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L’Allemagne tacle la France sur la retraite à 60 ans

Vendredi 15 juin 2012

Lors du sommet du G8, à Camp David (USA)

C’est un véritable sermon qu’a adressé le ministre allemand des Finances à l’encontre du Président de la République, François Hollande. Dans un entretien publié mercredi dernier par le quotidien italien La Stampa, Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines personnes entrées tôt dans le monde du travail.

« En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué.

Une position encouragée d’ailleurs par le rapport publié cette semaine sur Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. (voir le post « Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées »)

« Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. », a critiqué le ministre allemand des Finances.

En comparaison, l’âge minimum légal de départ à la retraite est de 63 ans en Allemagne, après 35 ans seulement de cotisations mais pour toucher une pension avec décote. Pour une pension à taux plein, les deux pays sont en revanche plus proches puisqu’en France, la réforme des retraites prévoit de la faire passer progressivement de 65 à 67 ans d’ici à 2023. Ce que l’Allemagne prévoit également de réaliser d’ici à 2028, rappelle LeFigaro.fr.

L’Allemagne exhortée à remettre le moteur de l’économie en route

Le quotidien souligne par ailleurs que ce mercredi, François Hollande recevait les dirigeants de l’opposition socialiste allemande à l’Élysée. Une coïncidence qui pourrait expliquer le pourquoi d’une telle critique. De plus, l’Allemagne doit faire face ces temps-ci à un feu croisé de critiques. De Washington à Rome, en passant par Londres, les dirigeants du G7 appellent l’Allemagne à relâcher sa position à propos de la rigueur, ajoute LeFigaro.fr

Outre Manche et outre Atlantique, le célèbre quotidien économique The Economist a même demandé en Une à Angela Merkel de «remettre le moteur» de l’économie en route.

La chancelière allemande, stoïque, a répondu que l’arrêt des réformes structurelles du marché du travail en cours «serait fatal». Et de vanter le modèle allemand. Les résultats de l’Allemagne «ont montré qu’il s’agissait du bon chemin», a-t-elle insisté. Mais, a-t-elle reconnu, ces réformes «ont besoin de temps» pour agir sur la croissance, rapporte LeFigaro.fr

Quant à la réaction de la France aux critiques de l’Allemagne, seul Pierre Moscovici, pour le moment, a répondu lors d’une conférence de presse :

« En ce qui concerne les propos de monsieur Schäuble, je serai extrêmement bref : je ne fais jamais de commentaire sur la politique qui est menée en Allemagne, voilà. »

Pourtant, de gauche comme de droite, lors de la campagne présidentielle, les commentaires sur la politique menée en Allemagne allaient bon train. Tous élogieux. Mais ça c’était avant…

AB

Les retraites aux oubliettes de la présidentielle ?

Lundi 6 février 2012

retraite_presidentielle_fillon_aubryUne semaine après le duel entre François Hollande et Alain Juppé, François Fillon était l’invité de l’émission politique phare de France 2, ces derniers jours.

L’occasion pour le Premier ministre de se retrouver face à Martine Aubry pour un débat d’environ 40 minutes de temps. Une discussion très (trop ?) technique (de l’aveu général des observateurs), axée sur des batailles de chiffres et aussi sur la TVA sociale, parlant surtout des moyens de relancer la croissance ou encore de la politique de logement.

Mais, étonnamment, il me semble pas me tromper : rien n’a été dit sur les retraites. Pas de chiffrage ni de perspective, pas moins de solution ou de recommandation en l’état.

Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme l’été dernier avec l’allongement de la durée de cotisation et la fin adoptée de la retraite à 60 ans, le sujet suscite encore des questions. Il déclenche toujours des polémiques et réveille des craintes aussi bien chez les retraités que chez les plus jeunes censés préparer la leur. Pas plus tard que ces derniers jours d’ailleurs.

Avec la promesse du candidat socialiste de laisser partir finalement à 60 ans ceux qui ont suffisamment cotisé, sur laquelle le Président de la République est revenue, la question des retraites semblait donc loin d’être une cause entendue entre les deux principales forces politiques du pays.

16 millions de retraités

La durée du débat était-elle trop courte pour aborder avec tout le sérieux qui s’impose l’avenir de nos retraites, loin d’être réglé pour les générations futures ? On peut se le demander.

La Première secrétaire du PS, qui, il est vrai, a toujours été plus nuancée que la position de son parti sur la question des retraites, n’aurait-elle dans le fond rien à objecter au Premier ministre, pourtant principal artisan de cette réforme ? Pour beaucoup d’experts, quelque sensibilité politique qu’il s’agisse, le dossier serait essentiellement technique et traité comme tel. Beaucoup d’observateurs avaient par exemple insisté sur l’aspect arithmétique du dossier, lié aux vieillissement de la population, à l’augmentation du chômage… qui grignotent les marges de manoeuvre.

Toujours est-il que, seule certitude, au lendemain de ce débat télévisé, les 16 millions de voix que représentent les retraités en France ont été (pour l’heure) oubliées, ou à tout le moins mise de côté pour d’autres urgences. Dommage, à moins de 80 jours du premier tour de l’élection présidentielle… même s’il reste encore de l’espace médiatique pour aborder le sujet. Et qu’il demeure des interpellations possibles, notamment via les partenaires sociaux comme le rappelle par exemple Essonneinfo.fr : il s’agit pour eux de “replacer la question des retraites dans les thématiques de campagne des candidats à la fonction présidentielle“.

 

AB

NB : et d’ailleurs, si vous portiez le débat sur la place publique, que souhaiteriez-vous que les politiques traitent en priorité concernant les retraites et ses moyens de financement ? où se place le curseur de l’urgence selon vous ?