Archive pour le mot-clef ‘assurance vieillesse’

Retraite : partir dès que possible

Jeudi 2 mai 2013

partir_retraiteEntre juillet 2010 et juin 2011, plus de 3 retraités sur 4 sont partis à la retraite dès qu’ils en ont eu la possibilité. Une tendance qui se confirme : la majorité des nouveaux retraités partent dès qu’ils ont atteint une pension à taux plein, afin de profiter le plus longtemps possible de la retraite.

C’est le principal enseignement de l’enquête Motivations de départ à la retraite de 2012, réalisée conjointement par la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la Dss (Direction de la sécurité sociale) et le Cor (Conseil d’orientation des retraites) auprès de 3 000 Français qui ont récemment mis un terme à leur carrière.

60,2 ans, c’est l’âge moyen “idéal” pour prendre sa retraite selon les personnes interrogées. Mais dans les faits, les 664 000 nouveaux retraités au régime général résidant en France, qui ont pris leur retraite entre début juillet 2010 et fin juin 2011, ont, en moyenne, 61 ans et demi au moment de la liquidation, qu’ils occupent ou non un emploi au moment du départ à la retraite.

Profiter de la retraite le plus longtemps possible

Avoir atteint le taux plein est la première des motivations de départ à la retraite. Elle a joué dans la décision de partir pour 67 % des nouveaux retraités. Ensuite, pour 58 % des personnes interrogées, c’est d’avoir atteint l’âge de 60 ans qui a compté. Les autres facteurs liés au droit à pension concernent moins de la moitié des répondants : « avoir atteint un niveau de pension suffisant » a compté pour 41 % d’entre eux, 31 % évoquent la peur d’une nouvelle réforme qui diminuerait leurs droits et 29 % la possibilité de continuer à travailler ou de reprendre un emploi.

A ce propos, les retraités partis en 2010-2011 sont un peu plus nombreux que ceux partis deux ans plus tôt à envisager de reprendre un emploi. Néanmoins, le souhait de profiter de la retraite le plus longtemps possible a compté pour deux retraités sur trois.

Par ailleurs, des difficultés liées au dernier emploi a importé pour 61 % des nouveaux retraités. Du fait de problèmes de santé pour 39 % des nouveaux retraités, ou tout simplement un sentiment de lassitude pour 40 % des répondants.

Toutefois, un tiers de nouveaux retraités (31%) ne sont pas partis dès qu’ils en ont eu l’occasion. Une prolongation d’activité pour l’intérêt du travail, pour une majorité des personnes interrogées, mais aussi le désir de conserver son salaire quelques années de plus pour 71 % des répondants et augmenter leur future retraite pour 65% d’entre eux.

A ce propos, les durées d’assurance et les dispositifs du régime général d’assurance vieillesse sont encore mal connus d’après cette enquête. Encore plus d’un retraité sur trois ne connaît pas ou ne se souvient pas de la durée validée et de la durée requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Par ailleurs, environ 40 % des nouveaux retraités disent n’avoir jamais entendu parler de la décote et de la retraite progressive et plus d’un retraité sur deux n’a jamais entendu parler de la surcote.

Raison de plus de s’informer dès que possible en consultant votre relevé de situation en ligne qui récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, et bien préparer votre retraite en faisant une simulation précise avec notre calculette retraite en moins de 5 minutes, pour partir effectivement dès que possible, sans mauvaise surprise par la suite.

 

AB

La réforme de la réforme des retraites, c’est maintenant

Mardi 17 juillet 2012

Le dossier de la réforme des retraites connaîtrait-il à côté de la réforme fiscale mise en musique cet été, un énième rebond ? Une concertation sur les retraites à partir du «printemps 2013», c’est en tout cas ce qu’a annoncé, entre autres, le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Et il ne l’a pas fait n’importe où, puisque cela s’est passé en clôture de la grande conférence sociale, qui a réuni autour du gouvernement syndicats et patronat en début de semaine dernière. Voici ci-dessous les passage clés du discours du responsable politique :


EVENEMENT,Discours de Jean-Marc Ayrault lors de… par publicsenat

Le premier ministre a donné ainsi le coup d’envoi de la réforme… de la réforme des retraites qui n’a surpris personne. Et pour cause.

Une réforme systémique programmée depuis 2010

« Une réforme durable préservant le système des retraites par répartition », c’était l’une des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle.

Mais surtout, « la réforme de 2010 avait mis sur les rails un rendez-vous en 2013 de réflexion sur une réforme systémique des retraites que tout le monde avait un peu oublié », rappelle la fondation IFRAP. 

« Malgré la réforme de 2010, le régime général est toujours en déficit de 6 milliards pour près de 100 milliards d’euros de prestations versées en 2012 », explique ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes.

« Au total, notre système est devenu incompréhensible et l’on ne sait plus exactement combien il coûte et ce qui relève de la cotisation/assurance-vieillesse et ce qui relève de la solidarité. Impossible également de définir le rendement de nos différents systèmes de retraite (combien de retraite pour 1 euro cotisé ?). D’ailleurs cette question est largement taboue et les études très peu publiées », déplore la fondation IFRAP.

Un « dossier rock ‘n’ roll »

Concrètement, Jean-Marc Ayrault a fixé un calendrier en 3 étapes successives, qui sont :

  1. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) remettra à la fin de l’année 2012 un état des lieux de notre système et de ses perspectives financières en étudiant notamment la question de l’équité du système, les déterminants du niveau des pensions et la transition emploi-retraite;
  2. Une commission ad hoc formulera au début de l’année 2013 différentes pistes de réforme ;
  3. Une concertation engagée à partir du printemps 2013 sur la base des conclusions de cette commission.

« Difficile de dire, à ce stade, s’il s’agira d’une « petite » réforme des retraites, visant surtout à limiter l’ampleur des déficits aggravés par la crise, ou si elle ira plus loin », s’interroge LesEchos.fr 

« Il semble qu’il y a, en tout cas on l’espère, une acceptation qu’on mette à plat et qu’on étudie notre proposition d’autres systèmes », a indiqué François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, partisan d’un système de retraite par points.

« On ne peut pas dire que le consensus existe. Il n’existait pas avant, je ne vois pas pourquoi il existerait demain », a commenté de son côté Jean-Claude Mailly, leader de Force ouvrière, qui met en garde sur ce « dossier rock ‘n’ roll ».

AB

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années”, a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

Marine Le Pen : « 60 ans, je crois que c’est un âge correct »

Vendredi 27 janvier 2012

retraite-marine-lepen-Neno°-flickrLa retraite à 60 ans est une nouvelle fois exhumée. Pas par le Parti Socialiste, mais par la candidate du FN qui formule pour la 1ère fois cette idée à propos de l’âge de départ en retraite. Alors même que cette promesse n’apparaît pas précisément dans son programme.

«La meilleure option est la retraite à la carte, avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation», a indiqué  Marine Le Pen, hier, sur France Inter.


Marine Le Pen par franceinter

« La double condition, c’est 60 ans, et 40 (annuités) pour une retraite pleine », avec des « exceptions » pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, a-t-elle précisé devant des journalistes, rapporte l’AFP.

Cette proposition a aussitôt provoqué des réactions du Front de gauche, qui l’accuse d’enfumer les travailleurs, et de l’UMP, qui parle de  démagogie.

« Elle fait semblant de tenir du discours social », dénonce Alexis Corbière sur son blog.

Le conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment écrit un livre sur la présidente du Front National (“Le parti de l’étrangère”, Ed. Flibuste), ajoute :

« il y a encore cinq ans, Marine Le Pen, alors directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen, défendait ardemment la retraite à 65 ans et plus » et que « lors des manifestations et grèves de septembre 2011 pour la défense de la retraite à 60 ans, elle a consacré son énergie à insulter les grévistes ».

Marine Le Pen, ” marchand d’illusions “

Dire aux Français qu’on va surmonter la crise et les déficits en travaillant moins longtemps relève tout simplement du mensonge le plus éhonté “, a réagi le député et secrétaire national de l’UMP chargé des retraites, Arnaud Robinet.

Comment peut-on croire à des promesses aussi mirobolantes et aussi démagogiques ? “, a-t-il demandé, qualifiant Marine Le Pen de ” marchand d’illusions “.

Car, la candidate d’extrême droite reste pour le moment assez floue sur le coût de ses propositions sur les retraites et leur financement, selon Les Echos.

Elle suggère d’élargir l’assiette de financement au revenu du capital. Elle entend aussi y affecter une partie de droits de douane sociaux et environnementaux qu’elle veut instaurer. Et supprimer le minimum vieillesse pour les étrangers qui ont travaillé et cotisé moins de dix ans en France. Mais elle compte surtout sur une politique ambitieuse de retour au plein-emploi et d’accroissement de natalité pour rétablir à terme les comptes de l’assurance-vieillesse, explique le quotidien économique.

AB

Pour aller plus loin

Retraite : coup de pouce pour les jeunes au chômage

Jeudi 11 août 2011

Alors que la suppression du départ à la retraite à 60 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour une pension à taux plein ont fait grand bruit au début de l’été, la meilleure prise en compte du chômage non indemnisé des jeunes passe un peu inaperçue ces derniers jours.

Pourtant, c’était « l’une des mesures de solidarité promises l’an dernier par le gouvernement pour tenter de mieux faire passer la réforme des retraites », rappelle Les Echos.

Car, d’une manière générale, le chômage est bien pris en compte dans le calcul de la retraite, même si on ne le sait pas forcément comme en témoigne ce micro trottoir vidéo :

Les périodes de chômage, indemnisé ou non, peuvent donc donner lieu à la validation de trimestres d’assurance vieillesse pour la retraite de base versée par la Sécurité sociale. Des points de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC (pour les cadres) peuvent également être attribués selon des règles détaillées sur le site du Ministère du travail, de l’emploi et de la santé.

18 mois au lieu d’un an

Un décret publié au Journal officiel du jeudi 4 août 2011 allonge donc à 6 trimestres la 1ère période de chômage non-indemnisée (postérieure au 31 décembre 2010) pouvant être validée pour le calcul des droits à la retraite.

Concrètement cela signifie que désormais, si pour la 1ère fois de votre carrière vous êtes au chômage sans percevoir d’indemnités, vous ne serez pas pénalisés pendant 18 mois maximum (au lieu d’un an) pour votre retraite et on vous validera, même si vous ne cotisez pas, jusqu’à 6 trimestres (au lieu de 4).

Il est vrai que cette mesure ne concerne que 6000 personnes par an sur les 800 000 nouveaux retraités chaque année. Une situation rare pour ces générations qui ont moins connu une longue période de chômage en début de carrière. En revanche, c’est un geste appréciable pour les jeunes générations explique Les Echos :

« La part des jeunes sortis de formation initiale sans diplôme est de 17%, et 31% de ces mêmes jeunes sont au chômage au cours des premiers mois de leur vie active » soulignait l’an dernier le rapporteur UMP de la loi, Denis Jacquat.”

Une mesure louable donc que ce coup de pouce, demain, pour la retraite des jeunes, même si l’on préfèrerait un vrai coup de main, aujourd’hui, pour leur emploi !

AB