Archive pour le mot-clef ‘natalité’

Japon : taxer les beaux gosses pour financer les retraites ?

Lundi 30 avril 2012

C’est la proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste Japonais : Takuro Morinaga. Elle est publiée dans un entretien au magazine japonais Aera, repris et traduit par Courrier International, pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

Le vieillissement de la population étant catastrophique au pays du soleil levant, comme le montre cet extrait d’un documentaire diffusé sur Arte :

1 Japonais sur 2, de 30 à 35 ans, est célibataire

« Depuis l’an dernier, les célibataires constituent le premier type de foyer au Japon : 16 millions de Japonais vivent seuls. Ceux qui se marient ont de moins en moins d’enfants (1,39 enfant par femme), et de plus en plus tard (âge moyen 29 ans). Il n’y a jamais eu aussi peu de naissances dans l’Archipel et le ratio de personnes âgées ne cesse et ne cessera de progresser.

Les femmes, quant à elles, refusent de former une famille, car cela revient pour elles à accepter un déclassement social et professionnel. 70 % des femmes japonaises quittent leur emploi au premier enfant. », rappelle LeFigaro.fr.

Et la crise n’a pas épargné les célibataires nippons. Leur salaire moyen annuel a dégringolé de 47 000 à 28 000 euros en dix ans ! Autant dire que leur sex-appeal auprès des Japonaises, apparemment vénales, a pris lui aussi une sacrée claque. En effet, ces dernières continuent de chercher le mari idéal, qui est censé gagner deux fois plus qu’elles.

À l’époque, explique l’économiste, la coutume était de dire : “Même s’il n’est pas très séduisant, il travaille dans une bonne entreprise. Avec lui, tu seras tranquille toute ta vie !”

Or, “le système de l’emploi à vie s’est effondré dans notre pays depuis l’éclatement de la bulle financière, au début des années 1990 et la pratique du mariage à vie qui était soutenue par ce dernier s’est écroulée à son tour”, ajoute Takuro Morinaga.

En s’appuyant sur les résultats d’une enquête sur la structure de l’emploi, une cellule de réflexion a calculé le nombre d’hommes mariés chez les 25-30 ans selon les tranches de revenus. Elle a mis en évidence que plus de 70 % des hommes ayant un revenu annuel de plus de 10 millions de yens (environs 95 000 euros) étaient mariés. En revanche, plus le revenu baissait, plus le nombre de mariages diminuait et, à l’approche du million de yens (9 500 euros), seul un homme sur six était marié.

Ainsi, « le seul moyen pour les laids de rivaliser avec les beaux, c’est l’équilibrage des revenus. La méthode la plus simple est de taxer les beaux mecs qui ont le monopole de la séduction. », avance Takuro Morinaga.

Doubler les impôts des “beaux”, réduire ceux des “laids”

Il propose donc de classer les Japonais en 4 catégories :

  • les “beaux”, dont le taux d’imposition serait doublé
  • les “normaux” ensuite, dont l’imposition ne serait pas affectée,
  • les “moyennement laids”, qui obtiendraient une réduction de 10 % d’impôts
  • les laids, qui paieraient 20 % en moins.

« La baisse de recettes fiscales provenant des contribuables laids sera largement compensée parce qu’auront à verser les beaux. Si l’on affecte ce surplus à la protection sociale, le financement des retraites sera facilité et l’avenir du Japon sera plus radieux. », ajoute-t-il.

La beauté serait évaluée lors d’une audience devant un “conseil d’évaluation de la beauté”, ou siégeront cinq femmes, tirées au sort.

Quant à aux femmes, selon l’économiste, celles

« qui séduisent les hommes et les mènent par le bout du nez ne sont pas forcément des beautés. Pour plaire aux hommes et profiter de leurs largesses, c’est la manière – les gestes, les manœuvres – qui compte, plus que l’apparence. Certaines femmes ont l’art de se faire entretenir, indépendamment de leur physique. Pour celles-là, il faudrait que leur revenu imposable soit calculé en fonction des avantages en nature qu’elles reçoivent des hommes. »

Ce n’est pas la première fois que le Japon songe à briser le principe d’égalité devant l’impôt. En 1941, déjà, l’État envisageait un impôt sur les célibataires, rappelle LeFigaro.fr.

AB

Les retraités slovènes pas mieux lotis que les Grecs

Mardi 27 mars 2012

C’est ce que j’ai découvert à travers un reportage édifiant de la chaine Euronews.

D’ici 30 ans, ce petit pays qui a adopté l’euro il y a 5 ans à peine, comptera moins d’un actif par retraité. Il risque ainsi de connaître une situation comparable à la Grèce. C’est à dire un vieillissement accéléré de sa population, dû à un faible taux de natalité ainsi que de trop nombreux départs anticipés à la retraite.

En Grèce, selon un universitaire américain, 20% des habitants sont déjà à la retraite et il y a 1,7 actif pour 1 retraité. Selon lui, si le régime actuel perdure, en 2050, ce sont 40% des Grecs qui seront pensionnés.

Chaque actif devrait alors faire vivre “lui-même, sa famille et jusqu’à deux retraités! “, rapporte un blog du quotidien Ouest France.

Moins de cotisants pour plus de pensionnés

Et la Slovénie, comme la plupart des pays Européens, n’a pas été épargnée par le ralentissement de la croissance dans la zone euro. Elle est, de plus, confrontée comme les autres à une baisse de sa natalité et à l’allongement de l’espérance de vie.

Résultat : moins de cotisants pour plus de pensionnés, dans un contexte de chômage élevé pour la plupart d’entre eux.

Dès 2003, on comptait plus de personnes âgées que d’enfants en Slovénie. Une réalité qui suffit à mettre en péril le système de retraite.

 C’est pour cela que, comme en France, la plupart des états membres de l’UE ont réformé leur système de retraite en allongeant l’âge légal de départ et la durée de cotisation.

Mais pas la Slovénie.

“les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent “

Les Slovènes ont rejeté, l’été dernier, à plus de 70% le projet de réforme relevant de 63 à 65 ans l’âge légal de la retraite. Malgré la mise en garde solennelle du chef du gouvernement social démocrate de l’époque :

” Si nous ne soutenons pas cette réforme, les finances publiques peuvent s’effondrer et alors les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent “, rapporte le blog de Michel Noblecourt, éditorialiste au Monde.

Tota,  un véritable camouflet qui a précipité la chute du Gouvernement quelques mois après.

Et dire que ce projet de réforme des retraites, exigé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), avait pourtant été adopté en décembre par le Parlement avant de susciter la colère des syndicats et de l’opposition, qui ont obtenu l’organisation d’un référendum.

Aujourd’hui, hélas, la Slovénie est de nouveau en récession, signalait le mois dernier La Tribune.

Le nouveau Premier ministre conservateur a donc promis de redresser les finances publiques du pays grâce à un programme d’austérité, tout en prenant des mesures visant à stimuler la croissance et l’emploi via des réformes structurelles.

Mais le nouveau chef du Gouvernement est surtout attendu au tournant sur cette réforme des retraites dans les mois qui viennent.

En attendant, chez nous, en France, la réforme des retraites commence à rapporter, selon le site de l’Expansion.

Le report de l’âge légal de départ à la retraite a permis une économie de 258 millions d’euros pour le régime général en 2011…

 

AB

 

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

“Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors”

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB