Archive pour le mot-clef ‘dépendance’

« Le système des retraites en France, c’est le Titanic » !

Mercredi 30 janvier 2013

marc fiorentinoComme à son habitude, Marc Fiorentino n’y va pas par quatre chemins. Notre système de retraite coule à toute vitesse, selon lui. Un naufrage comparable à celui du Titanic d’après le PDG d’Euroland Finance interrogé par le Nouvel Obs à l’occasion de la parution de son nouveau livre « Sauvez votre retraite ! » aux éditions Robert Laffont.

« La réforme Fillon, ce sont quelques canots de sauvetage jetés à l’eau, qui permettront de sauver quelques retraités. Le retour aux 60 ans, même si cela ne concerne que 150 000 personnes qui, de plus, méritaient de partir à la retraite, c’est un mauvais signal, c’est l’orchestre qui joue sur le pont pendant que le bateau coule. », confie le conseiller financier au magazine.

Ses prédictions résumées en 4ème de couverture sont plus que pessimistes :

« (…) vous allez vivre plus vieux que vous ne l’imaginez, vous n’allez pas toucher la retraite à laquelle vous avez droit, vous allez devoir travailler plus longtemps que prévu, les jeunes cotisent pour rien, les seniors vont se faire piquer une partie de leurs économies, vous devez vous protéger contre la dépendance (…) »

Préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance

Couverture livre FiorentinoPour autant, Marc Fiorentino ne souhaite pas la disparition de notre système par répartition au profit exclusif d’un système par capitalisation à l’anglo-saxonne. Un système totalement inadapté, selon lui, rappelant que pendant la crise, il a failli connaître la faillite, des retraités américains ayant dû reprendre le chemin des petits jobs à 70 ans parce que leur « capital » de retraite s’était envolé sur les marchés financiers.

Le conseiller financier préfère un système par répartition, réaliste, avec un complément de capitalisation. Partageant, par ailleurs, l’idée récurrente d’une remise à plat complète du système avec pourquoi pas l’adoption d’un modèle « par points », à la suédoise comme le suggèrent certains syndicats et leaders politiques.

Mais, en attendant la grande concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux prévue au printemps, Marc Fiorentino donne, dans son nouveau livre, des conseils pratiques à suivre dès aujourd’hui. Une stratégie reposant sur 4 piliers : préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance, les 4 piliers d’une solution pour votre retraite.

En effet, plus que le simple fait de préparer sa retraite, il s’agit surtout d’anticiper sa fin de vie et se prémunir face à la dépendance, comme Marc Fiorentino l’a expliqué sur BFM Business :

Alors ? Enfin décidé(e) à “sauver” votre retraite ?

AB

Blondes, brunes,… retraités : tous taxés !

Jeudi 11 octobre 2012

Décidément, de nos jours on peut dire qu’il ne fait pas bon être fumeur, amateur de bière ni… retraité !

Profiter de sa retraite deviendrait-il… un vice ? Tabac, bières mais aussi pensions de retraite, entre autres, seront davantage taxés pour réduire le trou de la sécu, selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013  du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

En tout, une quinzaine d’impôts nouveaux sont au programme, censés rapportés 5 milliards d’euros.

Financer la dépendance des personnes âgées

Ainsi, les retraités imposables (la moitié d’entre eux) verront leurs pensions soumises à un prélèvement de 0,15% en 2013, puis de 0,3% en 2014, explique le site du Nouvel Obs.

Cette contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) devrait rapporter 350 millions d’euros en 2013 afin d’aider au redressement des comptes de la Sécurité sociale. Le produit de la contribution sur les retraités renflouera le Fonds de solidarité vieillesse (qui finance notamment les droits à retraite des chômeurs). En 2014, la CASA devrait rapporter le double, soit 700 millions d’euros. Mais cette somme servira alors à financer la réforme de la dépendance des personnes âgées.

Les retraités se retrouvent donc assujettis à cette contribution solidarité autonomie (CSA), créée en 2004 pour financer la dépendance des personnes âgées, alors qu’ils en sont actuellement exemptés, contrairement aux salaires des actifs, qui eux sont déjà ponctionnés à hauteur de 0,3%. N’est-il pas juste de mettre aussi à contribution ceux qui seront les premiers concernés par ce 5ème risque, la dépendance ?

«Les retraités sont sollicités d’une manière, je crois, tout à fait raisonnable», a commenté le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. «Il ne s’agit que des retraités imposables, qui acquittent la CSG. Donc un tiers des retraités n’est pas sollicité. Il me semble que ceux qui contribueront ainsi (…) comprendront le sens de cette démarche», a-t-il justifié.

«Cette stratégie qui consiste à faire les poches est vouée à l’échec»

«Le gouvernement ajoute de l’injustice à l’idéologie», s’insurge de son côté Philippe Vigier, porte-parole de l’UDI, s’opposant à cette future taxe sur les retraites sur L’Express.fr.

Il estime que cette mesure «va fragiliser les retraités qui sont déjà touchés de plein fouet par la crise».

«Cette stratégie qui consiste à faire les poches est vouée à l’échec.», commentait ce matin pour sa part Axel de Tarlé, le chroniqueur économique d’Europe 1.

Le gouvernement nous fait les poches par Europe1fr

«De toute façon, les dépenses de sécurité sociale, santé et vieillesse, augmentent chaque année plus vite que l’économie Française. Et on le comprends, la France vieillit et se soigne de mieux en mieux. Donc, avec cette nouvelle taxe, c’est comme remplir un baignoire qui fuit avec un verre d’eau, on est condamné à recommencer chaque année sans résoudre le problème de fond. Il faut donc s’attaquer aux dépenses, avec des réformes structurelles. Pour la retraite, il faut augmenter le nombre d’années de cotisations. Si on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps.»

Bref, les retraités, même non-fumeurs, n’ont pas fini… de tousser.

AB

Et après la retraite ?

Vendredi 18 novembre 2011

retraite_dependance_personne_ageeLa réforme des retraites par ci ; la réforme des retraites par là… On ne parle que d’elle depuis plus d’un an. D’elle et d’un âge symbolique qui attire et attise la polémique : 60 ans. Puis deux. 62 ans  - l’âge légal de départ en retraite en 2017 – et 67 ans – l’âge pour toucher une pension à taux plein quelle que soit sa durée de cotisation.

Mais après ?

Comme si ça n’intéressait plus personne en général et les médias en particulier ce qui se passe et ce qui se passera après le départ à la retraite.

C’est pourtant le cœur du débat ! C’est parce que nous vivons plus longtemps que nous devons travailler plus longtemps. L’espérance de vie s’accroît à un rythme d’enfer selon cette récente publication de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques):

” En un quart de siècle, les hommes de 35 ans ont gagné 5 années d’espérance de vie et les femmes 4,5 ans.”

Et chaque année, nous gagnons en moyenne 3 mois d’espérance de vie ! Mais dans quel état ?

Un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes

Dépendant ou pas ? Le mot est lâché. Voilà pourquoi on préfère faire l’autruche et ne pas anticiper la dépendance. On la redoute car c’est la dernière étape à vivre. L’étape qui suit la retraite et précède la mort.

Rassurons-nous, selon le Professeur Françoise Forette, Présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie, à peine 7 % des plus de 60 ans souffrent d’un certain degré de dépendance. Mais, ça n’arrive pas qu’aux autres, et dans son article sur le défi de la longévité, elle souligne également que

” les 7 % de la population de plus de 60 représentent plus d’un million de personnes dont la dépendance nécessite une assistance et un coût important pour la collectivité.”

Par ailleurs, “la pyramide des âges de la population française évolue vers une augmentation de la proportion des plus de 80 ans qui va tripler entre les années 2000 et les années 2050. Il y a donc bien un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes.”

Et qui nous prendra en charge à ce moment-là ?

La réforme de la dépendance discrètement enterrée

La question restera hélas en suspens. La réforme de la dépendance est une nouvelle fois reportée. Loin de l’agitation médiatico-politique autour des retraites. Discrètement enterrée, titrait Le Monde.

C’était pourtant l’un des grands chantiers pour 2011 du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Des débats interrégionaux ont été organisés, des rapports parlementaires ont été remis au Président de la République, mais les tumultes de la crise ont contraint le chef de l’État a repoussé cette réforme. “Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd’hui, dans l’urgence, ne serait pas responsable”, a justifié le Premier ministre François Fillon lors de l’annonce de son 1er plan de mesures d’austérité fin août.

La crise financière a eu raison de la réforme de la dépendance. Pis, elle aura certainement raison de sa totale prise en charge par l’État.

Alors que faire en attendant ?

Prévenir puisqu’on ne peut pas guérir ! Et comme le martèle le Pr Françoise Forette :

La prévention des maladies liées à l’âge passe par ” le style de vie et l’éradication des facteurs de risque, promotion de l’information et de l’éducation, détection et correction des risques de fragilité, poursuite de l’activité professionnelle ou bénévole, maintien de l’optimisme et de l’estime de soi par l’intégration sociale… ces outils ont fait scientifiquement la preuve de leur efficacité. Ils sont entre nos mains pour faire de la longévité la plus extraordinaire aventure du vivant “.

Et mettre encore des sous de côté ! Puisque l’État croule sous la dette et la souscription à une assurance perte d’autonomie liée à l’âge était, de plus, l’une des propositions de Valérie Rosso-Debord, député de Meurthe et Moselle et auteur d’un rapport sur le financement de la prise en charge de la dépendance.

Alors ne regardons plus la retraite par le petit bout de la lorgnette. Elle ne commence plus à 60 ans mais bien la préparer c’est surtout faire en sorte de mieux vivre les dizaines d’années qui suivent !

AB

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr

Réforme de la dépendance : les retraités et leur CSG chouchoutés… ou pas ?

Mardi 21 juin 2011

Le rendez-vous est dans moins d’un mois. A cette date, le Président de la République devra trancher pour trouver le milliard nécessaire au financement de la dépendance dès l’an prochain. Ce ne sont pas les pistes qui manquent. La semaine dernière a d’ailleurs été riche en déclarations, effets de manches chiffrés et conjectures diverses.

Avec au premier plan les retraités… évidemment ! Même si, je vous l’accorde, retraite et vieillesse ne sont pas synonymes de dépendance; il faut reconnaître que les retraités seront tout de même les premiers concernés par le sujet.

Alors Nicolas Sarkozy va-t-il décider de les mettre à contribution directement ? Non, selon l’Express.fr. La hausse de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) sur les pensions de retraite est exclue, d’après leur information, justifiant qu’ « à l’approche de la présidentielle, elle serait suicidaire pour un chef de l’Etat qui compte sur le vote des plus de 65 ans. »

Cet optimisme est à tempérer car son Premier ministre, en personne, a lui déclaré que toutes les pistes restaient sur la table (cf : LeFigaro.fr)François Fillon a seulement rejeté l’idée d’une hausse générale de la CSG. En clair ne pas augmenter celle des actifs pour ne pas plomber davantage l’emploi et l’économie. Mais (peut être) augmenter uniquement celle des retraités…

1,7 milliard d’euros en jeu

Une augmentation de 1 point de la Contribution Sociale Généralisée des retraités (6,6% à ce jour), pour la rapprocher du niveau des actifs (7,5%), c’est d’ailleurs ce que préconise le CESE. C’est même l’idée phare de la commission du Conseil économique, social et environnemental dans son rapport rendu mardi dernier au gouvernement sur le financement de la dépendance, comme le souligne le site de France Soir. Cet alignement de la CSG pourrait rapporter 1,7 milliard d’euros selon LeMonde.fr.

Le CESE ne s’arrête pas là. Il suggère aussi d’instaurer une taxe de 1 % sur les successions et les donations. Des actes qui concernent majoritairement les plus de 65 ans…

De quoi donc largement faire face aux toutes premières mesures prises dès 2012 pour améliorer la prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Des mesures chiffrées par Roselyne Bachelot, la ministre en charge du dossier, à 1 milliard d’euros lors de son passage dans l’émission « Questions d’info » LCP-France Info-AFP.

Alors que décidera l’Etat vis-à-vis des retraités ? Leur demander de mettre la main au porte-monnaie, ou épargner au moins les pensions de cette catégorie de la société qui sont aussi… une bonne partie des électeurs de 2012 ?

Réponse vers le 14 juillet pour savoir surtout qui ne sera pas à la fête avec cette réforme de la dépendance…

AB

Pour prolonger : voir la dépêche AFP en rapport au sujet;