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Les Françaises et la retraite : les enfants d’abord !

Vendredi 28 octobre 2011

Si la femme est l’avenir de l’homme, comme le chantait Jean Ferrat, elle est plus pessimiste que lui, pourtant, quant à sa propre retraite.

La majorité des femmes françaises quinquagénaires (58%) associent, en effet, la retraite aux difficultés financières, contre seulement 36% des hommes du même âge, révèle une étude de HSBC sur l’avenir des retraites publiée cette semaine.

Les femmes plus vulnérables économiquement que les hommes

Forcément ! Elles sont bien moins loties que les hommes, selon Elle.fr :

« A cause des congés maternité ou parental créant des carrières en dents de scie, et du « plafond de verre » bloquant parfois les carrières féminines, les Françaises sont plus vulnérables économiquement que les hommes »

Un pessimisme qui ne date pas d’hier. Il y a un an déjà, lors de la réforme des retraites, beaucoup estimaient être les grandes perdantes de cette réforme dans cette vidéo de Mediapart.

Les femmes:principales perdantes de la réforme… par Mediapart

Mais à y regarder de plus près, cette situation déséquilibrée pourrait être moins subie qu’on ne le croit, selon Jean-Pierre Wiedmer, président d’HSBC Assurance sur le site de la Tribune :

« Les Françaises ne se posent pas la question de la retraite pour elles-mêmes et ce, quel que soit le niveau de leurs revenus. C’est seulement une fois qu’elles se sont préoccupées de leurs enfants, de leur famille et de leur maison qu’elles commencent à y penser »

Ainsi, l’étude révèle que 44% seulement des femmes ont déclaré avoir mis en place un plan financier pour leur avenir et celui de leur famille, contre 54% des hommes.

Peut-être parce que la répartition des postes de dépenses reste très traditionnelle, avance la sociologue Anne Muxel sur le site du Figaro :

« L’argent des femmes sert aux dépenses quotidiennes, il est beaucoup plus souvent mis en commun dans le foyer que celui des hommes.»

L’avenir des enfants, une priorité pour les Françaises

Mais si les femmes se préoccupent moins que les hommes de mettre de l’argent de côté pour leur retraite c’est encore pour leurs enfants. L’enquête montre, en effet, qu’assurer l’avenir de ses enfants est surtout une priorité pour les femmes.

Par exemple, 79% des Françaises jugent important de transmettre du patrimoine à leurs enfants, contre 58% des Canadiennes. De vraies mamans poules qui envisagent par ailleurs de vivre leur retraite non loin de leur famille. 3 Françaises sur 5 considèrent comme très important de vivre à proximité de leur famille à la retraite. C’est près de 60% contre 46% des femmes dans le monde. Preuve en est que la famille est une valeur refuge en France.

Pas certain que les belles-filles partagent également ce souhait avant de devenir elles-mêmes des belles-mères, bien sûr !

«Il faudrait que les femmes se réapproprient cette gestion financière à long terme, d’autant qu’elles vivent en moyenne six ans de plus que leur conjoint», conseille pour finir, Jean-Pierre Wiedmer, président de HSBC Assurances.

Car n’oublions pas que l’avenir est aussi un long passé… de fourmi !

AB

Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde

Vendredi 7 octobre 2011

parti_socialiste_point_retraiteEnfin la question des retraites a été abordée par les candidats à la primaire socialiste cette semaine lors de leur 3e et dernier débat avant le 1er tour de scrutin ce dimanche. Et il était temps… de constater pour une fois sur ce thème, de véritables divergences entre les 6 prétendants comme nous l’avions déjà évoqué dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée ».

Tous les candidats ont beau avoir critiqué à l’unisson la réforme qui a porté l’âge de départ à 62 ans, « la plus injuste », selon Arnaud Montebourg. Tous ont aussi promis une prise en compte de la pénibilité ou des interruptions de carrière des femmes. Tous ont enfin évoqué de nouvelles sources de financement, rapporte le Figaro.

Désaccord sur le retour à la retraite à 60 ans

Mais sur la question du retour à un âge légal de départ à 60 ans, le vernis de l’entente cordiale a vraiment craqué. S’il est élu président, François Hollande a promis que « ceux qui ont 41, ou 41,5 ans de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans. Ce principe sera effectif. » Il annonce aussi une négociation en 2013.

Martine Aubry est sur la même ligne, celle du projet du PS : elle veut permettre à ceux « qui ont commencé à travailler tôt de partir à taux plein à 60 ans ». Quant à ceux qui voudraient partir à 60 ans sans avoir leurs annuités : « Ils n’auront pas leur retraite à taux plein. » Moins claire, Ségolène Royal s’engage sur le symbole : « Le retour à 60 ans sera inscrit à mon premier Conseil des ministres. » Seul Manuel Valls a tenu à préciser les choses : « Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle avait été instaurée. »

Quant au candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet, pas lié par un programme socialiste qui promet le rétablissement d’un départ à la retraite à 60 ans, il ambitionne carrément de changer profondément le modèle français, en s’inspirant de la Suède, note le JDD.

Qu’est-ce qu’alors que ce système de retraites par points adopté par les Suédois ? Chaque salarié y dispose d’un compte retraite virtuel, sur lequel s’additionnent des points, dont la valeur peut varier avec le temps. En outre, le calcul s’effectue tout au long de la carrière, et non sur les dernières années. Une petite partie de la cotisation salariale (2,5 % sur 18,5 %) est placée sur des comptes de capitalisation. Enfin, en s’ajustant automatiquement en fonction de l’âge de la population et de l’espérance de vie, le système suédois évite les dérapages.

“La retraite par points encore pire que les 62 et 67 ans”

Mais le système de retraites par points n’est, ni une nouveauté, la plupart des régimes complémentaires en France l’utilisent déjà, ni une solution miracle.

Il y a déjà 2 ans, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. La question du niveau des transferts entre actifs et retraités reste donc posée, comme le sont aussi d’autres questions primordiales qui risquent d’être occultées par une réforme d’apparence technique. »

En clair, explique par ailleurs le magazine Notre Temps, dans un tel régime, le montant de la pension ne peut être connu qu’au moment du départ à la retraite, grâce à la valeur du point en vigueur à cette date. Or, cette valeur peut être une variable d’ajustement pour compenser d’éventuels déséquilibres du régime. Dans l’absolu, et sans garanties précises, la valeur du point pourrait donc chuter et réduire le montant des retraites.

Même le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a étudié en 2008 le modèle suédois, souligne qu’il fonctionne en bénéficiant de perspectives démographiques et d’une situation de l’emploi très favorables. De plus, le système de retraites public suédois était déjà unifié avant la réforme, ce qui n’est pas le cas en France.

Pour enfoncer le clou, sur son blog, Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste affirmait il y a près d’un an : « Le Medef la veut (et il n’est pas seul hélas) : la « retraite par points » encore pire que les 62 et 67 ans ! »

Bref le système de retraites par points a tout d’une fausse bonne idée.

Pendant ce temps-là, des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l’Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat, signale 20 minutes.

Pas sûr que le débat de la veille et la cacophonie des propositions des candidats à  la primaire socialiste les ait vraiment rassurés. Peut-être que la politique en général et l’avenir des retraites en particulier est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques ?

AB

Patrick Lelong : “Les points qui fâchent” dans la réforme (audio)

Vendredi 24 septembre 2010

Suite, sur le blog retraite, de notre entretien audio mené avec le journaliste Patrick Lelong, pour commenter la rentrée chaude du dossier des retraites. Il s’intéresse cette fois-ci à dresser un listing des “points bloquants” dans la réforme, votée à l’Assemblée Nationale le 15 septembre dernier, portant sur le financement des retraites en France.

Une réforme qui a poussé à nouveau les Français à la grève, à l’appel des formations syndicales, hier jeudi 23 septembre (cf : AFP).

Il détaille notamment à notre micro les inquiétudes et motifs de la mobilisation sociale sur :

  • le recul de l’âge
  • la condition des femmes (et l’éducation des enfants)
  • l’emploi (des seniors en premier plan)
  • enfin le calendrier politique

Pour prolonger : réécouter la première partie de notre entretien audio, sur l’avancée du dossier en cette rentrée. Vous pouvez aussi consulter le dossier “les points clés pour financer sa retraite“, publié sur le site de BforBank.

La femme est l’avenir… de la réforme des retraites?

Jeudi 23 septembre 2010

Vous l’avez sans doute noté aussi. Le bruit médiatique de ces derniers jours entourant la réforme des retraites se focalise largement sur la condition des femmes. Ou plutôt du rapport hommes/femmes face au travail, face à l’accès au temps de la retraite.

Ce matin, c’était même une certaine concentration, voire un tir cumulé. A commencer par l’interview de Laurence Parisot, patronne du Medef, au micro de Marc-Olivier Fogiel sur Europe 1. On sentait la patronne des patronnes gênée quelque peu, ou tout du moins besognant à gérer plusieurs discours simultanés : à devoir tenir en fait la double position d’une réserve face à la contestation de la réforme (et la grève), tout en admettant la problématique supportée par les femmes. Bref assumer son étiquette multiple de femme-patronne, femme-syndicaliste (des patrons), femme publique et féministe… Pas simple.

Au terme d’un périple de métro ce matin, parmi les journaux gratuits distribués (normalement, pas de rupture) sur Paris, rebelote : sur la une de 20 Minutes, ce titre en haut de page “Les inégalités hommes-femmes, enjeu de la réforme des retraites“. Est-ce à ce point l’”enjeu” de la réforme en cours mené par le gouvernement Fillon, ou un enjeu plus vaste?

Parisot était un peu mise sur la brèche par Fogiel (c’est le jeu de la tribune radio matinale), mais sa réflexion ne mérite t-elle pas le détour : faut-il en effet attendre le temps de la retraite et de son mode de calcul pour résoudre l’inégalité de traitement d’avec les hommes? Qui débute dès l’éducation, se poursuit dans le temps de travail, la vie en société et le cadre familial. Une sorte de continuité qu’il faudrait peut être gérer comme tel, ou coordonner les forces déjà en présence pour le faire.

De l’art et de la manière de débusquer un second sujet de société, dans un premier…

Pour prolonger : lire tous les articles “retraite” de BforBank.