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Retraite : les Français moins prévoyants que leurs voisins

Mercredi 23 novembre 2011

preparer_retraite_age_franceLes Français préparent leur retraite moins bien et plus tard que les autres européens

C’est l’un des enseignements tiré d’une étude sur la confiance des investisseurs Européens et Français menée auprès de 12 000 personnes dans 14 pays par TNS Sofres pour Fidelity.

« Ils sont plutôt sereins sans pour autant avoir de bonnes raisons de l’être », s’étonne même Christophe Gloser, président du groupe de Gestion.

45 % des Européens estiment qu’il faudrait commencer à préparer financièrement sa retraite avant 25 ans , la moyenne se situant à 30 ans. Or en France, l’âge moyen est de 38 ans ! C’est même 7 ans de plus que dans la dernière étude sur ce même sujet en 2007 !

56 % des Français n’ont encore rien mis en place pour leur retraite

D’ailleurs, 56 % des répondants Français n’ont encore rien mis en place pour leur retraite alors qu’en moyenne, à l’inverse, 58 % des Européens ont déjà commencé à se faire un bas de laine. Ceux qui ont commencé à épargner l’ont fait au travers de plans d’épargne retraite individuels, de plans d’épargne retraite proposés par leur employeur ou encore de SICAV, FCP ou obligations.

Est-ce le résultat d’une confiance aveugle dans notre système public par répartition ?

Oui, selon Christophe Gloser dans les colonnes de la Tribune :

« La mise en place d’un système par répartition après-guerre, pierre angulaire de notre système, n’a de facto pas favorisé la diffusion d’une culture financière de la retraite, en évitant aux Français d’avoir à s’en occuper eux-mêmes ».

D’ailleurs, à la question : « A votre connaissance, à votre départ à la retraite, quel pourcentage de votre revenu annuel final pouvez-vous attendre du régime public ? »

44 % des Français estiment qu’il sera amputé de près de la moitié tandis que 42 % placent le curseur entre 50 et 74 %. Les plus optimistes étant les Espagnols (un tiers d’entre eux pensent percevoir plus des trois quarts de leur dernier revenu). Tandis que les Britanniques et les Danois se révèlent plutôt pessimistes (40 % d’entre eux n’espérant pas plus du quart de leur revenu de fin de carrière).

43 % des Français n’ont pas d’argent à mettre de côté

Mais cet optimisme cache aussi des difficultés et un manque cruel d’information. Parmi ceux qui n’ont encore rien mis en place, le manque d’argent est la raison la plus souvent évoquée.

Ainsi 43 % des Français aujourd’hui n’ont pas d’argent à mettre de côté, 29 % doivent d’abord finir de rembourser leur emprunt immobilier et 20 % préfèrent se concentrer sur le financement de l’éducation de leurs enfants. Les autres se déclarent trop jeunes pour y penser, disent ne pas être intéressés par le sujet, ne pas avoir le temps de s’en occuper ou trouvent cela trop compliqué.

Et même s’ils en avaient les moyens, un Européen sur trois et un Français sur deux déclare n’avoir jamais reçu de conseils spécifiques sur des plans d’épargne liés à la retraite.

Pour preuve, le paradoxe de ceux qui imaginent passer bientôt à l’action. Ils sont une majorité (51 %) à penser le faire via un plan d’épargne retraite individuel.

« Ce qui est très surprenant compte tenu du peu de succès de celui qui est aujourd’hui proposé aux Français, le Perp (plan d’épargne retraite populaire). », souligne le Figaro.

Même méconnaissance quant à un plan de retraite proposé par leur employeur, privilégié par le quart des Français interrogé. Mais ils ne sont que 18 % à envisager de souscrire des SICAV, des fonds communs de placement ou des obligations.

Enfin, un épargnant Européen sur deux souhaiterait avoir un outil qui lui permette d’obtenir un aperçu financier de ce qu’il touchera pour sa retraite. Si 14 % seulement des Français affirment disposer de cet outil, ce qui les aide beaucoup, 44 % estiment qu’il serait bien d’en avoir un et que cela leur permettrait de mieux prévoir l’avenir. Ca tombe bien, vous avez cliqué sur la bonne adresse.

Rien de plus simple, il vous suffit de cliquer ici (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite. Bon calcul !

AB

Copyrights : tncountryfan sur flickr

Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde

Vendredi 7 octobre 2011

parti_socialiste_point_retraiteEnfin la question des retraites a été abordée par les candidats à la primaire socialiste cette semaine lors de leur 3e et dernier débat avant le 1er tour de scrutin ce dimanche. Et il était temps… de constater pour une fois sur ce thème, de véritables divergences entre les 6 prétendants comme nous l’avions déjà évoqué dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée ».

Tous les candidats ont beau avoir critiqué à l’unisson la réforme qui a porté l’âge de départ à 62 ans, « la plus injuste », selon Arnaud Montebourg. Tous ont aussi promis une prise en compte de la pénibilité ou des interruptions de carrière des femmes. Tous ont enfin évoqué de nouvelles sources de financement, rapporte le Figaro.

Désaccord sur le retour à la retraite à 60 ans

Mais sur la question du retour à un âge légal de départ à 60 ans, le vernis de l’entente cordiale a vraiment craqué. S’il est élu président, François Hollande a promis que « ceux qui ont 41, ou 41,5 ans de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans. Ce principe sera effectif. » Il annonce aussi une négociation en 2013.

Martine Aubry est sur la même ligne, celle du projet du PS : elle veut permettre à ceux « qui ont commencé à travailler tôt de partir à taux plein à 60 ans ». Quant à ceux qui voudraient partir à 60 ans sans avoir leurs annuités : « Ils n’auront pas leur retraite à taux plein. » Moins claire, Ségolène Royal s’engage sur le symbole : « Le retour à 60 ans sera inscrit à mon premier Conseil des ministres. » Seul Manuel Valls a tenu à préciser les choses : « Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle avait été instaurée. »

Quant au candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet, pas lié par un programme socialiste qui promet le rétablissement d’un départ à la retraite à 60 ans, il ambitionne carrément de changer profondément le modèle français, en s’inspirant de la Suède, note le JDD.

Qu’est-ce qu’alors que ce système de retraites par points adopté par les Suédois ? Chaque salarié y dispose d’un compte retraite virtuel, sur lequel s’additionnent des points, dont la valeur peut varier avec le temps. En outre, le calcul s’effectue tout au long de la carrière, et non sur les dernières années. Une petite partie de la cotisation salariale (2,5 % sur 18,5 %) est placée sur des comptes de capitalisation. Enfin, en s’ajustant automatiquement en fonction de l’âge de la population et de l’espérance de vie, le système suédois évite les dérapages.

“La retraite par points encore pire que les 62 et 67 ans”

Mais le système de retraites par points n’est, ni une nouveauté, la plupart des régimes complémentaires en France l’utilisent déjà, ni une solution miracle.

Il y a déjà 2 ans, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. La question du niveau des transferts entre actifs et retraités reste donc posée, comme le sont aussi d’autres questions primordiales qui risquent d’être occultées par une réforme d’apparence technique. »

En clair, explique par ailleurs le magazine Notre Temps, dans un tel régime, le montant de la pension ne peut être connu qu’au moment du départ à la retraite, grâce à la valeur du point en vigueur à cette date. Or, cette valeur peut être une variable d’ajustement pour compenser d’éventuels déséquilibres du régime. Dans l’absolu, et sans garanties précises, la valeur du point pourrait donc chuter et réduire le montant des retraites.

Même le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a étudié en 2008 le modèle suédois, souligne qu’il fonctionne en bénéficiant de perspectives démographiques et d’une situation de l’emploi très favorables. De plus, le système de retraites public suédois était déjà unifié avant la réforme, ce qui n’est pas le cas en France.

Pour enfoncer le clou, sur son blog, Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste affirmait il y a près d’un an : « Le Medef la veut (et il n’est pas seul hélas) : la « retraite par points » encore pire que les 62 et 67 ans ! »

Bref le système de retraites par points a tout d’une fausse bonne idée.

Pendant ce temps-là, des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l’Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat, signale 20 minutes.

Pas sûr que le débat de la veille et la cacophonie des propositions des candidats à  la primaire socialiste les ait vraiment rassurés. Peut-être que la politique en général et l’avenir des retraites en particulier est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques ?

AB

Retraite : coup de pouce pour les jeunes au chômage

Jeudi 11 août 2011

Alors que la suppression du départ à la retraite à 60 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour une pension à taux plein ont fait grand bruit au début de l’été, la meilleure prise en compte du chômage non indemnisé des jeunes passe un peu inaperçue ces derniers jours.

Pourtant, c’était « l’une des mesures de solidarité promises l’an dernier par le gouvernement pour tenter de mieux faire passer la réforme des retraites », rappelle Les Echos.

Car, d’une manière générale, le chômage est bien pris en compte dans le calcul de la retraite, même si on ne le sait pas forcément comme en témoigne ce micro trottoir vidéo :

Les périodes de chômage, indemnisé ou non, peuvent donc donner lieu à la validation de trimestres d’assurance vieillesse pour la retraite de base versée par la Sécurité sociale. Des points de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC (pour les cadres) peuvent également être attribués selon des règles détaillées sur le site du Ministère du travail, de l’emploi et de la santé.

18 mois au lieu d’un an

Un décret publié au Journal officiel du jeudi 4 août 2011 allonge donc à 6 trimestres la 1ère période de chômage non-indemnisée (postérieure au 31 décembre 2010) pouvant être validée pour le calcul des droits à la retraite.

Concrètement cela signifie que désormais, si pour la 1ère fois de votre carrière vous êtes au chômage sans percevoir d’indemnités, vous ne serez pas pénalisés pendant 18 mois maximum (au lieu d’un an) pour votre retraite et on vous validera, même si vous ne cotisez pas, jusqu’à 6 trimestres (au lieu de 4).

Il est vrai que cette mesure ne concerne que 6000 personnes par an sur les 800 000 nouveaux retraités chaque année. Une situation rare pour ces générations qui ont moins connu une longue période de chômage en début de carrière. En revanche, c’est un geste appréciable pour les jeunes générations explique Les Echos :

« La part des jeunes sortis de formation initiale sans diplôme est de 17%, et 31% de ces mêmes jeunes sont au chômage au cours des premiers mois de leur vie active » soulignait l’an dernier le rapporteur UMP de la loi, Denis Jacquat.”

Une mesure louable donc que ce coup de pouce, demain, pour la retraite des jeunes, même si l’on préfèrerait un vrai coup de main, aujourd’hui, pour leur emploi !

AB

Retraites anticipées : allo maman tayaut !

Mercredi 29 juin 2011

C’est le moment où jamais pour ces mamans qui ont la particularité d’avoir trois enfants ou plus et d’être fonctionnaires. Derniers jours pour profiter de leur droit à un départ anticipé à la retraite avant épuisement de ce privilège qui disparaît à compter de vendredi. Une information révélée par Les Echos alors que la réforme des retraites entre en vigueur ce 1er juillet.

Jusqu’ici ces mères de famille nombreuse (ou ces pères même s’ils sont plus rares) ayant travaillé 15 ans dans la fonction publique ou l’armée pouvaient prendre leur retraite à tout âge à des conditions financières très avantageuses. C’est à dire que le calcul de leur pension était basé sur le nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 ans seulement. Désormais le calcul sera rapporté à 41,25 annuités et surtout avec une décote pour toutes les années manquantes.

2 fois plus nombreuses à partir à la retraite

Autant dire que dans ces conditions l’afflux de départs à la retraite était attendu. Il s’avère même « plus important encore qu’imaginé » selon le quotidien économique. Elles seraient en effet 2 fois plus nombreuses que les années précédentes à sauter sur l’occasion.

L’essentiel des demandes émane de l’Education Nationale, des profs, mais les infirmières seront nombreuses aussi à faire valoir leur droit en voie d’extinction à un départ anticipé. « Vu les conditions de travail et le climat social à l’hôpital, les infirmières qui peuvent retrouver un poste en clinique ou se faire réembaucher à l’hôpital en contractuelle n’ont pas hésité », confie un proche du dossier dans les colonnes journal.

Encore fallait-il déposer son dossier avant le 1er janvier dernier pour un départ au plus tard ce vendredi et ainsi bénéficier de la règle de calcul antérieure à la réforme (source : www.fonction-publique.gouv.fr). Excepté pour les fonctionnaires qui ont déjà soufflé 55 bougies fin 2010, pour qui le dispositif demeure.

Sinon pour les mamans qui auront atteint les 15 ans et 3 enfants avant la fin de cette année, les conditions financières seront déjà moins avantageuses dès vendredi. Et dès 2012 ce privilège ne sera donc plus qu’un lointain souvenir. Reste aux futures mamans poules fonctionnaires à devenir plutôt des mamans lionnes et chasser des sources de revenus complémentaires pour une retraite tranquille.

Pour prolonger : pour rappel, relire par exemple l’article “Retraite des femmes : la Halde “s’auto-saisit” du dossier