Archive pour le mot-clef ‘cnav’

Retraite : partir dès que possible

Jeudi 2 mai 2013

partir_retraiteEntre juillet 2010 et juin 2011, plus de 3 retraités sur 4 sont partis à la retraite dès qu’ils en ont eu la possibilité. Une tendance qui se confirme : la majorité des nouveaux retraités partent dès qu’ils ont atteint une pension à taux plein, afin de profiter le plus longtemps possible de la retraite.

C’est le principal enseignement de l’enquête Motivations de départ à la retraite de 2012, réalisée conjointement par la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la Dss (Direction de la sécurité sociale) et le Cor (Conseil d’orientation des retraites) auprès de 3 000 Français qui ont récemment mis un terme à leur carrière.

60,2 ans, c’est l’âge moyen “idéal” pour prendre sa retraite selon les personnes interrogées. Mais dans les faits, les 664 000 nouveaux retraités au régime général résidant en France, qui ont pris leur retraite entre début juillet 2010 et fin juin 2011, ont, en moyenne, 61 ans et demi au moment de la liquidation, qu’ils occupent ou non un emploi au moment du départ à la retraite.

Profiter de la retraite le plus longtemps possible

Avoir atteint le taux plein est la première des motivations de départ à la retraite. Elle a joué dans la décision de partir pour 67 % des nouveaux retraités. Ensuite, pour 58 % des personnes interrogées, c’est d’avoir atteint l’âge de 60 ans qui a compté. Les autres facteurs liés au droit à pension concernent moins de la moitié des répondants : « avoir atteint un niveau de pension suffisant » a compté pour 41 % d’entre eux, 31 % évoquent la peur d’une nouvelle réforme qui diminuerait leurs droits et 29 % la possibilité de continuer à travailler ou de reprendre un emploi.

A ce propos, les retraités partis en 2010-2011 sont un peu plus nombreux que ceux partis deux ans plus tôt à envisager de reprendre un emploi. Néanmoins, le souhait de profiter de la retraite le plus longtemps possible a compté pour deux retraités sur trois.

Par ailleurs, des difficultés liées au dernier emploi a importé pour 61 % des nouveaux retraités. Du fait de problèmes de santé pour 39 % des nouveaux retraités, ou tout simplement un sentiment de lassitude pour 40 % des répondants.

Toutefois, un tiers de nouveaux retraités (31%) ne sont pas partis dès qu’ils en ont eu l’occasion. Une prolongation d’activité pour l’intérêt du travail, pour une majorité des personnes interrogées, mais aussi le désir de conserver son salaire quelques années de plus pour 71 % des répondants et augmenter leur future retraite pour 65% d’entre eux.

A ce propos, les durées d’assurance et les dispositifs du régime général d’assurance vieillesse sont encore mal connus d’après cette enquête. Encore plus d’un retraité sur trois ne connaît pas ou ne se souvient pas de la durée validée et de la durée requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Par ailleurs, environ 40 % des nouveaux retraités disent n’avoir jamais entendu parler de la décote et de la retraite progressive et plus d’un retraité sur deux n’a jamais entendu parler de la surcote.

Raison de plus de s’informer dès que possible en consultant votre relevé de situation en ligne qui récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, et bien préparer votre retraite en faisant une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, pour partir effectivement dès que possible, sans mauvaise surprise par la suite.

 

AB

Vers un dispositif unique de cumul emploi-retraite ?

Mardi 31 juillet 2012

C’est la recommandation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un récent rapport qui dénonce des « inégalités de l’accès au cumul emploi-retraite » et « une très grande complexité liée à l’application des différentes formes de cumul ».

D’autant que de plus en plus de seniors reprennent le chemin du travail ces dernières années. En effet, il n’y a pas qu’au Japon, comme on l’a vu dans le précédent post, où nombre de retraités préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles.

2 fois plus de retraités actifs qu’il y a 5 ans

En France aussi, désormais. Ils seraient 500 000 « retraités actifs », selon ce même rapport de l’IGAS. C’est 2 fois plus qu’il y a 5 ans. Pour le seul régime général, ils sont passés de 137 000 à quelque 308 000 seniors salariés, révèle la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) sur LePoint.fr.

Et le phénomène ne date pas d’hier comme en témoigne ce reportage de TF1 réalisé en 2008 :

« Si je veux m’en sortir, il faut que je bosse », résume cette ex-cadre de la fonction publique.

Car pour la plupart de ces retraités qui ont repris une activité, il s’agit souvent de compléter une pension insuffisante (1 015 euros par mois en moyenne pour une carrière complète au régime général) par une activité à temps partiel.

« Avec 1 300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j’ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m’en sors pas », déplore cette grand-mère dynamique, installée dans l’Essonne.

Aide à domicile, garde d’enfants, ménage de nuit dans les entreprises… Depuis sa retraite en 2003, Monique Nicolas n’a jamais cessé de travailler, touchant 300 à 600 euros par mois, notamment grâce au site Seniorsavotreservice.com, qui recense quelque 50 000 CV de retraités… deux fois plus qu’en 2011 !

Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois

Depuis que le dispositif de cumul emploi-retraite a été assoupli en 2009, tout en conservant l’intégralité de leur retraite, il leur permet en effet de bénéficier d’un revenu d’activité représentant entre un quart et un tiers de ce qu’ils touchaient dans la vie active. Quelques centaines d’euros pour boucler les fins de mois.

Mais pas pour tous. Ce que dénonce l’IGAS.

Seuls les retraités du régime général, qui ont atteint l’âge du taux plein (65 ans et neuf mois pour la génération 1952) ou alors l’âge légal (60 ans et neuf mois pour les natifs de 1952) et disposant d’une pension à taux plein, peuvent cumuler sans limite pensions et revenus d’activité, explique L’Entreprise.

Dans le cas contraire, le cumul est plafonné et ne doit pas dépasser, soit la moyenne des trois derniers salaires, soit 1,6 fois le Smic. En cas de dépassement, le versement de la retraite est suspendu. De plus, ces retraités qui ne remplissent pas les conditions du cumul intégral doivent respecter un délai de carence de six mois s’ils souhaitent reprendre du service chez leur ex-employeur.

Autre forme de cumul : ceux qui se mettent à leur compte et reprennent une activité professionnelle non salariée (artisans, commerçants et industriels, professions libérales, avocats, exploitants agricoles) ou relevant des régimes spéciaux. Ces derniers peuvent cumuler librement.

« Un ancien cadre supérieur qui continue à travailler avec le statut d’indépendant peut ainsi cumuler sans aucune limite », explique Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

Autant de cas particuliers qui ont donc incité l’IGAS à préconiser ainsi « la fusion de toutes les formes de cumul… dans le souci d’une plus grande justice sociale ».

D’autant plus que ce phénomène est appelé à s’amplifier car les retraités français restent, malgré tout, encore moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans atteignait 5,2 %, contre 10 % en Allemagne et 10,5 % en moyenne en Europe. Autrement dit, en France, le cumul emploi-retraite a de beaux jours devant lui.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour mieux préparer sa retraite ?

AB

Retraite à 60 ans : qui, quand et comment ?

Vendredi 29 juin 2012

On va pouvoir enfin s’y retrouver avec… le retour partiel de la retraite à 60 ans !

Annoncée lors du Conseil des ministres du 6 juin dernier, la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise a fait l’objet d’un projet de décret. Un décret relatif à l’âge d’ouverture du droit à pension de vieillesse qui a été transmis, pour avis, au Conseil d’administration de la Cnav (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) le 18 juin dernier. Disposant désormais du texte de ce projet de décret, la Cnav, en tant que premier opérateur de la retraite en France, a décrypté cette nouvelle mesure lors d’un point presse cette semaine.

Les 5 points à retenir :

  1. Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er novembre 2012.
  2. Cette mesure concerne l’ensemble des régimes obligatoires de base : régime général, régimes des trois fonctions publiques, régimes agricoles (travailleurs salariés et non salariés), régime social des indépendants, régime des cultes, régime des professions libérales, régime des avocats et tous les régimes spéciaux (à compter de 2017, et 2016 pour la Banque de France) à l’exception de la SNCF et de l’ENIM.
  3. Le projet de décret prévoit que les assurés doivent désormais justifier d’un début d’activité avant 20 ans.

Pour rappel, il fallait jusqu’à présent avoir débuté son activité professionnelle avant l’âge de 18 ans pour bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Exemple :

- Assuré né en février : doit justifier de 5 trimestres avant l’année civile de ses 20 ans ;

- Assuré né en décembre : à défaut de remplir la 1ère condition, doit justifier de 4 trimestres l’année de ses 20 ans.

4 – Le projet de décret prévoit de ne plus opposer aux assurés cette notion de durée d’assurance totale validée. Seule une condition de durée d’assurance cotisée sera désormais exigée pour bénéficier du dispositif.

Exemple :

- Assuré né en 1954 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 165 trimestres pour prétendre à un départ à 60 ans.

A noter que le projet de décret introduit un « lissage » des conditions de durées validée et cotisée pour les départs avant 60 ans.

Exemple :

- Assuré né en 1957 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 166 trimestres pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

Avant le projet de décret (effet «lissage») cet assuré aurait dû justifier de 174 trimestres dont 170 cotisés pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

5 – Le projet de décret retient désormais dans les trimestres réputés cotisés :

  • 4 trimestres de service national ;
  • 4 trimestres de perception d’IJ maladie, maternité, AT/MP ;
  • 2 trimestres au titre de la maternité ;
  • 2 trimestres de chômage indemnisé.

Date possible de départ dispo dès cet été

Dès la publication du décret prévue en juillet, la Cnav s’est engagée à délivrer sur demande une attestation de départ en retraite anticipée aux personnes concernées par le nouveau dispositif, rapporte 20Minutes.fr 

« Cela concerne les personnes qui sont nées en 1952, 1953 ou éventuellement en 1954, inutile de s’y prendre très l’avance », précise Pierre Mayeur. « Même si la mesure s’applique à partir du 1er novembre 2012, cela permettra aux assurés d’avoir la garantie qu’il peuvent partir dans le cadre de ce dispositif », a ajouté le Directeur de la Cnav.

Pour en savoir plus et savoir concrètement si vous êtes concerné et de quelle manière par cette mesure, la Cnav a mis à disposition du public tous les éléments d’information sur son site internet lassuranceretraite.fr  et sur sa page Facebook.

De plus ses téléconseillers joignables au numéro de téléphone unique, le 39 60 (Prix d’un appel local depuis un poste fixe du lundi au vendredi de 8 h à 17 h), sont désormais en mesure de renseigner le public.

Enfin un chat sera également organisé sur le site internet de l’assurance retraite le 12 juillet prochain, pour répondre aux interrogations des futurs retraités.

AB

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années”, a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

Un médiateur pour l’Assurance Retraite

Vendredi 11 mai 2012

Réclamation, contestation des droits calculés,… l’Assurance Retraite s’est enfin dotée d’un médiateur. Il s’appelle Claude Périnel. C’est l’ancien Directeur de l’action sociale à la CNAV. C’est lui, désormais qui s’emparera de tout litige entre un assuré, un retraité et sa caisse.

Du moins dans les quatre régions (Centre, Languedoc-Roussillon, Nord-Picardie et Normandie) où ce dispositif est ouvert à titre expérimental avant d’être généralisé, assure la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), à l’ensemble du pays.

Concrètement, les missions du Médiateur de l’Assurance retraite consisteront à :

  • Offrir une nouvelle voie de recours gracieux aux assurés qui ont déposé une réclamation ou contesté le traitement de leur dossier par leur caisse de retraite, s’ils ne sont pas satisfaits ou sont en désaccord avec la réponse qui leur a été apportée.
  • Proposer, au regard des demandes qui lui auront été adressées dans le cadre de sa mission, des évolutions législatives ou réglementaires.

Impartial, le Médiateur de l’Assurance retraite pourra fournir au retraité, après examen de son dossier, des explications sur la décision de sa caisse régionale ou formuler, auprès de sa caisse, une recommandation pour le réexamen de sa demande.

Mais, la décision finale relèvera, quoi qu’il arrive de la responsabilité de la caisse régionale.

Qui peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Tout le monde. Tout assuré (ou son représentant légal) dès lors que vous aurez préalablement déposé une réclamation écrite auprès de votre caisse de retraite et que vous n’êtes pas satisfait de la réponse.

Dans le cas particulier d’une contestation des droits qui vous ont été notifiés, vous devrez auparavant avoir saisi la Commission de recours amiable de votre Caisse de retraite et avoir reçu sa décision, avant de pouvoir saisir le Médiateur de l’Assurance retraite en dernier ressort.

Comment saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Chacun peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite par courrier ou par courriel.

Le recours au Médiateur étant gratuit.

Coordonnées :

Le Médiateur de l’Assurance retraite

M. Claude PÉRINEL

75951 Paris Cedex 19

mediateur@cnav.fr

Voilà qui devrait soulager quelque peu le Défenseur des droits qui a repris les attributions du Médiateur de la République…

AB

Les retraites le 1er du mois, pas si simple…

Vendredi 6 avril 2012

Les retraites versées le 1er du mois à compter du 1er juillet, c’est l’une des promesses annoncées par Nicolas Sarkozy hier, lors de la présentation de son programme pour la Présidentielle.

« Nous allons réparer une injustice qui touche 15 millions et demi de retraités. Cela met les retraités modestes dans une situation difficile avec des comptes en banque déficitaires en début du mois, alors qu’ils doivent s’acquitter de leurs factures en début de mois. », a expliqué le Président candidat.

Les retraites versées le 1er du mois à compter du 1er juillet, c’est l’une des promesses annoncées par Nicolas Sarkozy hier, lors de la présentation de son programme pour la Présidentielle.

« Nous allons réparer une injustice qui touche 15 millions et demi de retraités. Cela met les retraités modestes dans une situation difficile avec des comptes en banque déficitaires en début du mois, alors qu’ils doivent s’acquitter de leurs factures en début de mois. », a expliqué le président candidat.

Un serpent de mer

Rappelons que si, à l’heure actuelle, les retraités ne touchent leur pension que le 8 ou le 9 du mois, c’est parce que l’agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui récolte la totalité des cotisations retraites patronales et salariales, ne les reçoit que le 5 du mois. Ainsi le temps que le versement soit effectif sur les comptes bancaires des retraités, nous sommes déjà le 8 ou 9.

« Cette mesure est en fait un serpent de mer. », explique LeMonde.fr

La proposition ne date pas d’hier, en effet, puisque la réforme des retraites de 2010 comportait déjà un article, voté à l’unanimité, qui prévoyait que le gouvernement présente au Parlement, avant le 1er janvier 2011, un rapport sur les conditions de mise en œuvre d’un versement des pensions dès le premier de chaque mois.

Depuis, sa mise en œuvre, est régulièrement promise par Xavier Bertrand, le ministre du travail et de la santé.

« En octobre, cela devait être le plus tôt possible. En juin, dans les mois qui viennent. En mai, il répond à la question d’un parlementaire sur le sujet que les services du ministre travaillent aujourd’hui activement à la résolution des contraintes techniques que pose la mise en œuvre de cette mesure. Jeudi, il affirmait encore sur BFM-TV, qu’il ne lâcherait jamais l’affaire. », rappelle le site du quotidien du soir.

“Ce n’est pas qu’une simple date à changer sur un tableau Excel”

Mais cette mesure qui semble pourtant simple et évidente se révèle en fait technique et coûteuse.

En quoi 7 ou 8 jours d’avance modifient le processus ?

« Avant d’être versées aux ayants-droits, les prestations doivent être disponibles dans les caisses du régime général… et cet argent vient des cotisations versées par les entreprises et les salariés. Donc, soit on modifie le mécanisme de collecte des cotisations pour anticiper (et l’usine à gaz n’est pas loin), soit l’Etat avance l’argent ou demande aux caisses de retraites d’emprunter pour être prêts le premier du mois. Cette option se traduirait par un coût financier mal venu par les temps qui courent. », explique Emmanuel Cugny sur France Info.

Ainsi, les caisses de retraite n’auraient pas d’autre solution que demprunter l’argent à verser le 1er du mois avant de l’avoir elles-mêmes reçu des employeurs, via les cotisations.

« Dix jours de trésorerie qui pourraient coûter très cher quand on sait que les sommes en jeu sont de plusieurs milliards d’euros. », selon LeMonde.fr

Enfin, l’autre point d’achoppement est le risque d’un bogue technique.

Pas vraiment optimiste, il y a encore quelques mois, l’ex-présidente de la Caisse nationale d’assurance Vieillesse (CNAV) expliquait sur RMC que le système informatique « est très lourd. Ce n’est pas qu’une simple date à changer sur un tableau Excel ».

“Actuellement, les retraités sont payés le 9, certains estiment que c’est tardif, mais c’est très régulier. Jusqu’à présent, la branche retraites a toujours honoré les échéances, il n’y a jamais eu d’incident majeur”, a indiqué à l’AFP un cadre supérieur de la Cnav.

Bref, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

AB

Simulation retraite : votre relevé de situation en ligne

Mercredi 18 janvier 2012

calculer_retraite_Curious_Expeditions_FlickrExcellente résolution de la CNAV(Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) pour cette nouvelle année.

Désormais, un relevé en ligne récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les complémentaires. Quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler. Une véritable avancée dans le droit à l’information sur votre retraite créée par la réforme de 2003.

Le site lassuranceretraite.fr proposait déjà la consultation gratuite du “relevé de carrière” mais dans son seul régime des salariés de l’industrie, du commerce et des services. Désormais, vous pouvez également consulter votre “relevé de situation individuelle”, qui retrace l’ensemble de votre carrière professionnelle en listant le nombre de trimestres et de points acquis auprès de tous les autres régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire, ainsi que les rémunérations prises en compte dans le calcul du montant de votre retraite.

Mais aussi des informations relatives à des périodes ou à des événements qui ne peuvent être rattachés à une année donnée (par exemple : enfants ou service militaire) et/ou qui sont susceptibles d’influer sur l’âge nécessaire pour la liquidation ou sur le montant de votre retraite.

Un service très pratique car ce relevé peut faire l’objet d’une demande sur les sites internet de vos différents organismes de retraite obligatoire. Parallèlement, il continue d’être adressé systématiquement par courrier aux assurés de 35, 40, 45 et 50 ans.

Éviter les mauvaises surprises

Surtout, vous pouvez enfin vérifier qu’aucune période travaillée n’a été oubliée, de façon intentionnelle ou non, par un employeur ou un organisme.

En vous permettant d’avoir une vision globale de vos droits et de vous assurer que les informations détenues par les organismes de retraite sont complètes et correctes, vous pouvez dès aujourd’hui effectuer les démarches nécessaires pour éviter ainsi d’avoir de mauvaises surprises le jour de votre départ en retraite.

Enfin, les informations de votre “relevé de situation individuelle” vous permettront de faire une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, et d’avoir ainsi une idée concrète de ce que vous toucherez pour votre retraite.

Pour obtenir, en quelques minutes seulement, votre relevé de situation individuelle sur le site de la CNAV, lassuranceretraite.fr, il suffit de vous inscrire avec votre numéro de Sécurité Sociale, qui sera votre identifiant, tout simplement. Choisir un mot de passe. Confirmer votre inscription par retour du mail que vous aurez reçu.

En principe, votre relevé est édité immédiatement. Sinon vous serez informé de sa disponibilité dans un délai de 2 à 3 semaines.

À partir de là, en disposant de toutes les informations sur votre situation personnelle, comparez par exemple, grâce à notre Comparateur de solutions retraite les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

Il ne sera jamais trop tard pour mettre au point votre plan d’action afin de couler des jours heureux une fois à la retraite, du moins, d’être bien dans vos pantoufles.

Pour reprendre un proverbe chinois,

« Lorsqu’on achète des souliers, on s’informe du pied » !

AB

Le couple de retraités boulangers jette l’éponge

Vendredi 6 janvier 2012

cumul_emploi_retraite_Mathieu_Thouvenin_flickrL’aventure a tourné à la déconfiture.

Celle de Georges, 84 ans et Suzanne, son épouse, 81 ans que nous évoquions dans le post « Un couple de retraités rouvre une boulangerie ! »

Ils avaient, en effet, décidé en novembre dernier de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour améliorer leur quotidien.

« Avec 1 000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture », expliquait alors le mari.

Hélas, le pari aura duré moins de temps qu’il n’en faut pour faire pousser du blé et à le récolter. Georges et Suzanne, KO, n’ont réussi à tenir que 10 petits jours seulement. Déjà, depuis début décembre, leur boutique était temporairement fermée. Après plusieurs semaines de réflexion, ils ont donc choisi de renoncer. Georges qui travaillait seul la nuit pour produire quelque 600 pièces de pain s’est rapidement fatigué nerveusement et physiquement, reconnaît-il au micro de RTL.

« On aurait bien aimé continuer, confie-t-il également au Figaro, mais le rythme n’est pas possible à tenir à nos âges. Durant les dix premiers jours qui ont suivi l’ouverture, je n’ai pas réussi à dormir. L’excitation sans doute. Cela m’a fichu en l’air ! Je n’ai pas pu refaire surface. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus tout jeunes ».

Reste qu’aujourd’hui le couple, qui ne touche que 1 000 € par mois, cherche un repreneur au plus vite car il s’est lourdement endetté pour cette boulangerie, achetée avec leurs “dernières économies”, 140 000 €. S’y sont ajoutés 70 000 € pour refaire le magasin et installer le fournil. Sans compter un contrat de location de 3 900 € mensuels sur 3 ans pour ses machines. Pas vraiment de quoi envisager sereinement ni cette nouvelle année, ni leurs vieux jours.

Le cumul emploi/retraite, pas une sinécure

Cette malheureuse expérience relativise ainsi l’engouement récent pour le cumul emploi/retraite. Car Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à avoir repris le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif. 281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010. 14 % de plus en un an, selon les statistiques dela CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse).

Même boom constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’autoentrepreneurs.

Mais travailler quelques années supplémentaires, il faut se rendre à l’évidence, n’est pas donné à tout le monde. C’est même loin d’être une sinécure. La raison et la sagesse doivent plutôt nous inciter à préparer notre retraite le plus tôt possible et tout au long de sa vie active.

Pour éviter soi-même de se retrouver à son tour, à un âge trop avancé, hélas, dans le pétrin.

AB

Un couple de retraités rouvre une boulangerie !

Jeudi 10 novembre 2011

boulangerie_clermont_ferrand_retraiteC’est le couple de la semaine. Ils ne défraient pourtant pas la chronique dans la presse people. Elle n’est ni chanteuse, ni journaliste, il n’est ni footballeur, ni politique. Ils sont simplement boulangers. Mais l’ouverture prochaine de leur boutique à Clermont-Ferrand les élève au rang de stars sous les feux de l’actualité. Et pour cause : Georges a 84 ans. Suzanne, son épouse, 81 ans.

Ce couple de retraités a décidé de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie pour améliorer son quotidien.

“Avec 1.000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture”, explique Georges Gardon, très alerte malgré son âge, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne.

“On s’en sortait en cultivant notre jardin mais en faisant toujours attention”, témoigne à ses côtés sa femme, le regard pétillant, très en forme elle aussi.

A la retraite depuis 1999, ils ont acheté leur magasin avec leurs propres économies. Et une entreprise a gracieusement accepté de leur louer le matériel, après leurs vaines démarches auprès des banques pour obtenir un prêt comme ils l’évoquent dans ce reportage que le 13h de TF1 leur a consacré.

Même s’ils font figure d’exception vu leur grand âge, Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à reprendre le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif.

281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010

14% de plus en un an, selon les statistiques de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) reprises par le Cercle des Epargnants. Environ 281 200 retraités du régime général exerçaient une activité salariée en 2010, contre 245 000 en 2009 et 207 000 en 2008.

Ce sont avant tout les hommes (55%) qui cumulent pensions de retraite et salaires dans le cadre de ce dispositif détaillé sur le site de l’Assurance Retraite. Néanmoins, la part des femmes progresse plus rapidement que celle des hommes (respectivement + 20 % et + 11 %).

La répartition par âge des assurés révèle que 63 % d’entre eux ont entre 60 et 65 ans. Et 6 % des bénéficiaires avaient malgré tout bénéficié d’un départ en retraite anticipé (entre 56 et 59 ans) avant de reprendre un emploi.

Même engouement constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’auto-entrepreneurs.

A l’instar de notre couple de boulangers auvergnat qui envisage donc de travailler “au moins quelques années supplémentaires” : “et puis, ça nous amusera ! “, glisse l’octogénaire aux journalistes, un brin malicieux.

Un courage qu’il faut saluer. Mais, pas persuadé que ça amuserait tout le monde au même âge…

AB

Copyrights : Valdener_Marc sur Flickr

Divorce et retraite ne font pas bon ménage !

Mercredi 26 octobre 2011

divorcer_retraite_coute_cherDivorcer n’est pas sans effet sur la retraite. La séparation entraîne inévitablement une disparité de niveau de vie entre les époux, malgré la possibilité pour celui des deux qui subit ce déséquilibre d’obtenir de l’autre une prestation compensatoire.

Pour les couples à la retraite, cela peut représenter une baisse du niveau de vie considérable, surtout pour les femmes qui se retrouvent souvent endettées ou même sous le seuil de la pauvreté, selon le quotidien Métro de Montréal.

Une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé

Au Québec, le nombre de divorces chez les couples de plus de 65 ans et plus a doublé depuis 1980.

« C’est le groupe où l’on retrouve le plus haut taux de divorce. Les couples mariés qui mettront fin à leur union entre 67 et 80 ans, risquent de subir une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé », selon Caroline Dabu, responsable de la stratégie de planification financière et marketing, au Groupe BMO, gestion privée du groupe BMO, interrogée par le quotidien gratuit.

Pas mieux, chez nous, en France. Selon les chiffres de l’Institut National Etudes Démographiques (Ined), le pourcentage des divorces de personnes de 60 ans et plus a fortement augmenté au cours de la dernière décennie : 28% de plus chez les femmes et 39% de plus chez les hommes.

Un phénomène confirmé dans cette vidéo, ci-dessous, par Michel Rochefort, Directeur Général du Credoc (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), pour qui le divorce n’a pas fini de croitre. Il commence à toucher les générations de plus de 50 ans et se généralisera probablement auprès des générations de plus de 60 ans en 2025. Cela aura pour conséquence un accroissement du nombre de personnes vivant seules.


Rochefort CREDOC divorce par ohersent

Un divorce prive de ses pleins droits à réversion

Mais si l’on est mieux seul(e) que mal accompagné(e) même après 30 années chaotiques d’un mariage que l’on n’hésite plus à abandonner, il n’en reste pas moins que financièrement on sera toujours plus à l’aise en couple que célibataire.

Conséquence plus fâcheuse, un divorce peut même vous priver de vos pleins droits à réversion, c’est à dire de la pension qui est versée au conjoint d’un assuré décédé.

En effet lorsqu’au décès de l’assuré il existe un conjoint survivant et un ou plusieurs conjoints divorcés, la pension de réversion est partagée au prorata de la durée respective de chaque mariage.

Il faut savoir aussi que le conjoint qui contracte un nouveau mariage ou vit en concubinage perd son droit à pension. Malgré tout il peut le recouvrer à la dissolution de sa nouvelle union ou à la cessation du concubinage.

Autant dire qu’une estimation de votre future pension de retraite en cas de divorce s’avère indispensable. C’est même un droit. Cela fait partie, en effet, du droit à l’information, l’une des principales mesures de la réforme des retraites, expliqué sur le site web de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) :

« Une estimation indicative globale du montant de la pension pourra être effectuée quel que soit l’âge de l’assuré si celui-ci est engagé dans une procédure de divorce ou de séparation de corps. »

Bref, si l’on a coutume de dire que l’argent est la cause première des disputes dans un ménage, il a toutes les chances de le rester après un divorce à l’âge de la retraite !

AB

Copyrights : mrphancy sur Flickr