Archive pour le mot-clef ‘emploi’

Pension de retraite : sur le chemin de la parité hommes/femmes ?

Vendredi 11 janvier 2013

33% de moins. Tel est l’écart parlant des niveaux de retraite des femmes par rapport aux hommes constaté en 2009, selon le dernier numéro de Retraite et société publié par la CNAV. En 2029, cet écart serait encore de 24% !

Autant dire que la réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes semble un chemin bien long, sinueux et sans issue véritable. C’est pourtant l’un des objectifs de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme sur les retraites.

Plusieurs phénomènes sont avancés par cette publication pour expliquer ces écarts et cette réduction bien mince.

Après le 1er enfant…

Le chiffre : 38% des femmes arrêtent temporairement de travailler après leur 1er enfant. C’est surprenant par rapport à la vision de la société que l’on souhaiterait avoir. Mais le constat est là : les femmes sont moins nombreuses sur le marché du travail parce qu’elles assument un rôle encore dominant à la maison pour s’occuper des enfants et des tâches domestiques.

Pour les jeunes générations, s’il est désormais rare pour une femme de rester au foyer, il demeure fréquent qu’elle s’arrête temporairement de travailler après une naissance. Ainsi, 38 % des femmes ne travaillent pas après une première naissance, 51 % après une deuxième et 69 % après une troisième. De ce fait, l’activité des femmes continue de progresser mais à un rythme ralenti.

En outre, d’après les enquêtes Emploi du temps de l’Insee, la durée du temps domestique des femmes est encore supérieure de 70 % à celle des hommes (3 h 26 contre 2 h 00 par jour) et leur temps professionnel moindre. L’emploi à temps partiel s’est en effet largement répandu. Si 15 % des femmes étaient dans cette situation au début des années 1980, on en compte le double à la fin des années 1990 (depuis cette proportion est stable aux alentours de 30 %). Mais qui dit travail à temps partiel, dit salaire partiel et donc pension partielle.

Par ailleurs, les écarts de salaires persistent. S’ils diminuaient par le passé, ils ont pratiquement cessé de se réduire depuis le milieu des années 1990. Et, selon les projections, en 2029, les écarts rémanents de rémunération au cours de la vie active deviendraient alors la cause principale des différences de pension entre hommes et femmes partant au même âge.

Mais une part de la réduction des écarts pourrait venir aussi, non pas de la hausse des revenus des femmes, mais de la baisse des pensions des hommes. En effet, en comparant les résultats de 2029 à ceux de 2009, la part des hommes bénéficiant d’une retraite à taux plein au titre de la durée d’assurance est en forte baisse.

Reste une inconnue de taille : la population de retraités, hommes et femmes, célibataires ou divorcés/séparés dans les années à venir. Car sous l’effet de l’érosion du modèle du « couple marié stable », cette population ne sera plus composée uniquement de couples et d’individus veufs bénéficiant, au décès de leur conjoint, d’une pension de réversion qui modère la baisse de leurs ressources. Pour les retraités célibataires ou divorcés/séparés, cette pension de réversion ne jouera pas (ou peu).

Que retenir ? Les pensions de retraite des femmes vont, certes, progresser au fil des générations, mais sans, toutefois, rattraper celles des hommes. Et, en ignorant les évolutions démographiques et conjugales, bien malin qui peut prédire précisément les futurs écarts de niveau de vie à la retraite entre hommes et femmes. Si ce n’est que les femmes ont tout intérêt à bien préparer leur retraite.

AB

Pour prolonger :

  • intéressant point sur le blog de “Retraite plus” qui constate une inégalité hommes/femmes face aux maisons de retraite. Elles y sont plus nombreuses, avec des difficultés plus grande à en financer leur hébergement.
  • à noter aussi, au rayon des questions financières, qu’une égalité hommes/femmes est désormais posée juridiquement depuis le 21 décembre dernier, en matière de tarifs d’assurance.

Les retraités japonais, des kamikazes du boulot

Lundi 23 juillet 2012

Ce n’est pas vraiment pour passer le temps. Même s’il peut avoir tendance à s’écouler un peu trop lentement aux goûts de certains retraités. Mais, hélas, par obligation de gagner sa croûte. En effet, nombre de retraités Japonais préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles, nous apprend Kyoko Hasegawa, le correspondant de l’Agence France-Presse à Tokyo. 

Il y a quelques mois, les Japonais se distinguaient déjà avec une proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste dont nous nous sommes faits l’écho sur ce blog : taxer les beaux gosses pour financer les retraites !

Doubler les impôts des « beaux » et réduire ceux des « laids » pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

En 2060, 2 Japonais sur 5 auront plus de 65 ans

Car la 3ème puissance économique mondiale est une société plus que vieillissante. Aujourd’hui, plus d’un Japonais sur cinq a au moins 65 ans. En 2060, ce sera près d’un sur deux (40%) !

C’est l’une des proportions les plus élevées au monde, rappelle l’article. L’espérance de vie des hommes pourrait alors atteindre 84 ans (78,2 ans en France) et celle des femmes frôler 91 ans (84,8 ans en France). Le déclin démographique et la crise économique menacent le système de protection sociale et nombre de Japonais ne croient plus en la capacité de la collectivité à financer les retraites.

« Il n’y a aucun emploi pour les septuagénaires et les octogénaires ! », se lamente ainsi un septuagénaire nippon.

Pourtant, une loi prévoyant l’instauration d’un minimum vieillesse a été promise par la majorité de centre-gauche lors de son arrivée au pouvoir en septembre 2009. Près de trois ans plus tard, elle fait toutefois encore l’objet de vifs débats au Parlement.

Aujourd’hui, force est de constater selon le journaliste que de nombreux seniors ne comptent plus que sur eux-mêmes. D’autant plus que leurs besoins financiers sont importants car ces générations grisonnantes nécessitent d’importantes dépenses de santé, en matériel comme en personnel médical.

« Un grand nombre de sexagénaires retraités veulent continuer à travailler pour des raisons économiques. Ils s’inquiètent des coûts de la prise en charge de leurs parents, de leurs propres dépenses médicales et de la baisse du niveau des pensions », résume un chercheur à l’Organisation japonaise pour l’emploi des seniors et des handicapés.

71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans et plus

D’après un livre blanc remis en juin au gouvernement, 71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans voire plus. Un vœu pieux, car dans les faits, en 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans était plutôt de 36,3% et celui des 70-74 ans de 22,8%.

Mais les auteurs de ce rapport recommandent d’élever ce taux afin de maintenir une croissance acceptable.

Ainsi on voit d’ores et déjà des seniors, parfois très vieux, dans des emplois non qualifiés, comme le nettoyage des bureaux avant l’arrivée des employés ou la gestion de la circulation autour des travaux publics, raconte l’article.

Mais on trouve aussi des retraités Japonais dans des métiers plus qualifiés. D’ailleurs l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui organise l’aide du Japon envers les pays pauvres recrute des seniors. Des volontaires de 40 à 69 ans pour travailler dans un pays du sud pour deux ans maximum. Ainsi, chaque année, jusqu’à 470 personnes partent dans une soixantaine de pays.

Un volontaire, par exemple, a été envoyé au Paraguay pour éditer un ouvrage d’histoire à l’attention des nouveaux immigrants japonais. A 58 ans, il a dû « dérouiller » son anglais et se mettre à l’espagnol en partant de zéro.

Ce retraité, programmateur informatique à ses débuts professionnels, a été peu à peu poussé hors du métier technique avec l’arrivée de jeunes plus au fait des nouvelles technologies, et s’est retrouvé employé administratif en fin de carrière.

« Ce changement m’a aidé à vouloir faire quelque chose de complètement nouveau lorsque je suis arrivé à la retraite », confie cet ex-technicien de 66 ans.

Bref, pour les retraités Japonais aussi, le changement, c’est maintenant. Aux antipodes évidemment de ce qui est promis aux retraités Français. Mais pour combien de temps ?

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Japon : taxer les beaux gosses pour financer les retraites ?

Lundi 30 avril 2012

C’est la proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste Japonais : Takuro Morinaga. Elle est publiée dans un entretien au magazine japonais Aera, repris et traduit par Courrier International, pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

Le vieillissement de la population étant catastrophique au pays du soleil levant, comme le montre cet extrait d’un documentaire diffusé sur Arte :

1 Japonais sur 2, de 30 à 35 ans, est célibataire

« Depuis l’an dernier, les célibataires constituent le premier type de foyer au Japon : 16 millions de Japonais vivent seuls. Ceux qui se marient ont de moins en moins d’enfants (1,39 enfant par femme), et de plus en plus tard (âge moyen 29 ans). Il n’y a jamais eu aussi peu de naissances dans l’Archipel et le ratio de personnes âgées ne cesse et ne cessera de progresser.

Les femmes, quant à elles, refusent de former une famille, car cela revient pour elles à accepter un déclassement social et professionnel. 70 % des femmes japonaises quittent leur emploi au premier enfant. », rappelle LeFigaro.fr.

Et la crise n’a pas épargné les célibataires nippons. Leur salaire moyen annuel a dégringolé de 47 000 à 28 000 euros en dix ans ! Autant dire que leur sex-appeal auprès des Japonaises, apparemment vénales, a pris lui aussi une sacrée claque. En effet, ces dernières continuent de chercher le mari idéal, qui est censé gagner deux fois plus qu’elles.

À l’époque, explique l’économiste, la coutume était de dire : “Même s’il n’est pas très séduisant, il travaille dans une bonne entreprise. Avec lui, tu seras tranquille toute ta vie !”

Or, “le système de l’emploi à vie s’est effondré dans notre pays depuis l’éclatement de la bulle financière, au début des années 1990 et la pratique du mariage à vie qui était soutenue par ce dernier s’est écroulée à son tour”, ajoute Takuro Morinaga.

En s’appuyant sur les résultats d’une enquête sur la structure de l’emploi, une cellule de réflexion a calculé le nombre d’hommes mariés chez les 25-30 ans selon les tranches de revenus. Elle a mis en évidence que plus de 70 % des hommes ayant un revenu annuel de plus de 10 millions de yens (environs 95 000 euros) étaient mariés. En revanche, plus le revenu baissait, plus le nombre de mariages diminuait et, à l’approche du million de yens (9 500 euros), seul un homme sur six était marié.

Ainsi, « le seul moyen pour les laids de rivaliser avec les beaux, c’est l’équilibrage des revenus. La méthode la plus simple est de taxer les beaux mecs qui ont le monopole de la séduction. », avance Takuro Morinaga.

Doubler les impôts des “beaux”, réduire ceux des “laids”

Il propose donc de classer les Japonais en 4 catégories :

  • les “beaux”, dont le taux d’imposition serait doublé
  • les “normaux” ensuite, dont l’imposition ne serait pas affectée,
  • les “moyennement laids”, qui obtiendraient une réduction de 10 % d’impôts
  • les laids, qui paieraient 20 % en moins.

« La baisse de recettes fiscales provenant des contribuables laids sera largement compensée parce qu’auront à verser les beaux. Si l’on affecte ce surplus à la protection sociale, le financement des retraites sera facilité et l’avenir du Japon sera plus radieux. », ajoute-t-il.

La beauté serait évaluée lors d’une audience devant un “conseil d’évaluation de la beauté”, ou siégeront cinq femmes, tirées au sort.

Quant à aux femmes, selon l’économiste, celles

« qui séduisent les hommes et les mènent par le bout du nez ne sont pas forcément des beautés. Pour plaire aux hommes et profiter de leurs largesses, c’est la manière – les gestes, les manœuvres – qui compte, plus que l’apparence. Certaines femmes ont l’art de se faire entretenir, indépendamment de leur physique. Pour celles-là, il faudrait que leur revenu imposable soit calculé en fonction des avantages en nature qu’elles reçoivent des hommes. »

Ce n’est pas la première fois que le Japon songe à briser le principe d’égalité devant l’impôt. En 1941, déjà, l’État envisageait un impôt sur les célibataires, rappelle LeFigaro.fr.

AB

“Les femmes continueront à recevoir des retraites plus faibles que les hommes”

Mardi 13 mars 2012

C’est l’un des enseignements de l’enquête comparative sur l’emploi et la retraite publiée hier par l’INSEE à l’occasion de la journée de la femme.

En effet, en dépit de la progression de l’activité féminine et de droits familiaux liés aux enfants, les pensions des femmes sont inférieures de moitié à celles des hommes.

En 2008, le montant moyen de la pension de droit propre s’élève à 833 € pour les femmes et représente 48% seulement de la pension des hommes (1743 €).

Et même si les écarts de pension se réduisent au fil des générations, ils persisteront à l’avenir pour les générations de femmes actuellement actives, selon l’institut national de la statistique.

Pourquoi une telle inégalité entre femmes et hommes au moment de la retraite ?

Des écarts de salaire importants persisteront

Ces écarts reflètent les différences de situation sur le marché du travail. Les femmes sont certes de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, mais leur taux d’activité reste inférieur à celui des hommes, notamment parce qu’elles interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants. Par ailleurs, près de 30% d’entre elles travaillent à temps partiel et les salaires en équivalent temps plein des femmes demeurent inférieurs à ceux des hommes (20 % dans le secteur privé et environ 15% dans le secteur public).

Or notre système de retraite compense davantage les écarts de durée que les écarts de salaire révèle l’INSEE.

La pension d’un assuré dépend principalement de sa durée d’assurance (plus faible pour les femmes) et de son salaire de référence (également plus faible).

Néanmoins, le système de retraite inclut des dispositifs de redistribution qui réduisent ces disparités. En effet, les femmes bénéficient en particulier de droits familiaux liés aux enfants : majoration de durée d’assurance (voir le post « Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part »), assurance vieillesse des parents au foyer, etc.

Ces droits compensent au moins en partie les écarts de durée. Mais en partie seulement. Pour les générations futures de retraitées, avec la montée de l’activité féminine, la durée d’assurance des femmes progressera et, avec les droits familiaux, rejoindra celle des hommes. Mais les écarts de salaire demeurent importants aujourd’hui et risquent fort de persister.

Des retraitées célibataires ou divorcées bien moins loties que les veuves

Seuls les écarts de niveau de vie entre hommes et femmes retraités sont aujourd’hui limités. Malgré des écarts importants de pension, le niveau de vie des femmes âgées (65 ans et plus) vivant seules n’est inférieur que de 10 à 20 % à celui des hommes et des femmes vivant en couple.

Pour les veuves, les pensions de réversion permettent de maintenir, en moyenne, le niveau de vie antérieur au décès de l’époux. Les femmes divorcées ou célibataires à la retraite, plus diplômées que les autres femmes de leur génération, ont quant à elles en moyenne un niveau de vie comparable aux couples. Mais avec la fragilisation des parcours conjugaux, le nombre de retraitées célibataires ou divorcées augmentera, hélas, au fil des générations. Parmi elles, les femmes issues de catégories modestes ou peu diplômées pourraient être de plus en plus nombreuses. Des disparités croissantes pourraient être alors observées parmi les femmes retraitées vivant seules, selon qu’elles aient connu ou non des unions stables.

À l’avenir, avec l’amélioration relative des pensions féminines, seule la situation des veuves deviendrait plus favorable que celle des retraitées célibataires ou divorcées.

A se demander, finalement, si les femmes ont vraiment de la chance d’avoir une plus longue espérance de vie !

AB

Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : “On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à “la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible” comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : “Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition”.

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

Copyrights : Parti socialiste sur Flickr

Cohen/Heyer : réforme des retraites vs. chômage des jeunes

Mercredi 20 octobre 2010

Y a t-il un rapport entre la question des retraites et le travail des jeunes? Interrogé ce matin par le quotidien 20 Minutes, en page 6, l’économiste Elie Cohen est net : “La réforme des retraites n’aura pas d’impact [sur le chômage des jeunes]“. Questionné en effet sur ce point, en face d’un autre économiste pensant lui différemment (Eric Heyer), Cohen rappelle les “règles” de base de l’économie : “Cette idée que les départs à la retraite favorisent l’emploi des jeunes ne peut se vérifier que dans des marchés fermés comme la fonction publique, pour le reste c’est complètement faux“.

Pour Heyer en revanche, même s’il admet que “ce n’est pas mécanique“, il temporise aussi : “il y a un effet file d’attente : celui qui part à la retraite est remplacé par un autre senior plus jeune et ainsi de suite“.

Qui des deux experts a donc raison? La réponse, comme souvent, sera sans doute médiane… Elle n’est en tout cas pas annexe sur les questions financières et de placement : car les deux catégories (retraités et jeunes) ont toutes deux à penser aux solutions complémentaires pour accompagner et leur temps de travail et leur temps “d’après travail”… Qu’en pensez-vous?

Pour prolonger : vous pouvez tester notre simulateur de retraite en ligne; et revoir aussi la vidéo de notre interview d’Elie Cohen, au sein de BforBank, le Magazine