Une semaine après le duel entre François Hollande et Alain Juppé, François Fillon était l’invité de l’émission politique phare de France 2, ces derniers jours.
L’occasion pour le Premier ministre de se retrouver face à Martine Aubry pour un débat d’environ 40 minutes de temps. Une discussion très (trop ?) technique (de l’aveu général des observateurs), axée sur des batailles de chiffres et aussi sur la TVA sociale, parlant surtout des moyens de relancer la croissance ou encore de la politique de logement.
Mais, étonnamment, il me semble pas me tromper : rien n’a été dit sur les retraites. Pas de chiffrage ni de perspective, pas moins de solution ou de recommandation en l’état.
Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme l’été dernier avec l’allongement de la durée de cotisation et la fin adoptée de la retraite à 60 ans, le sujet suscite encore des questions. Il déclenche toujours des polémiques et réveille des craintes aussi bien chez les retraités que chez les plus jeunes censés préparer la leur. Pas plus tard que ces derniers jours d’ailleurs.
Avec la promesse du candidat socialiste de laisser partir finalement à 60 ans ceux qui ont suffisamment cotisé, sur laquelle le Président de la République est revenue, la question des retraites semblait donc loin d’être une cause entendue entre les deux principales forces politiques du pays.
16 millions de retraités
La durée du débat était-elle trop courte pour aborder avec tout le sérieux qui s’impose l’avenir de nos retraites, loin d’être réglé pour les générations futures ? On peut se le demander.
La Première secrétaire du PS, qui, il est vrai, a toujours été plus nuancée que la position de son parti sur la question des retraites, n’aurait-elle dans le fond rien à objecter au Premier ministre, pourtant principal artisan de cette réforme ? Pour beaucoup d’experts, quelque sensibilité politique qu’il s’agisse, le dossier serait essentiellement technique et traité comme tel. Beaucoup d’observateurs avaient par exemple insisté sur l’aspect arithmétique du dossier, lié aux vieillissement de la population, à l’augmentation du chômage… qui grignotent les marges de manoeuvre.
Toujours est-il que, seule certitude, au lendemain de ce débat télévisé, les 16 millions de voix que représentent les retraités en France ont été (pour l’heure) oubliées, ou à tout le moins mise de côté pour d’autres urgences. Dommage, à moins de 80 jours du premier tour de l’élection présidentielle… même s’il reste encore de l’espace médiatique pour aborder le sujet. Et qu’il demeure des interpellations possibles, notamment via les partenaires sociaux comme le rappelle par exemple Essonneinfo.fr : il s’agit pour eux de “replacer la question des retraites dans les thématiques de campagne des candidats à la fonction présidentielle“.
AB
NB : et d’ailleurs, si vous portiez le débat sur la place publique, que souhaiteriez-vous que les politiques traitent en priorité concernant les retraites et ses moyens de financement ? où se place le curseur de l’urgence selon vous ?







