2012, les pensions de retraite pourraient être indexées sur l’évolution de la croissance économique en France ou PIB (Produit intérieur brut).

Une revalorisation inférieure d’un point permettrait une économie de 750 millions d’euros pour le régime général de retraite, en 2013, analyse LeFigaro.fr

La balle est désormais dans le camp du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

AB

Rien ne sert de courir, il faut partir à point… à la retraite

Vendredi 25 mai 2012

Tandis qu’une concertation va s’engager la semaine prochaine entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour déterminer les conditions du retour partiel à la retraite à 60 ans, promis par François Hollande, Rue89 Eco nous permet de ne pas oublier une autre réalité qui suscite beaucoup moins l’enthousiasme : le quotidien d’une retraitée  au bout du rouleau. Elle s’appelle Liliane. Elle a 62 ans. Et seulement 634 € par mois pour vivre.

« J’ai un appart’ de pauvre, ça se voit. », confie celle qui vit avec une retraite de misère, comme de plus en plus de femmes âgées.

Une minuscule retraite pour un parcours “cabossé”

La dernière fois, raconte-t-elle à la journaliste, un petit garçon de l’immeuble est passé devant sa porte entrebâillée et a dit : « C’est moche, il y a rien. » C’était un enfant mais ça l’a « blessée ».

L’article égraine ainsi la vie et le quotidien de cette femme au parcours cabossé qui reçoit chaque mois une minuscule retraite : elle n’a pas cotisé en étant mère au foyer (comme beaucoup de retraitées), puis sans-domicile et chômeuse. Il lui manque soixante trimestres.

Avec un revenu de 448 euros par mois, Liliane est ainsi largement en-dessous du seuil de pauvreté dressé par l’Insee. Elle a renoncé à se soigner, ne prend qu’un repas par jour et n’a pas de loisirs.

Autour du 15-20 du mois, Liliane n’a plus rien. Elle ne se plaint pas, explique qu’elle n’aime pas montrer ses conditions de vie et insiste :

« La santé, c’est un trésor, quand ça fout le camp, ça revient pas. »

Quand elle évoque sa vie, Liliane tient des paroles dures :

« J’ai l’impression que je suis arrivée au bout du rouleau. »

Malheureusement, elle n’est pas la seule. La pauvreté augmente aussi chez les aînés, rapporte l’Observatoire des Inégalités.

De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles, sont donc obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans les posts Le cri d’alarme des retraités et Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !.

Retraite à 60 ans : un miroir aux alouettes ?

Alors, bien sûr, quand on a ses 41 annuités à 60 ans, c’est rageant et désespérant de se dire qu’il faut attendre encore un peu avant de partir à la retraite. Cette promesse électorale du candidat Hollande tombe à point nommé.

Mais que doit-on se dire, lorsqu’on sait que quelque soit l’âge, la retraite ne sera qu’un long calvaire parce qu’on n’a pas su, parce qu’on n’a pas pu, la préparer comme il se doit.

Le système de retraite par répartition repose sur la solidarité entre générations. Les jeunes générations travaillent et cotisent pour financer les retraites de leurs aînés. Et à leur tour, leurs propres retraites seront financées par les générations suivantes.

Oui mais voilà, tant que les jeunes générations auront du mal à trouver du travail, qu’ils auront plusieurs trous dans leur carrière, pourront-ils continuer à payer les retraites de leurs aînés ?

Pour eux-mêmes, à quoi bon courir après la retraite à 60 ans s’il devient impossible de remplir les 41 annuités de cotisation ?

Et tant qu’il y aura des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, à quoi bon se presser pour avoir une maigre pension en conséquence ?

Ainsi, ne vaudrait-il pas mieux dépenser les milliards que coûtera le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les 100 000 « chanceux » concernés, dans la lutte contre le chômage de ceux qui ont la capacité de cotiser et les inégalités salariales ?

Les emplois et les salaires d’aujourd’hui ne sont-ils pas les retraites et leur niveau de pensions de demain ?

Tout dépend, apparemment, où l’on place le curseur de la solidarité…

AB

Retraités : pouvoir d’achat sauvé, vote convoité ?

Jeudi 29 mars 2012

Bonne nouvelle pour les 15 millions de retraités.

Ce dimanche 1er avril les pensions seront augmentées ainsi que le minimum vieillesse pour les 400 000 retraités les plus modestes qui en bénéficient. Une revalorisation de 2,1% des retraites du régime général et de 4,7% du minimum vieillesse, le portant à 777,16 euros par mois, ont annoncé hier les ministres de l’Economie, François Baroin, et du Travail, Xavier Bertrand dans un communiqué.

Concrètement, cette mesure tient compte de l’inflation constatée en 2011 (+2,1%) alors que l’inflation prévisionnelle pour l’an dernier n’avait été fixée qu’à 1,8%, soit une différence de 0,3%, souligne le communiqué publié à l’issue d’une Commission économique de la Nation. Elle prend aussi en compte une prévision d’inflation, hors tabac, pour 2012 de +1,8%, contre +1,7% jusqu’à présent.

Mais cette revalorisation n’est pas vraiment une surprise. Il y a quelques jours, les régimes paritaires de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) ont tenu compte aussi de l’inflation plus forte que prévu en 2011 et ont revalorisé les pensions de 2,3%. Même si le patronat avait un moment envisagé une revalorisation de seulement 1,56% pour tenir compte de la crise économique qui oblige ces régimes de puiser dans leurs réserves financières, mais avait dû y renoncer devant les protestations syndicales, rappelle le site du Nouvel Obs.

Ce n’est donc pas encore cette année que les retraités seront mis à contribution pour faire face à la crise et contribuer à la réduction des dépenses publiques, comme le suggèrent certains. (voir post « Déficit : les retraités pointés du doigt »)

“Oui, c’est un choix politique”

« Est-ce un hasard si ces augmentations interviennent à 25 jours de la présidentielle ? », s’interrogeait hier soir RTL

(Ecoutez la chronique)

C’est toujours intéressant à la veille d’un scrutin de faire plaisir à l’électorat âgé, celui qui vote le plus. Mais pour autant, il ne faut pas voir de la malice partout. Depuis 2009 la revalorisation des pensions de retraite et du minimum vieillesse ne se fait plus le 1er janvier mais le 1er avril. Ce n’est pas nouveau et ça permet de mieux prendre en compte le niveau d’inflation de l’année précédente. Quant au montant de cette hausse, en fait, il n’y a pas de coup de pouce pour les pensions. C’est la stricte application de la loi qui prévoit que les retraites suivent l’évolution des prix.

Juste de quoi maintenir le pouvoir d’achat des retraités, relativise donc la 1ère radio de France.

« On protège les retraités ? Ca fait de bons électeurs ? », demandait ce matin Jean-Pierre Elkabbach à François Baroin sur Europe 1.

« On protège le pouvoir d’achat qui est le moteur de la consommation, le moteur du développement économique de notre pays. On n’a pas désindexé les retraites sur l’inflation, on n’a pas désindexé les prestations sociales pour protéger les plus fragiles. Oui, c’est un choix politique. », a répondu le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.


Baroin : “On a besoin de stabilité pour la… par Europe1fr

Seule inquiétude : la bonne prise en compte par les systèmes informatiques de cette revalorisation annoncée trop tardivement selon certains syndicats.

Effectivement, le moindre bug dans l’intégration de cette hausse des pensions retraite et du minimum vieillesse serait un bien mauvais poisson d’avril…

AB

Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !

Mercredi 15 février 2012

Rien de tel qu’une plongée en immersion. C’est l’autre jour au saut du lit qu’Europe 1 a donné un coup de projecteur navrant sur un retraité, à Nantes (44), qui a repris un petit boulot pour arrondir ses fins de mois.

Saïd, 61 ans, ne touche que 600 € par mois. Il enchaîne donc les petits boulots. Il venait par exemple de gagner 20 € pour avoir changé des bougies de chauffage lorsque le reporter Pierre Baptiste Vanzini l’a rencontré.

« Moi ça m’arrive de faire absolument tout, jusqu’à faire des ménages », confesse Saïd.

« Quand on dit que les retraités ont tout le temps pour des loisirs, moi je ne l’ai pas… Je suis obligé de tout prendre. J’ai 2 enfants de 11 et 12 ans, je me demande si je ne travaillais pas comment on ferait. Pour moi, la fin du mois c’est autour de 18 ! », ironise-t-il pour conclure.

Les revenus des retraités amputés de 20 %, selon les syndicats

Une réalité, hélas, qui n’est pas unique. De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles,  sont obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans le post ” Le cri d’alarme des retraités”.

Aussi, 200 retraités ont manifesté hier à Nantes pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat, des revenus amputés de 20 % selon les syndicats.

Autre région mais même réalité, que celle de Jocelyne à Pont sur Sambre (59). Cette ancienne auxiliaire de vie, vend de la lingerie fine pour compléter sa petite retraite, rapporte La Voix du Nord. Heureusement pour elle, Jocelyne semble épanouie dans sa nouvelle activité. Elle confie même qu’elle n’a qu’un seul regret, « ne pas avoir commencé plus tôt ce métier qui est une véritable vocation ».

Mais cet enthousiasme révèle une problématique de taille. Et l’emploi des plus jeunes alors ?

Car si le cumul emploi-retraite est un dispositif avantageux pour gagner plus à la retraite, rappelle Les Echos, la question de son impact sur l’emploi des jeunes risque en effet de se poser sérieusement. D’autant plus en écoutant cette employée d’une agence d’intérim, toujours interrogée par Europe 1, dithyrambique sur cette nouvelle main-d’œuvre que constituent les retraités.

« Ils sont dans une situation qui les oblige à prendre ce qu’il y a et à montrer une certaine motivation qui va faire la différence avec des personnes plus jeunes qui ne sont pas forcément assidues au travail », confie-t-elle.

La crise sonne-t-elle le glas de notre système de retraite par répartition ?

Tout ceci serait gérable si des enjeux plus globaux n’étaient pas impactés. En effet, il ne faudrait pas oublier que notre système de retraite en France par répartition repose sur un principe : ce sont bien les actifs, et notamment les plus jeunes, qui, par leur travail, cotisent au profit des retraités. Sans eux, sans leurs cotisations, plus de pensions retraite.

La crise économique et financière sonnerait-elle donc le glas de notre système ? Seule certitude, la période difficile que nous traversons ne risque pas d’apaiser des tensions pour ne pas dire des heurts, déjà bien perceptibles dans la société depuis quelques années, entre les générations, comme l’explique le site Management Social.

Raison de plus de penser à votre propre retraite et la préparer au mieux financièrement. Le premier pas est donc d’obtenir un aperçu financier de ce que vous toucherez pour votre retraite. Pour cela, vous pouvez par exemple cliquer sur ce lien (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite.

Pour prolonger, ce comparateur de solutions retraite vous éclairera aussi. L’outil permet de comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution y sont également présentés.

AB

Déficit : les retraités pointés du doigt

Mercredi 15 février 2012

Pour assainir les finances publiques et réduire les déficits sociaux il convient de geler l’indexation des retraites et d’augmenter la CSG sur les pensions.

C’est le point de vue iconoclaste de l’économiste Christian Saint-Étienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, membre du Conseil d’analyse économique et chroniqueur à Challenges.

Christian Saint-Etienne: “Il faut faire payer… par Challenges

Même après une telle purge, les retraités français resteraient, selon lui, plus favorisés que dans le reste de l’Europe.

La dépense publique en France n’a fait qu’augmenter, explique l’économiste. Elle représente 56 % du PIB (Produit Intérieur Brut) aujourd’hui, soit 8 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro.

Rien que pour la protection sociale, la France dépense 33 % de son PIB, c’est-à-dire de sa richesse. “Un record du monde“, selon Christian Saint-Étienne. Et 13,5 % du PIB pour les seules retraites. Notre problème est donc un problème de dérive de la dépense publique.

“On sera obligé de continuer la réforme des retraites », ajoute-t-il. Car « le gros morceau des prestations ce sont l’évolution des retraites”.

Des retraites désindexées et surtaxées

L’âge de départ à la retraite est beaucoup trop tôt même si la réforme prévoit son recul progressif, selon lui.

On a un nombre de retraités trop élevé rapporté à la population active. Il est absolument nécessaire d’augmenter le nombre de cotisants par rapport au nombre de pensionnés. C’est un élément décisif de la réforme à moyen terme, explique Christian Saint-Étienne :

“Il est vraisemblable que l’on va devoir suspendre l’indexation des retraites pour limiter la progression de ces dépenses publiques mais aussi l’ensemble des prestations sociales pendant 18 mois à 2 ans pour reprendre le contrôle de l’évolution de la dépense publique”.

Mais aussi “parallèlement, aligner le taux de CSG des retraites sur celui des actifs. Ce qui ferait une augmentation d’un peu plus d’un point de taux de CSG sur les retraites. On pourrait coupler cela avec la mise en place d’un système d’assurance sur la dépendance qui bénéficierait aux retraités, ce qui fait qu’ils comprendraient mieux pourquoi on aligne leur taux de CSG sur celui des actifs”, selon l’économiste.

Des mesures qui devraient être annoncées après les élections, laisse entendre le journaliste de Challenges.

90 % des retraités ont des revenus supérieurs à ceux des actifs

Nous sommes le seul pays développé dans lequel le revenu des retraités par unité de consommation est 7 à 8 % supérieur à celui des actifs, poursuit Christian Saint-Étienne.

“Même si on gelait les prestations retraites pendant 2 ans et qu’on fasse la hausse dela CSG, cela représenterait une baisse de pouvoir d’achat des retraités de 4 à 5 % mais ils auraient un revenu par unité de consommation qui resterait supérieur à celui des actifs”, relativise-t-il.

Les retraités auraient donc toujours une position enviable. D’autant plus que ce sont des moyennes. Or, “seuls 10 % des retraités ont des revenus très faibles. 90 % des retraités ont donc des niveaux de retraite bien supérieurs aux revenus des actifs“, conclut l’économiste.

Seule certitude, après les déclarations récentes de Charles Beigbeder demandant ouvertement à ce que les retraités prennent leur part de rigueur, (voir le post Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste”), l’étau semble se resserrer autour des retraités laissant augurer leur mise à contribution inévitable dans cette crise.

 

 AB

La retraite : une inaccessible étoile ?

Mercredi 19 octobre 2011

epargne-retraite9 Français sur 10 assimilent la retraite à une période de liberté, pleine d’activités, mais les ¾ d’entre eux ne connaissent pas le montant réel qu’ils toucheront à la retraite !

C’est l’un des enseignements pour le moins étonnant de l’étude réalisée par Ipsos pour AXA France.

« Les Français ont une vision très paradoxale de la retraite, avec d’un côté, “la retraite que je veux”, faite de profondes aspirations individuelles à de nouvelles libertés, de vrais choix personnels, de plaisirs, et de l’autre, “la retraite que je peux”, faite de contraintes extérieures qui hypothéqueront l’épanouissement et la qualité de vie attendus à l’âge de la retraite », résume Yannick Carriou, Directeur Général d’Ipsos.

La retraite, plus suffisante pour vivre

D’ailleurs les 18-45 ans ont déjà intégré qu’ils ne prendront pas leur retraite avant 65 ans, au lieu de 62 ans aujourd’hui. Car 61 % des Françaises et des Français anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat avec le passage à la retraite. Et plus du tiers des personnes se montre incapable d’estimer le montant futur de leur retraite… Mais 64 % sont convaincus qu’elle sera insuffisante ! Cette crainte financière est particulièrement accentuée chez les femmes qui, à 71 %, estiment que le montant de leur retraite ne leur suffira pas pour vivre.

« Surtout, ce qui fait choc pour les nouveaux retraités, c’est la comparaison entre le dernier salaire et la première pension : l’écart peut être de près de 50 % dans certains cas. À cette diminution de revenu, le passage à la retraite peut entraîner la perte d’avantages sociaux pris en charge par l’employeur, en particulier pour ce qui concerne la mutuelle complémentaire collective. », analyse Serge Guérin, Professeur à l’ESG Management School, sur le site web senioractu.com

Plus inquiétant selon lui, la baisse de confiance dans le système collectif.

Ainsi 49 % de la population pensent toucher moins que ce qui est prévu à ce jour. Les 35-54 sont 57 % à en être convaincus. Car, plus on est jeune et plus la confiance dans le système de retraite par répartition tend à se réduire.

Il n’est jamais trop tard

Heureusement Marc Darnault, associé chez Optimaretraite, se montre rassurant dans La Tribune.

« Il n’est jamais trop tard pour préparer sa retraite. Il faut choisir le bon produit, celui qui est adapté à ses besoins. » Pour les jeunes actifs, il est souvent difficile de mobiliser une partie de son argent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés : « La première chose à faire est de vérifier, sur le site de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), ses droits à la retraite, en prenant garde de ne pas oublier les jobs d’été ! Et évidemment, prendre, dès que possible, l’habitude d’épargner. »

Bref, pour pouvoir devenir cigale à la retraite, rien ne sert d’avoir des fourmis dans les jambes et les mains dans les poches !

AB

Copyrights : kristina k. dymond sur Flickr

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr

Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde

Vendredi 7 octobre 2011

parti_socialiste_point_retraiteEnfin la question des retraites a été abordée par les candidats à la primaire socialiste cette semaine lors de leur 3e et dernier débat avant le 1er tour de scrutin ce dimanche. Et il était temps… de constater pour une fois sur ce thème, de véritables divergences entre les 6 prétendants comme nous l’avions déjà évoqué dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée ».

Tous les candidats ont beau avoir critiqué à l’unisson la réforme qui a porté l’âge de départ à 62 ans, « la plus injuste », selon Arnaud Montebourg. Tous ont aussi promis une prise en compte de la pénibilité ou des interruptions de carrière des femmes. Tous ont enfin évoqué de nouvelles sources de financement, rapporte le Figaro.

Désaccord sur le retour à la retraite à 60 ans

Mais sur la question du retour à un âge légal de départ à 60 ans, le vernis de l’entente cordiale a vraiment craqué. S’il est élu président, François Hollande a promis que « ceux qui ont 41, ou 41,5 ans de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans. Ce principe sera effectif. » Il annonce aussi une négociation en 2013.

Martine Aubry est sur la même ligne, celle du projet du PS : elle veut permettre à ceux « qui ont commencé à travailler tôt de partir à taux plein à 60 ans ». Quant à ceux qui voudraient partir à 60 ans sans avoir leurs annuités : « Ils n’auront pas leur retraite à taux plein. » Moins claire, Ségolène Royal s’engage sur le symbole : « Le retour à 60 ans sera inscrit à mon premier Conseil des ministres. » Seul Manuel Valls a tenu à préciser les choses : « Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle avait été instaurée. »

Quant au candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet, pas lié par un programme socialiste qui promet le rétablissement d’un départ à la retraite à 60 ans, il ambitionne carrément de changer profondément le modèle français, en s’inspirant de la Suède, note le JDD.

Qu’est-ce qu’alors que ce système de retraites par points adopté par les Suédois ? Chaque salarié y dispose d’un compte retraite virtuel, sur lequel s’additionnent des points, dont la valeur peut varier avec le temps. En outre, le calcul s’effectue tout au long de la carrière, et non sur les dernières années. Une petite partie de la cotisation salariale (2,5 % sur 18,5 %) est placée sur des comptes de capitalisation. Enfin, en s’ajustant automatiquement en fonction de l’âge de la population et de l’espérance de vie, le système suédois évite les dérapages.

“La retraite par points encore pire que les 62 et 67 ans”

Mais le système de retraites par points n’est, ni une nouveauté, la plupart des régimes complémentaires en France l’utilisent déjà, ni une solution miracle.

Il y a déjà 2 ans, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. La question du niveau des transferts entre actifs et retraités reste donc posée, comme le sont aussi d’autres questions primordiales qui risquent d’être occultées par une réforme d’apparence technique. »

En clair, explique par ailleurs le magazine Notre Temps, dans un tel régime, le montant de la pension ne peut être connu qu’au moment du départ à la retraite, grâce à la valeur du point en vigueur à cette date. Or, cette valeur peut être une variable d’ajustement pour compenser d’éventuels déséquilibres du régime. Dans l’absolu, et sans garanties précises, la valeur du point pourrait donc chuter et réduire le montant des retraites.

Même le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a étudié en 2008 le modèle suédois, souligne qu’il fonctionne en bénéficiant de perspectives démographiques et d’une situation de l’emploi très favorables. De plus, le système de retraites public suédois était déjà unifié avant la réforme, ce qui n’est pas le cas en France.

Pour enfoncer le clou, sur son blog, Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste affirmait il y a près d’un an : « Le Medef la veut (et il n’est pas seul hélas) : la « retraite par points » encore pire que les 62 et 67 ans ! »

Bref le système de retraites par points a tout d’une fausse bonne idée.

Pendant ce temps-là, des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l’Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat, signale 20 minutes.

Pas sûr que le débat de la veille et la cacophonie des propositions des candidats à  la primaire socialiste les ait vraiment rassurés. Peut-être que la politique en général et l’avenir des retraites en particulier est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques ?

AB