33% de moins. Tel est l’écart parlant des niveaux de retraite des femmes par rapport aux hommes constaté en 2009, selon le dernier numéro de Retraite et société publié par la CNAV. En 2029, cet écart serait encore de 24% !
Autant dire que la réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes semble un chemin bien long, sinueux et sans issue véritable. C’est pourtant l’un des objectifs de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme sur les retraites.
Plusieurs phénomènes sont avancés par cette publication pour expliquer ces écarts et cette réduction bien mince.
Après le 1er enfant…
Le chiffre : 38% des femmes arrêtent temporairement de travailler après leur 1er enfant. C’est surprenant par rapport à la vision de la société que l’on souhaiterait avoir. Mais le constat est là : les femmes sont moins nombreuses sur le marché du travail parce qu’elles assument un rôle encore dominant à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches domestiques.
Pour les jeunes générations, s’il est désormais rare pour une femme de rester au foyer, il demeure fréquent qu’elle s’arrête temporairement de travailler après une naissance. Ainsi, 38 % des femmes ne travaillent pas après une première naissance, 51 % après une deuxième et 69 % après une troisième. De ce fait, l’activité des femmes continue de progresser mais à un rythme ralenti.
En outre, d’après les enquêtes Emploi du temps de l’Insee, la durée du temps domestique des femmes est encore supérieure de 70 % à celle des hommes (3 h 26 contre 2 h 00 par jour) et leur temps professionnel moindre. L’emploi à temps partiel s’est en effet largement répandu. Si 15 % des femmes étaient dans cette situation au début des années 1980, on en compte le double à la fin des années 1990 (depuis cette proportion est stable aux alentours de 30 %). Mais qui dit travail à temps partiel, dit salaire partiel et donc pension partielle.
Par ailleurs, les écarts de salaires persistent. S’ils diminuaient par le passé, ils ont pratiquement cessé de se réduire depuis le milieu des années 1990. Et, selon les projections, en 2029, les écarts rémanents de rémunération au cours de la vie active deviendraient alors la cause principale des différences de pension entre hommes et femmes partant au même âge.
Mais une part de la réduction des écarts pourrait venir aussi, non pas de la hausse des revenus des femmes, mais de la baisse des pensions des hommes. En effet, en comparant les résultats de 2029 à ceux de 2009, la part des hommes bénéficiant d’une retraite à taux plein au titre de la durée d’assurance est en forte baisse.
Reste une inconnue de taille : la population de retraités, hommes et femmes, célibataires ou divorcés/séparés dans les années à venir. Car sous l’effet de l’érosion du modèle du « couple marié stable », cette population ne sera plus composée uniquement de couples et d’individus veufs bénéficiant, au décès de leur conjoint, d’une pension de réversion qui modère la baisse de leurs ressources. Pour les retraités célibataires ou divorcés/séparés, cette pension de réversion ne jouera pas (ou peu).
Que retenir ? Les pensions de retraite des femmes vont, certes, progresser au fil des générations, mais sans, toutefois, rattraper celles des hommes. Et, en ignorant les évolutions démographiques et conjugales, bien malin qui peut prédire précisément les futurs écarts de niveau de vie à la retraite entre hommes et femmes. Si ce n’est que les femmes ont tout intérêt à bien préparer leur retraite.
AB
Pour prolonger :
- intéressant point sur le blog de “Retraite plus” qui constate une inégalité hommes/femmes face aux maisons de retraite. Elles y sont plus nombreuses, avec des difficultés plus grande à en financer leur hébergement.
- à noter aussi, au rayon des questions financières, qu’une égalité hommes/femmes est désormais posée juridiquement depuis le 21 décembre dernier, en matière de tarifs d’assurance.

Nicolas Sarkozy a déclaré la semaine dernière, lors de la présentation de son programme pour l’élection présidentielle, vouloir « interdire les 


