Archive pour le mot-clef ‘chômage’

Réforme des retraites : une semaine de cacophonie

Jeudi 16 mai 2013

reforme_retraite_ayraultPassage à 44 annuités de cotisation, hausse de la CSG, âge légal à 65 ans… Avez-vous franchement compris et retenu quoi que ce soit à propos de la future réforme des retraites cette semaine ? Depuis le lancement des débats par Jean-Marc Ayrault qui a réuni les partenaires sociaux lundi à Matignon, c’est la cacophonie.

Retraite : vers 44 années de cotisation

Avec un premier chiffre choc révélé par Europe 1, lundi : 44 annuités de cotisation !

« François Hollande entend ainsi sécuriser les retraites jusqu’en 2035. Mais pas question de toucher à l‘âge légal de départ en retraites. C’est donc la durée de cotisation qui va être allongée. L’Elysée souhaite pousser le curseur assez loin : à 44 annuités contre 41 annuités et demie aujourd’hui. »

Une piste démentie, sur la même antenne, dès le lendemain, par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, assurant que le passage à 44 annuités « n’est pas sur la table ».

« Nous n’avons pas pris de décision quant au contenu de la réforme des retraites. Notre ligne, c’est la concertation », a-t-elle martelé.


“Le Coronavirus se trouve sur un animal” par Europe1fr

Le même jour, Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef affirme que les réformes et négociations successives du système des retraites sont fondées sur des hypothèses économiques mensongères :

« On se ment les uns aux autres, on travaille sur trois scénarios, dont le plus pessimiste prévoit un taux de chômage en 2020 de 7 % », a-t-il souligné, rappelant qu’un taux de 7 % n’avait été atteint que deux années au cours des vingt dernières années, rapporte LePoint.fr 

« Ma proposition est très simple. On a 35 régimes de retraite différents. Il faut quatre régimes de base : un régime pour les agriculteurs, un pour le privé, un pour la fonction publique, un pour les professions libérales, ensuite des systèmes complémentaires par capitalisation et non pas par répartition », a ajouté le patron du groupe Omea (Virgin Mobile).

La présidente du Medef toujours en place, Laurence Parisot, a plaidé, elle, pour une réforme des retraites qui passerait par un allongement de la durée de cotisation à 43 années d’ici à 2020 et un recul de l’âge légal à « au moins 65 ans à l’horizon 2040 », rapporte LeMonde.fr.

De leurs côtés, on s’en serait douté, les syndicats de salariés fourbissent leurs armes.

Réforme des retraite : une mobilisation en juin

« Nous n’accepterons pas une réforme globale, dite ‘systémique’, qui consisterait à tout chambouler pour faire un régime par points », pas plus que « bouger l’âge ou rallonger la durée de cotisation », a assuré de son côté le leader de FO.

Jean-Claude Mailly est tout aussi hostile à une désindexation vis-à-vis de l’inflation, qui reviendrait à « taper sur les petites retraites », a-t-il ajouté. Seule une hausse des cotisations serait envisageable pour lui.

Quant à la CFDT, elle, plaide pour « une réforme de fond qui réduise les inégalités ».

Une réforme de fond, c’est ce que souhaite justement le patron du Modem.

Mercredi, François Bayrou est revenu sur le devant de la scène sur BFMTV face à Jean-Jacques Bourdin pour défendre la retraite par points :

« Au lieu d’avoir un âge unique de départ à la retraite, chaque travailleur se constitue un compte où est prise en considération la difficulté du travail. Certains métiers sont plus pénibles que d’autres », insiste le leader centriste.


Bourdin direct: François Bayrou – 15/05 par BFMTV

Même Ségolène Royal s’est exprimée mardi sur RMC et BFMTV pour souhaiter une « réforme à la carte » des retraites. Et à nouveau ce jeudi matin, la vice-présidente de la nouvelle Banque Publique d’Investissement, a plaidé sur France 2 dans Les 4 vérités pour

« ne pas baisser les droits sociaux des salariés qui sont les plus fatigués, ceux qui ont le droit de prendre leur retraite toujours en bonne santé ».

 A quelques heures seulement de l’intervention attendue de François Hollande. A 16 heures, le chef de l’Etat tiendra la seconde conférence de presse de son quinquennat.

« On dirait le brouhaha des instruments qui s’accordent dans la fosse, sans que jamais le silence ne s’impose avant la symphonie. La partition est écrite. François Hollande est à Bruxelles, la réforme des retraites est lancée. Mais elle ne débute pas. Le brouhaha domine. », résume à merveille Cécile Cornudet des Echos.

Barack Obama réélu, quel avenir pour les retraites américaines ?

Jeudi 22 novembre 2012

Passé le temps des festivités (assez court d’ailleurs de l’aveu même des journalistes qui couvraient l’évènement), et d’une photo mondialement échangée sur les réseaux sociaux, retour à la réalité pour Barack Obama.

Le dossier des retraites est en effet l’un des principaux chantiers auxquels devra s’attaquer le Président des Etats-Unis réélu. Car, à ce jour, 2 Américains sur 3 doivent financer eux-mêmes leur pension de retraite. L’Etat ne leur verse quasiment rien. Ainsi leurs revenus proviennent essentiellement de plans d’épargne-retraite et de fonds de pension. Or, ces dernières années, avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, certains dont les choix d’investissement ont été hasardeux, ont vu leurs économies se réduire comme une peau de chagrin. Au point de devoir retrouver, pour les moins chanceux, le chemin du travail, bien après que l’heure de la retraite a sonné.

Planifier sa retraite ? On verra plus tard…

De quoi avoir de plus en plus de mal à rester optimiste quant à ses vieux jours. D’ailleurs, un tiers des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite à… 80 ans, selon une étude de la banque Wells Fargo.

Au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans !

En-dehors de ces difficultés économiques, de nombreux américains ne planifient tout simplement pas correctement leur retraite. Le sondage indique que la majorité de la classe moyenne américaine (52%) affirme que leur préoccupation financière principale est de faire face aux factures mensuelles. Épargner pour la retraite est secondaire. Signe d’un certain fatalisme, plus de la moitié des préretraités américains (53%) ne sont pas persuadés de réussir à économiser suffisamment pour pouvoir profiter de leur retraite comme ils l’envisageaient.

« C’est si difficile pour les Américains d’économiser pour la retraite. Les gens disent qu’ils vont travailler plus longtemps, mais comment est-ce que ce sera possible pour des millions d’Américains ? », s’inquiète Joe Ready, director of Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

Un véritable risque pour la croissance américaine

Mais au-delà d’un simple problème individuel et générationnel, c’est le spectre d’un véritable risque pour la croissance qui plane au-dessus des Etats-Unis à cause des retraites de la génération Baby boom, pointe un gérant de Jupiter AM, gestionnaire de fonds.

« Le nombre même des baby boomers (approximativement 28% des Américains) qui ont atteint l’âge du départ à la retraite, ou qui l’atteindront dans les années à venir, implique que les dépenses de santé, en particulier, devraient augmenter significativement », rapporte Boursorama.com 

« Si les Etats-Unis ne remédient pas à cette situation, nous pourrions assister à une explosion des dépenses sociales, rendant insoutenables les finances du pays. (…) Cependant, si un compromis est trouvé sur les dépenses futures et qu’il y a une plus grande visibilité sur les coûts engendrés, les freins concernant l’investissement pourraient, selon nous, rapidement disparaître et les cours décoller. Et à l’image de ce qui s’est passé pour les crises récentes, tout dépend donc aujourd’hui des politiciens », conclut le gérant de fonds interrogé.

« Le meilleur est encore à venir ! », a promis Barack Obama dans son discours discours suite à sa réélection.

AB

La difficile case chômage, en attendant la retraite

Mercredi 24 octobre 2012

46 900. C’est le nombre de chômeurs supplémentaires recensés en septembre dernier, portant à 3 057 900, le nombre de demandeurs d’emploi. Des chiffres dévoilés par le ministère du Travail aujourd’hui, qui confirment une tendance inquiétante : le nombre de chômeurs de 50 ans et plus progresse (+2,3%). Avec les jeunes de moins de 25 ans (+2,2%), les seniors encore actifs continuent de subir de plein fouet la crise économique.

« C’est comme un navire lancé en pleine vitesse », a justifié ce mercredi matin, sur Canal +, Michel Sapin, ministre de l’Emploi.

Comprendre : ce n’est pas demain la veille qu’il faut s’attendre à ce que la tendance s’inverse et que la situation s’améliore.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
La Matinale du 24/10 – Interview de Michel Sapin

Seuls comptent les trimestres cotisés

C’est une dure réalité pour des seniors qui cherchent déjà des trimestres à tout prix pour partir à la retraite, rapporte LeMonde.fr

Car, seuls comptent les trimestres cotisés, c’est à dire travaillés, pour espérer partir en retraite anticipée au titre d’une carrière longue, explique le site du quotidien. Autrement dit, les trimestres validés, que l’on accumule en période de chômage comptent « pour du beurre » pour espérer bénéficier d’un départ à la retraite à 60 ans.

Ainsi, certains seniors, comme cet homme originaire de Lens qui témoigne, courent désespérément après une poignée de trimestres.

« On ne s’occupe jamais assez de sa retraite », résume-t-il en expliquant qu’avec 173 trimestres validés, mais 165 cotisés, à 59 ans, il a encore besoin de quatre trimestres pour prendre sa retraite malgré plus de quarante-trois ans de vie professionnelle.

Licencié en 2009, il n’avait pas prévu que la réforme des retraites de 2010 repousserait l’âge minimum légal pour partir. Pas prévu non plus qu’il serait si dur, à son âge, d’acquérir les trimestres manquants. Du coup, il a du faire des sacrifices, refaire son CV, oublier les 3 000 € bruts qu’il touchait en tant qu’agent de maîtrise pour aligner aujourd’hui les heures comme agent d’entretien dans une école lilloise. Ainsi, il espère pouvoir partir en retraite en 2013.

Bilan : au rythme de 86 heures par mois, payées au smic, cotiser ses quatre trimestres lui aura pris dix mois.

« Heureusement que j’ai réussi à trouver cet emploi l’année dernière avant de finir tous mes droits, se réjouit-il, il y a nettement moins d’offres cette année. »

“La société traite mal ses vieux”

Pour les moins chanceux, c’est la douche froide. Les chômeurs seniors en fin de droits se sentent totalement abandonnés, rapporte le site du Nouvel Obs. 

Plus d’allocation et pas encore l’âge légal de la retraite: à 59 ou 60 ans, sans perspective d’emploi, ils revendiquent un « juste retour » de la société, après toute une vie de travail.

Comme cette habitante du Doubs qui témoigne. Partie « l’esprit tranquille » lorsque son employeur, un équipementier automobile l’a licenciée à 55 ans, le DRH lui avait assurée qu’elle aurait 3 ans d’allocation chômage et l’AER (Allocation Equivalent Retraite) jusqu’à la retraite. Manque de bol, cette allocation accordée aux chômeurs de moins de 60 ans ayant leurs annuités pour faire la jonction entre chômage et retraite a été supprimée il y a 18 mois. Et l’âge de la retraite, bien sûr, a été reculé. Comme tous les seniors au chômage en fin de droits, elle doit se contenter de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 470 euros par mois dans le meilleur des cas pour un célibataire.

« La société traite mal ses vieux. On voudrait nous faire passer pour des assistés mais toute ma vie je me suis adaptée, j’ai fait mon travail correctement et aujourd’hui mon pays n’en a rien à cirer », déplore une autre.

La ministre de la Santé Marisol Touraine s’est engagée sur son blog à « traiter cette question importante » lors de la concertation sur les retraites en 2013.

De son côté, le ministère du Travail mise sur le contrat de génération, projet cher à François Hollande pour encourager à la fois l’embauche de jeunes et le maintien en activité des seniors.


François Hollande : «inverser la courbe du… par PartiSocialiste

Un projet de loi sera présenté en ce sens dès le 12 décembre au conseil des ministres pour permettre son déploiement début 2013, avec l’objectif de 500.000 embauches de jeunes en CDI au cours des prochaines années et le maintien dans l’emploi de 500.000 salariés plus âgés. Les retraites méritent, elles aussi, d’avoir un avenir, non ?

Caisses de retraite : un déficit de 30 milliards d’ici 20 ans

Mercredi 26 septembre 2012

30 Mds d’€. Tel est le chiffre abyssal dévoilé par Challenges.fr. Il résulte de prévisions établies par Florence Legros, professeur à Paris-Dauphine, spécialisé en prévision et prospective appliquée. Référence sur toutes les questions de retraite, elle est également conseiller scientifique auprès du directeur des retraites de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Selon elle, dans moins de 20 ans, le régime des retraites sera en déficit de 30 milliards d’euros, si rien n’est fait pour le réformer. Tout dépend, néanmoins, de l’évolution du taux de chômage dans les années qui viennent.

« Dans l’hypothèse – pour le moins optimiste – d’un chômage à 4,5% ; le trou se limiterait à 11,9 milliards d’euros. Mais si en moyenne, il se stabilise sur la durée à 8%, il faut s’attendre à voir le déficit de l’assurance vieillesse atteindre les 18,5 milliards d’euros. », rapporte le site économique.

A titre de comparaison, aujourd’hui, le taux de chômage en France métropolitaine s’établissait à 9,7% de la population active au deuxième trimestre 2012 (10,2% en comptant les DOM).

C’est dire si ces projections sont déjà très optimistes !

Alors, à quoi a bien pu servir la réforme des retraites de 2010, si c’est pour être encore en déficit dans 20 ans, me direz-vous ?

A gagner du temps et éviter la casse !

Car l’économiste a également évalué le niveau du déficit à prévoir si la réforme des retraites de 2010 n’avait pas été entérinée. Avec un chômage à 4,5%, le trou se serait creusé à 35 milliards et à 50 milliards dans l’hypothèse de 8 % de chômage ! Bref, la faillite programmée de notre système de retraite par répartition.

Des pensions de retraite qui risquent de baisser

Ce naufrage des caisses de retraite est la conséquence inéluctable de l’évolution de la démographie française, selon Florence Legros : la proportion d’actifs ne cesse de baisser par rapport aux retraités.

« En 1900, la France comptait 8 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une personne âgée, en 2000 cette proportion est passée à 4 pour 1, et elle tombera à 2 pour 1 en 2050. En clair, les actifs sont de moins en moins nombreux à payer les retraites. », détaille Challenges.fr

Conséquence : les pensions de retraite risquent de diminuer à l’avenir, représentant une part de plus en plus faible des revenus que les retraités percevaient en période d’activité. D’ailleurs, le taux de remplacement, qui mesure cette proportion, ne cesse de baisser depuis dix ans.

D’où la volonté du nouveau gouvernement de taxer davantage les retraités actuels pour sauver les meubles et économiser quelques milliards d’euros.

C’est ainsi que la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, préconise de raboter les avantages fiscaux et sociaux dont bénéficient les retraités. Car notre dette sociale ne peut continuer à être reportée davantage sur les générations futures, préviennent les sages de la rue Cambon.

« Les retraités sont-ils pour autant une génération dorée ? », s’interroge le quotidien La Croix

Il faut le croire puisque longtemps inférieur à la moyenne, le niveau de vie des seniors rattrape désormais celui des actifs. Mais on a bien vu ces temps-ci que ces généralités masquent des réalités plus complexes.

Des retraités pauvres plus nombreux

La récente hausse de la pauvreté n’épargne pas les retraités. En effet, les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté sont en fait celles des inactifs dont les retraités qui représentent 11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres. Le niveau de vie médian des retraités a diminué de 1,1 % et leur taux de pauvreté a progressé de 0,3 point pour s’établir à 10,2 %.

Mais plus que quelques coups de rabots, il est peut-être temps d’attaquer ce problème de l’avenir des retraites …à la hache !

Et mener, désormais, une indispensable réforme de la réforme, pour enrayer définitivement la spirale du déficit des caisses de retraite afin de ne pas accabler les générations futures.

C’est ainsi qu’une concertation sur les retraites aura lieu à partir du «printemps 2013» comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog. C’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et le processus semble en route car selon Économiematin.fr, l’ancien sénateur Alain Vasselle devrait prochainement perdre la présidence du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale, chargé de conseiller le gouvernement sur ce sujet, au profit de l’universitaire Mireille Elbaum, spécialiste du financement de la protection sociale. Cette ancienne conseillère de Martine Aubry, prône notamment une réforme systémique de la sécurité sociale qui pourrait déboucher sur la mise en place d’un système unifié de retraites par points ou en comptes notionnels. A suivre…

AB

Retraite à 60 ans : qui, quand et comment ?

Vendredi 29 juin 2012

On va pouvoir enfin s’y retrouver avec… le retour partiel de la retraite à 60 ans !

Annoncée lors du Conseil des ministres du 6 juin dernier, la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise a fait l’objet d’un projet de décret. Un décret relatif à l’âge d’ouverture du droit à pension de vieillesse qui a été transmis, pour avis, au Conseil d’administration de la Cnav (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) le 18 juin dernier. Disposant désormais du texte de ce projet de décret, la Cnav, en tant que premier opérateur de la retraite en France, a décrypté cette nouvelle mesure lors d’un point presse cette semaine.

Les 5 points à retenir :

  1. Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er novembre 2012.
  2. Cette mesure concerne l’ensemble des régimes obligatoires de base : régime général, régimes des trois fonctions publiques, régimes agricoles (travailleurs salariés et non salariés), régime social des indépendants, régime des cultes, régime des professions libérales, régime des avocats et tous les régimes spéciaux (à compter de 2017, et 2016 pour la Banque de France) à l’exception de la SNCF et de l’ENIM.
  3. Le projet de décret prévoit que les assurés doivent désormais justifier d’un début d’activité avant 20 ans.

Pour rappel, il fallait jusqu’à présent avoir débuté son activité professionnelle avant l’âge de 18 ans pour bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Exemple :

- Assuré né en février : doit justifier de 5 trimestres avant l’année civile de ses 20 ans ;

- Assuré né en décembre : à défaut de remplir la 1ère condition, doit justifier de 4 trimestres l’année de ses 20 ans.

4 – Le projet de décret prévoit de ne plus opposer aux assurés cette notion de durée d’assurance totale validée. Seule une condition de durée d’assurance cotisée sera désormais exigée pour bénéficier du dispositif.

Exemple :

- Assuré né en 1954 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 165 trimestres pour prétendre à un départ à 60 ans.

A noter que le projet de décret introduit un « lissage » des conditions de durées validée et cotisée pour les départs avant 60 ans.

Exemple :

- Assuré né en 1957 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 166 trimestres pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

Avant le projet de décret (effet «lissage») cet assuré aurait dû justifier de 174 trimestres dont 170 cotisés pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

5 – Le projet de décret retient désormais dans les trimestres réputés cotisés :

  • 4 trimestres de service national ;
  • 4 trimestres de perception d’IJ maladie, maternité, AT/MP ;
  • 2 trimestres au titre de la maternité ;
  • 2 trimestres de chômage indemnisé.

Date possible de départ dispo dès cet été

Dès la publication du décret prévue en juillet, la Cnav s’est engagée à délivrer sur demande une attestation de départ en retraite anticipée aux personnes concernées par le nouveau dispositif, rapporte 20Minutes.fr 

« Cela concerne les personnes qui sont nées en 1952, 1953 ou éventuellement en 1954, inutile de s’y prendre très l’avance », précise Pierre Mayeur. « Même si la mesure s’applique à partir du 1er novembre 2012, cela permettra aux assurés d’avoir la garantie qu’il peuvent partir dans le cadre de ce dispositif », a ajouté le Directeur de la Cnav.

Pour en savoir plus et savoir concrètement si vous êtes concerné et de quelle manière par cette mesure, la Cnav a mis à disposition du public tous les éléments d’information sur son site internet lassuranceretraite.fr  et sur sa page Facebook.

De plus ses téléconseillers joignables au numéro de téléphone unique, le 39 60 (Prix d’un appel local depuis un poste fixe du lundi au vendredi de 8 h à 17 h), sont désormais en mesure de renseigner le public.

Enfin un chat sera également organisé sur le site internet de l’assurance retraite le 12 juillet prochain, pour répondre aux interrogations des futurs retraités.

AB

Retraite à 60 ans : ça passe pour les mères de famille et les chômeurs âgés

Jeudi 7 juin 2012

C’est donc hier matin, comme prévu que le dispositif sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt a été présenté en Conseil des ministres. Avec un geste pour les mères de famille et les chômeurs.

Dans le détail, le décret permettra aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations (166 trimestres pour ceux nés en 1955, un peu moins pour ceux nés avant) de partir à 60 ans à taux plein, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme des retraites de 2010, explique LesEchos.fr. Il s’agit donc d’une extension du dispositif « carrières longues » réservé jusque là à celles et ceux qui ont commencé à travailler au plus tard à 17 ans. Avec également un bonus au titre de la maternité et du chômage.

En clair, les mères de famille vont gagner deux trimestres supplémentaires considérés comme « cotisés » si elles ont eu trois enfants et plus au cours de leur carrière. Jusqu’ici elles ne bénéficiaient au maximum que de quatre trimestres additionnels.

De même, les personnes ayant connu le chômage, qui ne bénéficiaient jusqu’ici d’aucun avantage spécifique seront gratifiées de deux trimestres considérés comme cotisés. Ce qui devrait permettre à des seniors chômeurs de longue durée proches des 60 ans de pouvoir partir en retraite et de toucher leur pension alors que jusqu’ici ils doivent patienter avec de très faibles ressources entre la fin de l’indemnisation chômage et la retraite.

Le coût de cette mesure est estimé pour l’an prochain à 1,1 milliard d’euros financé par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1 point par an pour les salariés et pour les employeurs.

« Soit 1,60 euro pour quelqu’un qui gagne le smic, 2 euros pour quelqu’un qui gagne 1600 euros par mois », a détaillé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, en charge de ce décret.

« A terme, en 2017, la mesure coûtera moins cher que ce qui était prévu tout en concernant autant de personnes», a souligné la ministre, évaluant le montant à « environ 3 milliards d’euros » au lieu des 5 milliards initialement prévus.

Du coup la hausse des cotisations retraite salariale et patronale prévue n’atteindront pas 0,5% en 2017 mais seulement 0,25% pour les salariés et 0,25% pour les entreprises, de quoi donner des marges de manœuvre pour la partie assumée par les complémentaires, et rassurer le patronat très critique vis à vis de cette mesure.

Au total, ce sont 110 000 personnes qui seront concernées en 2013 par cette promesse électorale de François Hollande. Le décret qui doit être examiné notamment par le Conseil d’État, sera publié au Journal Officiel au début de l’été. Il entrera en vigueur au 1er novembre.

« Une mesure de justice » décevante pour certains syndicats

Pour Marisol Touraine, cette décision du gouvernement est clairement “une mesure de justice”.


Le gouvernement accorde 2 trimestres de plus… par BFMTV

Côté syndicats, en revanche, certains semblent rester sur leur faim, jugeant globalement insuffisantes ces annonces, rapporte Europe1.fr

« Au-delà de deux enfants c’est principalement les femmes qui ont eu un congé parental ou qui se sont mises à temps partiel. Et elles n’arriveront jamais, avec deux trimestres supplémentaires, à 41 ans de cotisations même si elles ont commencé à 18 ou 19 ans », a déclaré Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC.

« Pour les mères de famille de plus de deux enfants, deux trimestres supplémentaires, ça ne suffit pas, il en aurait fallu au moins quatre », a-t-elle estimé.

« C’est un décret à l’eau tiède », a réagi pour sa part Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière.

« Certes le gouvernement a décidé de prendre en compte deux trimestres supplémentaires pour les congés maternité et les chômeurs, mais c’est insuffisant », ajoutant que ce n’est « rien pour les chômeurs de longue durée ».

« C’est pourquoi nous allons continuer à peser, puisqu’il ne s’agit que de la présentation d’un projet. Ce n’est donc pas définitif », a poursuivi le leader FO, rappelant que le débat sur les retraites allait redémarrer sur l’ensemble du dossier, à partir de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

En effet, les partenaires sociaux, syndicats et patronat déjà consultés sur ce thème il y a quelques jours, seront à nouveau sollicités pour se prononcer sur le texte définitif avant que ce dernier ne soit publié au Journal officiel, probablement à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, explique LeFigaro.fr

Un retour à la retraite à 60 ans pour tous est exclu

L’opposition, de son côté, dénonce une vraie « folie ». Reprenant son discours d’avant hier sur TF1, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a tenu à “alerter les Français sur les folies” que constituent les “cadeaux électoraux” du gouvernement, qui vont selon lui conduire à “une hausse massive des impôts”.

“Pour 100 000 personnes qui vont effectivement avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite à 60 ans, il y aura des millions de personnes qui vont payer plusieurs centaines d’euros de cotisation retraite supplémentaires” par an, a estimé pour sa part Valérie Pécresse sur Europe 1.


Aubry ” véritable ministre des Finances de… par Europe1fr

Mais qu’on se le dise, l’avenir de nos retraites ne s’arrête pas à ce cadeau bonus. Un débat plus global sur les retraites est prévu en juillet au cours d’une grande conférence sociale et dont les préparatifs ont commencé mardi, à Matignon. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault y a reçu les partenaires sociaux.

Mais Michel Sapin, le ministre du Travail, a d’ores et déjà exclu un retour à 60 ans pour tout le monde :

“Chacun sait très bien qu’aujourd’hui, ce n’est pas possible”, rapporte Europe1.fr

A bon entendeur…

AB

Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation

Lundi 21 mai 2012

Ce sera pour début juillet au plus tard a annoncé Marisol Touraine. La ministre française des Affaires sociales et de la Santé, fraîchement nommée, s’est engagée ce matin sur France 2 à ce que le décret rétablissant partiellement la retraite à 60 ans soit publié rapidement.

«Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou à 19 ans, qui ont leur 41 annuités de cotisations pourront partir à 60 ans et non pas à 62 ans comme c’est le cas aujourd’hui», a-t-elle affirmé.

Avec ou sans périodes de chômage ?

Mais cette promesse symbolique du nouveau président de la République, qui devrait concerner 150 000 personnes par an, ne se fera pas sans concertation. Car les trimestres validés au titre du chômage ou des majorations pour enfants posent déjà problème.

«Il est indispensable de discuter des modalités d’application», exige Bernard Thibault. Faute de quoi, «cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement», a menacé Jean-Claude Mailly (FO) la semaine dernière, rapporte LeFigaro.fr.

François Hollande a rappelé qu’il faudrait avoir effectivement cotisé 41 annuités, et que ces trimestres validés au titre du chômage ou de la maternité ne seraient pas pris en compte. Or les syndicats demandent un assouplissement.

« Qui sera concerné exactement par cette mesure ? Nous voulons en discuter », explique Eric Aubin, le « M. Retraites » de la CGT, sur LesEchos.fr.

« Cette mesure sera de toute façon bénéfique, mais on peut encore l’améliorer, notamment pour tenir compte de certaines situations de chômage ou de la maternité », ajoute Jean-Louis Malys (CFDT).

Marisol Touraine s’est néanmoins avancée ce matin sur les congés maternité qui seraient comptabilisés, de même que les périodes de service militaire. En revanche, pour les périodes de chômage, il faudra attendre la rencontre prévue la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.

Un obstacle financier

« J’ai demandé hier à Marisol Touraine, nouvelle ministre, dès sa prise de fonction, d’engager la concertation avec les partenaires sociaux avant de rédiger définitivement le projet de décret», a confirmé de son côté Jean-Marc Ayrault sur France Inter.

Le Premier ministre a indiqué que son arbitrage se ferait après cette consultation et au vu des contraintes budgétaires.


Jean-Marc Ayrault par franceinter

Car le principal obstacle sera bel et bien financier, rappelle Le Figaro.

« La mesure, dans sa version restreinte, devrait déjà coûter jusqu’à 5 milliards par an (financés par une hausse des cotisations) au seul régime de base. Peut-être ces syndicats se montreront-ils moins velléitaires lorsqu’il s’agira de la transposer aux régimes complémentaires Agirc-Arrco, qu’ils cogèrent avec le patronat. Le coût est estimé à environ 50 % de celui pesant sur le régime de base »

Un bon test en tout cas en prévision d’une concertation beaucoup plus vaste qui aura lieu par la suite sur l’ensemble du système de retraites. Âge légal, durée de cotisation, financement, rapprochement des règles entre régimes, pénibilité,…

Et dire que la réforme des retraites est entrée en vigueur il y a moins d’un an. Déconcertant non ?

AB

Retraite : les Américains pas sûrs de la prendre… vivants !

Lundi 21 novembre 2011

retraite_etats_unis1 Américain moyen sur 4 n’envisage pas de pouvoir prendre sa retraite avant l’âge de… 80 ans.

C’est le résultat hallucinant d’une étude de la banque Wells Fargo publiée par CNNMoney.

Un quart des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans ! Les USA sont d’ailleurs l’un des rares pays développés où l’espérance de vie diminue ces dernières années.

Alors que l’objectif moyen d’épargne pour la retraite d’un Américain est de 350 000 € environ, un tiers des sexagénaires possède réellement moins de 25 000 € d’économies.

D’une manière générale, 3 Américains moyens sur 4 s’attendent à travailler pendant leur retraite. Une situation qui n’est pas sans conséquences économiques et sociales selon Joe Ready, Directeur de Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

« Les gens vont-ils être physiquement et mentalement capable de continuer à travailler plus tard ? Quelles seront les conséquences pour les jeunes entrant sur le marché du travail ? Et, comment réformer notre système d’épargne-retraite pour réduire le fossé qui se creuse entre ce que les Américains arrivent à économiser et leur objectif d’épargne ? “, s’interroge-t-il.

Pour les ¾ des personnes interrogées, il est plus important de constituer un certain capital, quel que soit son âge. Tandis qu’une personne sur 5 seulement privilégie l’âge pour partir à la retraite, indépendamment de l’épargne constituée.

1 jeune sur 4 s’attend à ne rien recevoir de la sécurité sociale pour sa retraite.

C’est un bouleversement pour des Américains qui avaient l’habitude de prendre leur retraite autour de 65 ans. Mais avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, grevant ainsi leur épargne, les Américains ont plus de mal à rester optimistes quant à leurs vieux jours.

De plus, les changements dans les régimes de retraite et les coupes dans les prestations sociales n’incitent pas vraiment à l’optimisme, selon la banque commanditaire de l’étude.

En moyenne, les personnes âgées de 20 à 40 ans s’attendent à ce que 20 % seulement de leur pension de retraite proviennent de la sécurité sociale. Plus d’un jeune sur 4, entre 20 et 30 ans, s’attend même à ne rien recevoir du tout.

En revanche, l’enquête montre que beaucoup d’Américains font réellement le choix de travailler plus longtemps. Près d’une personne sur 2, entre 25 et 39 ans, et une sur 4, entre 40 et 59 ans, dit qu’elles veulent travailler pendant leur retraite tout en souhaitant un poste avec moins de responsabilités.

Mais les Américains ne sont plus une exception depuis que, par exemple, chez nous en France, ce couple de retraités octogénaires a choisi de remettre la main à la pâte. (Voir le post « Un couple de retraités rouvre une boulangerie ! »)

On est bien loin désormais des aspirations des générations précédentes, pour qui, il fallait la prendre jeune, la retraite. Il n’en demeure pas moins, quelle que soit l’époque, qu’il faut surtout « la prendre vivant », comme dit la truculente réplique d’Audiard dans les Barbouzes !

AB

Copyrights : tommy.chang sur Flickr 

Réforme des retraites : travailler plus… ou pointer plus !

Vendredi 19 août 2011

8720 chômeurs âgés vont devoir prolonger leur inscription à Pôle Emploi au lieu de partir à la retraite.

C’est le premier effet de la réforme entrée en vigueur au 1er juillet dernier, reculant notamment l’âge légal de départ. Cette information des Echos est reprise par la plupart des médias cette semaine.

Mais plus grave et aberrant, une part d’entre eux vont carrément épuiser leurs droits à indemnisation, selon l’Unedic. Trop vieux pour retrouver un dernier travail et trop jeunes pour partir à la retraite comme nous l’évoquions déjà, en juin, sur le blog retraite dans l’article « Qui sont les oubliés de la réforme des retraites ? ».

Les chiffres exacts ne seront connus que “début 2012″ mais cette étude réclamée par les syndicats de l’assurance chômage, extrapolant sur la base de données 2010, estime déjà que près de 1500 personnes vont devoir se contenter de 461€ par mois de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), le minima social des chômeurs en fin de droits, avant de prétendre légitimement à leur pension retraite.

27000 victimes de la réforme en 2012

Une situation née de la suppression de l’AER (l’Allocation Equivalent Retraite) depuis le 1er janvier dernier, dont quelque 30 000 personnes auraient pu encore bénéficier cette année. Cette prestation financée par l’Etat, qui garantissait une allocation de près de 1.000 euros -le double des minima sociaux- avait pourtant été créée en 2002.

Ce pour permettre justement aux demandeurs d’emploi qui ont tous leurs trimestres mais pas encore l’âge de partir à la retraite, d’attendre sereinement de faire valoir leur droit. Mais l’AER était déjà en sursis car elle devait initialement être supprimée en 2009. C’est la pression des syndicats et de l’Association de défense contre la suppression de l’AER qui avait permis de gagner deux années supplémentaires.

Le quotidien économique prédit, « L’Unedic ne chiffre pas l’impact qu’aura le nouveau relèvement de l’âge légal de la retraite de quatre mois au 1 er janvier 2012, ni les étapes suivantes. Mais la CNAV a évalué à 40 % la part des personnes devant partir à la retraite l’an prochain qui seront touchées par la réforme contre 13 % cette année. Si le nombre de chômeurs concernés suivait la même tendance, le nombre de victimes de la réforme pourrait monter à 27.000 en 2012, dont 4.500 sans indemnisation. »

Si la patience est la sagesse de ceux qui en ont le temps, pour la retraite, encore faut-il aussi en avoir les moyens !

AB

Allongement de la durée de cotisation retraite : “ce n’est qu’un début”, Marc Horwitz

Mercredi 17 août 2011

La durée de cotisation va-t-elle encore s’allonger ? La retraite par répartition va-t-elle disparaître ? Aurons-nous de quoi vivre à la retraite ? Tant de questions que nous sommes amenés à nous poser et partager en famille ou entre amis pendant ces vacances suite à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites au début de l’été.

Alors autant interroger un expert, Marc Horwitz, spécialiste des questions sur la protection sociale pour le magazine Que Choisir et auteur de « L’avenir des retraites – 25 questions décisives » paru chez Armand Colin.

Comment analysez-vous la décision d’allonger la durée de cotisation ?

Marc Horwitz – Audio 1

Marc Horwitz – Pour moi, ce n’est vraiment qu’un début. Si la logique de la loi Fillon de 2003 continue, on va avoir, à peu près, tous les 3 ans un réajustement de la durée de cotisation. Le vrai soucis est : que fait-on pour que les gens puissent cotiser ?

Il n’y a pas de boulot. Les gens sont « foutus » à la porte dans les grandes entreprises. A partir de 45 ans on considère qu’ils sont nuls ! Et dans l’administration à 65 ans on leur dit « au revoir Monsieur, on n’a plus besoin de vous, revenez comme contractuel ça nous coûtera moins cher. »

Le niveau des retraites en France n’est quand même pas élevé. Parce que la plupart des gens n’ont pas tout à fait, ce qu’on appelle, le taux plein qui est en fait 55% du plafond de la Sécurité Sociale. On est à 45% de moyenne et on va descendre à 40% dans les années qui viennent car les gens ne cotisent plus au plafond. Il y a tellement de gens qui ont eu des emplois avec des hauts et des bas ! Donc si on n’arrive pas à trouver du boulot pour les seniors, toutes les mesures qui peuvent être prises c’est une diminution du pouvoir d’achat des retraités.

Notre système de retraite par répartition sera-t-il vraiment maintenu ?

Marc Horwitz – Audio 2

MH – Je crois qu’il faut rassurer les gens. Effectivement, comme c’est du salaire différé, c’est à dire que les gens qui ont un salaire mettent de côté une partie de ce salaire pour avoir une retraite, la répartition ne posera pas de problème.

Elle sera plus ou moins élevée mais il y aura toujours assez d’argent pour qu’une partie des nouvelles générations payent pour les générations qui partent à la retraite.

Bien évidemment plus les nouvelles générations partent tard, plus c’est facile.

Mais ce que je viens de dire n’est exact qu’à une condition, que les seniors aient des salaires, qu’ils travaillent.

Or, ce qui est certain, c’est qu’on doit avoir 70% des gens de 60 ans et plus qui ne sont pas actifs, qui ne reçoivent plus un salaire. Ceux-là perçoivent soit une pension, soit des allocations chômage, soit , éventuellement, ils sont en incapacité de travail et ils ont des allocations de la Sécurité Sociale. Le problème de la répartition c’est celui-là !

3- Comment bien préparer sa retraite ?

Marc Horwitz – Audio 3

MH – Le meilleur conseil est de cotiser le plus tôt possible sur des plans qui permettent d’avoir, à 65 ans, une petite partie de ses revenus qui viennent de ces plans là. Ce sont les plans d’épargne retraite ou les plans d’épargne retraite d’entreprise. Si vous prenez ça, c’est déjà une base.

AB