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Vers une retraite à 65 ans ?

Vendredi 12 septembre 2014

retraite_allemandsLes partenaires sociaux se sont réunis en groupe de travail cette semaine, afin de réfléchir à la stratégie à adopter pour éviter la disparition définitive des retraites complémentaires dont les caisses sont plus que jamais dans le rouge. La piste la plus probable : le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Moins d’un an pour établir une feuille de route

A l’approche de la prochaine séance officielle de négociations se tenant le 28 septembre, syndicats et patronat se sont donc concertés le 9 septembre dernier au siège du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans le 7e arrondissement de Paris, afin de faire le point sur les différents scénarios possibles pour sauver les caisses de retraites complémentaires.

Les partenaires sociaux ont au plus tard jusqu’à juin 2015 pour se mettre d’accord et présenter le dispositif le plus adapté. Sa mise en œuvre devra débuter dès janvier 2017.

En attendant, plusieurs pistes sont à l’étude : augmenter les cotisations ou encore baisser le montant des pensions. Cependant, ces mesures paraissent difficilement réalisables dans un contexte déjà particulièrement tendu pour les retraités (fin de la demi-part des veufs et des veuves, désindexation partielle des retraites complémentaires pour 2014 et 2015 ou encore le gel temporaire des retraites de base).

De plus, d’après des simulations demandées par la CGT, pour combler le gouffre des caisses de retraites complémentaires, il faudrait que les cotisations augmentent d’ici 2040 de :

  • + 12,66 %, pour l’Arrco (retraite complémentaire des salariés) -soit le double du taux actuel de 6,65 %-
  • + 22,8 % pour l’Agirc (retraite complémentaire des cadres), actuellement à 16,22 %.

Une hausse des cotisations qui pourrait se heurter au taux maximal de cotisation retraite,  instauré à 28 % du salaire brut.

Retraite à 65 ans, pérennité jusqu’à 2040

Alors, face à la maigre réserve des caisses de retraites complémentaires, de 9 milliards pour l’Agirc et de 55,4 milliards pour l’Arrco, au 31 décembre 2013, c’est le scénario du Medef qui semble le plus pragmatique. Pour éviter l’épuisement en 2018 de la caisse des salariés, et en 2024 de la caisse des cadres, l’organisation patronale propose de reculer progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Un dispositif qui toucherait les générations nées à partir de 1956, et de plein fouet, à partir de 1961. Actuellement établi à 62 ans, ce changement devrait, selon les simulations de l’Agirc-Arrco, rendre les caisses pérennes jusqu’en 2040, dans le cas où des carrières prolongées ne viendraient pas perturber l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Dans le cas contraire, les caisses ne tiendraient que jusqu’en 2032.

Mais la mesure passera-t-elle auprès de l’opinion publique ? Sera-t-elle acceptée par les syndicats, le gouvernement ? Il n’y a pas vraiment le choix explique Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à Challenges : « Les comptes sont catastrophiques : à ce rythme, on n’échappera pas à une nouvelle réforme des régimes complémentaires d’ici quelques mois… »

Le spectre de nouvelles mesures qui seront à coup sûr défavorables aux salariés mais aussi aux retraités. De quoi inciter tout un chacun à préparer dès que possible sa propre retraite, avant que ce ne soit une nouvelle réforme qui s’en occupe. Connaissez-vous d’ailleurs le montant de votre future pension ? Pour pouvoir le calculer, cliquez ici.

AB

Pension de retraite : les inégalités hommes/femmes ne sont pas près de disparaître

Lundi 28 juillet 2014

Les Français et l'épargne retraiteNouveau-né de la dernière réforme des retraites, le Comité de suivi des retraites (CSR) vient de publier son premier rapport. Malgré un bilan globalement optimiste, une partie du document risque de faire grincer les dents des défenseurs de la cause féministe: le montant de la retraite des femmes, déjà bien inférieur à celui des hommes, ne devrait pas rattraper son retard, malgré un rapprochement des parcours professionnels des deux sexes.

Un écart persistant simplement adouci par les majorations

Si le Comité de suivi des retraites a émis la possibilité d’un retour à l’équilibre pour les retraites de base d’ici à 2020, il s’est aussi intéressé aux inégalités entre hommes et femmes, en étudiant le montant de la pension, la durée d’assurance à la liquidation, l’âge de départ et la durée moyenne de versement de la pension.

42 %, c’est l’écart évalué par le Comité entre la pension des hommes et celle des femmes, si l’on prend en compte uniquement les avantages directs. Une différence qui s’abaisse à 29 % si l’on inclus les droits dérivés, par exemple la pension de réversion. Et bien que le parcours professionnel des femmes est de plus en plus similaire à celui des hommes, il « ne permet pas d’envisager, à brève échéance, le rapprochement des pensions ».

Les majorations de la durée d’assurance au titre de la grossesse, de la maternité ou de l’adoption, ont tendance cependant à atténuer les contrastes, entre les deux sexes constate l’organisme : l’écart, compte tenu de celles-ci, est passé de 15 trimestres en 2005 à 6 trimestres en 2013. Sans ces majorations, la différence serait de 20 à 30 trimestres selon les estimations.

Des carrières professionnelles contrastées qui pèsent sur la pension

Toutefois, les majorations et la réduction progressive de l’écart de durée d’assurance entre les deux sexes ne suffisent pas. Cette tendance s’explique par plusieurs constats :

  • Les femmes sont plus exposées au travail précaire et aux inégalités salariales (l’écart entre le salaire de référence des deux sexes s’élève à 27%)
  • Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir des carrières incomplètes, par exemple pour cause de maternité.
  • La majoration de pension à hauteur de 10% accordée aux parents de trois enfants et plus accentue les écarts puisque celle-ci est proportionnelle au montant de la pension et ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes.

Dans ce contexte, le Comité constate que peu de femmes prennent leur retraite avant l’âge de 60 ans et au contraire, sont nombreuses à attendre l’âge de l’annulation de la décote, en raison d’une durée d’assurance plus courte.

Le CSR, au cœur du mécanisme de pilotage des retraites

Aboutissement de la réforme de l’ex-Premier Ministre Jean Marc Ayrault et de la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé toujours en poste, Marisol Touraine, le CSR a la lourde tâche de piloter un système qui s’essouffle. Formé dans un souci de parité hommes/femmes, l’organisme indépendant rend chaque année son avis sur le respect des objectifs financiers et d’équité assignés au système des retraites. A défaut de ne pas correspondre aux aspirations prévues, le Comité est chargé de remettre ses recommandations au Gouvernement, au Parlement et aux régimes des retraites.

Si le Comité se penche sur les inégalités entre les deux sexes, il ne serait pas étonnant qu’il concentre également ses efforts sur le gouffre des caisses de retraite complémentaire, qui cette fois-ci concerne à parts égales, aussi bien les hommes que les femmes !

AB

La réforme des retraites rejetée… pour mieux être adoptée !

Lundi 4 novembre 2013
Hémicycle du Sénat

Image : flickr, © Sénat, certains droits réservés (CC BY-NC-ND 2.0)

Les « voix » de la démocratie parlementaire sont impénétrables. Donnant lieu cette semaine à un véritable dialogue de sourds sur la réforme des retraites, le Sénat vient de rejeter purement et simplement l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans dans les secteurs privé et public à l’horizon 2035. Cette mesure clé de la réforme des retraites avait pourtant été adoptée précédemment, en première lecture, par l’Assemblée nationale.

 

Une réforme qui ne fait pas l’unanimité à gauche

Les Sénateurs ne l’entendent donc pas de la même oreille. Insoumission ou provocation, ils ont au contraire voté en faveur d’un système de retraite par points qui n’est plus vraiment à l’ordre du jour. Cette piste avait, en effet, été écartée depuis longtemps par François Hollande et Jean-Marc Ayrault soucieux de conserver et pérenniser notre système de retraite par répartition.

Nous assistons ainsi à la simple expression d’une réforme qui ne fait pas l’unanimité dans les rangs de la majorité présidentielle. Car même si la gauche est majoritairement représentée, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, sur la réforme des retraites, elle est à l’évidence minoritaire au Palais du Luxembourg.

Les communistes notamment s’y opposent en lui reprochant de « s’attaquer à la jeunesse ». « L’allongement de la durée de cotisation nous pose un problème majeur », a justifié de son côté la Sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, estimant que cette mesure « ne s’impose pas financièrement ». « Il a été aisé de trouver 20 milliards d’euros pour le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en quelques semaines. Et nous ne pourrions financer les retraites ? », a-t-elle demandé, selon LeFigaro.fr.

Marie-Noëlle Lienemann, les groupes UMP, UDI (centriste) et du Front de gauche ont donc supprimé l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans du texte de projet de loi.

Quid de la réforme des retraites ? Au final, elle sera tout de même adoptée, y compris, avec l’allongement de la durée de cotisation.

L’Assemblée nationale aura le dernier mot

C’est le jeu de notre démocratie parlementaire bicamérale. En effet, les deux chambres exercent conjointement le pouvoir législatif. Dans ce cadre, elles examinent successivement les projets et propositions de loi transmis de l’une à l’autre jusqu’à ce que les textes soient adoptés dans les mêmes termes : c’est ce qu’on appelle la « navette ». Or, à l’issue de l’examen de la réforme par le Sénat le 5 novembre, le texte qui va en résulter n’aura rien à voir avec celui adopté par l’Assemblée nationale.

Pour limiter le nombre des lectures et parce qu’il souhaite aller vite et mettre en œuvre la réforme des retraites dès le 1er janvier, le Gouvernement devrait donc utiliser une procédure de conciliation entre les assemblées sous la forme d’une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat afin de tenter de mettre au point un texte commun. Sauf que cet objectif n’a aucune chance d’être atteint, selon le site du Nouvel Obs.

De ce fait, la navette reprendra, avec une lecture dans chaque assemblée. Après cette nouvelle lecture, Jean-Marc Ayrault pourra demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement en lui donnant le « dernier mot ».

AB

Marisol Touraine : « une réforme des retraites de gauche »

Mardi 23 juillet 2013

reforme retraiteFin du 1er round de la concertation sur la réforme des retraites. Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, a achevé vendredi dernier les rendez-vous marathon avec les leaders des organisations syndicales et patronales, entamés avec Jean-Marc Ayrault, le 4 juillet dernier. Sans rien révéler des intentions du gouvernement, préférant visiblement n’abattre ses cartes qu’au dernier moment, c’est à dire à la rentrée, rapporte LaDepeche.fr.

« Nous allons montrer que nous pouvons faire une réforme des retraites de gauche », a-t-elle simplement déclaré selon LeFigaro.fr 

Qu’est-ce qu’une réforme des retraites de gauche ?

Encore un peu de patience pour le savoir vraiment et connaître les détails des propositions de réforme que la ministre va transmettre dans les jours qui viennent à Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

Mais d’ores et déjà on évoque au ministère des affaires sociales, selon Les Echos.fr, un « paquet social » de mesures sans précédent : retraites des femmes, prise en compte de la pénibilité, question des jeunes qui entrent tard sur le marché du travail,…

Ce qui est quasi certain, c’est que les actifs et les entreprises seront mis à contribution. La durée de cotisation sera bien allongée et les retraités eux-mêmes devront mettre la main à la poche avec une hausse de la CSG et des avantages familiaux rognés.

En revanche, les fonctionnaires et les bénéficiaires de régimes spéciaux devraient finalement être épargnés, selon BMFTV.com

C’est fin août que le Premier ministre recevra à nouveau les partenaires sociaux pour leur dévoiler les grandes orientations de la réforme. Ensuite, un projet de loi sera transmis au Conseil d’État et aux caisses de retraite début septembre puis présenté en Conseil des ministres le 18 septembre – avant les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, explique LeFigaro.fr. Pour finir par un vote au mois d’octobre et une application dès le mois de janvier 2014.

D’ici là, Jean-Marc Ayrault, sera aux côtés du Président de la République. François Hollande a reçu à l’Elysée l’ensemble des responsables de la majorité. Officiellement, pour sonner le début des vacances parlementaires. Mais, en fait, le chef de l’Etat veut mettre ses troupes en ordre de bataille pour la rentrée de septembre sur les dossiers brûlants : budget 2014, emploi et bien sûr les retraites. François Hollande voudrait éviter d’éventuels couacs, croit savoir BFMTV.com

Car le parti socialiste et les syndicats sont divisés au sujet de cette réforme.

Dans son texte d’orientation sur les retraites adopté récemment, le PS plaide en effet pour une réforme a minima. Car l’on s’inquiète déjà des éventuelles conséquences électorales à moins d’un an des élections municipales et des européennes de 2014.

De leur côté, les syndicats, même s’ils semblent désunis, ont déjà annoncé une journée de mobilisation le 10 septembre.

Ainsi, la rue sera-t-elle l’arbitre de la réforme des retraites ?

Réponse à la rentrée. En attendant les pavés, la plage…

AB

Comment préparer au mieux votre retraite : retrouver notre dossier spécial retraite

Vos cotisations retraite placées en bourse rapporteraient aujourd’hui… 800 000 euros !

Jeudi 7 février 2013

C’est le savant calcul réalisé par Acrithène, doctorant en économie et blogueur sur Atlantico.fr.

Il a fait une simple estimation du capital dont vous pourriez disposer aujourd’hui pour votre retraite si vous aviez investi, durant toute votre vie active, vos cotisations en bourse plutôt que dans le système de répartition.

Résultat : 800 000 euros.

Voilà la somme que vous auriez aujourd’hui pour profiter de votre retraite.

Pour ses calculs, cet expert en économie a pris l’exemple d’un salarié du privé qui prendrait sa retraite cette année après 43 ans de travail et donc de cotisations. Il s’est basé sur un salaire représentant à peine 59% du salaire moyen en 1970, soit moins de 10 000 euros par an, et 115% du salaire moyen aujourd’hui, soit 40 000 euros bruts.

Sur 43 ans, les cotisations cumulées ne représentent que 200 000 euros

Sachant que les cotisations retraite représentent 26% aujourd’hui de votre salaire brut, en ayant placé ne serait-ce que 20% de son salaire brut dans le CAC 40, et réinvesti à chaque fois les dividendes, nets d’impôts, de ces mêmes actions, vous seriez détenteur d’un portefeuille d’une valeur de plus de 800 000 euros. Alors que les cotisations cumulées depuis 1970 ne représentent que 200 000 euros environ.

Un capital que ce retraité fictif pourrait très bien convertir en rente viagère auprès d’un assureur. En estimant son espérance de vie à 86 ans, il toucherait pendant 24 ans, une rente équivalente à près de 38 000 euros par an ! Une pension plutôt confortable, et sans avoir fait appel à la collectivité, c’est à dire sans bénéficier des cotisations des actifs plus jeunes comme le prévoit notre système par répartition.

Aujourd’hui le revenu annuel moyen d’un retraité célibataire en France n’est que de 14 600 euros, alors que les Français en espèrent le double !

Cette simulation originale jette donc un sacré pavé dans la mare, alors qu’une nouvelle réforme des retraites se dessine. Sans forcément balayer le système actuel, l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne se révèle nécessaire.

D’ailleurs, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent avoir épargné en vue de leur retraite.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour cette année semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ?

AB

Les retraités, plus fourmis que cigales

Jeudi 31 janvier 2013

Les retraités dépensent moins, sauf pour l’alcool et le chauffage. C’est l’un des nombreux enseignements de « France, portrait social 2012 » publié par l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).

Avant le grand âge, les couples de retraités se préparent en effet à une autre phase de leur vie. Ainsi, les seniors épargnent davantage, ne voulant pas être à la charge de leurs enfants. Côté dépenses, les retraités renouvellent une dernière fois les équipements électroménagers de la maison. Ils adoptent ensuite, progressivement, une vie plus casanière. On est loin du cliché du retraité globe-trotter ou épicurien.

Pour certains, il ne reste que des miettes

En réalité, les dépenses des retraités liées au logement (loyer, charges, chauffage, électricité) augmentent, de même que leur recours aux services domestiques à domicile. En revanche, ils diminuent leurs dépenses alimentaires, à la fois à domicile et à l’extérieur, mais ils maintiennent leur consommation d’alcool. Enfin, ils dépensent moins pour les vacances ainsi que pour l’habillement.

Mais pour certains, une fois à la retraite, peu importe leurs envies, il ne reste que des « miettes ».

C’est ainsi que plusieurs exploitants agricoles de l’Aisne se sont manifestés il y a quelques mois, pour faire part à François Hollande de leurs conditions difficiles. Ces agriculteurs ont carrément envoyé des lettres contenant des miettes de pain au Président de la République pour protester contre leur maigre retraite.

Un geste symbolique qui n’a pas vraiment plu en haut lieu. Une enquête du parquet de Paris pour offense au chef de l’Etat, délit puni par la loi, a été ouverte. Le représentant des agriculteurs a été convoqué au commissariat, même si l’Elysée a formellement démenti avoir déposé plainte.

Les anciens exploitants agricoles en France revendiquent une retraite à 75% du SMIC, un taux qui n’est actuellement pas appliqué. En moyenne, un exploitant agricole retraité touche environ 770 euros par mois. Les exploitants demandent aussi la retraite complémentaire pour les épouses de retraités actuels.

Pas vraiment de quoi chanter tout l’été, mais apparemment, aller crier famine ne fait toujours pas recette…

AB

« Le système des retraites en France, c’est le Titanic » !

Mercredi 30 janvier 2013

marc fiorentinoComme à son habitude, Marc Fiorentino n’y va pas par quatre chemins. Notre système de retraite coule à toute vitesse, selon lui. Un naufrage comparable à celui du Titanic d’après le PDG d’Euroland Finance interrogé par le Nouvel Obs à l’occasion de la parution de son nouveau livre « Sauvez votre retraite ! » aux éditions Robert Laffont.

« La réforme Fillon, ce sont quelques canots de sauvetage jetés à l’eau, qui permettront de sauver quelques retraités. Le retour aux 60 ans, même si cela ne concerne que 150 000 personnes qui, de plus, méritaient de partir à la retraite, c’est un mauvais signal, c’est l’orchestre qui joue sur le pont pendant que le bateau coule. », confie le conseiller financier au magazine.

Ses prédictions résumées en 4ème de couverture sont plus que pessimistes :

« (…) vous allez vivre plus vieux que vous ne l’imaginez, vous n’allez pas toucher la retraite à laquelle vous avez droit, vous allez devoir travailler plus longtemps que prévu, les jeunes cotisent pour rien, les seniors vont se faire piquer une partie de leurs économies, vous devez vous protéger contre la dépendance (…) »

Préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance

Couverture livre FiorentinoPour autant, Marc Fiorentino ne souhaite pas la disparition de notre système par répartition au profit exclusif d’un système par capitalisation à l’anglo-saxonne. Un système totalement inadapté, selon lui, rappelant que pendant la crise, il a failli connaître la faillite, des retraités américains ayant dû reprendre le chemin des petits jobs à 70 ans parce que leur « capital » de retraite s’était envolé sur les marchés financiers.

Le conseiller financier préfère un système par répartition, réaliste, avec un complément de capitalisation. Partageant, par ailleurs, l’idée récurrente d’une remise à plat complète du système avec pourquoi pas l’adoption d’un modèle « par points », à la suédoise comme le suggèrent certains syndicats et leaders politiques.

Mais, en attendant la grande concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux prévue au printemps, Marc Fiorentino donne, dans son nouveau livre, des conseils pratiques à suivre dès aujourd’hui. Une stratégie reposant sur 4 piliers : préparer, épargner, immobilier et s’assurer contre la dépendance, les 4 piliers d’une solution pour votre retraite.

En effet, plus que le simple fait de préparer sa retraite, il s’agit surtout d’anticiper sa fin de vie et se prémunir face à la dépendance, comme Marc Fiorentino l’a expliqué sur BFM Business :

Alors ? Enfin décidé(e) à « sauver » votre retraite ?

AB

L’Équateur, le meilleur endroit du monde pour couler une retraite heureuse

Mercredi 2 janvier 2013

C’est le site International living, spécialiste de la retraite à l’étranger pour les Américains, qui distingue pour la 4ème année consécutive « la petite Suisse de l’Amérique Latine ». L’Équateur, grand comme la moitié de la France, coincé entre la Colombie et le Pérou, serait ainsi le meilleur endroit de la terre pour prendre sa retraite.

Pour la douceur de son climat tropical ? La beauté de ses paysages variés qui s’étendent de l’océan Pacifique aux profondeurs de l’Amazonie ? Sa culture exotique ? Certes, oui. Mais surtout pour son coût de la vie et ses prix de l’immobilier bon marché comparé aux Etats-Unis et à l’Europe.

« Pour 38 000 euros, vous pouvez acheter une maison dans une ville coloniale ou un appartement sur la plage. Vous pouvez aussi louer un meublé de deux chambres sur la plage pour 380 euros par mois. L’immobilier ici est si abordable que certains expatriés ont deux maisons. »

Par ailleurs, le site assure que l’Équateur est une destination stable et sécure, s’appuyant sur le témoignage d’un Américain installé là-bas qui a l’impression « de vivre aux Etats-Unis dans les années 50 ».

Une certitude, le continent Sud-Américain est devenu l’eldorado des retraités Nord-Américains dont les revenus se réduisent au fil des ans comme une peau de chagrin.

Le Panama et le Mexique complètent ce podium des destinations paradisiaques pour couler une retraite heureuse. Cocotiers, plages dorées, eaux turquoises, loisirs peu coûteux,… autant d’arguments qui poussent de plus en plus les seniors américains à s’expatrier au Sud des Etats-Unis mais aussi en Asie et même en France.

Oui, vous avez bien lu. Plus de 100 000 américains vivent chez nous dans l’hexagone, à l’image de ce couple qui profite de sa retraite à Paris avec « un budget raisonnable de 2 400 euros par mois. »

Pour des retraités Français, en revanche, c’est au Maroc, en Tunisie ou en Espagne, qu’ils sont de plus en plus nombreux à couler une retraite heureuse pour un budget raisonnable. Ils seraient ainsi plus d’un million de retraités tricolores à couler des jours heureux à l’étranger.

L’expatriation des retraités semble donc un phénomène croissant qui prospère des deux côtés de l’atlantique. Drôle de paradoxe pourtant pour ces deux pays, les USA comme la France, où de nombreux jeunes du monde entier rêvent encore et toujours de s’installer alors que les retraités eux-mêmes ne songent qu’à les quitter…

AB

Retraite complémentaire : Noël au charbon, pâques… à la privation

Vendredi 14 décembre 2012

« Les retraités devront malheureusement se serrer la ceinture. (…) plutôt que de voir disparaître à terme les complémentaires », a déclaré Philippe Pihet, président FO de l’Arrco ce vendredi matin sur Europe 1. 

Une véritable première pour les retraites complémentaires qui ont toujours suivi l’inflation. Les partenaires sociaux envisagent en effet de revaloriser les pensions mais à un rythme moindre que l’inflation. Pas de Père Noël donc pour les retraités qui doivent se préparer à un régime minceur inévitable l’an prochain.

Concrètement, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%. Autrement dit le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Un déficit de 10 milliards d’euros en 2017

Mais les caisses de retraite complémentaire économiseraient ainsi près de 800 millions d’euros par an. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Il faut donc sauver le « soldat Agirc-Arrco », la part complémentaire des pensions de 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé. Car elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. L’Arrco, pour tous les salariés, a versé l’an dernier près de 38 milliards d’euros de prestations. L’Agirc, réservée aux cadres, a versé 18 milliards. A ce rythme-là, les réserves de ces régimes de retraite complémentaire fondent comme neige au soleil et seront à sec, respectivement en 2016 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco, souligne les Echos.

Sauf que cette moindre revalorisation s’ajoute à la future « taxe dépendance » de 0,3% dès le 1er avril 2013 sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2.

« Les retraités du secteur privé qui sont les seuls touchés ne sont pas prêts à l’accepter. Je crois que le sentiment que l’on peut éprouver est un sentiment d’écœurement parce qu’un régime de retraite ça se pilote à long terme. On n’attend pas d’être au bord du précipice pour prendre des mesures d’urgence », s’est insurgé François Bellanger, Président de la Confédération Française des Retraités, à la mi-journée sur Europe 1.

Si rien n’est encore signé puisque syndicats et patronat se sont donnés jusqu’en mars pour aboutir, ce principe d’un coup de frein à la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation semble malgré tout acquis et pourrait perdurer.

Une hausse des cotisations à craindre

Mais pas sans condition. Tous les syndicats qui se sont résignés, excepté la CGT, réclament en contrepartie une hausse des cotisations patronales pour certains et des mesures pour épargner les retraités les plus modestes pour d’autres. Une hausse de cotisation de 0,1 point, rapporterait un peu moins de 600 millions, explique le site du quotidien économique.

Autrement dit, ce sont les salariés qui risquent au final de devoir mettre à nouveau la main à la poche pour les retraites complémentaires de leurs aînés sans avoir l’assurance totale de pouvoir en bénéficier au même niveau à leur tour, dans quelques années.

En attendant, le gouvernement veut rassurer.

« Le pouvoir d’achat est notre préoccupation, a réagi Pierre Moscovici, ministre de l’Économie sur Europe 1 ce matin. Ne vous en faites pas pour les retraités. Les Français savent et doivent savoir que ce gouvernement veut défendre leur pouvoir d’achat, a-t-il assuré. »

« Mettre les mains dans la machine, superviser… par Europe1fr

Mais entre vouloir et pouvoir… à moins de croire encore au Père Noël !

Artisan, commerçant : comment améliorer votre pension de retraite ?

Mercredi 3 octobre 2012

Le créateur d’entreprise, durant sa vie professionnelle, apprend à ne plus compter ses heures, ses clients casse-pieds, ses problèmes de stock, de personnel, d’impayés,… Mais pour sa retraite, il se doit pourtant de bien compter. Car les retraités artisans et commerçants perçoivent une pension moyenne de 1 285 € par mois, seulement, tous régimes confondus, selon les derniers chiffres du RSI (Régime Social des Indépendants).

Ce montant global de retraite qui comprend l’ensemble des prestations vieillesse de droit direct et de réversion est surtout inférieur de 11% à celui de l’ensemble des retraités français ! Par ailleurs, la distinction selon le genre fait apparaître de plus grandes différences : les hommes ont une pension moyenne inférieure de 18% et les femmes de 14%.

De plus, malgré l’amélioration de leur carrière au fil des générations, les femmes bénéficient toujours de pensions inférieures à celles des hommes. Fin 2008, la retraite globale des femmes pensionnées du RSI représente 70% de celle des hommes du RSI (67% pour l’ensemble des retraités français).

Alors comment améliorer sa pension de retraite après une vie de commerce ou d’artisanat en tant que travailleur non salarié ?

1/ En rachetant des trimestres manquants. C’est la possibilité offerte depuis peu par le RSI conformément au décret du 16 avril 2012 : racheter des trimestres de cotisation à un coût avantageux pour améliorer sa retraite.

Les artisans et les commerçants concernés doivent :

  • être affiliés depuis au moins 15 ans au régime d’assurance vieillesse des artisans (Ava) et/ou des commerçants (Organic) puis du RSI ;
  • avoir validé moins de 4 trimestres de cotisation assurance vieillesse au cours d’1 année civile ;
  • être nés avant le 1er janvier 1960 ;
  • être à jour de leurs cotisations et obligations déclaratives en tant que chef d’entreprise et/ou employeur.

Conditions de rachat :

  • 1 trimestre par période d’affiliation (continue ou discontinue) de cinq ans ;
  • 7 trimestres maximum ;
  • 636 euros par trimestre (coût pour une demande effectuée en 2012) ;
  • les demandes doivent être déposées avant le 31 décembre 2013.

200 000 travailleurs indépendants sont concernés par ce dispositif avantageux financièrement. Les commerçants et les artisans concernés seront contactés par courrier par leur caisse RSI.

2/ En épargnant tout au long de sa vie. Reste à comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenussous forme de rachats ou de rentes viagères, qui vous conviennent le mieux.

Une chose est acquise : ce n’est pas au vieux commerçant qu’on apprend à faire la grimace… devant une calculette !

AB

Pour prolonger : calculer votre retraite en ligne.