500 000 pauvres de plus en un an. Plus de 800 000 en deux ans. La pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en France en 2010. C’est le constat alarmant de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux de l’INSEE qui vient d’être publiée.
Désormais 14,1 % de la population française, soit 8,6 millions de personnes, disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (964 euros par mois, contre 968 euros en 2009), alors que, en 2008 ; ce n’était le cas que de 13 % de la population, rappelle Alternatives Economiques.
Le niveau de vie médian s’élève à 19 270 euros annuels, soit une diminution en euros constants de 0,5 % par rapport à 2009. Les 10 % des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 430 euros ; celui des 10 % les plus aisées est d’au moins 36 270 euros, soit 3,5 fois plus. Ainsi, le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées.
Vidéo BFM : La pauvreté continue de progresser en France
Davantage de retraités travaillent pour joindre les deux bouts
Et cette hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Les autres adultes inactifs, autres que les étudiants et retraités, représentent 16 %, et, surtout, les inactifs de moins de 18 ans, c’est-à-dire les enfants constituent 63 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres, selon l’enquête.
Le niveau de vie médian des retraités diminue de 1,1 % et leur taux de pauvreté progresse de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.
Explications : dans la majorité des régimes de retraite, la revalorisation des pensions a été inférieure à la hausse des prix et la diminution des taux de rendements des placements financiers usuels a bridé les revenus financiers des retraités.
Conséquence : nombreux sont les retraités qui cherchent désormais à améliorer leur ordinaire, souligne LaTribune.fr.
Un phénomène mesuré par le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des affaires sociales) sur l’évaluation du cumul emploi retraite, paru en juillet.
Bilan : 500 000 retraités sur un montant de 15 millions travaillent tout en touchant leur pension. Un chiffre qui a presque triplé en six ans passant de 120 000 en 2005 à 310 000 en 2011 pour le régime général des salariés du privé. Des petits boulots pour ces retraités qui souhaitent davantage aujourd’hui joindre les deux bouts que simplement rester actifs.
Nouveau symptôme d’une crise qui apparaît de plus en plus profonde, si certains en doutaient encore…
AB







