Passage à 44 annuités de cotisation, hausse de la CSG, âge légal à 65 ans… Avez-vous franchement compris et retenu quoi que ce soit à propos de la future réforme des retraites cette semaine ? Depuis le lancement des débats par Jean-Marc Ayrault qui a réuni les partenaires sociaux lundi à Matignon, c’est la cacophonie.
Retraite : vers 44 années de cotisation
Avec un premier chiffre choc révélé par Europe 1, lundi : 44 annuités de cotisation !
« François Hollande entend ainsi sécuriser les retraites jusqu’en 2035. Mais pas question de toucher à l‘âge légal de départ en retraites. C’est donc la durée de cotisation qui va être allongée. L’Elysée souhaite pousser le curseur assez loin : à 44 annuités contre 41 annuités et demie aujourd’hui. »
Une piste démentie, sur la même antenne, dès le lendemain, par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, assurant que le passage à 44 annuités « n’est pas sur la table ».
« Nous n’avons pas pris de décision quant au contenu de la réforme des retraites. Notre ligne, c’est la concertation », a-t-elle martelé.
“Le Coronavirus se trouve sur un animal” par Europe1fr
Le même jour, Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef affirme que les réformes et négociations successives du système des retraites sont fondées sur des hypothèses économiques mensongères :
« On se ment les uns aux autres, on travaille sur trois scénarios, dont le plus pessimiste prévoit un taux de chômage en 2020 de 7 % », a-t-il souligné, rappelant qu’un taux de 7 % n’avait été atteint que deux années au cours des vingt dernières années, rapporte LePoint.fr
« Ma proposition est très simple. On a 35 régimes de retraite différents. Il faut quatre régimes de base : un régime pour les agriculteurs, un pour le privé, un pour la fonction publique, un pour les professions libérales, ensuite des systèmes complémentaires par capitalisation et non pas par répartition », a ajouté le patron du groupe Omea (Virgin Mobile).
La présidente du Medef toujours en place, Laurence Parisot, a plaidé, elle, pour une réforme des retraites qui passerait par un allongement de la durée de cotisation à 43 années d’ici à 2020 et un recul de l’âge légal à « au moins 65 ans à l’horizon 2040 », rapporte LeMonde.fr.
De leurs côtés, on s’en serait douté, les syndicats de salariés fourbissent leurs armes.
Réforme des retraite : une mobilisation en juin
« Nous n’accepterons pas une réforme globale, dite ‘systémique’, qui consisterait à tout chambouler pour faire un régime par points », pas plus que « bouger l’âge ou rallonger la durée de cotisation », a assuré de son côté le leader de FO.
Jean-Claude Mailly est tout aussi hostile à une désindexation vis-à-vis de l’inflation, qui reviendrait à « taper sur les petites retraites », a-t-il ajouté. Seule une hausse des cotisations serait envisageable pour lui.
Quant à la CFDT, elle, plaide pour « une réforme de fond qui réduise les inégalités ».
Une réforme de fond, c’est ce que souhaite justement le patron du Modem.
Mercredi, François Bayrou est revenu sur le devant de la scène sur BFMTV face à Jean-Jacques Bourdin pour défendre la retraite par points :
« Au lieu d’avoir un âge unique de départ à la retraite, chaque travailleur se constitue un compte où est prise en considération la difficulté du travail. Certains métiers sont plus pénibles que d’autres », insiste le leader centriste.
Bourdin direct: François Bayrou – 15/05 par BFMTV
Même Ségolène Royal s’est exprimée mardi sur RMC et BFMTV pour souhaiter une « réforme à la carte » des retraites. Et à nouveau ce jeudi matin, la vice-présidente de la nouvelle Banque Publique d’Investissement, a plaidé sur France 2 dans Les 4 vérités pour
« ne pas baisser les droits sociaux des salariés qui sont les plus fatigués, ceux qui ont le droit de prendre leur retraite toujours en bonne santé ».
A quelques heures seulement de l’intervention attendue de François Hollande. A 16 heures, le chef de l’Etat tiendra la seconde conférence de presse de son quinquennat.
« On dirait le brouhaha des instruments qui s’accordent dans la fosse, sans que jamais le silence ne s’impose avant la symphonie. La partition est écrite. François Hollande est à Bruxelles, la réforme des retraites est lancée. Mais elle ne débute pas. Le brouhaha domine. », résume à merveille Cécile Cornudet des Echos.













