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Le bénévolat pris en compte pour la retraite, une fausse bonne idée ?

Lundi 20 juillet 2015

retraite-senateursEtre bénévole à la Croix Rouge ou encore aux Restos du Cœur vous permettra peut-être bientôt de cotiser pour votre retraite. Ce dispositif permettrait donc de lutter contre la pénurie de bénévoles mais aussi, d’aider les retraités à accéder plus facilement à la retraite à taux plein. Mais est-ce réellement une bonne idée ?

« Tu donnes, tu reçois » ?

Orange RockCorps est un mouvement qui s’est fait connaître avec le principe : « tu donnes, tu reçois ». Ainsi,  « tu donnes 4h de ton temps à une association et tu reçois en échange une place de concert ».

Il semblerait que ce principe du donnant-donnant pourrait s’étendre à l’ensemble des actions de bénévolat. En effet, bientôt, faire du bénévolat pourrait aussi rapporter aux bénévoles en leur permettant de valider des trimestres de cotisation pour leur retraite. C’est l’une des mesures phares, avec le vote obligatoire, de Claude Bartolone, actuel président de l’Assemblée Nationale, dans son rapport sur « l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine ». Ce rapport a été remis récemment au Président de la République, François Hollande.

Pour partir à la retraite, un Français doit cotiser 172 trimestres soit 43 années de travail au minimum. Cependant, la hausse du chômage et l’allongement de la durée des études peuvent être un frein à l’obtention de la retraite à taux plein. Les congés maternité, le service civique et militaire permettent déjà de cotiser pour la retraite, mais ce n’est pas suffisant pour Claude Bartolone : « Il vaut mieux reconnaître l’engagement et valoriser l’action des volontaires et des bénévoles », indique-t-il dans son rapport.

Cette mesure a été accueillie favorablement par certaines associations qui y voient un bon moyen de recruter des bénévoles et de valoriser leur démarche mais aussi, une bonne alternative pour les chômeurs de longue durée.

Cependant, pour d’autres associations, il reste encore beaucoup trop de zones d’ombre à clarifier.

« Le bénévolat est un engagement volontaire … gratuit »

En effet, toutes les associations ne sont pas d’accord sur cette mesure. En effet, on ne sait pas comment ce dispositif sera financé car il un coût. On estime que 11 millions de Français sont engagés dans une association. Aussi, la durée du bénévolat n’est pas précisée ni les types de missions acceptées. Il reste donc, encore, beaucoup de points à préciser avant d’envisager de mettre en place un tel dispositif.

Mais surtout, certaines associations trouvent que cette mesure dénature la notion même de bénévolat. « Le bénévolat est un engagement volontaire, gratuit, au service des autres », tient à rappeler Le Secours Catholique dans un communiqué. « Cela fait perdre une partie du sens de l’engagement citoyen bénévole », ajoute Guillaume Douet du Secours Catholique sur  Metronews.fr.

Finalement, en matière de bénévolat ou de retraite, comme le dit si bien le Philosophe Alain : « le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté ».

Retraite : les Français très inquiets

Lundi 13 juillet 2015

Retraite complementaireLe système des retraites en France est en crise. L’Agirc et l’Arcco sont au bord de la banqueroute et les Français en ont désormais conscience. D’après la vague 8 de l’EcoScope, baromètre mensuel OpinionWay pour Axys Consultants, la majorité des Français se déclarent inquiets.

9 Français sur 10 inquiets de l’avenir du système de retraite

Réalisme ou pessimisme ? En tout cas, le verdict est sans appel. 92% des Français se déclarent inquiets de l’avenir du système français des retraites dont 43% sont très inquiets. Dans le détail, les femmes (94%) sont légèrement plus inquiètes que les hommes (90%). Sans surprise, ce sont les chômeurs les plus pessimistes, ils sont 97% à ne plus cacher leurs inquiétudes. Aussi, ce sondage nous montre que plus l’on voit l’âge de la retraite se rapprocher, plus les inquiétudes grandissent. En effet, les 18-24 ans sont 88% à se déclarer inquiets contre 96% des 50-64 ans.

Ainsi, même si le degré d’inquiétude n’est pas le même, c’est, néanmoins, un sentiment qui touche l’ensemble de la population française.

Les comptes de l’Agirc et de l’Arcco sont dans le rouge et aucune issue ne semble voir le jour. Les partenaires sociaux s’entretiennent depuis plusieurs mois afin de trouver des solutions pour sauver les régimes de retraite complémentaires, cependant, rares sont celles qui arrivent à convaincre les Français.

Peut-on sauver les régimes de retraite complémentaires ?

Selon les estimations et si aucune décision n’est prise, les caisses de l’Agirc seront vides dès 2018 et celles de l’Arcco en 2027.

Ainsi, depuis le mois de février, le patronat et les syndicats se réunissent afin de trouver des solutions pour sauver la situation. La dernière réunion en date a eu lieu lundi 22 juin 2015 et les désaccords persistent. Pourtant, le Premier Ministre, Manuel Valls, avait réclamé un accord avant l’été. Plusieurs solutions sont évoquées : reculer l’âge de départ à la retraite, baisser le montant des pensions, fusionner l’Agirc et l’Arcco, augmenter les cotisations des employeurs … Mais peu d’entre elles arrivent à mettre tout le monde d’accord, même chez les Français.

En effet, d’après le baromètre OpinionWay, 63% des sondés sont contre l’idée de repousser l’âge de la retraite. Plus encore, 86% ne veulent pas entendre parler d’une baisse du niveau des pensions des retraites complémentaires. Seule la fusion entre le régime des cadres et celui des salariés semblent séduire. 63% des Français sont pour. Autre solution plébiscitée : aligner les modalités de départ en retraite du secteur public sur le secteur privé. 80% sont pour, dont 50% si on relève l’âge de départ en retraite des salariés du secteur public et des régimes spéciaux qui peuvent partir avant l’âge légal.

Ainsi, encore aujourd’hui, le futur des régimes des retraites complémentaires semble flou. Seule certitude pour les Français : il va falloir de moins en moins compter sur le système pour subvenir à leurs besoins. Epargner pour préparer sa retraite semble être plus que jamais indispensable.

Vers une baisse du niveau de vie des retraités

Mardi 23 juin 2015

partir_retraiteLe niveau de vie des retraités devrait diminuer sur le long terme par rapport au reste de la population. C’est en tout cas ce que révèle une étude du Conseil d’orientation des retraites.

Sur le long terme, le niveau de vie des retraités est amené à diminuer par rapport au reste de la population. Selon les projections du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), les pensions devraient baisser à partir de 2016, par rapport au revenu d’activité moyen, jusqu’en 2060.

Pour cette enquête, l’organisme s’est appuyé sur cinq scénarii économiques optimistes (une croissance forte et une diminution du chômage) et pessimistes (une faible croissance, et un chômage élevé).

Dans trois de ces simulations, le COR prévoit un retour à l’équilibre du système des retraites entre 2025 et 2030. Dans ces cas là, le chômage ne serait que de 4,5% et la croissance serait à hauteur de 1,5% par an.

A l’inverse, dans les deux dernières prévisions plus pessimistes, le système resterait durablement en besoin de financement en cas de croissance des revenus d’activité inférieure à 1,5%. Autrement dit, la croissance influerait considérablement sur l’équilibre du système des retraites.

Cependant, quel que soit le scénario retenu, la pension moyenne des retraités diminuerait entre 2015 et 2060. Selon les projections de l’organisme, cette baisse serait due à « l’indexation selon l’inflation des droits acquis en cours de carrière et de pensions liquidées ». Autrement dit, les écarts entre les pensions et les revenus d’activité se creusent d’année en année.

Ce rapport entre la pension moyenne et le revenu d’activité n’est pas le seul déterminant du niveau de vie des retraités. En effet, le patrimoine, la fiscalité et le nombre d’enfants à charge influent également sur le porte-monnaie des seniors.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la baisse du rapport entre le nombre de cotisants et de retraités. L’espérance de vie qui ne cesse de croître et l’arrivée à l’âge de la retraite du papy-boom. Pourtant l’âge du départ à la retraite ne cesse d’augmenter. Il était de 61 ans en 2013 et sera de 64 ans en 2030. En 2018 il y aura 1,7 cotisant par retraité de droit direct. Ce nombre ne sera plus que de 1,4 en 2060.

Ce relèvement de l’âge de départ devrait couvrir 60 à 80% de l’accroissement du besoin de financement lié au vieillissement de la population jusqu’en 2020. Jusqu’en 2040, cela ne couvrira plus que 50%, et ainsi de suite.

Comment préparer sa retraite ?

Même à taux plein (50% du salaire annuel moyen), le niveau de vie baisse une fois sorti de la vie active. C’est pourquoi il est important d’anticiper et d’épargner régulièrement. Plus tôt on commence à épargner, plus facile sera l’effort d’épargne. Les revenus complémentaires seront donc plus importants pendant la retraite.

Voici des idées de placements à la mode :

- acheter sa résidence principale

- investir dans l’immobilier locatif

- profiter des atouts de l’assurance vie

- investir dans un plan d’épargne retraite. Cette dernière proposition permet de diminuer les impôts et procure un complément de revenus lors du départ en retraite sous la forme d’une rente viagère.

Ainsi, préparer sa retraite de plus en plus tôt devient indispensable, surtout dans une période ou le vieillissement de la population atteint des sommets, et le nombre de cotisants par retraité diminue peu à peu.

Thaïlande : « une retraite douce et heureuse »

Mercredi 10 juin 2015

vivre retraite heureuseVivre à l’étranger attire aujourd’hui de nombreux Français, notamment en vue de la retraite. C’est le cas de Damien, 48 ans, kiosquier à Paris (75) dont nous avons recueilli le témoignage et qui envisage de s’installer en Thaïlande. Des pays souvent chauds qui ont l’avantage d’offrir une meilleure qualité de vie et un pouvoir d’achat plus élevé.

« Après plusieurs voyages en Thaïlande, j’ai décidé de m’installer sur place pour la retraite ». Comme Damien, de nombreux Français souhaitent quitter la France. Ils seraient plus de trois millions à vivre loin de l’hexagone, dont un tiers de retraités. Selon une étude sur l’avenir des retraites dans le monde, 15% des Français prévoient  de quitter l’hexagone après 60 ans. Rien d’étonnant pour Damien. « J’ai rencontré de nombreux retraités sur place qui profitent d’une retraite douce et heureuse. » Et si ces seniors sont heureux c’est en partie parce qu’ils gagnent en qualité de vie. « Le pouvoir d’achat est multiplié par cinq et on peut réaliser de nombreux rêves. En Thaïlande on peut avoir une villa au bord de mer avec un gros 4×4 même en ayant une petite retraite ».

Et concernant la vie de tous les jours, là encore les prix sont dérisoires. « Là-bas le smic est à 150€. Les prix des loyers sont bas, la nourriture est dix fois moins chère, on peut bien manger pour un euro. On peut aussi habiter une belle maison pour 150€ de loyer et pour ceux qui peuvent monter jusqu’à 500€, vous aurez une superbe villa avec piscine et vue sur la mer. » Au delà de ses avantages financiers, la Thaïlande est également réputée pour être un pays chaleureux. Damien parle même de « sourires chaleureux » partout où il passe.

« Chaleur, soleil et douceur de vivre »

Damien fait partie de ces retraités qui privilégient généralement les pays chauds. 20% partent au Portugal, 20% en Thaïlande, 16% en Espagne et 13% au Maroc. Ces pays présentent deux atouts majeurs : une vie pas chère et du soleil. « On est toujours mieux à la chaleur et au soleil que dans le froid sous la pluie ». De plus, ces destinations loin de l’Europe offrent un coût de la vie deux fois moins élevé qu’en France. Ces pays possèdent également de bons services médicaux et surtout de bonnes conditions climatiques. Il n’y fait jamais froid, pas même lors de la saison des pluies. De quoi profiter d’un repos bien mérité quand on est à la retraite. « Quand on aime ne rien faire, profiter du beau temps, du ciel bleu, des cocotiers et de la douceur de vivre, je crois que c’est plutôt sous les tropiques qu’on la trouve plutôt qu’en France ».

 

Retraite : le gouvernement veut s’attaquer aux familles nombreuses

Vendredi 6 février 2015

Enfants et chiens regardant par la fenêtreDifférentes décisions ont déjà été prises afin de permettre à la France de réaliser des économies. Après le gel de la revalorisation des pensions de retraite, ce sont les avantages familiaux des retraités qui sont désormais dans le collimateur du gouvernement.

La majoration pour une famille nombreuse, un dossier sensible

Arrivé à la retraite, plusieurs facteurs sont pris en compte dans le montant final de la pension que l’on va percevoir et le nombre d’enfants engendrés ou élevés en fait partie.

En effet, les pères et les mères qui ont eu au moins 3 enfants bénéficient d’une majoration de 10%. Cette disposition est également valable pour les parents qui ont adopté des enfants. Dans le régime général, les enfants mort-nés sont aussi pris en compte contrairement aux régimes des fonctions publiques. Ainsi, même si une personne n’a pas élevé son enfant, elle peut avoir droit à ce bonus.

Cependant, le sujet des avantages familiaux des retraités est un dossier tellement sensible que le gouvernement ne cesse de remettre ce débat à plus tard. Mais ces avantages sont de plus en plus critiqués. En effet, ils creusent les inégalités déjà grandes entre les pensions de retraite des femmes et celles des hommes. On estime qu’une femme perçoit en moyenne une pension inférieure de 33% à celle des hommes à la retraite. Or, la majoration est proportionnelle au montant de la pension. Ainsi, les hommes sont avantagés alors que ce sont plus souvent les femmes qui font le plus de sacrifices professionnels lors de la naissance d’un enfant.

Autre problème, la majoration est plus élevée pour les fonctionnaires. Pour 3 enfants, ils bénéficient d’une majoration de 10% du montant de leur pension et 5% de plus par enfant à partir du quatrième. Pour les salariés du privé, le bonus est de 10% quel que soit le nombre d’enfants à partir de 3.

Ainsi, différentes solutions ont été énoncées afin de réduire ces inégalités.

« Il y aura des perdants parmi les classes supérieures »

Sur cette dépense, là aussi, le gouvernement souhaite faire des économies. D’après le site radionotredame.net, la majoration de 10% représente une dépense pour l’Etat de 3,75 milliards d’euros par an.

Mercredi 28 janvier, Bertrand Fragonard, président du Haut conseil à la famille a présenté différentes pistes lors d’une réunion du Conseil d’orientation des retraites. Au vu des solutions envisagées, il y aurait « des perdants parmi les classes supérieures », indique un bon connaisseur du dossier sur le Figaro.fr. La première piste étudiée consisterait à plafonner la majoration de pension dans le privé. Autre solution, transformer la majoration en un montant fixe forfaitaire qui ne dépendrait plus du montant de la pension. Les pensions de retraite les plus élevées seraient ainsi moins pénalisées par rapport à la première solution. Les 10% de majoration seraient remplacés par un montant moyen calculé à partir des pensions des deux conjoints. On pourrait, ainsi, limiter l’augmentation des inégalités entre hommes et femmes au niveau de leur pension de retraite. Mais quid des couples divorcés puis remariés ? Ce calcul serait difficile à appliquer dans ce cas de figure.

Enfin, pour palier les inégalités entre salariés du privé et du public, l’Etat pourrait aligner le système de majoration du régime des fonctionnaires sur celui du régime général.

Toujours au stade de la réflexion, l’évolution de ce dossier complexe sera connue mi-février. Bertrand Fragonard devrait présenter au Chef du gouvernement, Manuel Valls et à la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine,  l’éventail des scénarios possibles.

Vers une retraite à 65 ans ?

Vendredi 12 septembre 2014

retraite_allemandsLes partenaires sociaux se sont réunis en groupe de travail cette semaine, afin de réfléchir à la stratégie à adopter pour éviter la disparition définitive des retraites complémentaires dont les caisses sont plus que jamais dans le rouge. La piste la plus probable : le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Moins d’un an pour établir une feuille de route

A l’approche de la prochaine séance officielle de négociations se tenant le 28 septembre, syndicats et patronat se sont donc concertés le 9 septembre dernier au siège du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans le 7e arrondissement de Paris, afin de faire le point sur les différents scénarios possibles pour sauver les caisses de retraites complémentaires.

Les partenaires sociaux ont au plus tard jusqu’à juin 2015 pour se mettre d’accord et présenter le dispositif le plus adapté. Sa mise en œuvre devra débuter dès janvier 2017.

En attendant, plusieurs pistes sont à l’étude : augmenter les cotisations ou encore baisser le montant des pensions. Cependant, ces mesures paraissent difficilement réalisables dans un contexte déjà particulièrement tendu pour les retraités (fin de la demi-part des veufs et des veuves, désindexation partielle des retraites complémentaires pour 2014 et 2015 ou encore le gel temporaire des retraites de base).

De plus, d’après des simulations demandées par la CGT, pour combler le gouffre des caisses de retraites complémentaires, il faudrait que les cotisations augmentent d’ici 2040 de :

  • + 12,66 %, pour l’Arrco (retraite complémentaire des salariés) -soit le double du taux actuel de 6,65 %-
  • + 22,8 % pour l’Agirc (retraite complémentaire des cadres), actuellement à 16,22 %.

Une hausse des cotisations qui pourrait se heurter au taux maximal de cotisation retraite,  instauré à 28 % du salaire brut.

Retraite à 65 ans, pérennité jusqu’à 2040

Alors, face à la maigre réserve des caisses de retraites complémentaires, de 9 milliards pour l’Agirc et de 55,4 milliards pour l’Arrco, au 31 décembre 2013, c’est le scénario du Medef qui semble le plus pragmatique. Pour éviter l’épuisement en 2018 de la caisse des salariés, et en 2024 de la caisse des cadres, l’organisation patronale propose de reculer progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Un dispositif qui toucherait les générations nées à partir de 1956, et de plein fouet, à partir de 1961. Actuellement établi à 62 ans, ce changement devrait, selon les simulations de l’Agirc-Arrco, rendre les caisses pérennes jusqu’en 2040, dans le cas où des carrières prolongées ne viendraient pas perturber l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Dans le cas contraire, les caisses ne tiendraient que jusqu’en 2032.

Mais la mesure passera-t-elle auprès de l’opinion publique ? Sera-t-elle acceptée par les syndicats, le gouvernement ? Il n’y a pas vraiment le choix explique Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à Challenges : « Les comptes sont catastrophiques : à ce rythme, on n’échappera pas à une nouvelle réforme des régimes complémentaires d’ici quelques mois… »

Le spectre de nouvelles mesures qui seront à coup sûr défavorables aux salariés mais aussi aux retraités. De quoi inciter tout un chacun à préparer dès que possible sa propre retraite, avant que ce ne soit une nouvelle réforme qui s’en occupe. Connaissez-vous d’ailleurs le montant de votre future pension ? Pour pouvoir le calculer, cliquez ici.

AB

Pension de retraite : les inégalités hommes/femmes ne sont pas près de disparaître

Lundi 28 juillet 2014

Les Français et l'épargne retraiteNouveau-né de la dernière réforme des retraites, le Comité de suivi des retraites (CSR) vient de publier son premier rapport. Malgré un bilan globalement optimiste, une partie du document risque de faire grincer les dents des défenseurs de la cause féministe: le montant de la retraite des femmes, déjà bien inférieur à celui des hommes, ne devrait pas rattraper son retard, malgré un rapprochement des parcours professionnels des deux sexes.

Un écart persistant simplement adouci par les majorations

Si le Comité de suivi des retraites a émis la possibilité d’un retour à l’équilibre pour les retraites de base d’ici à 2020, il s’est aussi intéressé aux inégalités entre hommes et femmes, en étudiant le montant de la pension, la durée d’assurance à la liquidation, l’âge de départ et la durée moyenne de versement de la pension.

42 %, c’est l’écart évalué par le Comité entre la pension des hommes et celle des femmes, si l’on prend en compte uniquement les avantages directs. Une différence qui s’abaisse à 29 % si l’on inclus les droits dérivés, par exemple la pension de réversion. Et bien que le parcours professionnel des femmes est de plus en plus similaire à celui des hommes, il « ne permet pas d’envisager, à brève échéance, le rapprochement des pensions ».

Les majorations de la durée d’assurance au titre de la grossesse, de la maternité ou de l’adoption, ont tendance cependant à atténuer les contrastes, entre les deux sexes constate l’organisme : l’écart, compte tenu de celles-ci, est passé de 15 trimestres en 2005 à 6 trimestres en 2013. Sans ces majorations, la différence serait de 20 à 30 trimestres selon les estimations.

Des carrières professionnelles contrastées qui pèsent sur la pension

Toutefois, les majorations et la réduction progressive de l’écart de durée d’assurance entre les deux sexes ne suffisent pas. Cette tendance s’explique par plusieurs constats :

  • Les femmes sont plus exposées au travail précaire et aux inégalités salariales (l’écart entre le salaire de référence des deux sexes s’élève à 27%)
  • Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir des carrières incomplètes, par exemple pour cause de maternité.
  • La majoration de pension à hauteur de 10% accordée aux parents de trois enfants et plus accentue les écarts puisque celle-ci est proportionnelle au montant de la pension et ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes.

Dans ce contexte, le Comité constate que peu de femmes prennent leur retraite avant l’âge de 60 ans et au contraire, sont nombreuses à attendre l’âge de l’annulation de la décote, en raison d’une durée d’assurance plus courte.

Le CSR, au cœur du mécanisme de pilotage des retraites

Aboutissement de la réforme de l’ex-Premier Ministre Jean Marc Ayrault et de la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé toujours en poste, Marisol Touraine, le CSR a la lourde tâche de piloter un système qui s’essouffle. Formé dans un souci de parité hommes/femmes, l’organisme indépendant rend chaque année son avis sur le respect des objectifs financiers et d’équité assignés au système des retraites. A défaut de ne pas correspondre aux aspirations prévues, le Comité est chargé de remettre ses recommandations au Gouvernement, au Parlement et aux régimes des retraites.

Si le Comité se penche sur les inégalités entre les deux sexes, il ne serait pas étonnant qu’il concentre également ses efforts sur le gouffre des caisses de retraite complémentaire, qui cette fois-ci concerne à parts égales, aussi bien les hommes que les femmes !

AB

La réforme des retraites rejetée… pour mieux être adoptée !

Lundi 4 novembre 2013
Hémicycle du Sénat

Image : flickr, © Sénat, certains droits réservés (CC BY-NC-ND 2.0)

Les « voix » de la démocratie parlementaire sont impénétrables. Donnant lieu cette semaine à un véritable dialogue de sourds sur la réforme des retraites, le Sénat vient de rejeter purement et simplement l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans dans les secteurs privé et public à l’horizon 2035. Cette mesure clé de la réforme des retraites avait pourtant été adoptée précédemment, en première lecture, par l’Assemblée nationale.

 

Une réforme qui ne fait pas l’unanimité à gauche

Les Sénateurs ne l’entendent donc pas de la même oreille. Insoumission ou provocation, ils ont au contraire voté en faveur d’un système de retraite par points qui n’est plus vraiment à l’ordre du jour. Cette piste avait, en effet, été écartée depuis longtemps par François Hollande et Jean-Marc Ayrault soucieux de conserver et pérenniser notre système de retraite par répartition.

Nous assistons ainsi à la simple expression d’une réforme qui ne fait pas l’unanimité dans les rangs de la majorité présidentielle. Car même si la gauche est majoritairement représentée, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, sur la réforme des retraites, elle est à l’évidence minoritaire au Palais du Luxembourg.

Les communistes notamment s’y opposent en lui reprochant de « s’attaquer à la jeunesse ». « L’allongement de la durée de cotisation nous pose un problème majeur », a justifié de son côté la Sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, estimant que cette mesure « ne s’impose pas financièrement ». « Il a été aisé de trouver 20 milliards d’euros pour le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en quelques semaines. Et nous ne pourrions financer les retraites ? », a-t-elle demandé, selon LeFigaro.fr.

Marie-Noëlle Lienemann, les groupes UMP, UDI (centriste) et du Front de gauche ont donc supprimé l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans du texte de projet de loi.

Quid de la réforme des retraites ? Au final, elle sera tout de même adoptée, y compris, avec l’allongement de la durée de cotisation.

L’Assemblée nationale aura le dernier mot

C’est le jeu de notre démocratie parlementaire bicamérale. En effet, les deux chambres exercent conjointement le pouvoir législatif. Dans ce cadre, elles examinent successivement les projets et propositions de loi transmis de l’une à l’autre jusqu’à ce que les textes soient adoptés dans les mêmes termes : c’est ce qu’on appelle la « navette ». Or, à l’issue de l’examen de la réforme par le Sénat le 5 novembre, le texte qui va en résulter n’aura rien à voir avec celui adopté par l’Assemblée nationale.

Pour limiter le nombre des lectures et parce qu’il souhaite aller vite et mettre en œuvre la réforme des retraites dès le 1er janvier, le Gouvernement devrait donc utiliser une procédure de conciliation entre les assemblées sous la forme d’une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat afin de tenter de mettre au point un texte commun. Sauf que cet objectif n’a aucune chance d’être atteint, selon le site du Nouvel Obs.

De ce fait, la navette reprendra, avec une lecture dans chaque assemblée. Après cette nouvelle lecture, Jean-Marc Ayrault pourra demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement en lui donnant le « dernier mot ».

AB

Marisol Touraine : « une réforme des retraites de gauche »

Mardi 23 juillet 2013

reforme retraiteFin du 1er round de la concertation sur la réforme des retraites. Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, a achevé vendredi dernier les rendez-vous marathon avec les leaders des organisations syndicales et patronales, entamés avec Jean-Marc Ayrault, le 4 juillet dernier. Sans rien révéler des intentions du gouvernement, préférant visiblement n’abattre ses cartes qu’au dernier moment, c’est à dire à la rentrée, rapporte LaDepeche.fr.

« Nous allons montrer que nous pouvons faire une réforme des retraites de gauche », a-t-elle simplement déclaré selon LeFigaro.fr 

Qu’est-ce qu’une réforme des retraites de gauche ?

Encore un peu de patience pour le savoir vraiment et connaître les détails des propositions de réforme que la ministre va transmettre dans les jours qui viennent à Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

Mais d’ores et déjà on évoque au ministère des affaires sociales, selon Les Echos.fr, un « paquet social » de mesures sans précédent : retraites des femmes, prise en compte de la pénibilité, question des jeunes qui entrent tard sur le marché du travail,…

Ce qui est quasi certain, c’est que les actifs et les entreprises seront mis à contribution. La durée de cotisation sera bien allongée et les retraités eux-mêmes devront mettre la main à la poche avec une hausse de la CSG et des avantages familiaux rognés.

En revanche, les fonctionnaires et les bénéficiaires de régimes spéciaux devraient finalement être épargnés, selon BMFTV.com

C’est fin août que le Premier ministre recevra à nouveau les partenaires sociaux pour leur dévoiler les grandes orientations de la réforme. Ensuite, un projet de loi sera transmis au Conseil d’État et aux caisses de retraite début septembre puis présenté en Conseil des ministres le 18 septembre – avant les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, explique LeFigaro.fr. Pour finir par un vote au mois d’octobre et une application dès le mois de janvier 2014.

D’ici là, Jean-Marc Ayrault, sera aux côtés du Président de la République. François Hollande a reçu à l’Elysée l’ensemble des responsables de la majorité. Officiellement, pour sonner le début des vacances parlementaires. Mais, en fait, le chef de l’Etat veut mettre ses troupes en ordre de bataille pour la rentrée de septembre sur les dossiers brûlants : budget 2014, emploi et bien sûr les retraites. François Hollande voudrait éviter d’éventuels couacs, croit savoir BFMTV.com

Car le parti socialiste et les syndicats sont divisés au sujet de cette réforme.

Dans son texte d’orientation sur les retraites adopté récemment, le PS plaide en effet pour une réforme a minima. Car l’on s’inquiète déjà des éventuelles conséquences électorales à moins d’un an des élections municipales et des européennes de 2014.

De leur côté, les syndicats, même s’ils semblent désunis, ont déjà annoncé une journée de mobilisation le 10 septembre.

Ainsi, la rue sera-t-elle l’arbitre de la réforme des retraites ?

Réponse à la rentrée. En attendant les pavés, la plage…

AB

Comment préparer au mieux votre retraite : retrouver notre dossier spécial retraite

Vos cotisations retraite placées en bourse rapporteraient aujourd’hui… 800 000 euros !

Jeudi 7 février 2013

C’est le savant calcul réalisé par Acrithène, doctorant en économie et blogueur sur Atlantico.fr.

Il a fait une simple estimation du capital dont vous pourriez disposer aujourd’hui pour votre retraite si vous aviez investi, durant toute votre vie active, vos cotisations en bourse plutôt que dans le système de répartition.

Résultat : 800 000 euros.

Voilà la somme que vous auriez aujourd’hui pour profiter de votre retraite.

Pour ses calculs, cet expert en économie a pris l’exemple d’un salarié du privé qui prendrait sa retraite cette année après 43 ans de travail et donc de cotisations. Il s’est basé sur un salaire représentant à peine 59% du salaire moyen en 1970, soit moins de 10 000 euros par an, et 115% du salaire moyen aujourd’hui, soit 40 000 euros bruts.

Sur 43 ans, les cotisations cumulées ne représentent que 200 000 euros

Sachant que les cotisations retraite représentent 26% aujourd’hui de votre salaire brut, en ayant placé ne serait-ce que 20% de son salaire brut dans le CAC 40, et réinvesti à chaque fois les dividendes, nets d’impôts, de ces mêmes actions, vous seriez détenteur d’un portefeuille d’une valeur de plus de 800 000 euros. Alors que les cotisations cumulées depuis 1970 ne représentent que 200 000 euros environ.

Un capital que ce retraité fictif pourrait très bien convertir en rente viagère auprès d’un assureur. En estimant son espérance de vie à 86 ans, il toucherait pendant 24 ans, une rente équivalente à près de 38 000 euros par an ! Une pension plutôt confortable, et sans avoir fait appel à la collectivité, c’est à dire sans bénéficier des cotisations des actifs plus jeunes comme le prévoit notre système par répartition.

Aujourd’hui le revenu annuel moyen d’un retraité célibataire en France n’est que de 14 600 euros, alors que les Français en espèrent le double !

Cette simulation originale jette donc un sacré pavé dans la mare, alors qu’une nouvelle réforme des retraites se dessine. Sans forcément balayer le système actuel, l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne se révèle nécessaire.

D’ailleurs, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent avoir épargné en vue de leur retraite.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour cette année semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ?

AB