Archive pour le mot-clef ‘cotisations sociales’

Retraite à 60 ans : les régimes complémentaires aussi !

Jeudi 9 août 2012

rétraite complémentaires 60ansC’était l’interrogation qui subsistait après la publication le 3 juillet dernier au Journal Officiel du décret prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise.

Celles et ceux concernés par la promesse électorale de François Hollande ainsi concrétisée allaient-ils pouvoir obtenir les mêmes avantages au titre du régime complémentaire et toucher ainsi une retraite complète ?

La réponse est oui. Les régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) viennent de recevoir le feu vert des partenaires sociaux pour appliquer le nouveau dispositif carrières longues à la retraite complémentaire à compter du 1er novembre 2012.

« Le Medef a écrit fin juillet aux syndicats, avec lesquels il gère les régimes complémentaires, pour leur indiquer que le décret serait pris en compte par ces régimes », détaille le site du Nouvel Observateur.

Après avoir fait procéder à une analyse juridique du décret par des juristes extérieurs, ce qui avait provoqué la colère des syndicats, l’organisation patronale a finalement accepté d’en appliquer les modalités pour les régimes complémentaires.

« Considérant que les études juridiques sont contradictoires, nous avons annoncé aux organisations syndicales que nous prenions en compte le décret », a annoncé à l’AFP Jean-François Pilliard, représentant du Medef.

Reste l’embarrassante question du financement

Pour autant, ce dossier est loi d’être bouclé. Car il s’agit maintenant de régler la question du financement de cette mesure par des régimes complémentaires en situation financière déjà préoccupante.

Pour les régimes de base, la dépense sera couverte par une hausse des cotisations sociales de 0,5 point. Mais pour les complémentaires, rien n’est prévu pour le moment, rappelle Les Echos.

« Une hausse des cotisations paraît, là aussi, inéluctable, car les deux régimes sont déjà dans une situation financière tendue. Même si le patronat y est pour l’instant vivement opposé. », ajoute le quotidien économique.

L’Agirc et l’Arrco puisent en effet dans leur réserve qui, par la force des choses, s’amenuisent.

« Nous verrons lors d’une réunion prévue le 12 octobre sur la question des équilibres financiers des régimes comment intégrer cette donnée supplémentaire qui va alourdir le déficit déjà important », a précisé M. Pilliard.

« Il est évident qu’il faut un financement supplémentaire et le vrai enjeu maintenant, c’est d’en discuter sérieusement », a confirmé le responsable retraite de FO, Philippe Pihet.

La promesse d’une rentrée bien studieuse pour les retraites…

Fraude aux retraites : s’il n’y avait que la Grèce…

Jeudi 26 avril 2012

800 millions d’euros par an, c’est ce que représente la fraude aux retraites et aux prestations sociales en Grèce, selon FranceInfo.fr.

Un montant hallucinant pour ne pas dire indécent dans un pays toujours en proie à la plus grave crise financière européenne.

Un nombre anormalement élevé d’aveugles dans l’île de Zante, des pensions d’handicapés attribuées à des Grecs parfaitement valides à Salonique ou des retraites post-mortem que des proches des défunts continuaient de percevoir, les autorités grecques ont mis au jour quelque 200 000 cas de fraudes. Athènes s’étant lancé dans une course aux économies dans le but de réduire sa dette.

Le ministère du Travail dévoile, par ailleurs, un autre scandale : des entreprises déclarant des cotisations sociales fictives afin de vendre au prix fort une couverture aux actifs non assurés, qui représentent près du tiers de la population active, explique LeMonde.fr. Quelque 4 000 cas ont déjà été recensés.

Des pratiques, hélas, qui ne datent pas d’aujourd’hui dans ce pays de carte postale… Un tel mépris de l’intérêt général est devenu intolérable aujourd’hui dans une Europe en difficulté.

Mais certains Grecs ne sont, hélas, pas les seuls à blâmer. Nous avons aussi en France, des personnes qui profitent d’un système incapable d’être pointilleux.

Pensions de retraite versées à l’étranger, dispositif “carrière longue”, la France n’est pas en reste

Il y a près d’un an, déjà, la Cour des comptes suspectait des fraudes sur les pensions de retraite versées à l’étranger. Il s’est avéré que dans certains pays, “le nombre de centenaires pensionnés du régime général est supérieur à celui recensé par les services du recensement”, selon leparticulier.fr

10 % des bénéficiaires des retraites sont des personnes qui ont travaillé, cotisé et donc acquis leurs droits à la retraite en France, alors qu’elles sont installées à l’étranger. Alors qu’en France, l’état civil informe automatiquement les caisses de retraite de la disparition d’une personne, ce n’est pas le cas dans d’autres pays, rappelle le site web de l’information juridique et pratique.

Autre cas de fraude, aujourd’hui, ce sont quelque 1.500 personnes, ayant profité du dispositif «carrière longue» pour partir à la retraite, qui se voient réclamer des remboursements allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros par la sécurité sociale.

La loi Fillon II de 2003 permettait aux salariés ayant travaillé jeunes de partir plus tôt à la retraite même s’ils n’avaient pas le nombre requis d’annuités.

Pour cela, ils devaient racheter des trimestres de cotisations après avoir fourni des attestations sur l’honneur signées par deux témoins, prouvant qu’ils avaient travaillé dans leurs jeunes années. Mais à partir de 2008, face à la montée en charge du dispositif (ou de la mauvaise foi de certains ?) et à son “financement devenu lourd”, l’administration a durci les conditions à travers une circulaire, explique LeFigaro.fr

“Nous avons conscience que certains dossiers sont litigieux mais la majorité des gens sont de bonne foi, ils ont été mal conseillés au départ. Il y a des situations dramatiques”, regrette la CGT.

Les sommes réclamées à certains par les Urssaf, la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail), chargée d’assurer le versement des pensions, et la MSA (Mutualité sociale agricole), atteignent plusieurs milliers d’euros, parfois 30.000 à 70.000 euros.

Tous ne sont peut-être pas des fraudeurs invétérés. Mais connaissez-vous des organismes habiles au cas par cas ? Comme dans la fable du berger qui criait au loup : « personne ne croit un menteur, même quand il dit la vérité »

Une chose est sûre, la fraude est un poison qui a toujours miné la cohésion sociale. Aujourd’hui elle contribue à mettre en danger les Etats. Il y a toujours des petits poissons qui passent les mailles du filet. Mais le jour où il n’y aura plus de filet…

AB

TVA sociale : quelles conséquences pour les retraites ?

Jeudi 5 janvier 2012

tva_sociale_retraite_Keith_LaverackNicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat débat, jusqu’ici, de la campagne présidentielle.

En évoquant, lors de ses vœux aux Français, l’idée d’une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale, le Président de la République a savamment jeté le premier os à ronger de cette nouvelle année qui débute pour la meute de politiques, syndicalistes, journalistes et autres observateurs et commentateurs de tout poil.

« Nous sommes l’un des pays européens dont la part des cotisations rapportées aux salaires est l’une des plus élevées. », justifie Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’analyses Asterès sur le site de La Croix.

Travail et protection sociale coûtent trop cher

C’est ainsi que pour certains économistes, notre système, hérité des Trente Glorieuses, de financement de la retraite ou de l’assurance-maladie, notamment, par les cotisations assises sur les salaires est devenu insatisfaisant, poursuit le quotidien.

À la fois parce que le coût de la protection sociale est amené à exploser en raison du vieillissement de la population – le « trou » de la Sécurité sociale pourrait atteindre près de 14 milliards d’euros en 2012 – et parce que le coût du travail est trop élevé pour que l’économie française soit compétitive. Déjà, Michel Rocard, avait institué en 1990 la contribution sociale généralisée (CSG) pour que le travail ne soit pas le seul financeur de la protection sociale.

Le principe d’une TVA sociale consiste donc à transférer une partie du financement de notre protection sociale par le travail, sur la consommation en la taxant davantage par le biais de son impôt indirect : la TVA.

Or, spontanément, qui dit augmentation dela TVA, dit augmentation des prix donc baisse du pouvoir d’achat, selon moi.

« Cette TVA sociale s’analyse à la fois comme une mini-dévaluation – on renchérit le coût des importations et on baisse celui des exportations – et une minidéflation salariale. On réduit à la fois le coût du travail pour les entreprises et le pouvoir d’achat des salaires ce qui est économiquement équivalent à une diminution des salaires. En mettant aussi au passage à contribution les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs. », anticipe même Alain Madelin dans Les Echos.

« Ce ne sont pas les produits importés qui paient l’impôt mais les consommateurs de ces produits — Mettez une taxe sur les vaches, ce ne seront pas les vaches qui la paieront — dit l’adage. La même facture sociale restera payée par le même nombre de Français », prédit l’ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé.

Les retraités protégés en cas d’inflation ?

« Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale », promet au contraire François Bellanger, le président de la Confédération française des retraites, interrogé par La Croix.

« L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés. En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé. », rassure-t-il.

Le débat ne fait donc que commencer. Les partisans d’une substitution de la TVAaux cotisations sociales soulignent son caractère favorable à l’emploi et sa neutralité vis-à-vis du financement de la sécurité sociale. D’autres considèrent qu’une telle réforme acte le fait que le futur accroissement des dépenses sociales ne pourra être financé que par une augmentation des cotisations, observe politiquessociales.net.

Recourir davantage à la protection individuelle ?

Selon ce site Québécois de veille sur les politiques sociales et la mondialisation, l’exemple allemand est éclairant.

« Loin d’être équilibré, le “paquet TVA” se solde par un supplément net de recettes pour l’État de l’ordre d’un peu moins de 0,4 point de PIB, dont plus de la moitié est supportée par les ménages, via la hausse de l’inflation. L’Allemagne est l’un des pays de l’UE où les inégalités salariales sont désormais parmi les plus élevées. La mesure mise en place en janvier 2007 en Allemagne s’inscrit en fait dans la suite logique des réformes antérieures de l’assurance chômage et de l’assurance invalidité vieillesse : elle ne fait qu’entériner le choix de limiter la part des ressources nationales affectées aux régimes sociaux contributifs, de favoriser le recours croissant à la protection individuelle, au risque de développer de la pauvreté et de fragiliser une cohésion sociale déjà bien malmenée depuis une dizaine d’années en Allemagne. », conclut Odile Chagny, chercheur affilié à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques).

Bref, un constat bien éloigné de la promesse sociale d’une nouvelle TVA.

Alors qui croire ?

AB