Archive pour le mot-clef ‘employeur’

Retraite à 60 ans : ça passe pour les mères de famille et les chômeurs âgés

Jeudi 7 juin 2012

C’est donc hier matin, comme prévu que le dispositif sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt a été présenté en Conseil des ministres. Avec un geste pour les mères de famille et les chômeurs.

Dans le détail, le décret permettra aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations (166 trimestres pour ceux nés en 1955, un peu moins pour ceux nés avant) de partir à 60 ans à taux plein, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme des retraites de 2010, explique LesEchos.fr. Il s’agit donc d’une extension du dispositif « carrières longues » réservé jusque là à celles et ceux qui ont commencé à travailler au plus tard à 17 ans. Avec également un bonus au titre de la maternité et du chômage.

En clair, les mères de famille vont gagner deux trimestres supplémentaires considérés comme « cotisés » si elles ont eu trois enfants et plus au cours de leur carrière. Jusqu’ici elles ne bénéficiaient au maximum que de quatre trimestres additionnels.

De même, les personnes ayant connu le chômage, qui ne bénéficiaient jusqu’ici d’aucun avantage spécifique seront gratifiées de deux trimestres considérés comme cotisés. Ce qui devrait permettre à des seniors chômeurs de longue durée proches des 60 ans de pouvoir partir en retraite et de toucher leur pension alors que jusqu’ici ils doivent patienter avec de très faibles ressources entre la fin de l’indemnisation chômage et la retraite.

Le coût de cette mesure est estimé pour l’an prochain à 1,1 milliard d’euros financé par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1 point par an pour les salariés et pour les employeurs.

« Soit 1,60 euro pour quelqu’un qui gagne le smic, 2 euros pour quelqu’un qui gagne 1600 euros par mois », a détaillé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, en charge de ce décret.

« A terme, en 2017, la mesure coûtera moins cher que ce qui était prévu tout en concernant autant de personnes», a souligné la ministre, évaluant le montant à « environ 3 milliards d’euros » au lieu des 5 milliards initialement prévus.

Du coup la hausse des cotisations retraite salariale et patronale prévue n’atteindront pas 0,5% en 2017 mais seulement 0,25% pour les salariés et 0,25% pour les entreprises, de quoi donner des marges de manœuvre pour la partie assumée par les complémentaires, et rassurer le patronat très critique vis à vis de cette mesure.

Au total, ce sont 110 000 personnes qui seront concernées en 2013 par cette promesse électorale de François Hollande. Le décret qui doit être examiné notamment par le Conseil d’État, sera publié au Journal Officiel au début de l’été. Il entrera en vigueur au 1er novembre.

« Une mesure de justice » décevante pour certains syndicats

Pour Marisol Touraine, cette décision du gouvernement est clairement “une mesure de justice”.


Le gouvernement accorde 2 trimestres de plus… par BFMTV

Côté syndicats, en revanche, certains semblent rester sur leur faim, jugeant globalement insuffisantes ces annonces, rapporte Europe1.fr

« Au-delà de deux enfants c’est principalement les femmes qui ont eu un congé parental ou qui se sont mises à temps partiel. Et elles n’arriveront jamais, avec deux trimestres supplémentaires, à 41 ans de cotisations même si elles ont commencé à 18 ou 19 ans », a déclaré Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC.

« Pour les mères de famille de plus de deux enfants, deux trimestres supplémentaires, ça ne suffit pas, il en aurait fallu au moins quatre », a-t-elle estimé.

« C’est un décret à l’eau tiède », a réagi pour sa part Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière.

« Certes le gouvernement a décidé de prendre en compte deux trimestres supplémentaires pour les congés maternité et les chômeurs, mais c’est insuffisant », ajoutant que ce n’est « rien pour les chômeurs de longue durée ».

« C’est pourquoi nous allons continuer à peser, puisqu’il ne s’agit que de la présentation d’un projet. Ce n’est donc pas définitif », a poursuivi le leader FO, rappelant que le débat sur les retraites allait redémarrer sur l’ensemble du dossier, à partir de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

En effet, les partenaires sociaux, syndicats et patronat déjà consultés sur ce thème il y a quelques jours, seront à nouveau sollicités pour se prononcer sur le texte définitif avant que ce dernier ne soit publié au Journal officiel, probablement à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, explique LeFigaro.fr

Un retour à la retraite à 60 ans pour tous est exclu

L’opposition, de son côté, dénonce une vraie « folie ». Reprenant son discours d’avant hier sur TF1, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a tenu à “alerter les Français sur les folies” que constituent les “cadeaux électoraux” du gouvernement, qui vont selon lui conduire à “une hausse massive des impôts”.

“Pour 100 000 personnes qui vont effectivement avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite à 60 ans, il y aura des millions de personnes qui vont payer plusieurs centaines d’euros de cotisation retraite supplémentaires” par an, a estimé pour sa part Valérie Pécresse sur Europe 1.


Aubry ” véritable ministre des Finances de… par Europe1fr

Mais qu’on se le dise, l’avenir de nos retraites ne s’arrête pas à ce cadeau bonus. Un débat plus global sur les retraites est prévu en juillet au cours d’une grande conférence sociale et dont les préparatifs ont commencé mardi, à Matignon. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault y a reçu les partenaires sociaux.

Mais Michel Sapin, le ministre du Travail, a d’ores et déjà exclu un retour à 60 ans pour tout le monde :

“Chacun sait très bien qu’aujourd’hui, ce n’est pas possible”, rapporte Europe1.fr

A bon entendeur…

AB

Epargne retraite : bravo les PERCO !

Jeudi 19 avril 2012

Quel succès pour les PERCO !

Les Plans d’Épargne pour la Retraite Collectif se portent à merveille. Une forme olympique, même ! Avec des chiffres records pour 2011 communiqués dernièrement par l’Association Française de la Gestion Financière :

  • l’encours atteint 5 milliards d’euros, en augmentation de 25 %
  • le nombre d’entreprises équipées atteint 148.000, en hausse de 20 %
  • le nombre de salariés adhérents est de 964.000, en hausse de 39 %

Et dire que sur la même période, le CAC 40 s’est déprécié de 17 % !

Cette progression des PERCO confirme ainsi l’engouement des salariés mais aussi des dirigeants pour les solutions d’épargne retraite au sein de l’entreprise. Comme le révélait le dernier baromètre Tendances Epargne et Retraite Entreprises (TE&RE) réalisé par Altedia et BNP Paribas E&RE. (voir le post « Les politiques aboient et la caravane de l’épargne retraite en entreprise… se surpasse ! »)

Pour rappel, le Perco permet aux salariés et dirigeants d’entreprises du secteur privé de se constituer un complément de retraite, grâce à une épargne volontaire, qui peut être abondée par l’entreprise.

Dans le détail, l’âge moyen de l’adhérent est de 46 ans avec une proportion de 62% d’hommes et 38% de femmes détenant un encours de 5 187 euros, majoritairement alimenté par l’entreprise.

Au 31 décembre 2011, les flux d’alimentation des PERCO, en hausse de 18% sur un an, ont atteint 1,4 milliards d’euros et se répartissent ainsi :

  • Participation : 23 %
  • Intéressement : 16 %
  • Versements volontaires des salariés : 21 %
  • Abondement de l’entreprise : 40 %

Clé du succès : une fiscalité avantageuse

Une fiscalité avantageuse pour l’entreprise, évidemment.

« L’abondement de l’employeur ainsi que les gains (dividendes, plus-values) sont exonérés d’impôt sur le revenu, à condition d’être immédiatement réinvestis sur le Perco. Et lors de la sortie, seuls les prélèvements sociaux seront dus (au taux actuel de 13,5 % et de 15,5% au 1er juillet). », rappelle Capital.fr

Et l’entreprise peut se montrer très généreuse. Elle peut, en effet, verser l’équivalent de 3 fois le montant placé par le salarié, dans la limite de 5.819 euros en 2012.

Autre avantage pour les salariés, il est possible de récupérer son épargne (qui est bloquée jusqu’à cette date) soit sous forme de rente soit en capital.

De plus, un tiers des salariés bénéficient d’une gestion pilotée de leur PERCO, c’est-à-dire une gestion financière basée sur une désensibilisation programmée de l’allocation de leurs actifs au fur et à mesure de l’approche de la retraite. On n’est jamais trop prudent !

Par ailleurs, plusieurs mesures contenues dans la loi portant réforme des retraites du 9 novembre 2010 ont commencé à produire en 2011 un effet positif pour le développement des PERCO :

  • La moitié de la participation est automatiquement versée sur le PERCO sauf si le salarié préfère la percevoir immédiatement ou la verser sur son PEE ;
  • Les salariés peuvent verser cinq jours de RTT par an sur leur PERCO, si l’entreprise n’a pas mis en place de Compte Epargne Temps1 ;
  • Tous les PERCO proposent désormais une gestion de leur épargne pilotée en fonction de l’âge du salarié ;
  • Enfin, si une catégorie de salariés bénéficie d’un régime de retraite chapeau2, l’entreprise doit proposer à tous ses salariés un PERCO ou un autre dispositif d’épargne retraite.

Un levier de recrutement

Mais l’Association Française de la Gestion Financière souhaite aller plus loin. Dans ses propositions pour le développement de l’épargne salariale présentées aux candidats à l’élection présidentielle, l’AFG promeut l’idée d’une fiscalité qui encourage l’épargne de long terme utile pour le financement de l’économie. La priorité devrait être de poursuivre le développement des PERCO afin de permettre en particulier aux plus jeunes d’en bénéficier davantage et de drainer les sommes épargnées vers les entreprises, notamment les PME, pour qu’elles se développent et créent des emplois.

Ca tombe bien car ça correspond à une véritable attente de la part des jeunes comme le révélait il y a déjà 3 ans cette étude TNS Sofres « Les jeunes actifs et la retraite ».

« L’appétit des jeunes actifs pour ces plans collectifs est surtout manifeste lorsqu’on évoque la possibilité de procéder au déblocage anticipé des fonds pour l’achat de la résidence principale : pour eux, l’achat de la résidence principale est la 1ère disposition à prendre pour préparer sa retraite »

Surtout que de plus en plus le plan épargne retraite employeur risque de constituer un des rares leviers de recrutement. D’ailleurs 70% des jeunes salariés du privé ont déclaré qu’ils se renseigneraient à ce sujet dans l’optique d’un nouvel emploi.

1 sur 5 en ferait un de ses deux premiers critères de choix.

AB

Simulation retraite : votre relevé de situation en ligne

Mercredi 18 janvier 2012

calculer_retraite_Curious_Expeditions_FlickrExcellente résolution de la CNAV(Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) pour cette nouvelle année.

Désormais, un relevé en ligne récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les complémentaires. Quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler. Une véritable avancée dans le droit à l’information sur votre retraite créée par la réforme de 2003.

Le site lassuranceretraite.fr proposait déjà la consultation gratuite du “relevé de carrière” mais dans son seul régime des salariés de l’industrie, du commerce et des services. Désormais, vous pouvez également consulter votre “relevé de situation individuelle”, qui retrace l’ensemble de votre carrière professionnelle en listant le nombre de trimestres et de points acquis auprès de tous les autres régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire, ainsi que les rémunérations prises en compte dans le calcul du montant de votre retraite.

Mais aussi des informations relatives à des périodes ou à des événements qui ne peuvent être rattachés à une année donnée (par exemple : enfants ou service militaire) et/ou qui sont susceptibles d’influer sur l’âge nécessaire pour la liquidation ou sur le montant de votre retraite.

Un service très pratique car ce relevé peut faire l’objet d’une demande sur les sites internet de vos différents organismes de retraite obligatoire. Parallèlement, il continue d’être adressé systématiquement par courrier aux assurés de 35, 40, 45 et 50 ans.

Éviter les mauvaises surprises

Surtout, vous pouvez enfin vérifier qu’aucune période travaillée n’a été oubliée, de façon intentionnelle ou non, par un employeur ou un organisme.

En vous permettant d’avoir une vision globale de vos droits et de vous assurer que les informations détenues par les organismes de retraite sont complètes et correctes, vous pouvez dès aujourd’hui effectuer les démarches nécessaires pour éviter ainsi d’avoir de mauvaises surprises le jour de votre départ en retraite.

Enfin, les informations de votre “relevé de situation individuelle” vous permettront de faire une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, et d’avoir ainsi une idée concrète de ce que vous toucherez pour votre retraite.

Pour obtenir, en quelques minutes seulement, votre relevé de situation individuelle sur le site de la CNAV, lassuranceretraite.fr, il suffit de vous inscrire avec votre numéro de Sécurité Sociale, qui sera votre identifiant, tout simplement. Choisir un mot de passe. Confirmer votre inscription par retour du mail que vous aurez reçu.

En principe, votre relevé est édité immédiatement. Sinon vous serez informé de sa disponibilité dans un délai de 2 à 3 semaines.

À partir de là, en disposant de toutes les informations sur votre situation personnelle, comparez par exemple, grâce à notre Comparateur de solutions retraite les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

Il ne sera jamais trop tard pour mettre au point votre plan d’action afin de couler des jours heureux une fois à la retraite, du moins, d’être bien dans vos pantoufles.

Pour reprendre un proverbe chinois,

« Lorsqu’on achète des souliers, on s’informe du pied » !

AB