Archive pour le mot-clef ‘déficit’

Retraites : la fin d’un monde

Jeudi 20 décembre 2012

Si la fin du monde, prévue par les indiens Mayas pour ce 21 décembre 2012, restera une sympathique plaisanterie et un sujet de détente en cette fin d’année, la fin de notre système de retraite, elle en revanche, est une proche et alarmante réalité. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a sonné cette semaine le glas d’un déficit relevant d’une situation exsangue. Jugez du chiffre : 21,7 milliards d’euros prévus en 2017 contre 14 milliards en 2011.

Malgré la réforme des retraites menée en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la barre, la perspective d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, ce sans une nouvelle réforme fondamentale ne serait que chimère, confirme par exemple Nicolas Doze de BFMTV (photo ci-contre).

Qu’est-ce qui attend les retraités et ceux qui espèrent encore l’être un jour ?

Plusieurs solutions sont avancées par le Cor :

  • une baisse de 5% du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen ;
  • une augmentation de 1,1% des prélèvements ;
  • un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

Des pensions rabotées ? Sans aucun doute. Une mesure a déjà été prise dans ce sens par le gouvernement. La future « taxe dépendance » de 0,3% sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2, entrera en vigueur au 1er avril 2013. Par ailleurs, à la même date, la revalorisation annuelle des retraites complémentaires ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%.

Autrement dit, c’est une certitude désormais, le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Autre piste de réflexion pour la future réforme de la réforme des retraites : une nouvelle hausse des cotisations, comme le souhaite la CGT ? Mais alors, quid de la compétitivité qui fait tant défaut à nos entreprises Françaises ?

3ème solution envisagée : repousser à nouveau l’âge légal de la retraite, comme le suggère le MEDEF ?

« L’idéal serait que dans les 2 ans, nous puissions augmenter l’âge légal à 63 ans et la durée de cotisation à 43 annuités, contre 41,5 actuellement, a proposé Laurence Parisot lors d’un point presse.

A se demander s’il était bien judicieux d’échafauder un bref retour de la retraite à 60 ans, pour une petite poignée de personnes seulement.

2040, retour naturel à l’équilibre

Sinon, attendre 2040, le rééquilibrage naturel progressif des comptes du fait de la démographie comme l’espèrent les syndicats. Date à laquelle les générations les plus nombreuses du baby-boom commenceront à disparaître.

Mais ce serait sans se soucier des générations d’actifs qui vont se sacrifier d’ici là pour supporter les régimes actuels.

Le système de retraite pourrait même revenir à l’équilibre dès 2040 si le taux de chômage descendait à 4,5% et si le taux de productivité progressait dans le même temps de 2% par an, selon les projections optimistes du Cor.

« Pour rassurantes qu’elles soient sur le très long terme, ces perspectives n’occultent pas un grave problème de financement au cours des années qui viennent, ce qui poussera le gouvernement à agir. », rappelle Les Echos.

En attendant, ces prévisions vont servir à présent de base pour la concertation sur une nouvelle réforme des régimes de retraites d’ici mi-2013. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault attend pour le 22 janvier 2013 un deuxième rapport du Cor, sur l’état des lieux des différents régimes de retraite. Une commission pour l’avenir des retraites sera ensuite formée pour proposer différentes pistes de réforme.

Puis une phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux aura lieu à partir du printemps 2013 avec, pourquoi pas, une transition vers un système de retraite par points mais aussi l’apparition des fonds de pension comme il en existe en Suède et en Allemagne.

N’en déplaise aux Mayas, la fin du monde n’est pas pour demain, celle des retraites non plus. Juste un nouveau commencement…

AB

Caisses de retraite : un déficit de 30 milliards d’ici 20 ans

Mercredi 26 septembre 2012

30 Mds d’€. Tel est le chiffre abyssal dévoilé par Challenges.fr. Il résulte de prévisions établies par Florence Legros, professeur à Paris-Dauphine, spécialisé en prévision et prospective appliquée. Référence sur toutes les questions de retraite, elle est également conseiller scientifique auprès du directeur des retraites de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Selon elle, dans moins de 20 ans, le régime des retraites sera en déficit de 30 milliards d’euros, si rien n’est fait pour le réformer. Tout dépend, néanmoins, de l’évolution du taux de chômage dans les années qui viennent.

« Dans l’hypothèse – pour le moins optimiste – d’un chômage à 4,5% ; le trou se limiterait à 11,9 milliards d’euros. Mais si en moyenne, il se stabilise sur la durée à 8%, il faut s’attendre à voir le déficit de l’assurance vieillesse atteindre les 18,5 milliards d’euros. », rapporte le site économique.

A titre de comparaison, aujourd’hui, le taux de chômage en France métropolitaine s’établissait à 9,7% de la population active au deuxième trimestre 2012 (10,2% en comptant les DOM).

C’est dire si ces projections sont déjà très optimistes !

Alors, à quoi a bien pu servir la réforme des retraites de 2010, si c’est pour être encore en déficit dans 20 ans, me direz-vous ?

A gagner du temps et éviter la casse !

Car l’économiste a également évalué le niveau du déficit à prévoir si la réforme des retraites de 2010 n’avait pas été entérinée. Avec un chômage à 4,5%, le trou se serait creusé à 35 milliards et à 50 milliards dans l’hypothèse de 8 % de chômage ! Bref, la faillite programmée de notre système de retraite par répartition.

Des pensions de retraite qui risquent de baisser

Ce naufrage des caisses de retraite est la conséquence inéluctable de l’évolution de la démographie française, selon Florence Legros : la proportion d’actifs ne cesse de baisser par rapport aux retraités.

« En 1900, la France comptait 8 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne âgée, en 2000 cette proportion est passée à 4 pour 1, et elle tombera à 2 pour 1 en 2050. En clair, les actifs sont de moins en moins nombreux à payer les retraites. », détaille Challenges.fr

Conséquence : les pensions de retraite risquent de diminuer à l’avenir, représentant une part de plus en plus faible des revenus que les retraités percevaient en période d’activité. D’ailleurs, le taux de remplacement, qui mesure cette proportion, ne cesse de baisser depuis dix ans.

D’où la volonté du nouveau gouvernement de taxer davantage les retraités actuels pour sauver les meubles et économiser quelques milliards d’euros.

C’est ainsi que la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, préconise de raboter les avantages fiscaux et sociaux dont bénéficient les retraités. Car notre dette sociale ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures, préviennent les sages de la rue Cambon.

« Les retraités sont-ils pour autant une génération dorée ? », s’interroge le quotidien La Croix

Il faut le croire puisque longtemps inférieur à la moyenne, le niveau de vie des seniors rattrape désormais celui des actifs. Mais on a bien vu ces temps-ci que ces généralités masquent des réalités plus complexes.

Des retraités pauvres plus nombreux

La récente hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Le niveau de vie médian des retraités a diminué de 1,1 % et leur taux de pauvreté a progressé de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.

Mais plus que quelques coups de rabots, il est peut-être temps d’attaquer ce problème de l’avenir des retraites …à la hache !

Et mener, désormais, une indispensable réforme de la réforme, pour enrayer définitivement la spirale du déficit des caisses de retraite afin de ne pas accabler les générations futures.

C’est ainsi qu’une concertation sur les retraites aura lieu à partir du «printemps 2013» comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog. C’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et le processus semble en route car selon Économiematin.fr, l’ancien sénateur Alain Vasselle devrait prochainement perdre la présidence du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale, chargé de conseiller le gouvernement sur ce sujet, au profit de l’universitaire Mireille Elbaum, spécialiste du financement de la protection sociale. Cette ancienne conseillère de Martine Aubry, prône notamment une réforme systémique de la sécurité sociale qui pourrait déboucher sur la mise en place d’un système unifié de retraites par points ou en comptes notionnels. A suivre…

AB

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années », a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ?

Mercredi 22 février 2012

Les retraites continuent de faire débat entre les candidats à l’élection présidentielle.

Lors de son 1er grand meeting à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a visé le projet de François Hollande : ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans, en maintenant les 41,5 années de cotisation :

« Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en sachant que dans moins de dix ans on ne pourra plus payer les retraites », a clamé le candidat UMP.

Discours de Nicolas Sarkozy à Marseille

Un argument sujet à caution selon Les décodeurs, blog du Monde.fr  qui se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux.

La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ne coulerait pas le système.

« Le PS ne propose pas un retour aux 60 ans pour tous, mais bien la possibilité laissée à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans de partir, dès lors qu’ils ont 41,5 années de cotisation, à 60 ans. Mais affirmer que cette réforme provoquera la faillite du système est un abus. », souligne le blog.

Les décodeurs rappellent que le parti socialiste chiffre le coût de ce rétablissement entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an, au début du dispositif, pour 130 000 personnes concernées environ.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) parle lui aussi de 100 000 à 110 000 personnes concernées chaque année par un départ en retraite anticipé pour carrière longue. Quant au coût, il augmenterait année après année à mesure de la montée en charge du dispositif.

L’Institut Montaigne, d’orientation libérale, le chiffre à 5 milliards d’euros par an en 2017, en comptabilisant la baisse du chômage induite par la réforme. Le PS assure pour sa part qu’il financera cette mesure par deux hausses de taxes, sur les bonus et stock-options (relèvement du forfait social de 8 % à 20 %) et sur les cotisations patronales et salariales (0,1 % par an), ce qui rapporterait 5 milliards au total.

« La mesure serait donc en principe financée et ne coulerait pas le système de retraites. », affirment Les décodeurs.

Mais au-delà de ce combat d’arrière-garde sur « l’âge du capitaine », une vraie question se pose : pourra-t-on encore payer les retraites dans moins de 10 ans au même niveau qu’aujourd’hui ?

Les pensions de retraite en Allemagne se réduisent comme peau de chagrin

L’observatoire des politiques publiques, rappelle sur Challenges.fr, ce qui se fait à l’étranger. Et dans la plupart des pays voisins, l’âge légal de départ à la retraite est supérieur au nôtre.

« En Autriche, Portugal et Italie, il est fixé à 65 ans. Mais à la différence dela France, ces systèmes n’ont qu’un curseur : l’âge légal, qui permet de partir sans décote quelle que soit la durée de cotisation. », souligne l’observatoire.

La Grècea, elle aussi, décidé, du fait de la crise, de passer de 60 à 65 ans à l’horizon 2015.

« En janvier 2011, Angela Merkel se prononçait même pour une généralisation d’un âge légal à 67 ans dans toute la zone euro. », rappelle l’observatoire.

Car en Allemagne, depuis 2007, il a été repoussé de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein avec une entrée en vigueur progressive d’ici à 2030. Mais il faut savoir qu’outre-Rhin, il est néanmoins possible de partir à la retraite à 63 ans en touchant une moindre pension. Le montant des pensions devient d’ailleurs problématique depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

« Mais, du fait d’une pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés », selon le site économique.

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Autant dire que le problème du déficit des régimes de retraite reste entier en France malgré des économies estimées à 19 milliards par an à partir de 2018, selon l’observatoire des politiques publiques qui s’interroge sur Challenges.fr sur cette éventualité d’une réforme… de la réforme.

Du reste, rappellent Les Décodeurs, le PS a aussi promis une remise à plat globale du financement des retraites. Par ailleurs, le texte voté par le gouvernement en 2010 inclut lui aussi un amendement promettant une « réflexion nationale » sur une refonte complète des retraites dès 2014.

« Aucun des deux partis n’a donc aujourd’hui de solution pérenne dans tous les cas de figure. », conclut le blog.

Pas vraiment rassurant…

 

AB

Déficit : les retraités pointés du doigt

Mercredi 15 février 2012

Pour assainir les finances publiques et réduire les déficits sociaux il convient de geler l’indexation des retraites et d’augmenter la CSG sur les pensions.

C’est le point de vue iconoclaste de l’économiste Christian Saint-Étienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, membre du Conseil d’analyse économique et chroniqueur à Challenges.

Christian Saint-Etienne: « Il faut faire payer… par Challenges

Même après une telle purge, les retraités français resteraient, selon lui, plus favorisés que dans le reste de l’Europe.

La dépense publique en France n’a fait qu’augmenter, explique l’économiste. Elle représente 56 % du PIB (Produit Intérieur Brut) aujourd’hui, soit 8 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro.

Rien que pour la protection sociale, la France dépense 33 % de son PIB, c’est-à-dire de sa richesse. « Un record du monde« , selon Christian Saint-Étienne. Et 13,5 % du PIB pour les seules retraites. Notre problème est donc un problème de dérive de la dépense publique.

« On sera obligé de continuer la réforme des retraites », ajoute-t-il. Car « le gros morceau des prestations ce sont l’évolution des retraites ».

Des retraites désindexées et surtaxées

L’âge de départ à la retraite est beaucoup trop tôt même si la réforme prévoit son recul progressif, selon lui.

On a un nombre de retraités trop élevé rapporté à la population active. Il est absolument nécessaire d’augmenter le nombre de cotisants par rapport au nombre de pensionnés. C’est un élément décisif de la réforme à moyen terme, explique Christian Saint-Étienne :

« Il est vraisemblable que l’on va devoir suspendre l’indexation des retraites pour limiter la progression de ces dépenses publiques mais aussi l’ensemble des prestations sociales pendant 18 mois à 2 ans pour reprendre le contrôle de l’évolution de la dépense publique ».

Mais aussi « parallèlement, aligner le taux de CSG des retraites sur celui des actifs. Ce qui ferait une augmentation d’un peu plus d’un point de taux de CSG sur les retraites. On pourrait coupler cela avec la mise en place d’un système d’assurance sur la dépendance qui bénéficierait aux retraités, ce qui fait qu’ils comprendraient mieux pourquoi on aligne leur taux de CSG sur celui des actifs », selon l’économiste.

Des mesures qui devraient être annoncées après les élections, laisse entendre le journaliste de Challenges.

90 % des retraités ont des revenus supérieurs à ceux des actifs

Nous sommes le seul pays développé dans lequel le revenu des retraités par unité de consommation est 7 à 8 % supérieur à celui des actifs, poursuit Christian Saint-Étienne.

« Même si on gelait les prestations retraites pendant 2 ans et qu’on fasse la hausse dela CSG, cela représenterait une baisse de pouvoir d’achat des retraités de 4 à 5 % mais ils auraient un revenu par unité de consommation qui resterait supérieur à celui des actifs », relativise-t-il.

Les retraités auraient donc toujours une position enviable. D’autant plus que ce sont des moyennes. Or, « seuls 10 % des retraités ont des revenus très faibles. 90 % des retraités ont donc des niveaux de retraite bien supérieurs aux revenus des actifs« , conclut l’économiste.

Seule certitude, après les déclarations récentes de Charles Beigbeder demandant ouvertement à ce que les retraités prennent leur part de rigueur, (voir le post Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste”), l’étau semble se resserrer autour des retraités laissant augurer leur mise à contribution inévitable dans cette crise.

 

 AB

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

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