Faudra-t-il cotiser plus pour les retraites ?
C’est ce que laisse entendre LesEchos.fr en présentant l’état d’avancée des réflexions du gouvernement à propos de la future réforme des retraites pour réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020.
De toute façon, les autres leviers sont exclus, insuffisants ou pas pour tout de suite, rappelle le site du quotidien économique.
Relever l’âge légal ?
C’est non ! Jean-Marc Ayrault l’a promis dans sa récente interview accordée au Journal du Dimanche :
« Nous ne toucherons pas à l’âge légal. Le fil conducteur de nos décisions, c’est la justice. Cette réforme traitera la pénibilité au travail, la complexité des régimes et résoudra les inégalités. Au final, nous paierons les retraites, nous préserverons les plus petites retraites, et nous pérenniserons les régimes de retraite pour les générations à venir. »
Augmenter la durée de cotisation ?
Oui mais ce n’est pas pour demain ! François Hollande l’a pourtant annoncé lors de son grand oral sur France 2 :
« Comme on vit plus longtemps (…) il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues »
Mais, LesEchos.fr explique que le relèvement de la durée de cotisation est déjà programmé jusqu’en 2020 par la précédente réforme des retraites à raison d’un trimestre supplémentaire par génération, passant ainsi de 164 trimestres pour les personnes nées en 1952, à 166 trimestres pour les personnes nées en 1956 et les générations suivantes. Or, si le président de la République veut allonger encore un peu plus la durée de cotisation, il est obligé d’annuler les décrets en vigueur. Je vous laisse imaginer la pagaille pour les futurs retraités concernés. Donc un nouveau relèvement de la durée de cotisation ne sera pas possible avant 2020.
Toucher aux pensions ?
Vraisemblablement ! Il faut s’attaquer aux dépenses. Pas en baissant les pensions mais en limitant leur progression calquée jusqu’ici sur le coût de la vie. C’est ce qu’ont déjà décidé les partenaires sociaux pour les régimes complémentaires AGIRC ARRCO, également déficitaires, en désindexant les pensions de l’inflation. Mais de nombreuses questions subsistent dans le cas d’une telle mesure. Combien de temps, quelle proportion et qui ? En effet, toutes les pensions seront-elles touchées, alors même que le Premier ministre a déclaré qu’ « il n’est pas question que les petites retraites soient pénalisées » ?
Cotiser plus ?
Évidemment ! Forcément ! D’autant plus si on ne rabote légèrement que certaines pensions. Augmenter les ressources est donc le levier inévitable pour cette future réforme afin d’espérer équilibrer le régime général des retraites.
Ainsi, le gouvernement étudie l’éventualité de déplafonner les cotisations, mettant par conséquent à contribution les hauts salaires. Par ailleurs, l’idée d’un alignement de la CSG appliquée aux retraites (6,6 %) sur celle appliquée aux salaires (7,5 %) refait surface.
En attendant, les cotisations retraites sont déjà très élevées en France, rappelle le journal économique. De plus, souvenons-nous que le gouvernement, lors de son arrivée au pouvoir, les a déjà relevées pour financer la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans.
Quoi qu’il en soit, les hauts salaires risquent d’être très clairement dans la ligne de mire de la future réforme des retraites.
Après l’imbroglio de la fameuse taxe à 75 %, qui sera finalement payée par les entreprises, ces dernières n’ont sûrement pas fini de mettre la main à la poche, on dirait…
AB







