Archive pour le mot-clef ‘inflation’

Retraite complémentaire : Noël au charbon, pâques… à la privation

Vendredi 14 décembre 2012

« Les retraités devront malheureusement se serrer la ceinture. (…) plutôt que de voir disparaître à terme les complémentaires », a déclaré Philippe Pihet, président FO de l’Arrco ce vendredi matin sur Europe 1. 

Une véritable première pour les retraites complémentaires qui ont toujours suivi l’inflation. Les partenaires sociaux envisagent en effet de revaloriser les pensions mais à un rythme moindre que l’inflation. Pas de Père Noël donc pour les retraités qui doivent se préparer à un régime minceur inévitable l’an prochain.

Concrètement, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%. Autrement dit le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Un déficit de 10 milliards d’euros en 2017

Mais les caisses de retraite complémentaire économiseraient ainsi près de 800 millions d’euros par an. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Il faut donc sauver le « soldat Agirc-Arrco », la part complémentaire des pensions de 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé. Car elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. L’Arrco, pour tous les salariés, a versé l’an dernier près de 38 milliards d’euros de prestations. L’Agirc, réservée aux cadres, a versé 18 milliards. A ce rythme-là, les réserves de ces régimes de retraite complémentaire fondent comme neige au soleil et seront à sec, respectivement en 2016 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco, souligne les Echos.

Sauf que cette moindre revalorisation s’ajoute à la future « taxe dépendance » de 0,3% dès le 1er avril 2013 sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2.

« Les retraités du secteur privé qui sont les seuls touchés ne sont pas prêts à l’accepter. Je crois que le sentiment que l’on peut éprouver est un sentiment d’écœurement parce qu’un régime de retraite ça se pilote à long terme. On n’attend pas d’être au bord du précipice pour prendre des mesures d’urgence », s’est insurgé François Bellanger, Président de la Confédération Française des Retraités, à la mi-journée sur Europe 1.

Si rien n’est encore signé puisque syndicats et patronat se sont donnés jusqu’en mars pour aboutir, ce principe d’un coup de frein à la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation semble malgré tout acquis et pourrait perdurer.

Une hausse des cotisations à craindre

Mais pas sans condition. Tous les syndicats qui se sont résignés, excepté la CGT, réclament en contrepartie une hausse des cotisations patronales pour certains et des mesures pour épargner les retraités les plus modestes pour d’autres. Une hausse de cotisation de 0,1 point, rapporterait un peu moins de 600 millions, explique le site du quotidien économique.

Autrement dit, ce sont les salariés qui risquent au final de devoir mettre à nouveau la main à la poche pour les retraites complémentaires de leurs aînés sans avoir l’assurance totale de pouvoir en bénéficier au même niveau à leur tour, dans quelques années.

En attendant, le gouvernement veut rassurer.

« Le pouvoir d’achat est notre préoccupation, a réagi Pierre Moscovici, ministre de l’Économie sur Europe 1 ce matin. Ne vous en faites pas pour les retraités. Les Français savent et doivent savoir que ce gouvernement veut défendre leur pouvoir d’achat, a-t-il assuré. »

“Mettre les mains dans la machine, superviser… par Europe1fr

Mais entre vouloir et pouvoir… à moins de croire encore au Père Noël !

Les retraités vont-ils perdre en pouvoir d’achat ?

Mardi 10 juillet 2012

C’est la question soulevée à juste titre par le magazine LeParticulier.fr suite à la publication, cette semaine, du rapport 2012 de la Cour des comptes. En effet, la Cour des comptes recommande que 33 milliards soient économisés en 2013. Mais si d’aventure, la croissance économique était nulle l’an prochain pour le pays, ce serait même… 44 milliards qu’il faudrait épargner, selon  le journal LeParisien.fr.

Des sommes qui donnent le tournis… et qui s’inscrivent dans une certaine angoisse de la population. Que note par exemple un récent sondage Louis Harris (relayé sur terrafemina.com), pour qui “Les Français considèrent comme prioritaires la retraite et la protection sociale (…) pour 60%”.

En somme il s’agit d’une rigueur dont on ne veut simplement pas prononcer le nom, analysent les observateurs qualifiés.

Bientôt l’abandon de l’indexation des retraites sur l’inflation ?

Le simple trou de la Sécu devrait atteindre lui 14,5 milliards d’euros. C’est plus que prévu, pour le régime général dont la retraite est l’une des branches.

« Côté recettes, le chômage limite la progression de la masse salariale, donc des cotisations sociales. Côté dépenses, l’inflation entraîne une hausse des pensions de retraite », explique LeFigaro.fr

Seule solution dans ce contexte : revenir sur l’indexation annuelle des prestations de retraite en abandonnant la référence à l’inflation.

« La réforme de 2010 et son accélération décidée en 2011 ont fixé le cadre de l’évolution à moyen terme des dépenses. Une maîtrise accrue des dépenses, si elle s’avérait nécessaire, pourrait, à court terme, porter sur les mécanismes d’indexation des pensions comme l’ont fait de nombreux pays européens », recommande la Cour des comptes.

C’est effectivement ce qu’a fait par exemple l’Italie en sacrifiant les retraités sur l’autel de la rigueur. (voir à ce sujet le post « Retraites en Italie : les larmes en attendant le sang ? »)

On se souvient des larmes d’Elsa Fornero, ministre Italienne du travail, qui avait craqué quand elle a admis que les retraites ne seraient plus indexées sur l’inflation à partir de 2012, sauf pour les deux plus basses tranches de revenus. Bref, la baisse programmée du pouvoir d’achat des retraités italiens. 

La part de rigueur

En France, certaines voix à l’image du très médiatique chef d’entreprise, Charles Beigbeder, réclament depuis longtemps que les retraités prennent leur part de rigueur. (voir à ce sujet le post « Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste »)

Ainsi, l’application d’une augmentation en fonction de l’inflation serait abandonnée, au profit d’une indexation différenciée selon l’importance des pensions, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes. À l’instar des prestations familiales en 2012, les pensions de retraite pourraient être indexées sur l’évolution de la croissance économique en France ou PIB (Produit intérieur brut).

Une revalorisation inférieure d’un point permettrait une économie de 750 millions d’euros pour le régime général de retraite, en 2013, analyse LeFigaro.fr

La balle est désormais dans le camp du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

AB

Retraités : pouvoir d’achat sauvé, vote convoité ?

Jeudi 29 mars 2012

Bonne nouvelle pour les 15 millions de retraités.

Ce dimanche 1er avril les pensions seront augmentées ainsi que le minimum vieillesse pour les 400 000 retraités les plus modestes qui en bénéficient. Une revalorisation de 2,1% des retraites du régime général et de 4,7% du minimum vieillesse, le portant à 777,16 euros par mois, ont annoncé hier les ministres de l’Economie, François Baroin, et du Travail, Xavier Bertrand dans un communiqué.

Concrètement, cette mesure tient compte de l’inflation constatée en 2011 (+2,1%) alors que l’inflation prévisionnelle pour l’an dernier n’avait été fixée qu’à 1,8%, soit une différence de 0,3%, souligne le communiqué publié à l’issue d’une Commission économique de la Nation. Elle prend aussi en compte une prévision d’inflation, hors tabac, pour 2012 de +1,8%, contre +1,7% jusqu’à présent.

Mais cette revalorisation n’est pas vraiment une surprise. Il y a quelques jours, les régimes paritaires de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) ont tenu compte aussi de l’inflation plus forte que prévu en 2011 et ont revalorisé les pensions de 2,3%. Même si le patronat avait un moment envisagé une revalorisation de seulement 1,56% pour tenir compte de la crise économique qui oblige ces régimes de puiser dans leurs réserves financières, mais avait dû y renoncer devant les protestations syndicales, rappelle le site du Nouvel Obs.

Ce n’est donc pas encore cette année que les retraités seront mis à contribution pour faire face à la crise et contribuer à la réduction des dépenses publiques, comme le suggèrent certains. (voir post « Déficit : les retraités pointés du doigt »)

“Oui, c’est un choix politique”

« Est-ce un hasard si ces augmentations interviennent à 25 jours de la présidentielle ? », s’interrogeait hier soir RTL

(Ecoutez la chronique)

C’est toujours intéressant à la veille d’un scrutin de faire plaisir à l’électorat âgé, celui qui vote le plus. Mais pour autant, il ne faut pas voir de la malice partout. Depuis 2009 la revalorisation des pensions de retraite et du minimum vieillesse ne se fait plus le 1er janvier mais le 1er avril. Ce n’est pas nouveau et ça permet de mieux prendre en compte le niveau d’inflation de l’année précédente. Quant au montant de cette hausse, en fait, il n’y a pas de coup de pouce pour les pensions. C’est la stricte application de la loi qui prévoit que les retraites suivent l’évolution des prix.

Juste de quoi maintenir le pouvoir d’achat des retraités, relativise donc la 1ère radio de France.

« On protège les retraités ? Ca fait de bons électeurs ? », demandait ce matin Jean-Pierre Elkabbach à François Baroin sur Europe 1.

« On protège le pouvoir d’achat qui est le moteur de la consommation, le moteur du développement économique de notre pays. On n’a pas désindexé les retraites sur l’inflation, on n’a pas désindexé les prestations sociales pour protéger les plus fragiles. Oui, c’est un choix politique. », a répondu le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.


Baroin : “On a besoin de stabilité pour la… par Europe1fr

Seule inquiétude : la bonne prise en compte par les systèmes informatiques de cette revalorisation annoncée trop tardivement selon certains syndicats.

Effectivement, le moindre bug dans l’intégration de cette hausse des pensions retraite et du minimum vieillesse serait un bien mauvais poisson d’avril…

AB

Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste”

Jeudi 12 janvier 2012

charles_beigbeder _retraite_Brian_Auer_flickrC’est l’un des chevaux de bataille du très médiatique chef d’entreprise, Charles Beigbeder, qui vient de publier Puisque c’est impossible, faisons-le aux éditions JC Lattès.

En 15 ans, l’homme d’affaires a créé 5 entreprises dans des domaines différents comme Happytime (société de réservation de loisirs) ou Poweo (production et fourniture d’électricité) tout en étant déjà investi dans des activités syndicales pour Croissance plus et le Medef. Il se lance désormais en politique.

L’entrepreneur, également secrétaire national de l’UMP est en effet pressenti pour être le candidat de la majorité dans le 12e arrondissement de Paris aux prochaines élections législatives.

« Les retraités doivent prendre leur part de rigueur »

Voilà quelques-unes des idées que Charles Beigbeder propose de mettre en place rapidement :

  • Définir un nouveau contrat entre l’État et le citoyen afin de replacer l’État à sa juste place.
  • Rétablir des mécanismes de transmission en refaisant de l’autorité, de l’exemplarité et de l’excellence les fondements de l’école.
  • Une fiscalité plus juste, plus simple et plus lisible pour les citoyens et les entreprises…

Et donc, notamment, demander quelques sacrifices, aussi, aux retraités.

« Les retraités doivent prendre leur part de la rigueur », avait-il déjà lancé, en décembre dernier, dans une tribune sur le site des Echos.

L’occasion, dans son billet, de féliciter les initiatives espagnoles et italiennes pour faire face à la crise. Notamment, en décidant de geler la hausse, indexée sur l’inflation, des pensions de retraite. Une mesure de rigueur qu’il encourage pour la France. Charles Beigbeder l’a confirmé, hier (10/01/12), sur les ondes de RMC dans l’émission « Les GG, les grandes gueules ».

Désindexer partiellement et temporairement les retraites de l’inflation

Le dirigeant a fait ses calculs. Selon lui, les retraites en France se montent à 270 milliards d’euros par an. Indexées sur l’inflation, à 2 %, cela représente 5 à 6 milliards d’euros supplémentaires par an. Ce qui fait un total de 30 milliards d’euros au bout de 5 ans.

« Ce que je suggère, c’est de désindexer partiellement et temporairement les retraites de l’inflation. Parce qu’on n’a plus les moyens de continuer à les augmenter mécaniquement. Pas pour les retraites les plus faibles mais pour les retraites au-delà de 1 000/1 500 € par mois. Tout le monde doit faire des sacrifices. », a insisté Charles Beigbeder sur RMC.

« Des simulations montrent que désindexer les retraites au-delà de 1 000 euros par mois rapporterait environ 68 milliards sur la période 2012-2017, soit plus de 13,5 milliards par an. », affirmait-il déjà dans sa tribune.

Une position qui a provoqué une vive réaction de la Confédération Française des Retraités (CFR) qui demande, par le biais d’un communiqué de presse, s’il s’agit d’un début de programme électoral, ajoutant que « Monsieur Beigbeder semble bien mal connaître son dossier. »

L’appropriation par l’Etat d’une partie des cotisations retraite ?

La Confédération Française des Retraités rappelle que la très grande masse des retraites est financée non par l’Etat mais par des cotisations payées par les entreprises et les salariés. Seules les retraites versées aux fonctionnaires (60 milliards d’euros par an toutes fonctions publiques confondues) sont pour leur plus grande part financées sur fonds publics. Il en est de même du déficit du régime général du secteur privé (6,4 milliards d’euros en 2011 mais en voie de résorption par les mesures prises en 2010 et 2011).

« Monsieur Beigbeder proposerait-il sans le dire explicitement l’appropriation par l’Etat d’une partie des cotisations versées par les entreprises et les salariés ? », s’interroge ainsi l’organisation.

“Les actifs et retraités apprécieront avec les conséquences électorales que l’on peut imaginer !” conclutla CFR.

AB

Pour compléter : revoir l’infographie EcoView sur la réforme des retraites en France (juillet 2011).

TVA sociale : quelles conséquences pour les retraites ?

Jeudi 5 janvier 2012

tva_sociale_retraite_Keith_LaverackNicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat débat, jusqu’ici, de la campagne présidentielle.

En évoquant, lors de ses vœux aux Français, l’idée d’une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale, le Président de la République a savamment jeté le premier os à ronger de cette nouvelle année qui débute pour la meute de politiques, syndicalistes, journalistes et autres observateurs et commentateurs de tout poil.

« Nous sommes l’un des pays européens dont la part des cotisations rapportées aux salaires est l’une des plus élevées. », justifie Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’analyses Asterès sur le site de La Croix.

Travail et protection sociale coûtent trop cher

C’est ainsi que pour certains économistes, notre système, hérité des Trente Glorieuses, de financement de la retraite ou de l’assurance-maladie, notamment, par les cotisations assises sur les salaires est devenu insatisfaisant, poursuit le quotidien.

À la fois parce que le coût de la protection sociale est amené à exploser en raison du vieillissement de la population – le « trou » de la Sécurité sociale pourrait atteindre près de 14 milliards d’euros en 2012 – et parce que le coût du travail est trop élevé pour que l’économie française soit compétitive. Déjà, Michel Rocard, avait institué en 1990 la contribution sociale généralisée (CSG) pour que le travail ne soit pas le seul financeur de la protection sociale.

Le principe d’une TVA sociale consiste donc à transférer une partie du financement de notre protection sociale par le travail, sur la consommation en la taxant davantage par le biais de son impôt indirect : la TVA.

Or, spontanément, qui dit augmentation dela TVA, dit augmentation des prix donc baisse du pouvoir d’achat, selon moi.

« Cette TVA sociale s’analyse à la fois comme une mini-dévaluation – on renchérit le coût des importations et on baisse celui des exportations – et une minidéflation salariale. On réduit à la fois le coût du travail pour les entreprises et le pouvoir d’achat des salaires ce qui est économiquement équivalent à une diminution des salaires. En mettant aussi au passage à contribution les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs. », anticipe même Alain Madelin dans Les Echos.

« Ce ne sont pas les produits importés qui paient l’impôt mais les consommateurs de ces produits — Mettez une taxe sur les vaches, ce ne seront pas les vaches qui la paieront — dit l’adage. La même facture sociale restera payée par le même nombre de Français », prédit l’ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé.

Les retraités protégés en cas d’inflation ?

« Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale », promet au contraire François Bellanger, le président de la Confédération française des retraites, interrogé par La Croix.

« L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés. En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé. », rassure-t-il.

Le débat ne fait donc que commencer. Les partisans d’une substitution de la TVAaux cotisations sociales soulignent son caractère favorable à l’emploi et sa neutralité vis-à-vis du financement de la sécurité sociale. D’autres considèrent qu’une telle réforme acte le fait que le futur accroissement des dépenses sociales ne pourra être financé que par une augmentation des cotisations, observe politiquessociales.net.

Recourir davantage à la protection individuelle ?

Selon ce site Québécois de veille sur les politiques sociales et la mondialisation, l’exemple allemand est éclairant.

« Loin d’être équilibré, le “paquet TVA” se solde par un supplément net de recettes pour l’État de l’ordre d’un peu moins de 0,4 point de PIB, dont plus de la moitié est supportée par les ménages, via la hausse de l’inflation. L’Allemagne est l’un des pays de l’UE où les inégalités salariales sont désormais parmi les plus élevées. La mesure mise en place en janvier 2007 en Allemagne s’inscrit en fait dans la suite logique des réformes antérieures de l’assurance chômage et de l’assurance invalidité vieillesse : elle ne fait qu’entériner le choix de limiter la part des ressources nationales affectées aux régimes sociaux contributifs, de favoriser le recours croissant à la protection individuelle, au risque de développer de la pauvreté et de fragiliser une cohésion sociale déjà bien malmenée depuis une dizaine d’années en Allemagne. », conclut Odile Chagny, chercheur affilié à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques).

Bref, un constat bien éloigné de la promesse sociale d’une nouvelle TVA.

Alors qui croire ?

AB

Retraites en Italie : les larmes en attendant le sang ?

Mardi 6 décembre 2011

L’image a fait le tour du monde. Les larmes de la ministre italienne du travail, Elsa Fornero, sont bouleversantes. Et pas franchement rassurantes.

Que penser en effet des sanglots d’une responsable politique annonçant des mauvaises nouvelles ? Compassion exagérée, aveu d’impuissance ou certitude d’un avenir encore plus sombre ?

Car « Elsa Fornero n’est pourtant pas une enfant de choeur. Economiste de premier plan, elle est l’une des femmes les plus influentes d’Italie. D’obédience libérale, elle a consacré toutes ses recherches aux questions sociales et notamment aux retraites. », rappelle Marianne2.fr.

Une chose est sûre, cet instant fait froid dans le dos des Européens en général et, nous, Français en particulier. Alors imaginons ce qu’ont du ressentir les Italiens à l’annonce de cette nouvelle cure d’austérité de 20 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 60 milliards d’euros d’efforts qu’on leur a déjà réclamés depuis le début de l’année. Et notamment les retraités, véritablement sacrifiés sur l’autel de la rigueur.

« Il n’y aura ni sang ni larmes », avait pourtant promis Mario Monti, le président du Conseil italien au moment de sa prise de fonctions, rappelle Courrier International.

« Il y aura quand même eu les larmes », constate l’hebdomadaire en reprenant le titre du quotidien communiste Italien l’Unità : « Il y a de quoi pleurer ».

Poids sur les retraites

Effectivement, ces nouvelles mesures de rigueur vont peser particulièrement lourd sur les retraités.

Le gouvernement de Mario Monti veut relever, dès janvier 2012, la durée des cotisations retraite. Fixée actuellement à 40 ans, elle passera à 41 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes. L’âge de départ des femmes du secteur privé sera porté à 62 ans dès l’an prochain et aligné sur celui des hommes, soit 66 ans, à partir de 2018.

Par ailleurs, le montant des pensions de retraite sera calculé sur la base de l’ensemble de la carrière et non plus sur les derniers salaires perçus.

Elsa Fornero a craqué quand elle a admis que les retraites ne seraient plus indexées sur l’inflation à partir de 2012, sauf pour les deux plus basses tranches de revenus. Bref, la baisse programmée du pouvoir d’achat des retraités.

Et ce n’est pas la reprise gênée de la parole par Mario Monti en soulignant avec une légère pointe d’ironie combien “la ministre a transmis avec efficacité la notion de sacrifices”, rapporte le Figaro, qui rassurera quiconque.

Il y a déjà 3 semaines, le nouveau 1er ministre grec, Lucas Papademos a promis du sang et des larmes à la Grèce pour rester dans l’euro. En Italie, déjà les larmes. Alors à quand le sang ?

AB