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Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Les retraites aux oubliettes de la présidentielle ?

Lundi 6 février 2012

retraite_presidentielle_fillon_aubryUne semaine après le duel entre François Hollande et Alain Juppé, François Fillon était l’invité de l’émission politique phare de France 2, ces derniers jours.

L’occasion pour le Premier ministre de se retrouver face à Martine Aubry pour un débat d’environ 40 minutes de temps. Une discussion très (trop ?) technique (de l’aveu général des observateurs), axée sur des batailles de chiffres et aussi sur la TVA sociale, parlant surtout des moyens de relancer la croissance ou encore de la politique de logement.

Mais, étonnamment, il me semble pas me tromper : rien n’a été dit sur les retraites. Pas de chiffrage ni de perspective, pas moins de solution ou de recommandation en l’état.

Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme l’été dernier avec l’allongement de la durée de cotisation et la fin adoptée de la retraite à 60 ans, le sujet suscite encore des questions. Il déclenche toujours des polémiques et réveille des craintes aussi bien chez les retraités que chez les plus jeunes censés préparer la leur. Pas plus tard que ces derniers jours d’ailleurs.

Avec la promesse du candidat socialiste de laisser partir finalement à 60 ans ceux qui ont suffisamment cotisé, sur laquelle le Président de la République est revenue, la question des retraites semblait donc loin d’être une cause entendue entre les deux principales forces politiques du pays.

16 millions de retraités

La durée du débat était-elle trop courte pour aborder avec tout le sérieux qui s’impose l’avenir de nos retraites, loin d’être réglé pour les générations futures ? On peut se le demander.

La Première secrétaire du PS, qui, il est vrai, a toujours été plus nuancée que la position de son parti sur la question des retraites, n’aurait-elle dans le fond rien à objecter au Premier ministre, pourtant principal artisan de cette réforme ? Pour beaucoup d’experts, quelque sensibilité politique qu’il s’agisse, le dossier serait essentiellement technique et traité comme tel. Beaucoup d’observateurs avaient par exemple insisté sur l’aspect arithmétique du dossier, lié aux vieillissement de la population, à l’augmentation du chômage… qui grignotent les marges de manoeuvre.

Toujours est-il que, seule certitude, au lendemain de ce débat télévisé, les 16 millions de voix que représentent les retraités en France ont été (pour l’heure) oubliées, ou à tout le moins mise de côté pour d’autres urgences. Dommage, à moins de 80 jours du premier tour de l’élection présidentielle… même s’il reste encore de l’espace médiatique pour aborder le sujet. Et qu’il demeure des interpellations possibles, notamment via les partenaires sociaux comme le rappelle par exemple Essonneinfo.fr : il s’agit pour eux de “replacer la question des retraites dans les thématiques de campagne des candidats à la fonction présidentielle“.

 

AB

NB : et d’ailleurs, si vous portiez le débat sur la place publique, que souhaiteriez-vous que les politiques traitent en priorité concernant les retraites et ses moyens de financement ? où se place le curseur de l’urgence selon vous ?

Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque

Mercredi 14 décembre 2011

Le candidat socialiste ne rétablira pas l’âge légal de la retraite à 60 ans pour tous, s’il est élu Président de la République en mai prochain. Seuls ceux qui ont suffisamment cotisé (41 ans et demi, soit 166 trimestres) « pourront partir à 60 ans », a-t-il expliqué hier sur RTL au micro du chroniqueur Jean-Michel Apathie :

« Devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas »

Un éclaircissement qui, depuis, suscite de vives réactions notamment sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Raillé gentiment à droite, notamment par la députée de Meurthe et Moselle, Valérie Rosso-Debord :

François Hollande est surtout critiqué par les militants de son propre camp et notamment Gérard Filoche, soutien de Martine Aubry :

L’ex-inspecteur du travail, membre du PS, qui en profite au passage pour attaquer à nouveau la réforme des retraites :

De son côté, le Premier ministre, s’en est pris lundi aux «circonvolutions» des socialistes sur la retraite à 60 ans. François Fillon craint toujours «l’annulation du gain de la réforme de 2010», c’est-à-dire les 60 ans pour tous, soit «8 milliards supplémentaires» de dépenses annuelles à l’horizon 2018. «C’est juste impossible», prévient-il.

« Si ce n’est pas un enterrement, cela y ressemble beaucoup. » commente Libération.

« Des propos qui excluent donc d’office un rétablissement général de la retraite à 60 ans », conclu LeMonde.fr.

Un simple élargissement du dispositif “carrières longues”

« Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit ses concurrentes -Martine Aubry et Ségolène Royal- qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans », souligne Le Figaro.

« Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif «carrières longues», qui permet aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes de toucher une retraite avant les autres. », ajoute le quotidien.

Il existe en effet déjà un dispositif qui permet aux salariés ayant commencé à cotiser tôt de partir à 60 ans ou avant. Il faut avoir démarré son activité avant 18 ans. Les conditions de cotisation varient selon la génération et l’âge de départ, mais elles sont toujours nettement supérieures aux 41 ans et demi en vigueur pour les autres salariés. Il faut avoir cotisé entre 5 et 7 trimestres supplémentaires.

Exemple : un salarié né en 1954 peut partir à 56 ans s’il a commencé à 15 ans et cotisé 43 annuités et un trimestre. Pour un assuré né en 1952 qui a commencé à 17 ans, la durée de cotisation pour un départ à 60 ans est de 43 ans.

De ce fait, une question reste en suspens selon Le Monde.fr : « François Hollande doit encore expliquer s’il compte maintenir cette majoration, ou s’il compte la supprimer pour l’ensemble des carrières longues, ce qui semble plus conforme à ses propos. »

“On travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses”, Bernard Thibault

Autant dire que le débat politique sur les retraites n’est pas près de s’achever. D’autant plus que le secrétaire général de la CGT, invité au micro de France Inter ce matin, n’en démord pas :


Bernard Thibault par franceinter

Si François Hollande devient Président de la République, « une des premières décisions doit être le rétablissement du droit au départ à la retraite à 60 ans avec l’examen de mesures spécifiques s’agissant des travaux pénibles ».

« Ce que ne dit pas le Président de la République, c’est que nous avons la double facture : on travaille plus longtemps pour des retraites de plus en plus basses, donc une majorité de gauche, je l’imagine, ne peut pas s’inscrire dans le même sillage ».

En attendant une nouvelle journée de manifestations contre le plan d’austérité du gouvernement aujourd’hui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans tout le pays. Une mobilisation, certes, modeste, mais une forme d’avertissement, tout de même lancé, aux élus de tous bords à l’approche de l’élection présidentielle.

AB

Pour prolonger : relire l’article “François Hollande candidat : son budget envisagé” (sur la rubrique “Impôts et Fiscalité” de BforBank.com)

Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans !

Lundi 17 octobre 2011

vainqueur-primaire-parti-socialiste-ps-retraite-60-ansire PS est… la retraite à 60 ans !François Hollande et Martine Aubry se sont en apparence accordés sur le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, lors du débat télévisé de l’entre deux tours de la primaire socialiste sur France 2. Non sans équivoque.

A priori, les 2 prétendants à la Présidence de la République affichent la même position, qui est celle du PS : retour aux 60 ans pour l’âge du droit à la retraite, mais avec maintien d’une durée de cotisation de 41,5 ans pour bénéficier d’une pension à taux plein.


Martine Aubry sur les retraites par martineaubry

Jusqu’ici, pourtant, tous les candidats à la primaire socialiste ont toujours entretenu le flou sur la question des retraites comme nous l’évoquions sur ce blog dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée »

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir, avant le 1er tour, d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS sur le site web de Rue 89.

Mercredi soir, c’est François Hollande qui s’est retrouvé gêné aux entournures.

Un débat lourd de sous-entendus

En citant un propos de Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, fin connaisseur du sujet (il est membre du Conseil d’Orientation des Retraites) et surtout conseiller retraites de l’élu corrézien, qui aurait parlé d’une retraite à 65 ans, Martine Aubry a jeté le trouble et mis en doute la volonté de Hollande de rétablir réellement l’âge légal de la retraite à 60 ans.

Alors que Hollande a affirmé son engagement de revenir à l’âge légal, Aubry lâche:

- «Cela veut dire que tu n’es pas d’accord avec Pascal Terrasse… qui te conseille sur ces questions, et qui vient de nous expliquer qu’il faut passer de 60 à 65 ans»…

- «Pascal Terrasse, précise David Pujadas, qui est un des proches de François Hollande..

- Aubry continue: «Il conseille François Hollande sur ces questions. Il y a une dépêche qui dit, j’ai pas bien compris, qu’il fallait porter l’âge légal de 60 à 65 ans. Je n’imagine pas que tu puisses être d’accord là-dessus…»

- Hollande: «Peut-être que tu as mal compris».

- Aubry: «Malheureusement, j’ai bien compris

Le débat s’arrêtera là, lourd de sous-entendus, souligne Libération.

«Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes »

Malgré le démenti agacé de l’intéressé sur son blog, le quotidien enfonce le clou en publiant sur son site web un enregistrement audio de l’intervention du conseiller de Hollande.

Interrogé par un participant sur le projet de revenir à la retraite à 60 ans, Terrasse fait d’abord rire l’auditoire en lâchant: «Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes.» Et sur la question de l’âge légal porté à 62 ans par la réforme de novembre 2010, il affirme ainsi: « Compte tenu de la situation de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieilless), et de ses déficits, je ne pense pas honnêtement qu’on reviendra sur la borne d’âge», avant d’évoquer un passage à 65 ans, résume Libération.

La guerre entre les 2 camps se poursuit désormais sur les réseaux sociaux entre militants par comptes Twitter interposés. Un nouveau vent de polémique qui nous laisse, hélas, face à nos retraites, comme des girouettes  : incapables de nous fixer avant de rouiller.

AB

Copyrights : Laura Mary sur Flickr

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr

Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde

Vendredi 7 octobre 2011

parti_socialiste_point_retraiteEnfin la question des retraites a été abordée par les candidats à la primaire socialiste cette semaine lors de leur 3e et dernier débat avant le 1er tour de scrutin ce dimanche. Et il était temps… de constater pour une fois sur ce thème, de véritables divergences entre les 6 prétendants comme nous l’avions déjà évoqué dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée ».

Tous les candidats ont beau avoir critiqué à l’unisson la réforme qui a porté l’âge de départ à 62 ans, « la plus injuste », selon Arnaud Montebourg. Tous ont aussi promis une prise en compte de la pénibilité ou des interruptions de carrière des femmes. Tous ont enfin évoqué de nouvelles sources de financement, rapporte le Figaro.

Désaccord sur le retour à la retraite à 60 ans

Mais sur la question du retour à un âge légal de départ à 60 ans, le vernis de l’entente cordiale a vraiment craqué. S’il est élu président, François Hollande a promis que « ceux qui ont 41, ou 41,5 ans de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans. Ce principe sera effectif. » Il annonce aussi une négociation en 2013.

Martine Aubry est sur la même ligne, celle du projet du PS : elle veut permettre à ceux « qui ont commencé à travailler tôt de partir à taux plein à 60 ans ». Quant à ceux qui voudraient partir à 60 ans sans avoir leurs annuités : « Ils n’auront pas leur retraite à taux plein. » Moins claire, Ségolène Royal s’engage sur le symbole : « Le retour à 60 ans sera inscrit à mon premier Conseil des ministres. » Seul Manuel Valls a tenu à préciser les choses : « Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle avait été instaurée. »

Quant au candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet, pas lié par un programme socialiste qui promet le rétablissement d’un départ à la retraite à 60 ans, il ambitionne carrément de changer profondément le modèle français, en s’inspirant de la Suède, note le JDD.

Qu’est-ce qu’alors que ce système de retraites par points adopté par les Suédois ? Chaque salarié y dispose d’un compte retraite virtuel, sur lequel s’additionnent des points, dont la valeur peut varier avec le temps. En outre, le calcul s’effectue tout au long de la carrière, et non sur les dernières années. Une petite partie de la cotisation salariale (2,5 % sur 18,5 %) est placée sur des comptes de capitalisation. Enfin, en s’ajustant automatiquement en fonction de l’âge de la population et de l’espérance de vie, le système suédois évite les dérapages.

“La retraite par points encore pire que les 62 et 67 ans”

Mais le système de retraites par points n’est, ni une nouveauté, la plupart des régimes complémentaires en France l’utilisent déjà, ni une solution miracle.

Il y a déjà 2 ans, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. La question du niveau des transferts entre actifs et retraités reste donc posée, comme le sont aussi d’autres questions primordiales qui risquent d’être occultées par une réforme d’apparence technique. »

En clair, explique par ailleurs le magazine Notre Temps, dans un tel régime, le montant de la pension ne peut être connu qu’au moment du départ à la retraite, grâce à la valeur du point en vigueur à cette date. Or, cette valeur peut être une variable d’ajustement pour compenser d’éventuels déséquilibres du régime. Dans l’absolu, et sans garanties précises, la valeur du point pourrait donc chuter et réduire le montant des retraites.

Même le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a étudié en 2008 le modèle suédois, souligne qu’il fonctionne en bénéficiant de perspectives démographiques et d’une situation de l’emploi très favorables. De plus, le système de retraites public suédois était déjà unifié avant la réforme, ce qui n’est pas le cas en France.

Pour enfoncer le clou, sur son blog, Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste affirmait il y a près d’un an : « Le Medef la veut (et il n’est pas seul hélas) : la « retraite par points » encore pire que les 62 et 67 ans ! »

Bref le système de retraites par points a tout d’une fausse bonne idée.

Pendant ce temps-là, des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l’Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat, signale 20 minutes.

Pas sûr que le débat de la veille et la cacophonie des propositions des candidats à  la primaire socialiste les ait vraiment rassurés. Peut-être que la politique en général et l’avenir des retraites en particulier est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques ?

AB

Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : “On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à “la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible” comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : “Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition”.

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

Copyrights : Parti socialiste sur Flickr