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Réforme des retraites : fonctionnaires et retraités dans la ligne de mire

Mercredi 5 juin 2013

A peine dévoilées par LeFigaro.fr, les grandes lignes de la future réforme des retraites esquissées par la commission Moreau font déjà l’effet d’une bombe.

Le rapport de Yannick Moreau qui sera remis au gouvernement de Jean-Marc Ayrault la semaine prochaine, contient en effet des propositions explosives. U

ne série de mesures mettant tous les Français à contribution, y compris les fonctionnaires et… les retraités, eux-mêmes !

Financement des retraites : les retraités mis à contribution

Pas de réforme profonde du système de retraite par répartition ni de grand ménage dans les différents régimes de retraite, mais des mesures d’urgence pour redresser les comptes.

Ces pistes pour la réforme des retraites, qui devrait intervenir fin septembre, font malgré tout grincer des dents sur les réseaux sociaux, du simple “twitto” aux responsables politiques et syndicaux :

Les retraités, en premier lieu, vont devoir mettre la main à la poche pour pérenniser le système dont ils dépendent. Avec 2 propositions phares : 

  • aligner la CSG des retraités sur celle des actifs
  • supprimer l’exonération d’impôt de 10% pour frais professionnels dont ils bénéficient à l’heure actuelle.

Les fonctionnaires sont également concernés par le rapport Moreau qui préconise que les pensions de ces derniers soient calculées sur les traitements des 10 dernières années et non plus des six derniers mois.

En contrepartie, les primes, qui représentent une grande partie de la rémunération des fonctionnaires de certains ministères – jusqu’à la moitié pour certains agents de l’Économie – , seraient mieux prises en compte dans le calcul.

Mais, personne finalement n’est épargné par les propositions envisagées.  En effet, les actifs seraient également mis à contribution en travaillant plus avec un allongement de la durée de cotisation pour pouvoir toucher une retraite à taux plein.

Par ailleurs, le rapport propose également une hausse de 0,3% de la cotisation patronale déplafonnée. Celle-ci augmenterait ainsi de 1,6% à 1,9% pour les employeurs. Et les employés, pour leur part, pourraient subir une sous-indexation de leurs salaires pour le calcul de leur retraite. C’est à dire qu’ils cotiseraient 100 euros mais ne généreraient que 95 euros de droits à la retraite. Un mécanisme déjà en place dans les régimes complémentaires des salariés et des cadres Agirc et Arrco, explique LeFigaro.fr

“Les réformes des retraites ont toujours mis les Français dans la rue”

Sorte de boîte à outils, le gouvernement aura ainsi tout le loisir de piocher dans ce rapport Moreau, les décisions qu’il souhaite prendre suite à la conférence sociale des 20 et 21 juin prochain qui réunira les partenaires sociaux. Mais aussi les mesures politiquement acceptables car la rentrée pourrait s’annoncer très chaude pour le gouvernement.

“Ce n’est pas la joie”, résume Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC. “On est dans la droite ligne des réformes menées par la droite depuis 1993″, fustige Éric Aubin, le “M. Retraites” de la CGT, rapporte LeFigaro.fr.

Les réformes des retraites ont toujours mis les Français dans la rue parce qu’elles touchent profondément l’avenir que chacun s’imagine pour soi. François Hollande va devoir s’en prendre aux avantages, en tout cas, aux particularités de son électorat. Il joue gros“, prévient Eric le Boucher, directeur de la rédaction du magazine économique Enjeux-Les Echos dans sa chronique sur Europe 1 :

Toutes ces pistes peuvent encore évoluer d’ici la remise officielle du rapport, mais elles semblent déjà faire l’unanimité… contre elles.

AB

Les retraités, plus fourmis que cigales

Jeudi 31 janvier 2013

Les retraités dépensent moins, sauf pour l’alcool et le chauffage. C’est l’un des nombreux enseignements de « France, portrait social 2012 » publié par l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).

Avant le grand âge, les couples de retraités se préparent en effet à une autre phase de leur vie. Ainsi, les seniors épargnent davantage, ne voulant pas être à la charge de leurs enfants. Côté dépenses, les retraités renouvellent une dernière fois les équipements électroménagers de la maison. Ils adoptent ensuite, progressivement, une vie plus casanière. On est loin du cliché du retraité globe-trotter ou épicurien.

Pour certains, il ne reste que des miettes

En réalité, les dépenses des retraités liées au logement (loyer, charges, chauffage, électricité) augmentent, de même que leur recours aux services domestiques à domicile. En revanche, ils diminuent leurs dépenses alimentaires, à la fois à domicile et à l’extérieur, mais ils maintiennent leur consommation d’alcool. Enfin, ils dépensent moins pour les vacances ainsi que pour l’habillement.

Mais pour certains, une fois à la retraite, peu importe leurs envies, il ne reste que des « miettes ».

C’est ainsi que plusieurs exploitants agricoles de l’Aisne se sont manifestés il y a quelques mois, pour faire part à François Hollande de leurs conditions difficiles. Ces agriculteurs ont carrément envoyé des lettres contenant des miettes de pain au Président de la République pour protester contre leur maigre retraite.

Un geste symbolique qui n’a pas vraiment plu en haut lieu. Une enquête du parquet de Paris pour offense au chef de l’Etat, délit puni par la loi, a été ouverte. Le représentant des agriculteurs a été convoqué au commissariat, même si l’Elysée a formellement démenti avoir déposé plainte.

Les anciens exploitants agricoles en France revendiquent une retraite à 75% du SMIC, un taux qui n’est actuellement pas appliqué. En moyenne, un exploitant agricole retraité touche environ 770 euros par mois. Les exploitants demandent aussi la retraite complémentaire pour les épouses de retraités actuels.

Pas vraiment de quoi chanter tout l’été, mais apparemment, aller crier famine ne fait toujours pas recette…

AB

Retraites : une nouvelle réforme, vite !

Lundi 19 novembre 2012

Une majorité de Français (70%) estiment qu’il est nécessaire de faire une nouvelle réforme des retraites dans les deux ans qui viennent. Une personne sur 4 jugeant même cela tout à fait nécessaire. Tel est l’enseignement majeur du nouvel état des lieux de l’opinion des Français sur la retraite et sa préparation: en fait la dixième édition de l’Observatoire des retraites de l’Union Mutualiste Retraite (UMR) avec Liaisons sociales Magazine et Ipsos, rendu public à la fin octobre.

Revenons un peu sur ces chiffres. Le souhait est quasiment unanime car l’insatisfaction et l’inquiétude grandissantes quant à l’avenir des retraites sont partagées par toutes les catégories de population (72% des salariés du privé et 66% des salariés du public). On n’observe même pas de clivage politique sur cette question puisque sympathisants PS (69%) comme UMP (70%) jugent cela indispensable.

Une majorité de Français inquiets

Plus d’un Français sur 2 se disent inquiets en ce qui concerne leur santé ou leur accès aux soins (58% ; +20) ou leur capacité à vivre de façon indépendante (57% ; +20). Ils sont encore plus nombreux à se montrer préoccupés par leur niveau de vie (71% : +16) et plus précisément par le montant de leur retraite (76% ; +12).

Une inquiétude particulièrement élevée chez les femmes, les personnes âgées de 35 à 59 ans et les actifs occupés, par ailleurs très angoissés par le niveau des pensions. Ainsi, dans le détail, se disant inquiètes quant au montant de leur retraite :

  • 4 femmes sur 5 (81%);
  • 83% d’actifs;
  • 84% de personnes âgées de 35 à 59 ans.

Enfin, même si 86% approuvent le retour de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont suffisamment cotisé, les problèmes sont toutefois loin d’être résolus : une nouvelle réforme leur semble donc indispensable

Souhait d’une réforme en profondeur

Les Français, pourtant très remontés à l’époque de la réforme Fillon de novembre 2010, souhaitent aujourd’hui une nouvelle réforme selon ce nouvel Observatoire des Retraites. Pas une simple « réformette », qui plus est, mais une véritable mise à plat du système même s’ils restent fortement attachés au régime collectif en vigueur.

En effet, les interviewés se montrent très attachés à ce mode de fonctionnement : 69% estiment ainsi que le système de retraite doit rester collectif et solidaire, afin de limiter les inégalités entre les Français et garantir à chacun une retraite minimum. Les plus de 35 ans (72%), les salariés du secteur public (74%), les cadres (82%) et les sympathisants PS (81%) sont encore plus nombreux à le souhaiter.

Malgré tout, une large majorité des personnes interrogées souhaite voir conduire une réforme de grande ampleur, sans mettre de côté les sujets qui fâchent. Ainsi, 62% des Français pensent que si une réforme devait avoir lieu, il faudrait qu’elle modifie en profondeur le système de retraite en France, en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats (mode de calcul des pensions, harmonisation des régimes de retraite entre secteur public et privé, nouveaux prélèvements pour les retraités,…).

Autrement dit, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont un « boulevard » pour la concertation sur les retraites prévue à partir du printemps 2013. 

Enfin, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent d’ailleurs avoir épargné en vue de leur retraite.

Si vous en êtes, vous auss,i à l’heure de ces choix cruciaux, de quelle façon épargnez-vous pour préparer la vôtre de retraite ?

AB

Pour prolonger : vous pouvez consulter en ligne l’Observatoire Français des Retraites / UMR 10ème édition; les chiffres clés de l’UMR.

La difficile case chômage, en attendant la retraite

Mercredi 24 octobre 2012

46 900. C’est le nombre de chômeurs supplémentaires recensés en septembre dernier, portant à 3 057 900, le nombre de demandeurs d’emploi. Des chiffres dévoilés par le ministère du Travail aujourd’hui, qui confirment une tendance inquiétante : le nombre de chômeurs de 50 ans et plus progresse (+2,3%). Avec les jeunes de moins de 25 ans (+2,2%), les seniors encore actifs continuent de subir de plein fouet la crise économique.

« C’est comme un navire lancé en pleine vitesse », a justifié ce mercredi matin, sur Canal +, Michel Sapin, ministre de l’Emploi.

Comprendre : ce n’est pas demain la veille qu’il faut s’attendre à ce que la tendance s’inverse et que la situation s’améliore.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
La Matinale du 24/10 – Interview de Michel Sapin

Seuls comptent les trimestres cotisés

C’est une dure réalité pour des seniors qui cherchent déjà des trimestres à tout prix pour partir à la retraite, rapporte LeMonde.fr

Car, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est à dire travaillés, pour espérer partir en retraite anticipée au titre d’une carrière longue, explique le site du quotidien. Autrement dit, les trimestres validés, que l’on accumule en période de chômage comptent « pour du beurre » pour espérer bénéficier d’un départ à la retraite à 60 ans.

Ainsi, certains seniors, comme cet homme originaire de Lens qui témoigne, courent désespérément après une poignée de trimestres.

« On ne s’occupe jamais assez de sa retraite », résume-t-il en expliquant qu’avec 173 trimestres validés, mais 165 cotisés, à 59 ans, il a encore besoin de quatre trimestres pour prendre sa retraite malgré plus de quarante-trois ans de vie professionnelle.

Licencié en 2009, il n’avait pas prévu que la réforme des retraites de 2010 repousserait l’âge minimum légal pour partir. Pas prévu non plus qu’il serait si dur, à son âge, d’acquérir les trimestres manquants. Du coup, il a du faire des sacrifices, refaire son CV, oublier les 3 000 € bruts qu’il touchait en tant qu’agent de maîtrise pour aligner aujourd’hui les heures comme agent d’entretien dans une école lilloise. Ainsi, il espère pouvoir partir en retraite en 2013.

Bilan : au rythme de 86 heures par mois, payées au smic, cotiser ses quatre trimestres lui aura pris dix mois.

« Heureusement que j’ai réussi à trouver cet emploi l’année dernière avant de finir tous mes droits, se réjouit-il, il y a nettement moins d’offres cette année. »

“La société traite mal ses vieux”

Pour les moins chanceux, c’est la douche froide. Les chômeurs seniors en fin de droits se sentent totalement abandonnés, rapporte le site du Nouvel Obs. 

Plus d’allocation et pas encore l’âge légal de la retraite: à 59 ou 60 ans, sans perspective d’emploi, ils revendiquent un « juste retour » de la société, après toute une vie de travail.

Comme cette habitante du Doubs qui témoigne. Partie « l’esprit tranquille » lorsque son employeur, un équipementier automobile l’a licenciée à 55 ans, le DRH lui avait assurée qu’elle aurait 3 ans d’allocation chômage et l’AER (Allocation Equivalent Retraite) jusqu’à la retraite. Manque de bol, cette allocation accordée aux chômeurs de moins de 60 ans ayant leurs annuités pour faire la jonction entre chômage et retraite a été supprimée il y a 18 mois. Et l’âge de la retraite, bien sûr, a été reculé. Comme tous les seniors au chômage en fin de droits, elle doit se contenter de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 470 euros par mois dans le meilleur des cas pour un célibataire.

« La société traite mal ses vieux. On voudrait nous faire passer pour des assistés mais toute ma vie je me suis adaptée, j’ai fait mon travail correctement et aujourd’hui mon pays n’en a rien à cirer », déplore une autre.

La ministre de la Santé Marisol Touraine s’est engagée sur son blog à « traiter cette question importante » lors de la concertation sur les retraites en 2013.

De son côté, le ministère du Travail mise sur le contrat de génération, projet cher à François Hollande pour encourager à la fois l’embauche de jeunes et le maintien en activité des seniors.


François Hollande : «inverser la courbe du… par PartiSocialiste

Un projet de loi sera présenté en ce sens dès le 12 décembre au conseil des ministres pour permettre son déploiement début 2013, avec l’objectif de 500.000 embauches de jeunes en CDI au cours des prochaines années et le maintien dans l’emploi de 500.000 salariés plus âgés. Les retraites méritent, elles aussi, d’avoir un avenir, non ?

Mariage gay : et la retraite de réversion ?

Jeudi 13 septembre 2012

taubira ministre justiceChristiane Taubira a dévoilé hier dans un entretien accordé à La Croix, les grandes lignes du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe. Une promesse de Jean-Marc Ayrault, qui avait déclaré en juillet dernier qu’«au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l’adoption» serait «ouvert à tous les couples, sans discrimination».

Cela correspond d’ailleurs à ce que François Hollande, le Président de la République, s était engagé à faire, durant la campagne électorale.

Mais aucune précision de la part de la Garde des Sceaux sur la retraite de réversion qui deviendrait, par conséquent, un droit.

Mariage + Adoption = nombreux avantages à la retraite

Une avancée loin d’être anodine. En effet, à la perte de votre conjoint, seul le mariage vous permet d’obtenir, sous certaines conditions, une retraite de réversion. A ce jour, le concubinage ou le PACS n’accorde pas ce droit.

Ainsi, ce projet de loi sur le mariage homosexuel ouvrirait de fait ce droit à une retraite de réversion pour le conjoint survivant ayant au moins 55 ans. Une ressource non négligeable, égale à 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé. Sans parler des majorations éventuelles qui deviendraient également un droit, comme la majoration en cas d’adoption. Aujourd’hui, une majoration adoption de 4 trimestres par enfant mineur adopté est attribuée au titre de l’incidence sur sa vie professionnelle.

Autre droit qui s’ouvrirait avec ce projet de loi sur le mariage gay, l’allocation de veuvage, réservée aux conjoints survivants qui n’ont pas encore l’âge pour demander une retraite de réversion, c’est à dire 55 ans. Il s’agit d’une allocation attribuée pour une durée de 2 ans, dont le montant est unique et soumis à condition de ressources.

Le premier ministre a précisé que ce projet de loi sur le «mariage pour tous» serait présenté «fin octobre» en conseil des ministres. En espérant que cet aspect « retraite » du projet de loi soit enfin détaillé, ne serait-ce que pour les caisses qui vont devoir, de fait, revoir leurs calculs pour certaines pensions.

AB

La réforme de la réforme des retraites, c’est maintenant

Mardi 17 juillet 2012

Le dossier de la réforme des retraites connaîtrait-il à côté de la réforme fiscale mise en musique cet été, un énième rebond ? Une concertation sur les retraites à partir du «printemps 2013», c’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et il ne l’a pas fait n’importe où, puisque cela s’est passé en clôture de la grande conférence sociale, qui a réuni autour du gouvernement syndicats et patronat en début de semaine dernière. Voici ci-dessous les passage clés du discours du responsable politique :


EVENEMENT,Discours de Jean-Marc Ayrault lors de… par publicsenat

Le premier ministre a donné ainsi le coup d’envoi de la réforme… de la réforme des retraites qui n’a surpris personne. Et pour cause.

Une réforme systémique programmée depuis 2010

« Une réforme durable préservant le système des retraites par répartition », c’était l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle.

Mais surtout, « la réforme de 2010 avait mis sur les rails un rendez-vous en 2013 de réflexion sur une réforme systémique des retraites que tout le monde avait un peu oublié », rappelle la fondation IFRAP. 

« Malgré la réforme de 2010, le régime général est toujours en déficit de 6 milliards pour près de 100 milliards d’euros de prestations versées en 2012 », explique ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes.

« Au total, notre système est devenu incompréhensible et l’on ne sait plus exactement combien il coûte et ce qui relève de la cotisation/assurance-vieillesse et ce qui relève de la solidarité. Impossible également de définir le rendement de nos différents systèmes de retraite (combien de retraite pour 1 euro cotisé ?). D’ailleurs cette question est largement taboue et les études très peu publiées », déplore la fondation IFRAP.

Un « dossier rock ‘n’ roll »

Concrètement, Jean-Marc Ayrault a fixé un calendrier en 3 étapes successives, qui sont :

  1. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) remettra à la fin de l’année 2012 un état des lieux de notre système et de ses perspectives financières en étudiant notamment la question de l’équité du système, les déterminants du niveau des pensions et la transition emploi-retraite;
  2. Une commission ad hoc formulera au début de l’année 2013 différentes pistes de réforme ;
  3. Une concertation engagée à partir du printemps 2013 sur la base des conclusions de cette commission.

« Difficile de dire, à ce stade, s’il s’agira d’une « petite » réforme des retraites, visant surtout à limiter l’ampleur des déficits aggravés par la crise, ou si elle ira plus loin », s’interroge LesEchos.fr 

« Il semble qu’il y a, en tout cas on l’espère, une acceptation qu’on mette à plat et qu’on étudie notre proposition d’autres systèmes », a indiqué François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, partisan d’un système de retraite par points.

« On ne peut pas dire que le consensus existe. Il n’existait pas avant, je ne vois pas pourquoi il existerait demain », a commenté de son côté Jean-Claude Mailly, leader de Force ouvrière, qui met en garde sur ce « dossier rock ‘n’ roll ».

AB

Les retraités vont-ils perdre en pouvoir d’achat ?

Mardi 10 juillet 2012

C’est la question soulevée à juste titre par le magazine LeParticulier.fr suite à la publication, cette semaine, du rapport 2012 de la Cour des comptes. En effet, la Cour des comptes recommande que 33 milliards soient économisés en 2013. Mais si d’aventure, la croissance économique était nulle l’an prochain pour le pays, ce serait même… 44 milliards qu’il faudrait épargner, selon  le journal LeParisien.fr.

Des sommes qui donnent le tournis… et qui s’inscrivent dans une certaine angoisse de la population. Que note par exemple un récent sondage Louis Harris (relayé sur terrafemina.com), pour qui “Les Français considèrent comme prioritaires la retraite et la protection sociale (…) pour 60%”.

En somme il s’agit d’une rigueur dont on ne veut simplement pas prononcer le nom, analysent les observateurs qualifiés.

Bientôt l’abandon de l’indexation des retraites sur l’inflation ?

Le simple trou de la Sécu devrait atteindre lui 14,5 milliards d’euros. C’est plus que prévu, pour le régime général dont la retraite est l’une des branches.

« Côté recettes, le chômage limite la progression de la masse salariale, donc des cotisations sociales. Côté dépenses, l’inflation entraîne une hausse des pensions de retraite », explique LeFigaro.fr

Seule solution dans ce contexte : revenir sur l’indexation annuelle des prestations de retraite en abandonnant la référence à l’inflation.

« La réforme de 2010 et son accélération décidée en 2011 ont fixé le cadre de l’évolution à moyen terme des dépenses. Une maîtrise accrue des dépenses, si elle s’avérait nécessaire, pourrait, à court terme, porter sur les mécanismes d’indexation des pensions comme l’ont fait de nombreux pays européens », recommande la Cour des comptes.

C’est effectivement ce qu’a fait par exemple l’Italie en sacrifiant les retraités sur l’autel de la rigueur. (voir à ce sujet le post « Retraites en Italie : les larmes en attendant le sang ? »)

On se souvient des larmes d’Elsa Fornero, ministre Italienne du travail, qui avait craqué quand elle a admis que les retraites ne seraient plus indexées sur l’inflation à partir de 2012, sauf pour les deux plus basses tranches de revenus. Bref, la baisse programmée du pouvoir d’achat des retraités italiens. 

La part de rigueur

En France, certaines voix à l’image du très médiatique chef d’entreprise, Charles Beigbeder, réclament depuis longtemps que les retraités prennent leur part de rigueur. (voir à ce sujet le post « Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste »)

Ainsi, l’application d’une augmentation en fonction de l’inflation serait abandonnée, au profit d’une indexation différenciée selon l’importance des pensions, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes. À l’instar des prestations familiales en 2012, les pensions de retraite pourraient être indexées sur l’évolution de la croissance économique en France ou PIB (Produit intérieur brut).

Une revalorisation inférieure d’un point permettrait une économie de 750 millions d’euros pour le régime général de retraite, en 2013, analyse LeFigaro.fr

La balle est désormais dans le camp du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

AB

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années”, a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

L’Allemagne tacle la France sur la retraite à 60 ans

Vendredi 15 juin 2012

Lors du sommet du G8, à Camp David (USA)

C’est un véritable sermon qu’a adressé le ministre allemand des Finances à l’encontre du Président de la République, François Hollande. Dans un entretien publié mercredi dernier par le quotidien italien La Stampa, Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines personnes entrées tôt dans le monde du travail.

« En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué.

Une position encouragée d’ailleurs par le rapport publié cette semaine sur Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. (voir le post « Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées »)

« Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. », a critiqué le ministre allemand des Finances.

En comparaison, l’âge minimum légal de départ à la retraite est de 63 ans en Allemagne, après 35 ans seulement de cotisations mais pour toucher une pension avec décote. Pour une pension à taux plein, les deux pays sont en revanche plus proches puisqu’en France, la réforme des retraites prévoit de la faire passer progressivement de 65 à 67 ans d’ici à 2023. Ce que l’Allemagne prévoit également de réaliser d’ici à 2028, rappelle LeFigaro.fr.

L’Allemagne exhortée à remettre le moteur de l’économie en route

Le quotidien souligne par ailleurs que ce mercredi, François Hollande recevait les dirigeants de l’opposition socialiste allemande à l’Élysée. Une coïncidence qui pourrait expliquer le pourquoi d’une telle critique. De plus, l’Allemagne doit faire face ces temps-ci à un feu croisé de critiques. De Washington à Rome, en passant par Londres, les dirigeants du G7 appellent l’Allemagne à relâcher sa position à propos de la rigueur, ajoute LeFigaro.fr

Outre Manche et outre Atlantique, le célèbre quotidien économique The Economist a même demandé en Une à Angela Merkel de «remettre le moteur» de l’économie en route.

La chancelière allemande, stoïque, a répondu que l’arrêt des réformes structurelles du marché du travail en cours «serait fatal». Et de vanter le modèle allemand. Les résultats de l’Allemagne «ont montré qu’il s’agissait du bon chemin», a-t-elle insisté. Mais, a-t-elle reconnu, ces réformes «ont besoin de temps» pour agir sur la croissance, rapporte LeFigaro.fr

Quant à la réaction de la France aux critiques de l’Allemagne, seul Pierre Moscovici, pour le moment, a répondu lors d’une conférence de presse :

« En ce qui concerne les propos de monsieur Schäuble, je serai extrêmement bref : je ne fais jamais de commentaire sur la politique qui est menée en Allemagne, voilà. »

Pourtant, de gauche comme de droite, lors de la campagne présidentielle, les commentaires sur la politique menée en Allemagne allaient bon train. Tous élogieux. Mais ça c’était avant…

AB

Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées

Mardi 12 juin 2012

« Les gouvernements devront graduellement augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés »

Voici la dernière recommandation de l’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques dans un rapport publié cette semaine.

Sur le long terme, l’âge de départ à la retraite sera de 65 ans dans la moitié des pays de l’OCDE et de 67 ou 69 ans dans 14 pays. Des relèvements de l’âge de la retraite sont en cours ou prévus dans 28 des 34 pays de l’OCDE, indique ce même rapport.

De quoi, vous avouerez, nous laisser perplexe alors même que le gouvernement de François Hollande entérine le retour partiel de la retraite à 60 ans au lieu de 62 anspour celles et ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations.

« Faire tomber les obstacles à la poursuite d’activité au-delà de l’âge habituel d’accès à la retraite sera indispensable pour garantir à nos enfants et à nos petits enfants le bénéfice d’une retraite adéquate au terme de leur vie active », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría.

La raison d’une telle recommandation est que l’espérance de vie continue d’augmenter partout dans le monde. Au cours des 50 prochaines années, l’espérance de vie à la naissance devrait s’accroître de plus de 7 ans dans les économies développées, selon Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. 

« Promouvoir les pensions privées »

« Les gouvernements devraient donc envisager de lier formellement l’âge de la retraite à l’espérance de vie, comme au Danemark et en Italie, et redoubler d’efforts pour promouvoir les pensions privées », préconise l’OCDE.

Car relever l’âge de la retraite est nécessaire mais pas suffisant malgré tout pour maintenir le niveau des pensions de retraite à l’avenir. En effet, les personnes qui commencent de travailler aujourd’hui ne pourront pas espérer percevoir une pension de régime public de plus de la moitié de leurs revenus nets.n Alors que dans pratiquement les 13 pays qui ont rendu les pensions privées obligatoires, les retraités peuvent espérer percevoir une pension représentant environ 60 % de leurs revenus. Soit 10% de mieux !

« Plus généralement, réformer les allégements d’impôts de manière à encourager l’épargne retraite privée est également impératif, car les faibles revenus et les travailleurs jeunes sont beaucoup moins susceptibles de se constituer une pension privée », recommande aussi cette 1ère édition des perspectives de l’OCDE sur les pensions.

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Il n’est jamais ni trop tôt, ni trop tard pour bien faire…

AB