Archive pour le mot-clef ‘cumul emploi retraite’

Des retraités pauvres toujours plus nombreux

Mercredi 12 septembre 2012

rétraite complémentaires 60ans500 000 pauvres de plus en un an. Plus de 800 000 en deux ans. La pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en France en 2010. C’est le constat alarmant de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux de l’INSEE qui vient d’être publiée.

Désormais 14,1 % de la population française, soit 8,6 millions de personnes, disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (964 euros par mois, contre 968 euros en 2009), alors que, en 2008 ; ce n’était le cas que de 13 % de la population, rappelle Alternatives Economiques.

Le niveau de vie médian s’élève à 19 270 euros annuels, soit une diminution en euros constants de 0,5 % par rapport à 2009. Les 10 % des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 430 euros ; celui des 10 % les plus aisées est d’au moins 36 270 euros, soit 3,5 fois plus. Ainsi, le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées.

Vidéo BFM : La pauvreté continue de progresser en France

Davantage de retraités travaillent pour joindre les deux bouts

Et cette hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Les autres adultes inactifs, autres que les étudiants et retraités, représentent 16 %, et, surtout, les inactifs de moins de 18 ans, c’est-à-dire les enfants constituent 63 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres, selon l’enquête.

Le niveau de vie médian des retraités diminue de 1,1 % et leur taux de pauvreté progresse de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.

Explications : dans la majorité des régimes de retraite, la revalorisation des pensions a été inférieure à la hausse des prix et la diminution des taux de rendements des placements financiers usuels a bridé les revenus financiers des retraités.

Conséquence : nombreux sont les retraités qui cherchent désormais à améliorer leur ordinaire, souligne LaTribune.fr.

Un phénomène mesuré par le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des affaires sociales) sur l’évaluation du cumul emploi retraite, paru en juillet.

Bilan : 500 000 retraités sur un montant de 15 millions travaillent tout en touchant leur pension. Un chiffre qui a presque triplé en six ans passant de 120 000 en 2005 à 310 000 en 2011 pour le régime général des salariés du privé. Des petits boulots pour ces retraités qui souhaitent davantage aujourd’hui joindre les deux bouts que simplement rester actifs.

Nouveau symptôme d’une crise qui apparaît de plus en plus profonde, si certains en doutaient encore…

AB

Vers un dispositif unique de cumul emploi-retraite ?

Mardi 31 juillet 2012

C’est la recommandation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un récent rapport qui dénonce des « inégalités de l’accès au cumul emploi-retraite » et « une très grande complexité liée à l’application des différentes formes de cumul ».

D’autant que de plus en plus de seniors reprennent le chemin du travail ces dernières années. En effet, il n’y a pas qu’au Japon, comme on l’a vu dans le précédent post, où nombre de retraités préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles.

2 fois plus de retraités actifs qu’il y a 5 ans

En France aussi, désormais. Ils seraient 500 000 « retraités actifs », selon ce même rapport de l’IGAS. C’est 2 fois plus qu’il y a 5 ans. Pour le seul régime général, ils sont passés de 137 000 à quelque 308 000 seniors salariés, révèle la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) sur LePoint.fr.

Et le phénomène ne date pas d’hier comme en témoigne ce reportage de TF1 réalisé en 2008 :

« Si je veux m’en sortir, il faut que je bosse », résume cette ex-cadre de la fonction publique.

Car pour la plupart de ces retraités qui ont repris une activité, il s’agit souvent de compléter une pension insuffisante (1 015 euros par mois en moyenne pour une carrière complète au régime général) par une activité à temps partiel.

« Avec 1 300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j’ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m’en sors pas », déplore cette grand-mère dynamique, installée dans l’Essonne.

Aide à domicile, garde d’enfants, ménage de nuit dans les entreprises… Depuis sa retraite en 2003, Monique Nicolas n’a jamais cessé de travailler, touchant 300 à 600 euros par mois, notamment grâce au site Seniorsavotreservice.com, qui recense quelque 50 000 CV de retraités… deux fois plus qu’en 2011 !

Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois

Depuis que le dispositif de cumul emploi-retraite a été assoupli en 2009, tout en conservant l’intégralité de leur retraite, il leur permet en effet de bénéficier d’un revenu d’activité représentant entre un quart et un tiers de ce qu’ils touchaient dans la vie active. Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois.

Mais pas pour tous. Ce que dénonce l’IGAS.

Seuls les retraités du régime général, qui ont atteint l’âge du taux plein (65 ans et neuf mois pour la génération 1952) ou alors l’âge légal (60 ans et neuf mois pour les natifs de 1952) et disposant d’une pension à taux plein, peuvent cumuler sans limite pensions et revenus d’activité, explique L’Entreprise.

Dans le cas contraire, le cumul est plafonné et ne doit pas dépasser, soit la moyenne des trois derniers salaires, soit 1,6 fois le Smic. En cas de dépassement, le versement de la retraite est suspendu. De plus, ces retraités qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral doivent respecter un délai de carence de six mois s’ils souhaitent reprendre du service chez leur ex-employeur.

Autre forme de cumul : ceux qui se mettent à leur compte et reprennent une activité professionnelle non salariée (artisans, commerçants et industriels, professions libérales, avocats, exploitants agricoles) ou relevant des régimes spéciaux. Ces derniers peuvent cumuler librement.

« Un ancien cadre supérieur qui continue à travailler avec le statut d’indépendant peut ainsi cumuler sans aucune limite », explique Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

Autant de cas particuliers qui ont donc incité l’IGAS à préconiser ainsi « la fusion de toutes les formes de cumul… dans le souci d’une plus grande justice sociale ».

D’autant plus que ce phénomène est appelé à s’amplifier car les retraités français restent, malgré tout, encore moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans atteignait 5,2 %, contre 10 % en Allemagne et 10,5 % en moyenne en Europe. Autrement dit, en France, le cumul emploi-retraite a de beaux jours devant lui.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mieux préparer sa retraite ?

AB

Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !

Mercredi 15 février 2012

Rien de tel qu’une plongée en immersion. C’est l’autre jour au saut du lit qu’Europe 1 a donné un coup de projecteur navrant sur un retraité, à Nantes (44), qui a repris un petit boulot pour arrondir ses fins de mois.

Saïd, 61 ans, ne touche que 600 € par mois. Il enchaîne donc les petits boulots. Il venait par exemple de gagner 20 € pour avoir changé des bougies de chauffage lorsque le reporter Pierre Baptiste Vanzini l’a rencontré.

« Moi ça m’arrive de faire absolument tout, jusqu’à faire des ménages », confesse Saïd.

« Quand on dit que les retraités ont tout le temps pour des loisirs, moi je ne l’ai pas… Je suis obligé de tout prendre. J’ai 2 enfants de 11 et 12 ans, je me demande si je ne travaillais pas comment on ferait. Pour moi, la fin du mois c’est autour de 18 ! », ironise-t-il pour conclure.

Les revenus des retraités amputés de 20 %, selon les syndicats

Une réalité, hélas, qui n’est pas unique. De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles,  sont obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans le post ” Le cri d’alarme des retraités”.

Aussi, 200 retraités ont manifesté hier à Nantes pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat, des revenus amputés de 20 % selon les syndicats.

Autre région mais même réalité, que celle de Jocelyne à Pont sur Sambre (59). Cette ancienne auxiliaire de vie, vend de la lingerie fine pour compléter sa petite retraite, rapporte La Voix du Nord. Heureusement pour elle, Jocelyne semble épanouie dans sa nouvelle activité. Elle confie même qu’elle n’a qu’un seul regret, « ne pas avoir commencé plus tôt ce métier qui est une véritable vocation ».

Mais cet enthousiasme révèle une problématique de taille. Et l’emploi des plus jeunes alors ?

Car si le cumul emploi-retraite est un dispositif avantageux pour gagner plus à la retraite, rappelle Les Echos, la question de son impact sur l’emploi des jeunes risque en effet de se poser sérieusement. D’autant plus en écoutant cette employée d’une agence d’intérim, toujours interrogée par Europe 1, dithyrambique sur cette nouvelle main-d’œuvre que constituent les retraités.

« Ils sont dans une situation qui les oblige à prendre ce qu’il y a et à montrer une certaine motivation qui va faire la différence avec des personnes plus jeunes qui ne sont pas forcément assidues au travail », confie-t-elle.

La crise sonne-t-elle le glas de notre système de retraite par répartition ?

Tout ceci serait gérable si des enjeux plus globaux n’étaient pas impactés. En effet, il ne faudrait pas oublier que notre système de retraite en France par répartition repose sur un principe : ce sont bien les actifs, et notamment les plus jeunes, qui, par leur travail, cotisent au profit des retraités. Sans eux, sans leurs cotisations, plus de pensions retraite.

La crise économique et financière sonnerait-elle donc le glas de notre système ? Seule certitude, la période difficile que nous traversons ne risque pas d’apaiser des tensions pour ne pas dire des heurts, déjà bien perceptibles dans la société depuis quelques années, entre les générations, comme l’explique le site Management Social.

Raison de plus de penser à votre propre retraite et la préparer au mieux financièrement. Le premier pas est donc d’obtenir un aperçu financier de ce que vous toucherez pour votre retraite. Pour cela, vous pouvez par exemple cliquer sur ce lien (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite.

Pour prolonger, ce comparateur de solutions retraite vous éclairera aussi. L’outil permet de comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution y sont également présentés.

AB

200 retraités de la justice ont repris du service

Vendredi 13 janvier 2012

cumul_emploi_retraite_InsideMyShell_flickrLes infirmières en retraite (voir le post « Second service pour des infirmières retraitées ») ne sont plus les seules à reprendre du service, depuis l’entrée en vigueur de la réforme des retraites le 1er juillet dernier et l’assouplissement des conditions de cumul emploi-retraite.

Si l’hôpital doit faire face à une pénurie de blouses blanches et à une crise des vocations, la justice est confrontée aussi à un manque d’effectifs et rappelle ses retraités, rapporte Libération cette semaine.

« Environ 200 surveillants de prison, greffiers et magistrats retraités ont repris du service, sur la base du volontariat. », selon le quotidien.

Ces retraités ont donc ressorti leur robe ou leur uniforme de la naphtaline pour renforcer les services judiciaires et pénitentiaires. Deux réserves créées par le ministère dela Justicepour permettre aux magistrats, greffiers en chef et greffiers des services judiciaires, surveillants de prison à la retraite souhaitant continuer à servir l’institution judiciaire de mettre leur savoir-faire et leur expérience au service dela Justice. Laréserve judiciaire, lancée en 2011, s’inspire de la réserve civile pénitentiaire créée, 2 ans plus tôt.

L’objectif est de mobiliser 500 magistrats réservistes et 500 fonctionnaires réservistes pour la réserve judiciaire. Mais pas au détriment de véritables nouvelles embauches, selon le ministère de la Justice, qui promet 485 emplois supplémentaires de magistrats, greffiers et éducateurs créés en 2012 et 2013, s’ajoutant aux 200 emplois déjà prévus pour 2012.

Côté pénitentiaire, 860 agents ont fait acte de candidature et une première vague de 98 d’entre eux est en voie d’intégration au sein des services, a précisé Bruno Badré, porte-parole du ministère dela Justice, dans les colonnes du quotidien.

Renforcer les services judiciaires et pénitentiaires

Les missions confiées aux réservistes judiciaires sont non juridictionnelles. C’est-à-dire que ces magistrats ne participent pas aux audiences. Ils s’occupent essentiellement de tâches d’assistance et administratives.

Un décret, un peu passé inaperçu, a été publié en ce sens il y a quelques mois.

Outre les missions confiées au réserviste judiciaire, il fixe à 75 ans (contre 65 ans pour le réserviste pénitentiaire), l’âge maximal, ainsi que la durée d’emploi, limitée à 150 demi-journées par an.

Le montant de ces vacations est de 100 euros pour un magistrat, 80 euros pour un greffier en chef et 60 euros pour un greffier.

Selon le dernier classement de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej), la France compte 9,1 juges professionnels pour 100 000 habitants, alors que la moyenne dans les autres pays du Conseil de l’Europe est de 20,6, rapporte Libération.

Autant dire que les retraités, pardon, les réservistes ont de beaux jours de travail devant eux.

AB

 

Le couple de retraités boulangers jette l’éponge

Vendredi 6 janvier 2012

cumul_emploi_retraite_Mathieu_Thouvenin_flickrL’aventure a tourné à la déconfiture.

Celle de Georges, 84 ans et Suzanne, son épouse, 81 ans que nous évoquions dans le post « Un couple de retraités rouvre une boulangerie ! »

Ils avaient, en effet, décidé en novembre dernier de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour améliorer leur quotidien.

« Avec 1 000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture », expliquait alors le mari.

Hélas, le pari aura duré moins de temps qu’il n’en faut pour faire pousser du blé et à le récolter. Georges et Suzanne, KO, n’ont réussi à tenir que 10 petits jours seulement. Déjà, depuis début décembre, leur boutique était temporairement fermée. Après plusieurs semaines de réflexion, ils ont donc choisi de renoncer. Georges qui travaillait seul la nuit pour produire quelque 600 pièces de pain s’est rapidement fatigué nerveusement et physiquement, reconnaît-il au micro de RTL.

« On aurait bien aimé continuer, confie-t-il également au Figaro, mais le rythme n’est pas possible à tenir à nos âges. Durant les dix premiers jours qui ont suivi l’ouverture, je n’ai pas réussi à dormir. L’excitation sans doute. Cela m’a fichu en l’air ! Je n’ai pas pu refaire surface. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus tout jeunes ».

Reste qu’aujourd’hui le couple, qui ne touche que 1 000 € par mois, cherche un repreneur au plus vite car il s’est lourdement endetté pour cette boulangerie, achetée avec leurs “dernières économies”, 140 000 €. S’y sont ajoutés 70 000 € pour refaire le magasin et installer le fournil. Sans compter un contrat de location de 3 900 € mensuels sur 3 ans pour ses machines. Pas vraiment de quoi envisager sereinement ni cette nouvelle année, ni leurs vieux jours.

Le cumul emploi/retraite, pas une sinécure

Cette malheureuse expérience relativise ainsi l’engouement récent pour le cumul emploi/retraite. Car Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à avoir repris le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif. 281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010. 14 % de plus en un an, selon les statistiques dela CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse).

Même boom constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’autoentrepreneurs.

Mais travailler quelques années supplémentaires, il faut se rendre à l’évidence, n’est pas donné à tout le monde. C’est même loin d’être une sinécure. La raison et la sagesse doivent plutôt nous inciter à préparer notre retraite le plus tôt possible et tout au long de sa vie active.

Pour éviter soi-même de se retrouver à son tour, à un âge trop avancé, hélas, dans le pétrin.

AB

Un couple de retraités rouvre une boulangerie !

Jeudi 10 novembre 2011

boulangerie_clermont_ferrand_retraiteC’est le couple de la semaine. Ils ne défraient pourtant pas la chronique dans la presse people. Elle n’est ni chanteuse, ni journaliste, il n’est ni footballeur, ni politique. Ils sont simplement boulangers. Mais l’ouverture prochaine de leur boutique à Clermont-Ferrand les élève au rang de stars sous les feux de l’actualité. Et pour cause : Georges a 84 ans. Suzanne, son épouse, 81 ans.

Ce couple de retraités a décidé de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie pour améliorer son quotidien.

“Avec 1.000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture”, explique Georges Gardon, très alerte malgré son âge, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne.

“On s’en sortait en cultivant notre jardin mais en faisant toujours attention”, témoigne à ses côtés sa femme, le regard pétillant, très en forme elle aussi.

A la retraite depuis 1999, ils ont acheté leur magasin avec leurs propres économies. Et une entreprise a gracieusement accepté de leur louer le matériel, après leurs vaines démarches auprès des banques pour obtenir un prêt comme ils l’évoquent dans ce reportage que le 13h de TF1 leur a consacré.

Même s’ils font figure d’exception vu leur grand âge, Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à reprendre le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif.

281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010

14% de plus en un an, selon les statistiques de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) reprises par le Cercle des Epargnants. Environ 281 200 retraités du régime général exerçaient une activité salariée en 2010, contre 245 000 en 2009 et 207 000 en 2008.

Ce sont avant tout les hommes (55%) qui cumulent pensions de retraite et salaires dans le cadre de ce dispositif détaillé sur le site de l’Assurance Retraite. Néanmoins, la part des femmes progresse plus rapidement que celle des hommes (respectivement + 20 % et + 11 %).

La répartition par âge des assurés révèle que 63 % d’entre eux ont entre 60 et 65 ans. Et 6 % des bénéficiaires avaient malgré tout bénéficié d’un départ en retraite anticipé (entre 56 et 59 ans) avant de reprendre un emploi.

Même engouement constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’auto-entrepreneurs.

A l’instar de notre couple de boulangers auvergnat qui envisage donc de travailler “au moins quelques années supplémentaires” : “et puis, ça nous amusera ! “, glisse l’octogénaire aux journalistes, un brin malicieux.

Un courage qu’il faut saluer. Mais, pas persuadé que ça amuserait tout le monde au même âge…

AB

Copyrights : Valdener_Marc sur Flickr