Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.
Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).
Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?
Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :
une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.
Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.
Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?
3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?
« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.
A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.
2040, retour naturel à l’équilibre
Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.
Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.
Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.
« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.
En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.
« Les retraités devront malheureusement se serrer la ceinture. (…) plutôt que de voir disparaître à terme les complémentaires », a déclaré Philippe Pihet, président FO de l’Arrco ce vendredi matin sur Europe 1.
Une véritable première pour les retraites complémentaires qui ont toujours suivi l’inflation. Les partenaires sociaux envisagent en effet de revaloriser les pensions mais à un rythme moindre que l’inflation. Pas de Père Noël donc pour les retraités qui doivent se préparer à un régime minceur inévitable l’an prochain.
Concrètement, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%. Autrement dit le pouvoir d’achat des retraités va baisser.
Un déficit de 10 milliards d’euros en 2017
Mais les caisses de retraite complémentaire économiseraient ainsi près de 800 millions d’euros par an. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.
Il faut donc sauver le « soldat Agirc-Arrco », la part complémentaire des pensions de 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé. Car elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. L’Arrco, pour tous les salariés, a versé l’an dernier près de 38 milliards d’euros de prestations. L’Agirc, réservée aux cadres, a versé 18 milliards. A ce rythme-là, les réserves de ces régimes de retraite complémentaire fondent comme neige au soleil et seront à sec, respectivement en 2016 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco, souligne les Echos.
Sauf que cette moindre revalorisation s’ajoute à la future « taxe dépendance » de 0,3% dès le 1er avril 2013 sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2.
« Les retraités du secteur privé qui sont les seuls touchés ne sont pas prêts à l’accepter. Je crois que le sentiment que l’on peut éprouver est un sentiment d’écœurement parce qu’un régime de retraite ça se pilote à long terme. On n’attend pas d’être au bord du précipice pour prendre des mesures d’urgence », s’est insurgé François Bellanger, Président de la Confédération Française des Retraités, à la mi-journée sur Europe 1.
Si rien n’est encore signé puisque syndicats et patronat se sont donnés jusqu’en mars pour aboutir, ce principe d’un coup de frein à la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation semble malgré tout acquis et pourrait perdurer.
Une hausse des cotisations à craindre
Mais pas sans condition. Tous les syndicats qui se sont résignés, excepté la CGT, réclament en contrepartie une hausse des cotisations patronalespour certains et des mesures pour épargner les retraités les plus modestes pour d’autres. Une hausse de cotisation de 0,1 point, rapporterait un peu moins de 600 millions, explique le site du quotidien économique.
Autrement dit, ce sont les salariés qui risquent au final de devoir mettre à nouveau la main à la poche pour les retraites complémentaires de leurs aînés sans avoir l’assurance totale de pouvoir en bénéficier au même niveau à leur tour, dans quelques années.
En attendant, le gouvernement veut rassurer.
« Le pouvoir d’achat est notre préoccupation, a réagi Pierre Moscovici, ministre de l’Économie sur Europe 1 ce matin. Ne vous en faites pas pour les retraités. Les Français savent et doivent savoir que ce gouvernement veut défendre leur pouvoir d’achat, a-t-il assuré. »
Les retraités taxés seront-ils plus nombreux que prévu au final ?
Jusqu’à présent, afin de contribuer à réduire le trou de la sécu, selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, on pensait que seuls les retraités s’acquittant de l’impôt sur le revenu allaient devoir mette la main à la poche. Soit la moitié d’entre eux.
Mais, selon Les Echos, ce nouveau prélèvement sur les pensions des retraités de 0,15 % en 2013, puis de 0,3% en 2014 va, en fait, toucher une population très large de seniors.
Cette Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) devrait rapporter 350 millions d’euros en 2013 et renflouer le Fonds de solidarité vieillesse (qui finance notamment les droits à retraite des chômeurs). En 2014, la CASA devrait rapporter le double, soit 700 millions d’euros. Mais cette somme servira alors à financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.
2 retraités sur 3 concernés
Cette taxe, selon le projet de loi présenté ce matin en Conseil des ministres, devrait peser sur toutes les pensions qui sont soumises à la CSG :
au taux réduit de 3,8 % pour les retraités qui gagnent suffisamment pour être soumis à la taxe d’habitation ;
au taux supérieur de 6,6 % pour les retraités qui paient l’impôt sur le revenu.
Total : plus des deux tiers des pensionnés seront donc concernés (68 %, selon la Cour des comptes).
De quoi attiser la colère des retraités qui subissent de plein fouet, eux aussi, les effets de la crise. Leur pouvoir d’achat ne cesse de diminuer et cette nouvelle mesure ne va pas arranger les choses. Ni faire les affaires des élus soucieux de leur électorat.
15 millions de retraités en France, ça en fait des voix dans les urnes pour les prochaines échéances !
D’ailleurs certains parlementaires entendent atténuer la portée de la mesure, selon Les Echos. Le député socialiste de Toulouse, Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée veut ainsi limiter la taxe aux seuls retraités qui paient l’impôt sur le revenu, soit un peu plus de 7 millions d’entre eux. Pour compenser et trouver d’autres recettes, il souhaiterait ainsi faire payer des cotisations d’assurance-maladie aux résidents français travaillant en Suisse, qui peuvent en être exonérés actuellement. Une mesure qui rapporterait 450 millions d’euros. Sauf que cette idée a déjà été envisagée par le gouvernement mais finalement abandonnée en septembre dernier. Sera-t-elle exhumée ?
En attendant, à l’appel des syndicats, les retraités étaient invités hier à descendre dans les rues de plusieurs villes de France pour manifester leur mécontentement et réclamer :
- une hausse du pouvoir d’achat des retraités, en augmentant les retraites les plus basses, adoptant un minimum équivalent au smic et par conséquent une modification des modalités d’indexation des retraites ;
- la réouverture du dossier sur l’Aide à l’autonomie ;
- un accès aux soins plus facile pour les personnes âgées.
Chaque jour, chaque heure, chaque minute, pour ne pas dire chaque seconde, une nouvelle actualité en chasse une autre. Et encore plus à l’heure du web et des réseaux sociaux… C’est le cas de la Grèce et de ses retraités, quelque peu tombés dans l’oubli médiatique depuis l’été dernier. Ils ne font plus les gros titres de l’actualité et pourtant ils la vivent de manière violente et désespérante depuis cette rentrée.
Cet été, les retraités grecs sont descendus dans la rue, bravant la chaleur étouffante d’Athènes, pour manifester contre la baisse de leurs pensions et la mise en place de nouveaux impôts. Mais, pour dénoncer, aussi, la fin du remboursement de certains traitements médicaux. Un nouveau coup dur pour une population déjà fragile. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés devant le ministère de la Santé pour crier leur colère au point d’investir les bureaux.
Pensions et remboursements de santé en berne
« J’ai commencé à travailler en 1965, explique cet homme. Je ne me suis pas arrêté depuis, et maintenant après 47 ans de cotisation, je suis puni et je n’ai plus assez d’argent pour manger, pour payer les factures d’électricité. Et maintenant ils veulent qu’on paye en plus ! Mais comment faire si on n’a pas d’argent ?»
« Je ne peux plus m’acheter mes médicaments, que voulez-vous que je fasse avec 400 euros ? s’écrie une vieille femme. Comment pourrais-je payer de nouveaux impôts ? Je ne parle pas juste de moi, c’est tout le pays qui s’écroule, moi je suis vieille et je vais disparaître, mais nos enfants, que vont-ils devenir ? Ils sont en train de tout détruire ! »
« Ils », c’est la troïka des représentants des créanciers (Union européenne, FMI, BCE) accusée de tous les maux par le peuple grec. Début septembre, les retraités sont d’ailleurs revenus à la charge. Ils ont encore investi une grande artère du centre d’Athènes pour protester contre les coupes du budget de la santé et ses répercussions sur le système d’aide sociale.
« La situation est tragique, nos vies sont en danger affirme Dimos Koubouris président de l’Union de retraités. La situation des retraités est désespérée, nous exigeons la distribution de médicaments. Nous demandons l’arrêt des coupes budgétaires, nous demandons enfin que le montant de nos retraites et nos avantages nous soient restitués. Pendant toute notre vie nous avons cotisé pour ça ».
De nouvelles réductions des retraites
Baisse des pensions. Baisse des remboursements de santé. Quelles seront les prochaines coupes sur le dos des retraités ? Seule certitude, elles seraient nombreuses, selon un blogueur s’exprimant sur le site Mediapart :
Reduction de 10 à 30% du pécule (somme cotisée comme la retraite mais versée en une seule fois au moment de la cessation d’activité) de 23 caisses de retraites. La réduction atteindrait 40% pour certaines caisses.
Contribution d’1% du montant de la retraite pour tous ceux qui ont déjà perçu leur pécule. Contribution évidemment établie indépendamment du niveau des retraites et des autres coupes. Cette mesure concernerait à peu près 800 000 travailleurs.
Réduction échelonnée des retraites.Le projet étudié par le gouvernement réduirait toutes les pensions de retraites supérieures à 600 ou 700 euros. Pour les retraites les plus faibles la réduction serait de 1 à 2%. Pour une retraite proche de 1000€ la coupe serait de 5% tandis que pour une pension de 2000€ la réduction atteindrait 20%. Pour les pensions supérieures à 2000€ le taux augmenterait, et un plafond pourrait être institué (on parle de 2500€).
Les retraites de l’OGA, les assurances agricoles, pourraient également être réduites.
Un prélèvement supplémentaire sera institué sur les retraites complémentaires supérieures à 400€. On parle d’une réduction de 8 à 12% si la retraite ne dépasse pas 1000€, et de 15 à 20% au-delà.
La facture est effectivement salée mais la Grèce doit réduire ses dépenses d’environ 12 milliards d’euros sur les deux prochaines années afin de satisfaire aux conditions de ses créanciers internationaux qui ont suspendu le versement de la dernière tranche d’aide financière destinée à lui éviter une faillite, rappelle le correspondant de l’agence Reuters.
Raboter les avantages fiscaux et sociaux dont bénéficient les retraités. C’est la nouvelle préconisation choc de la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale. Le trou de la Sécu devrait être supérieur aux attentes, à 14,7 milliards d’euros contre 13,8 milliards d’euros prévus à fin 2012. Une dette sociale qui continuera à croître, alors même qu’elle ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures, préviennent les sages de la rue Cambon.
12 milliards d’euros par an, c’est ce que représentent donc les niches sociales et fiscales des retraités. Des dépenses qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui, selon Didier Migaud, le premier Président de la Cour des comptes :
« Les retraités sont dans une situation financière plus favorable que les actifs, notamment les jeunes »
Près de 5 milliards d’euros d’économies sur le dos des retraités !
Pour endiguer un déficit sans précédent aggravant une spirale de la dette sociale, devenue le poison de la sécurité sociale, la Cour des comptes recommande, notamment, de :
supprimer progressivement l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, en matière d’impôt sur le revenu (gain : 2,7 Md€);
« Il faudra taxer les retraités. Il n’est pas normal aujourd’hui qu’un retraité bénéficie de 10 % d’abattement sur l’impôt sur le revenu pour frais professionnels alors qu’il est retraité et qu’il n’a plus de frais professionnels. C’est une anomalie», reconnaît Nicolas Doze, chroniqueur éco sur BFM TV
aligner le taux de CSG appliquées aux pensions de retraite sur celui des actifs (6,6 % pour les pensions de retraite et 7,5 % pour les salaires, aujourd’hui. Gain : 1,2 Md€) ;
supprimer l’exonération d’impôt sur le revenu des majorations de pensions pour les parents de 3 enfants (gain : 0,8 Md€) ;
Par ailleurs, dans son rapport, la Cour tire à boulets rouges sur les régimes de retraite de la SNCF et de la RATP, qui coûtent très cher à ces entreprises publiques, souligne Boursier.com
Total : près de 5 milliards d’euros d’économies sur le dos des retraités !
Sans parler des retraités toujours plus nombreux à travailler pour joindre les deux bouts.
Mais en comparaison, la situation des jeunes est encore moins favorable, rappelle L’Expansion. Le taux de pauvreté touche, en effet, 19,6% des moins de 18 ans et 19,4% des étudiants. Les jeunes de moins de 25 ans ont un niveau de vie médian (la moitié vit au-dessous de ce seuil, l’autre moitié au-dessus) de 16.820 euros annuels (1400 euros par mois), les retraités de 19.100 euros (1591 euros par mois).
Les retraités vont donc devoir passer à la caisse. Surtout les plus riches.
Le ministre du Travail Michel Sapin vient d’indiquer aujourd’hui que les retraités « extrêmement aisés » seraient taxés de la même manière que les salariés aisés, mais qu’il ne s’agissait pas de toucher aux retraités aux faibles pensions.
La surtaxe de 75% sur les revenus s’appliquera aussi sur les revenus des retraités, a déclaré le ministre sur Radio Classique.
Christiane Taubira a dévoilé hier dans un entretien accordé à La Croix, les grandes lignes du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe. Une promesse de Jean-Marc Ayrault, qui avait déclaré en juillet dernier qu’«au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l’adoption» serait «ouvert à tous les couples, sans discrimination».
Cela correspond d’ailleurs à ce que François Hollande, le Président de la République, s était engagé à faire, durant la campagne électorale.
Mais aucune précision de la part de la Garde des Sceaux sur la retraite de réversion qui deviendrait, par conséquent, un droit.
Mariage + Adoption = nombreux avantages à la retraite
Une avancée loin d’être anodine. En effet, à la perte de votre conjoint, seul le mariage vous permet d’obtenir, sous certaines conditions, une retraite de réversion. A ce jour, le concubinage ou le PACS n’accorde pas ce droit.
Ainsi, ce projet de loi sur le mariage homosexuel ouvrirait de fait ce droit à une retraite de réversion pour le conjoint survivant ayant au moins 55 ans. Une ressource non négligeable, égale à 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé. Sans parler des majorations éventuelles qui deviendraient également un droit, comme la majoration en cas d’adoption. Aujourd’hui, une majoration adoption de 4 trimestres par enfant mineur adopté est attribuée au titre de l’incidence sur sa vie professionnelle.
Autre droit qui s’ouvrirait avec ce projet de loi sur le mariage gay, l’allocation de veuvage, réservée aux conjoints survivants qui n’ont pas encore l’âge pour demander une retraite de réversion, c’est à dire 55 ans. Il s’agit d’une allocation attribuée pour une durée de 2 ans, dont le montant est unique et soumis à condition de ressources.
Le premier ministre a précisé que ce projet de loi sur le «mariage pour tous» serait présenté «fin octobre» en conseil des ministres. En espérant que cet aspect « retraite » du projet de loi soit enfin détaillé, ne serait-ce que pour les caisses qui vont devoir, de fait, revoir leurs calculs pour certaines pensions.
Le dossier de la réforme des retraites connaîtrait-il à côté de la réforme fiscale mise en musique cet été, un énième rebond ? Une concertation sur les retraites à partir du «printemps 2013», c’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Et il ne l’a pas fait n’importe où, puisque cela s’est passé en clôture de la grande conférence sociale, qui a réuni autour du gouvernement syndicats et patronat en début de semaine dernière. Voici ci-dessous les passage clés du discours du responsable politique :
Le premier ministre a donné ainsi le coup d’envoi de la réforme… de la réforme des retraites qui n’a surpris personne. Et pour cause.
Une réforme systémique programmée depuis 2010
« Une réforme durable préservant le système des retraites par répartition », c’était l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle.
Mais surtout, « la réforme de 2010 avait mis sur les rails un rendez-vous en 2013 de réflexion sur une réforme systémique des retraites que tout le monde avait un peu oublié », rappelle la fondation IFRAP.
« Malgré la réforme de 2010, le régime général est toujours en déficit de 6 milliards pour près de 100 milliards d’euros de prestations versées en 2012 », explique ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes.
« Au total, notre système est devenu incompréhensible et l’on ne sait plus exactement combien il coûte et ce qui relève de la cotisation/assurance-vieillesse et ce qui relève de la solidarité. Impossible également de définir le rendement de nos différents systèmes de retraite (combien de retraite pour 1 euro cotisé ?). D’ailleurs cette question est largement taboue et les études très peu publiées », déplore la fondation IFRAP.
Un « dossier rock ‘n’ roll »
Concrètement, Jean-Marc Ayrault a fixé un calendrier en 3 étapes successives, qui sont :
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) remettra à la fin de l’année 2012 un état des lieux de notre système et de ses perspectives financières en étudiant notamment la question de l’équité du système, les déterminants du niveau des pensions et la transition emploi-retraite;
Une commission ad hoc formulera au début de l’année 2013 différentes pistes de réforme ;
Une concertation engagée à partir du printemps 2013 sur la base des conclusions de cette commission.
« Difficile de dire, à ce stade, s’il s’agira d’une « petite » réforme des retraites, visant surtout à limiter l’ampleur des déficits aggravés par la crise, ou si elle ira plus loin », s’interroge LesEchos.fr
« Il semble qu’il y a, en tout cas on l’espère, une acceptation qu’on mette à plat et qu’on étudie notre proposition d’autres systèmes », a indiqué François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, partisan d’un système de retraite par points.
« On ne peut pas dire que le consensus existe. Il n’existait pas avant, je ne vois pas pourquoi il existerait demain », a commenté de son côté Jean-Claude Mailly, leader de Force ouvrière, qui met en garde sur ce « dossier rock ‘n’ roll ».
« Les gouvernements devront graduellement augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés »
Sur le long terme, l’âge de départ à la retraite sera de 65 ans dans la moitié des pays de l’OCDE et de 67 ou 69 ans dans 14 pays. Des relèvements de l’âge de la retraite sont en cours ou prévus dans 28 des 34 pays de l’OCDE, indique ce même rapport.
De quoi, vous avouerez, nous laisser perplexe alors même que le gouvernement de François Hollande entérine le retour partiel de la retraite à 60 ans au lieu de 62 anspour celles et ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations.
« Faire tomber les obstacles à la poursuite d’activité au-delà de l’âge habituel d’accès à la retraite sera indispensable pour garantir à nos enfants et à nos petits enfants le bénéfice d’une retraite adéquate au terme de leur vie active », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría.
La raison d’une telle recommandation est que l’espérance de vie continue d’augmenter partout dans le monde. Au cours des 50 prochaines années, l’espérance de vie à la naissance devrait s’accroître de plus de 7 ans dans les économies développées, selon Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012.
« Promouvoir les pensions privées »
« Les gouvernements devraient donc envisager de lier formellement l’âge de la retraite à l’espérance de vie, comme au Danemark et en Italie, et redoubler d’efforts pour promouvoir les pensions privées », préconise l’OCDE.
Car relever l’âge de la retraite est nécessaire mais pas suffisant malgré tout pour maintenir le niveau des pensions de retraite à l’avenir. En effet, les personnes qui commencent de travailler aujourd’hui ne pourront pas espérer percevoir une pension de régime public de plus de la moitié de leurs revenus nets.n Alors que dans pratiquement les 13 pays qui ont rendu les pensions privées obligatoires, les retraités peuvent espérer percevoir une pension représentant environ 60 % de leurs revenus. Soit 10% de mieux !
« Plus généralement, réformer les allégements d’impôts de manière à encourager l’épargne retraite privée est également impératif, car les faibles revenus et les travailleurs jeunes sont beaucoup moins susceptibles de se constituer une pension privée », recommande aussi cette 1ère édition des perspectives de l’OCDE sur les pensions.
De quoi nous encourager à étudier dès aujourd’hui toutes les solutions possibles et imaginables pour nos futures retraites. A ce propos, n’hésitez pas à profiter de notre comparateur en ligne de solutions retraite (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.
Il n’est jamais ni trop tôt, ni trop tard pour bien faire…
Pour assainir les finances publiques et réduire les déficits sociaux il convient de geler l’indexation des retraites et d’augmenter la CSG sur les pensions.
Même après une telle purge, les retraités français resteraient, selon lui, plus favorisés que dans le reste de l’Europe.
La dépense publique en France n’a fait qu’augmenter, explique l’économiste. Elle représente 56 % du PIB (Produit Intérieur Brut) aujourd’hui, soit 8 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro.
Rien que pour la protection sociale, la France dépense 33 % de son PIB, c’est-à-dire de sa richesse. “Un record du monde“, selon Christian Saint-Étienne. Et 13,5 % du PIB pour les seules retraites. Notre problème est donc un problème de dérive de la dépense publique.
“On sera obligé de continuer la réforme des retraites », ajoute-t-il. Car « le gros morceau des prestations ce sont l’évolution des retraites”.
Des retraites désindexées et surtaxées
L’âge de départ à la retraite est beaucoup trop tôt même si la réforme prévoit son recul progressif, selon lui.
On a un nombre de retraités trop élevé rapporté à la population active. Il est absolument nécessaire d’augmenter le nombre de cotisants par rapport au nombre de pensionnés. C’est un élément décisif de la réforme à moyen terme, explique Christian Saint-Étienne :
“Il est vraisemblable que l’on va devoir suspendre l’indexation des retraites pour limiter la progression de ces dépenses publiques mais aussi l’ensemble des prestations sociales pendant 18 mois à 2 ans pour reprendre le contrôle de l’évolution de la dépense publique”.
Mais aussi “parallèlement, aligner le taux de CSG des retraites sur celui des actifs. Ce qui ferait une augmentation d’un peu plus d’un point de taux de CSG sur les retraites. On pourrait coupler cela avec la mise en place d’un système d’assurance sur la dépendance qui bénéficierait aux retraités, ce qui fait qu’ils comprendraient mieux pourquoi on aligne leur taux de CSG sur celui des actifs”, selon l’économiste.
Des mesures qui devraient être annoncées après les élections, laisse entendre le journaliste de Challenges.
90 % des retraités ont des revenus supérieurs à ceux des actifs
Nous sommes le seul pays développé dans lequel le revenu des retraités parunité de consommation est 7 à 8 % supérieur à celui des actifs, poursuit Christian Saint-Étienne.
“Même si on gelait les prestations retraites pendant 2 ans et qu’on fasse la hausse dela CSG, cela représenterait une baisse de pouvoir d’achat des retraités de 4 à 5 % mais ils auraient un revenu par unité de consommation qui resterait supérieur à celui des actifs”, relativise-t-il.
Les retraités auraient donc toujours une position enviable. D’autant plus que ce sont des moyennes. Or, “seuls 10 % des retraités ont des revenus très faibles. 90 % des retraités ont donc des niveaux de retraite bien supérieurs aux revenus des actifs“, conclut l’économiste.
Seule certitude, après les déclarations récentes de Charles Beigbeder demandant ouvertement à ce que les retraités prennent leur part de rigueur, (voir le post Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste”), l’étau semble se resserrer autour des retraités laissant augurer leur mise à contribution inévitable dans cette crise.
Pendant que politiques et syndicats se livrent, ces derniers jours, à une nouvelle passe d’armes malicieusement orchestrée par la presse sur l’âge de départ en retraite, salariés et dirigeants plébiscitent, eux, les solutions d’épargne retraite au sein de l’entreprise. C’est ce que révèle la récente publication du baromètre Tendances Epargne et Retraite Entreprises (TE&RE) réalisé par Altedia et BNP Paribas E&RE.
Cette étude décrypte depuis une décennie, les attentes, les besoins et les comportements des entreprises et des salariés vis-à-vis de l’épargne salariale et de la retraite collective.
Résultat : placer ses économies dans ce type de dispositif est une démarche « naturelle » pour 88 % des chefs d’entreprises (77 % en 2002) et pour 82 % des salariés (63 % seulement en 2002). Leurs objectifs étant la création d’une épargne en vue de préparer la retraite et la constitution d’une rémunération différée.
Un véritable intérêt pour les solutions retraite liées à l’entreprise
Privilégier les dispositifs d’entreprise aux dépens des dispositifs individuels indépendants de l’entreprise est une grande évolution de la stratégie d’épargne des salariés et des chefs d’entreprise. En ressort notamment une hausse du taux d’équipement du PERCO de 8 points par rapport à l’année 2010 (22%), note le site France Transactions.
Cet intérêt pour les solutions liées à l’entreprise s’illustre notamment dans l’actionnariat salarié. 82% des salariés considèrent que “le fait de devenir actionnaire de son entreprise” est une bonne chose, de plus 79% des chefs d’entreprise estiment qu’ “avoir des salariés actionnaires” est bénéfique pour l’entreprise. L’objectif pour les deux groupes d’épargnants étant de profiter pleinement de l’abondement. C’est à dire d’un placement avantageux financièrement. Surtout dans un contexte de méfiance et d’inquiétude sur l’avenir des pensions, rappelle les Echos.
En effet, bien que réticents à préparer leur retraite (seuls 24% des salariés ont essayé d’en évaluer le montant), employés, professions intermédiaires ou cadres semblent avoir intégré la baisse de leur pouvoir d’achat. Ils estiment qu’il se situera entre 46 et 65% de leur dernier revenu professionnel, alors que les chefs d’entreprise le situent pour eux-mêmes entre 36 et 55%, constate le site News Banques.
Un manque cruel d’information
Ce qui devrait alors réjouir patrons et salariés, c’est que la réforme des retraites de 2010 renforce justement le rôle de ces dispositifs d’entreprise grâce à la création d’une définition officielle et l’instauration de mesures avantageuses en leur faveur.
« La grande nouveauté, c’est la possibilité pour les salariés de verser une épargne personnelle sur leur contrat de retraite d’entreprise. En effet, la loi de 2010 permet à tous les salariés qui disposent d’un « Persup » (article 83) de faire des versements individuels et facultatifs, en plus de la cotisation versée dans le cadre de l’entreprise. » Ce qui va « favoriser une croissance significative des « Persups », confortant leur place de produit phare de la retraite supplémentaire pour les salariés. Tout le marché s’y prépare. », s’enthousiasme Patrice Bonin, vice-président de la Commission plénière des assurances de personnes à la FFSA.
Mais, paradoxalement, près d’un salarié sur trois (28% dont 42% d’ouvriers) et près d’un chef d’entreprise sur dix (8%) déclarent ne pas en avoir entendu parler.
En revanche, la majorité d’entre eux (67% des chefs d’entreprise et 61% des salariés) ont bien retenu que l’âge légal de départ à la retraite serait repoussé et que la durée de cotisation serait allongée.
Reste donc plus qu’aux leaders d’opinion à sortir de ces polémiques stériles sur l’âge du capitaine, et aux médias de masse, de déplacer le curseur de l’information sur les solutions concrètes existantes afin d’envisager l’avenir des retraites de façon bien plus pragmatique et surtout plus sereine.