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Quelle retraite après une carrière à l’étranger ?

Lundi 26 mars 2012

La multiplicité des régimes de base et des complémentaires ainsi que les savants calculs nécessaires pour déterminer le montant de votre future pension en France rendent la retraite plutôt complexe. Alors, imaginez, si vous ajoutez quelques années passées à l’étranger dans votre récapitulatif de carrière !

Heureusement, si vous avez travaillé en Europe, les systèmes de sécurité sociale des 27 pays de l’UE sont coordonnés ainsi que ceux d’Islande, Liechtenstein, Norvège et de la Suisse.

Pour comprendre comment fonctionne cette coordination, la Commission Européenne a réalisé cette vidéo en prenant un cas concret, celui d’un homme qui a travaillé 14 ans en Allemagne, 6 ans en Autriche et 21 ans en France jusqu’à l’âge de son départ à la retraite :

Expatriés d’Europe

Ce qu’il faut retenir :

  • Dans chaque pays, vos périodes d’assurance sont comptabilisées jusqu’à ce que vous atteigniez l’âge de la retraite
  • Chaque pays dans lequel vous avez été assuré pendant au moins un an vous versera une pension de vieillesse lorsque vous atteindrez l’âge de la retraite fixé par ce pays.

Autrement dit, si vous avez travaillé dans trois pays, vous percevrez trois pensions de vieillesse distinctes. Et vous recevrez votre pension quel que soit le lieu où vous séjournez ou résidez en Europe.

Votre pension sera calculée en fonction de vos périodes d’assurance dans chaque pays. C’est à dire que la somme que vous recevrez de la part de chacun d’eux correspondra à la durée de votre couverture de sécurité sociale dans ces pays.

Marche à suivre : si vous avez travaillé dans plusieurs pays, vous devez tout de même demander votre pension dans le pays où vous résidez, sauf si vous n’y avez jamais travaillé. Dans ce cas, vous devez présenter votre demande dans le pays où vous avez travaillé pour la dernière fois.

Enfin, d’une manière générale, les règles qui s’appliquent aux pensions de vieillesse valent également pour les pensions d’invalidité et les pensions pour époux survivants ou orphelins.

Expatriés hors de l’Union Européenne

Tout dépend du pays. Il faut savoir si la France a signé avec ce pays une convention bilatérale. C’est le cas pour une trentaine d’Etats, explique le guide de l’expatriation du site vivrealetranger.com. 

Pour connaître la liste des pays sous convention, vous pouvez vous rendre sur le site du Centre des Liaisons des Européennes et Internationales de la Sécurité Sociale (CLEISS).

Ces accords permettent de coordonner les droits de pension et chaque pays verse la part de retraite qui lui incombe, selon un calcul qui diffère selon la convention : calcul par totalisation-proratisation pour la plupart des cas ou la liquidation séparée des retraites.

  • liquidation par totalisation-proratisation : les années de travail accomplies dans chaque pays sont totalisées. La caisse va établir le montant des droits à pension comme si vous aviez effectué la totalité de votre carrière dans un seul pays ; ensuite, la caisse calculera le montant de la retraite à verser au prorata du temps passé respectivement dans chaque pays. Exemple : si vous avez travaillé 25 ans en France et 15 ans dans un pays signataire de convention, vous totalisez 40 années. Vous recevrez 25/40e de la pension complète de la part de la caisse française et 15/40e de la part de la caisse de l’autre pays où vous avez travaillé.
  • liquidation séparée : cette solution peut être adoptée si la convention le permet. Elle est avantageuse lorsque vos avez effectué la majeure partie de votre carrière en France.

Exemple : si vous avez travaillé 38 ans en France et 5 ans dans un pays signataire d’une convention, la liquidation séparée permet de toucher une pension complète émanant de votre caisse française, et une pension plus relative de la part du pays dans le quel vous avez effectué une partie minime de votre carrière.

Sinon, si vous avez effectué une partie de votre carrière dans un pays sans convention bilatérale avec la France, les différentes retraites sont liquidées séparément. Autrement dit, il faut être très attentif aux conditions émises par le pays d’accueil pour toucher sa retraite. Certains pays par exemple demandent à ce que le bénéficiaire soit résident.

S’assurer plus = s’assurer mieux

Le  guide de l’expatriation du site vivrealetranger.com conseille de souscrire à l’assurance volontaire auprès de la Caisse des Français de l’étranger, un organisme privé sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Solidarité, et du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

Pour ce qui est des retraites complémentaires, en plus de la retraite de base, vous pouvez cotiser soit auprès de vos caisses habituelles, soit auprès de caisses spécialisées qui sont la Caisse de Retraite des Expatriés (CRE) pour les employés ou l’Institution de Retraite des Cadres et Assimilés de France et de l’Extérieur (IRCAFEX) pour les cadres.

L’adhésion se fait soit à titre individuel, soit par le biais d’une entreprise.

Enfin, s’il vous manque des trimestres, vous pouvez également racheter des périodes d’activité à l’étranger auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse et ainsi bénéficier d’une retraite de base complète.

Bon à savoir : pour pouvoir calculer votre retraite, il vous faudra une preuve de salaire (fiches de paie, contrat de travail, coordonnées de vos employeurs). Pour les pays de l’UE, il est vivement recommandé de demander à chaque sortie du territoire un relevé de périodes de cotisation (ou relevé de carrière) auprès de la caisse vieillesse du pays concerné pour faciliter le calcul de votre pension, et de bien conserver votre numéro et/ou carte d’assuré locaux.

Alors ? Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ?

AB