Archive pour le mot-clef ‘Nicolas Sarkozy’

Réforme des retraites : la revalorisation encore bloquée

Lundi 25 novembre 2013

réforme retraiteNouveau couac pour la réforme des retraites qui n’en finit plus d’être malmenée dans sa navette parlementaire entre Assemblée Nationale et Sénat.

Les députés, ont une nouvelle fois supprimé le report de six mois de la revalorisation des pensions retraite, excepté pour le minimum vieillesse, les pensions d’invalidité et les rentes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Au grand dam du gouvernement qui va du coup passer en force lors du vote solennel.

Après le rejet en bloc du projet de loi de la réforme des retraites par les Sénateurs, les parlementaires du Palais Bourbon ont eu beau rétablir l’ensemble des dispositions initiales, certains d’entre eux ont aussi joué les trouble-fête.

Lors de l’examen cette semaine en 2e lecture du texte défendu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et porté par la ministre des Affaires sociales et de la Santé – Marisol Touraine -  les députés n’ont pas adopté le gel des pensions avec une revalorisation au 1er octobre et non plus le 1er avril de chaque année. Tout comme lors des premiers débats sur le projet de réforme des retraites, où cet article avait déjà été supprimé par surprise avec 44 voix contre 39. Huit députés socialistes avaient alors fait savoir qu’ils s’étaient trompés.

Cette fois, la mesure a été rejetée par 38 voix contre 35. Outre le fait que cette réforme semble toujours ne pas faire salle comble dans l’hémicycle, même en petit comité, le PS ne parvient pas à être majoritaire face aux autres groupes de l’Assemblée (UMP, UDI, EELV, radicaux de gauche et Front de gauche).

Réforme des retraites du gouvernement Ayrault : « Peur que ça ne passe pas »

De quoi irriter profondément le gouvernement qui – contre toute attente -  au lieu de soumettre à un nouveau vote cette mesure censée permettre une économie de 800 millions d’euros pour l’ensemble des régimes de base obligatoires en 2014, a préféré annoncé par l’intermédiaire du ministre des Relations avec le Parlement – Alain Vidalies – un vote bloqué pour ce mardi 26 novembre. Autrement dit, les députés seront pieds et poings liés et n’auront qu’un seul et unique vote pour adopter l’ensemble du projet de loi de la réforme des retraites, toutes mesures confondues, report de la revalorisation des retraites compris.

 Le vote bloqué, appelé aussi vote unique est un processus défini par l’article 44, alinéa 3 de la Constitution française.  Il autorise le gouvernement à demander à l’Assemblée Nationale ou au Sénat de se prononcer par un seul et unique vote sur tout ou partie du texte d’un projet de loi, en ne retenant que les amendements qu’il a proposés ou qu’il a acceptés. En clair, le vote bloqué permet au gouvernement de réduire la liberté de décision des parlementaires, y compris ceux de sa propre majorité, pour éviter de voir ses textes déformés par une multitude d’amendements et de votes.

« Passage en force », « Entêtement », « Déni de démocratie », députés de l’opposition et du front de gauche ne mâchent pas leurs mots pour exprimer leur colère et leur indignation. « Ça fait un peu désordre », a concédé à l’AFP un député PS, estimant que le gouvernement a choisi la sécurité par « peur que ça ne passe pas ».

« Cette réforme des retraites qui devait être – la Mère des réformes –, celle grâce à laquelle François Hollande allait trancher, sur le fond et la forme, avec Nicolas Sarkozy, est l’illustration que la méthode du Président de la République prend l’eau », fustige LeFigaro.fr

 

Mardi 26 novembre , les députés n’auront donc plus qu’une seule voix pour s’exprimer sur la réforme des retraites avant de la renvoyer une dernière fois au Sénat.

 

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le « travailler plus ».

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

 » En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté « 

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Les retraités ont-ils fait gagner Hollande ?

Lundi 7 mai 2012

« Je suis le président de la jeunesse de France », a notamment déclaré le nouveau président de la République, lors de son discours place de la Bastille hier soir devant la foule rassemblée pour fêter son élection. Mais les retraités n’ont-ils pas contribué à élire François Hollande ? Ont-ils sanctionné le président sortant ?

Les retraités avaient joué un rôle essentiel dans la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, en votant à 70% pour le candidat de l’UMP.

Hier, leur choix a-t-il été de nouveau décisif ? C’est la question que l’on peut se poser, au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, à la lumière d’un essai : « La minorité silencieuse ».

C’est le titre d’une étude sur les retraités des sociologues Alain Mergier et Philippe Guibert, publié début mai par la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste.

Selon eux, les retraités forment une classe d’électeurs à part entière qui finit par peser dans les urnes.

« Une catégorie politique est en train de naître, qui va prendre de l’importance, compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de vie », avertit l’un des auteurs interrogé par LeMonde.fr

Car les retraités constituent près du tiers de l’électorat, sont plus marqués politiquement autour d’un clivage droite/gauche et sont davantage partisans que le reste de la population. Mais, surtout, Alain Mergier et Philippe Guibert notent, parallèlement, « une certaine régularité dans la manière dont ils perçoivent la société, laissant apparaître de fait un clivage net avec les actifs », au delà de leur sensibilité politique.

Un discours de désapprobation qu’ils soient de droite ou de gauche

Selon les auteurs, les retraités, quelque soit leur bord politique, ont un discours commun. Cette même parole est avant tout critique et distincte des discours de la vie active, du fait de leur mise à l’écart.

Un discours de désapprobation, structuré en 2 pôles : « l’argent roi » et « l’enfant roi ».

Les retraités s’insurgent à la fois contre l’incohérence manifeste aujourd’hui entre l’argent et le travail mais aussi l’excès de jeunisme qui se caractérise, selon eux, par une « disqualification de la transmission et la déperdition des savoirs ».

Par ailleurs, « les retraités ont une conception commune de l’autorité politique, incarnée par le Général de Gaulle », explique les deux auteurs. De droite ou de gauche, ils plébiscitent la fermeté tout en attendant d’un président qu’il exerce son autorité de façon calme et réfléchie, et non par l’agitation et l’agressivité.

Alain Mergier et Philippe Guibert laissent entendre ainsi que « c’est ce qui conduit une majorité de retraités à trouver que François Hollande, en 2012, incarne mieux la conception gaullienne que Nicolas Sarkozy »

C’est en tout cas ce qui ressort des longs entretiens individuels que ces sociologues ont eu avec 24 retraités représentatifs pour leur sujet d’étude.

« Le vote retraité est décisif »

Autre principal enseignement : le poids électoral des retraités, qui boude moins les urnes que le reste de la population, ne cesse de croître.

« Le vote retraité est décisif, aussi décisif que celui des milieux populaires », soulignent les deux auteurs.

« Leur désir constant de stabilité tant politique qu’économique explique le faible vote des retraités en faveur des extrêmes, leur refus de leur sortie de l’euro et leur souhait de réduction de la dette publique – même si réapparaît dans les différentes causes et solutions proposées le clivage gauche/droite », ajoutent-ils.

Au 1er tour, selon une étude de l’IFOP, les retraités ont voté à 37 % pour le président sortant, à 32 % pour le candidat socialiste François Hollande, à 10 % pour Marine Le Pen (Front national), à 9 % pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem).

« L’écart entre M. Sarkozy et M. Hollande était plus faible dans le vote des retraités qu’il ne l’était au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 entre le candidat de l’UMP et Ségolène Royal qui défendait alors les couleurs du PS. Ainsi, à titre d’exemple, pour Ipsos, M. Sarkozy avait obtenu 41 % des suffrages dans cette catégorie, contre 23 % seulement pour Mme Royal », rappelle LeMonde.fr

Qu’en a-t-il été hier pour le 2nd tour ? Difficile, pour l’heure, d’en avoir une idée précise.

Les retraités, même de droite, avaient de sérieuses réserves sur Nicolas Sarkozy

Pourtant, selon un sondage Ipsos l’avantage pour Nicolas Sarkozy était important : il obtenait près de 59 % des intentions de vote, contre 41 % pour François Hollande, chez les retraités.

« Les retraités, y compris ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, ne semblent plus retrouver chez lui la conception de l’autorité présidentielle. En outre, les retraités qui se disent de droite, malgré leur fidélité politique évoquée plus haut, expriment ouvertement de sérieuses réserves au sujet d’un candidat qui incarne la conception de l’argent roi. Il serait donc surprenant que l’électorat retraité se prononce en faveur de Nicolas Sarkozy avec une ampleur similaire à 2007 », concluaient dès le 2 mai, Alain Mergier et Philippe Guibert, auteurs de « La minorité silencieuse – Étude sur les retraités », publié par la Fondation Jean Jaurès.

Une minorité silencieuse, que les futur(e)s candidat(e)s pour 2017 devront apprendre à courtiser… ou dont ils devront se méfier !

AB

Les retraites en retrait du débat Sarkozy-Hollande

Jeudi 3 mai 2012

Quel retraité ou futur retraité, n’est pas resté sur sa faim, hier, à l’issue du débat télévisé de l’entre deux tours de l’élection présidentielle ?

J’ai beau lire ou revoir les extraits sélectionnés par la presse et le web ce matin, la petite poignée de minutes consacrée à ce sujet -pourtant capital- n’a pas retenu l’attention de grand monde, comme en témoigne ce résumé vidéo du débat réalisé par le Nouvel Obs :


Le débat Hollande – Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

Dans le détail, Nicolas Sarkozy s’est simplement félicité d’avoir mené une réforme nécessaire, sans heurts, ni violences tandis que François Hollande a juste réitéré sa promesse :

« Je rétablirai le départ à 60 ans dès lors qu’il y a 41 années de cotisations et qu’on a commencé tôt à travailler »

Un peu mince pour se faire véritablement une opinion, savoir de quoi sera fait l’avenir. Rappelons que la réforme ne permet de financer notre système de retraite que jusqu’en 2017. Et après ?

L’avenir des retraites, une nouvelle patate chaude ?

Si l’on voulait un peu plus de fond sur les retraites et leur avenir, c’est la radio qu’il fallait écouter, hier. Plus tôt dans la matinée, Europe 1 a été le théâtre d’un vrai débat d’idées entre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy et Marisol Touraine, chargée de cette question auprès de François Hollande.


Retraites : la réforme « n’est pas juste » par Europe1fr

Sur la réforme de 2010, tout d’abord :

« L’espérance de vie s’allonge. Elle a pris 15 ans depuis 1950. Notre réforme a permis de sauver le système des retraites et de le financer au moins pour les 5 ans qui viennent. Ce n’était pas une réforme facile à faire. Tout le monde a bien compris l’enjeu », a rappelé la porte parole du candidat de l’UMP.

De son côté, Marisol Touraine, a appelé à « tout reprendre » parce qu’il y a un « problème ».

« Le choix du gouvernement a été de faire peser sur ceux qui ont commencé à travailler jeune l’essentiel de la réforme. Tout cela pour pas grand chose puisque la caisse nationale d’assurance vieillesse, la branche vieillesse reste en déficit. Pas qu’un peu, de 6 milliards d’euros pour 2011 », a-t-elle estimé en soulignant qu’il s’agissait d’une « réforme injuste ».

Sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains :

La porte parole du candidat PS a justifié cette promesse par le fait que « nous ne vivons pas tous plus longtemps avec la même espérance de vie en bonne santé. »

« Il nous paraît donc légitime que ceux qui ont eu des métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler jeune puissent partir avant les autres », a-t-t-elle insisté.

De son côté, NKM a défendu le fait que « quand on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps sauf à prendre le risque d’augmenter les impôts comme veulent le faire les socialistes, là ce sera pour tous les travailleurs des impôts en plus ».

Sur le financement :

La promesse de François Hollande, qui coûterait 1 milliard d’euros par an, sera financée par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1% par an.

Une proposition injuste qui « va être payée par tous les Français », selon la porte parole de Nicolas Sarkozy, estimant que cela représentera une hausse d’impôts de « 250€ par an pour un couple qui gagne, chacun, 1 650€ par mois ».

Et après 2017 ?

La question reste, hélas, sans réponse comme si une réforme inévitable de la réforme des retraites était une nouvelle patate chaude que chacun des candidats voudrait bien repasser à un(e) autre… mais dans 5 ans !

AB

Pour prolonger : relire aussi « Le débat fiscal, entre les deux tours« ; et revoir l’infographie animée « Fiscalité et épargne, quelle réforme demain« .

Les retraites en campagne, la promesse d’un sacré casse-tête

Mardi 17 avril 2012

Pour la dernière ligne droite avant le 1er tour de l’élection présidentielle dimanche 22 avril, profitons-en pour récapituler l’essentiel des propositions et les différents points de vue des candidats sur le dossier des retraites.

Car tous — excepté le président sortant — envisage une réforme de la… réforme !

Pour le moment, avec la loi de 2010 portant réforme des retraites, l’âge légal de départ va passer progressivement de 60 à 62 ans (65 à 67 ans pour une pension sans décote) avec une durée de cotisation de 41,5 annuités à partir de la génération 1955 pour une pension à taux plein.

Retraite à 60 ans : presque pour tous mais pas pour tout le monde

La retraite à 60 ans pour tous ? Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) sont pour. Avec un retour également aux 37,5 années de cotisation d’avant la réforme.

Marine Le Pen (FN) envisage elle aussi de revenir en arrière sur l’âge légal de départ. Avec même la possibilité de partir avant 60 ans pour les mères d’au moins trois enfants ou d’un enfant handicapé et une durée de cotisation limitée à 40 ans.

Quant à Eva Joly (EELV), également dans le camp de la retraite à 60 ans, elle ne toucherait pas aux 41,5 ans de cotisation mais promet des majorations pour les mères de famille.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon (FG) s’est prononcé, lui aussi pour le départ à la retraite à 60 ans mais préfère que la réduction de la durée de cotisation fasse l’objet d’une négociation avec les syndicats.

La retraite à 60 ans, aussi, mais pas pour tout le monde. C’est la position de François Hollande (PS) : un départ à 60 ans à taux plein pour « les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités« .

Promesse similaire pour Nicolas Dupont-Aignan (DLR) et Jacques Cheminade (Solidarité et progrès): permettre à ceux ayant cotisé 41,5 ans de partir avant 62 ans, voire 60 ans.

Mais certains candidats vont plus loin dans les promesses. Jean-Luc Mélenchon ou Jacques Cheminade envisagent une pension minimum équivalente au SMIC et même une extension de la pension de réversion aux pacsés pour le candidat du Front de Gauche.

Pour d’autres, il faudra tout remettre à plat et refondre carrément le système. François Hollande compte rouvrir, dès cet été, les négociations avec les partenaires sociaux sur l’âge de départ, la pénibilité, les carrières fractionnées… Quant à Nicolas Dupont-Aignan et François Bayrou, ils envisagent de passer à un régime de retraite par points, comme nous l’évoquions déjà dans le post « François Bayrou : les “points” sur la table des retraites »

Quant à Nicolas Sarkozy, il promet le versement des pensions le 1er du mois au lieu du 8 à compter du 1er juillet. Puisque de toute manière, sa réforme prévoit, depuis l’adoption du texte voté par le gouvernement en 2010, une “réflexion nationale” sur une refonte complète des retraites dès 2014. (voir le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »)

Le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires

Quant au financement des différentes promesses des uns et des autres et du système des retraites quelle que soit son évolution, taxer le travail et/ou le capital, les cœurs balancent.

Seule certitude, le plus gros du financement continuera de reposer sur les salaires au moyen de cotisations patronales et salariales, analyse Le Point.

François Hollande veut d’ailleurs les augmenter de 0,1 point avant juillet.

Les autres candidats veulent faire appel à d’autres sources : taxes douanières et économies sur les prestations aux immigrés pour l’extrême droite, taxation du capital et des profits des entreprises pour les candidats « à gauche de la gauche ».

Quoi qu’il en soit, il faudra bien dénicher tôt ou tard une ou plusieurs poules aux œufs d’or car, malgré la réforme de 2010, le financement de notre régime des retraites n’est assuré que jusqu’en 2018. En 2010, l’INSEE dénombrait 16 millions de retraités en France, ils seront 18 millions en 2020 et 23 millions en 2050 (soit une hausse de 47%).

Bref la seule véritable promesse de cette campagne présidentielle qui sera bel et bien tenue concernant les retraites, c’est celle d’un sacré casse-tête…

AB

Les retraites le 1er du mois, pas si simple…

Vendredi 6 avril 2012

Les retraites versées le 1er du mois à compter du 1er juillet, c’est l’une des promesses annoncées par Nicolas Sarkozy hier, lors de la présentation de son programme pour la Présidentielle.

« Nous allons réparer une injustice qui touche 15 millions et demi de retraités. Cela met les retraités modestes dans une situation difficile avec des comptes en banque déficitaires en début du mois, alors qu’ils doivent s’acquitter de leurs factures en début de mois. », a expliqué le Président candidat.

Les retraites versées le 1er du mois à compter du 1er juillet, c’est l’une des promesses annoncées par Nicolas Sarkozy hier, lors de la présentation de son programme pour la Présidentielle.

« Nous allons réparer une injustice qui touche 15 millions et demi de retraités. Cela met les retraités modestes dans une situation difficile avec des comptes en banque déficitaires en début du mois, alors qu’ils doivent s’acquitter de leurs factures en début de mois. », a expliqué le président candidat.

Un serpent de mer

Rappelons que si, à l’heure actuelle, les retraités ne touchent leur pension que le 8 ou le 9 du mois, c’est parce que l’agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui récolte la totalité des cotisations retraites patronales et salariales, ne les reçoit que le 5 du mois. Ainsi le temps que le versement soit effectif sur les comptes bancaires des retraités, nous sommes déjà le 8 ou 9.

« Cette mesure est en fait un serpent de mer. », explique LeMonde.fr

La proposition ne date pas d’hier, en effet, puisque la réforme des retraites de 2010 comportait déjà un article, voté à l’unanimité, qui prévoyait que le gouvernement présente au Parlement, avant le 1er janvier 2011, un rapport sur les conditions de mise en œuvre d’un versement des pensions dès le premier de chaque mois.

Depuis, sa mise en œuvre, est régulièrement promise par Xavier Bertrand, le ministre du travail et de la santé.

« En octobre, cela devait être le plus tôt possible. En juin, dans les mois qui viennent. En mai, il répond à la question d’un parlementaire sur le sujet que les services du ministre travaillent aujourd’hui activement à la résolution des contraintes techniques que pose la mise en œuvre de cette mesure. Jeudi, il affirmait encore sur BFM-TV, qu’il ne lâcherait jamais l’affaire. », rappelle le site du quotidien du soir.

« Ce n’est pas qu’une simple date à changer sur un tableau Excel »

Mais cette mesure qui semble pourtant simple et évidente se révèle en fait technique et coûteuse.

En quoi 7 ou 8 jours d’avance modifient le processus ?

« Avant d’être versées aux ayants-droits, les prestations doivent être disponibles dans les caisses du régime général… et cet argent vient des cotisations versées par les entreprises et les salariés. Donc, soit on modifie le mécanisme de collecte des cotisations pour anticiper (et l’usine à gaz n’est pas loin), soit l’Etat avance l’argent ou demande aux caisses de retraites d’emprunter pour être prêts le premier du mois. Cette option se traduirait par un coût financier mal venu par les temps qui courent. », explique Emmanuel Cugny sur France Info.

Ainsi, les caisses de retraite n’auraient pas d’autre solution que demprunter l’argent à verser le 1er du mois avant de l’avoir elles-mêmes reçu des employeurs, via les cotisations.

« Dix jours de trésorerie qui pourraient coûter très cher quand on sait que les sommes en jeu sont de plusieurs milliards d’euros. », selon LeMonde.fr

Enfin, l’autre point d’achoppement est le risque d’un bogue technique.

Pas vraiment optimiste, il y a encore quelques mois, l’ex-présidente de la Caisse nationale d’assurance Vieillesse (CNAV) expliquait sur RMC que le système informatique « est très lourd. Ce n’est pas qu’une simple date à changer sur un tableau Excel ».

« Actuellement, les retraités sont payés le 9, certains estiment que c’est tardif, mais c’est très régulier. Jusqu’à présent, la branche retraites a toujours honoré les échéances, il n’y a jamais eu d’incident majeur », a indiqué à l’AFP un cadre supérieur de la Cnav.

Bref, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

AB

Présidents de la République : des retraités gâtés

Mercredi 4 avril 2012

Nicolas Sarkozy pourra toucher jusqu’à 22 150 euros brut par mois s’il prend sa retraite en cas de défaite au lendemain de l’élection présidentielle.

« Si je suis battu le 6 mai, j’arrête la politique », avait déclaré, début mars, Nicolas Sarkozy sur RMC.

Le site Quoi.info l’a pris au mot et a calculé ce que pourrait toucher le Président sortant en tant que jeune retraité. Une rente à peu près équivalente à ce qu’il gagne aujourd’hui en exercice (18 700 euros), qui totalise plusieurs sources de revenus :

  • sa retraite de président de la République (2007-2012): 5250 euros bruts/mois. Cette pension, définie par la loi n° 55-366 du 3 avril 1955n’est soumise à aucun plafond de ressources : elle est donc cumulable avec les salaires ou les retraites d’autres mandats ;
  • sa retraite de député : 1900 euros bruts/mois. Entre juin 1988 et mai 1993 puis entre septembre 1995 et avril 1997, Nicolas Sarkozy a été député de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine (Neuilly-sur-Seine, Puteaux). Mais ses droits à la retraite de député ne s’ouvriront qu’en 2015, lorsqu’il aura atteint les 60 ans requis ;
  • sa retraite de maire de Neuilly-sur-Seine (1983-2002) et de président de Conseil général des Hauts-de-Seine (2004-2007) : 2000 euros brut/mois ;
  • la pension pour un siège au Conseil constitutionnel : 13 000 euros brut par mois. Les anciens présidents de la République sont membres de droit à vie du Conseil constitutionnel.

De nombreux avantages en nature à vie

Autres avantages réservés aux anciens chefs de l’Etat jusqu’à la fin de leur vie par la volonté de François Mitterrand et de son Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius :

  • un appartement de fonction meublé et équipé, dont la maintenance et les charges, y compris le téléphone, sont assumées par l’Etat ;
  • deux personnes prises en charge par l’Etat qui sont affectés au service de leur appartement de fonction ;
  • deux policiers à titre permanent pour assurer leur protection rapprochée ;
  • une voiture de fonction dont l’entretien est assuré, avec deux chauffeurs ;
  • la gratuité sur l’ensemble des réseaux de transport publics dans la meilleure classe ;
  • sept fonctionnnaires (un chef de cabinet, deux assistants pour le secrétariat particulier, un fonctionnaire des archives nationales et trois secrétaires dactylographes)

Jacques Chirac, le plus gâté

Mais le Président sortant ne serait pas pour autant le plus privilégié. Il toucherait bien moins que ses prédécesseurs. Jacques Chirac étant le retraité le plus gâté. A la fin de son second mandat, en 2007, L’Express avait fait l’addition entre sa fonction présidentielle, ses anciens mandats de député de Corrèze, de conseiller général, de maire de Paris, de conseiller référendaire à la Cour des comptes et de membre du conseil constitutionnel. Total : 31 000€ bruts environ par mois.

Valéry Giscard d’Estaing n’étant pas très loin de ce chiffre, selon La Tribune, avec sa retraite d’ancien inspecteur général des finances, d’ancien élu local du Puy-de-Dôme, et d’ancien président de la République : 29 000€ bruts environ par mois. VGE n’ayant pourtant fait qu’un seul mandat.

En revanche aucun d’entre eux ne peut prétendre à une pension particulière au titre de leurs fonctions ministérielles par le passé. En effet, à l’exception des ministres fonctionnaires qui continuent de cotiser à leur caisse de retraite d’origine pendant leur mission au gouvernement, les ministres et les secrétaires d’Etat ne bénéficient d’aucun droit à la retraite.

AB

La réforme des retraites pas près d’être digérée

Vendredi 9 mars 2012

retraite La réforme des retraites reste avec le bouclier fiscal l’une des grandes réformes les   plus impopulaires du quinquennat de Nicolas Sarkozy, selon un sondage TNS Sofres/Canal + dévoilé dimanche dernier dans l’émission Dimanche +.

DIMANCHE+ du 04/03 – Le sondage de la semaine

55% des personnes interrogées rejettent la réforme des retraites

« Quand on vous dit, vous allez travailler plus longtemps et vous ne serez pas particulièrement plus payé, ça ne fait jamais plaisir… c’est mieux que la faillite », relativise Nathalie Kosciusko-Morizet, invitée de l’émission.

« On voit mal qui aurait pu faire passer une telle potion en douceur à part Mary Poppins. », commente Hugues Serraf sur atlantico.fr

D’ailleurs, du quinquennat qui s’achève, les socialistes n’entendent pas forcément faire table rase, souligne LeMonde.fr.

Loin de se préparer à un effacement systématique des réformes de son prédécesseur, le candidat socialiste, si d’aventure il lui succédait, a opté pour leur remplacement, voire par un accommodement. En particulier sur la réforme des retraites. Votée en 2010, elle a fait passer l’âge minimum de départ à 62 ans et l’âge de départ à taux plein à 67 ans, et le nombre d’années de cotisation à 41 ans. François Hollande a promis de permettre aux personnes à jour de cotisation de partir à la retraite avant l’âge légal. Pour autant, sans changer celui-ci.

« On a fait ça pour ne pas avoir à baisser les retraites. La suite logique d’un gouvernement qui ne fait rien c’est un jour la faillite et on doit baisser les pensions comme les pays du Sud de l’Europe », justifie la porte parole de Nicolas Sarkozy.

Demain, plus d’âge légal de départ à la retraite ?

Mais cette réforme des retraites n’est que temporaire pour ne pas dire transitoire.

En effet, elle ne garantit le nouvel âge légal de départ et le niveau des pensions que jusqu’en 2020. Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines et de nos grognes. D’autant plus que c’est un problème qui dépasse largement nos frontières.

Que faire d’une population vieillissante ? Alors que l’austérité est imposée dans les pays de l’Union Européenne, les travailleurs de moins en moins nombreux doivent-ils payer pour des retraités toujours plus nombreux et qui en plus vivent plus longtemps ?

C’est la question posée récemment par l’émission The Network d’Euronews.

Car les gouvernements ont beau relever l’âge légal de départ tout en tentant de maintenir les avantages, cela ne suffit pas à garantir les retraites au delà de quelques années.

Ainsi, selon le projet de livre blanc de la commission européenne sur les retraites, Bruxelles veut pousser les états membres à faire disparaître carrément le fait d’avoir un âge obligatoire et encourager les populations à travailler plus en s’appuyant sur des programmes européens comme celui pour la formation tout au long de la vie.

Et là, pour aider à faire passer la pilule, même Mary Poppins n’y pourra rien…

AB

Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ?

Mercredi 22 février 2012

Les retraites continuent de faire débat entre les candidats à l’élection présidentielle.

Lors de son 1er grand meeting à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a visé le projet de François Hollande : ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans, en maintenant les 41,5 années de cotisation :

« Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en sachant que dans moins de dix ans on ne pourra plus payer les retraites », a clamé le candidat UMP.

Discours de Nicolas Sarkozy à Marseille

Un argument sujet à caution selon Les décodeurs, blog du Monde.fr  qui se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux.

La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ne coulerait pas le système.

« Le PS ne propose pas un retour aux 60 ans pour tous, mais bien la possibilité laissée à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans de partir, dès lors qu’ils ont 41,5 années de cotisation, à 60 ans. Mais affirmer que cette réforme provoquera la faillite du système est un abus. », souligne le blog.

Les décodeurs rappellent que le parti socialiste chiffre le coût de ce rétablissement entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an, au début du dispositif, pour 130 000 personnes concernées environ.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) parle lui aussi de 100 000 à 110 000 personnes concernées chaque année par un départ en retraite anticipé pour carrière longue. Quant au coût, il augmenterait année après année à mesure de la montée en charge du dispositif.

L’Institut Montaigne, d’orientation libérale, le chiffre à 5 milliards d’euros par an en 2017, en comptabilisant la baisse du chômage induite par la réforme. Le PS assure pour sa part qu’il financera cette mesure par deux hausses de taxes, sur les bonus et stock-options (relèvement du forfait social de 8 % à 20 %) et sur les cotisations patronales et salariales (0,1 % par an), ce qui rapporterait 5 milliards au total.

« La mesure serait donc en principe financée et ne coulerait pas le système de retraites. », affirment Les décodeurs.

Mais au-delà de ce combat d’arrière-garde sur « l’âge du capitaine », une vraie question se pose : pourra-t-on encore payer les retraites dans moins de 10 ans au même niveau qu’aujourd’hui ?

Les pensions de retraite en Allemagne se réduisent comme peau de chagrin

L’observatoire des politiques publiques, rappelle sur Challenges.fr, ce qui se fait à l’étranger. Et dans la plupart des pays voisins, l’âge légal de départ à la retraite est supérieur au nôtre.

« En Autriche, Portugal et Italie, il est fixé à 65 ans. Mais à la différence dela France, ces systèmes n’ont qu’un curseur : l’âge légal, qui permet de partir sans décote quelle que soit la durée de cotisation. », souligne l’observatoire.

La Grècea, elle aussi, décidé, du fait de la crise, de passer de 60 à 65 ans à l’horizon 2015.

« En janvier 2011, Angela Merkel se prononçait même pour une généralisation d’un âge légal à 67 ans dans toute la zone euro. », rappelle l’observatoire.

Car en Allemagne, depuis 2007, il a été repoussé de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein avec une entrée en vigueur progressive d’ici à 2030. Mais il faut savoir qu’outre-Rhin, il est néanmoins possible de partir à la retraite à 63 ans en touchant une moindre pension. Le montant des pensions devient d’ailleurs problématique depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

« Mais, du fait d’une pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés », selon le site économique.

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Autant dire que le problème du déficit des régimes de retraite reste entier en France malgré des économies estimées à 19 milliards par an à partir de 2018, selon l’observatoire des politiques publiques qui s’interroge sur Challenges.fr sur cette éventualité d’une réforme… de la réforme.

Du reste, rappellent Les Décodeurs, le PS a aussi promis une remise à plat globale du financement des retraites. Par ailleurs, le texte voté par le gouvernement en 2010 inclut lui aussi un amendement promettant une « réflexion nationale » sur une refonte complète des retraites dès 2014.

« Aucun des deux partis n’a donc aujourd’hui de solution pérenne dans tous les cas de figure. », conclut le blog.

Pas vraiment rassurant…

 

AB

Sarkozy : revenir sur la retraite à 60 ans est une folie

Lundi 30 janvier 2012

Sarkozy-retraite-bfmtvLe Président de la République a déclaré hier que le retour de la retraite à 60 ans était « une folie« , « un mensonge« , ajoutant que « cela ne se ferait pas« , lors de son intervention télévisée, en faisant allusion à la proposition de François Hollande de revenir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leur durée de cotisations.

 

« C’est une folie, il n’y a personne qui croit ça, il n’y a aucun Français qui pense que c’est vrai, c’est un mensonge parce que ça ne se fera pas », a affirmé le chef de l’Etat.

« Quand on a fait la réforme des retraites, tout le monde nous a critiqués, maintenant toute l’Europe nous suit », a-t-il même prétendu.

 

« Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ? »

L’occasion pour Nicolas Sarkozy de balayer d’un revers de main l’une des propositions de François Hollande, sans jamais citer son nom. Le candidat du Parti Socialiste a en effet promis que, s’il est élu Président de la République en mai prochain, ceux qui ont suffisamment cotisé « pourront partir à 60 ans » (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »).

Une mesure qui « conduirait le pays à la ruine. Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ? » s’est indigné Nicolas Sarkozy.

Ceux qui travailleront encore, si l’on en croit la présentation du programme de François Hollande faite jeudi dernier.

S’il est élu, sa promesse de permettre aux Français qui ont cotisé 41 ans de pouvoir partir à 60 ans sera financée par une hausse des cotisations sociales, souligne Le Monde.

Des mesures qui risquent sérieusement de grever les comptes de la Sécurité sociale, analyse Le Point.

Selon l’évaluation de l’association Sauvegarde retraites, elles coûteront au moins 6,3 milliards d’euros par an à partir de 2020, année où elles exerceront tous leurs effets.

Seul point commun pour le moment entre le candidat socialiste et le Président de la République : ne pas trop toucher aux retraités actuels, note Le Monde.

Mais pour combien de temps ?

AB