Les Français préfèreraient épargner pour préparer leurs vacances (47%) plutôt que leur retraite (34%) !
C’est l’un des enseignements édifiants d’une étude HSBC sur l’avenir des retraites reprise par la presse ces derniers jours. D’ailleurs, 59% des personnes interrogées reconnaissent ne pas préparer correctement leur retraite, voire pas du tout pour plus d’un Français sur 3 (36%) même s’ils sont de plus en plus inquiets sur les difficultés financières qui se poseront à cette période de la vie.
Pire, les personnes interrogées déclarent avoir pleinement conscience que leur propre espérance de vie excédera de beaucoup l’espérance de vie de leur épargne retraite. S’attendant à vivre en moyenne 19 ans après l’âge de la retraite, les Français considèrent que leur épargne ne durera que 9 ans. Restera donc en moyenne 10 années à vivre sans aucun revenu complémentaire !
Un paradoxe d’autant plus surprenant que c’est justement au moment de la retraite que les dépenses liées aux problèmes de santé et de dépendance augmentent considérablement.
« C’est un peu comme en matière de prévention pour la santé : les Français ont de plus en plus peur, mais ils sont dans une certaine forme de déni et repoussent encore et toujours la préparation de leur retraite, que ce soit financièrement ou mentalement », analyse sur 20minutes.fr le sociologue Serge Guérin, spécialiste des questions de vieillissement et associé à l’étude.
Il faut reconnaître néanmoins qu’avec la crise, le chômage et l’endettement, même en le voulant, une bonne partie de la population ne pourrait pas se faire un bas de laine pour sa retraite.
Malgré tout, même la minorité qui épargne consciemment et volontairement pour sa retraite, le fait de façon trop timide en France : à partir de 30 ans, contre 26 ans dans le reste du monde et pour un montant de 86€ en moyenne chaque mois, contre 214€ dans le monde.
Retraite : une confiance aveugle en l’État providence
Autre illustration de cette édifiante contradiction, alors même que les Français reconnaissent ne pas trop préparer leur retraite, ils souhaitent néanmoins en moyenne un revenu pour la retraite égal à 82 % de leur revenu d’activité !
Un niveau pourtant inatteignable avec pour seule rentrée d’argent les pensions des régimes de retraite (général et complémentaires). Et que dire de leur estimation de leur revenu idéal pour cette période qui se situe, selon l’étude, à plus de 2 000 euros par mois, alors que le revenu médian d’un ménage de retraités se situe autour de 1 500 euros !
« On observe une confiance excessive dans les prestations sociales qui pourtant s’amenuisent », commentent les auteurs de l’étude.
En effet, la confiance en l’État providence a, cette année, fortement progressé en France, en dépit d’une situation déficitaire des régimes de retraite publics bien connue.
Nous sommes d’ailleurs quasiment les seuls au monde. Ailleurs, à peine 16% des individus font prioritairement confiance aux États pour financer leur retraite. En France, c’est presque 1 personne sur 2 (44%), soit deux fois plus qu’en 2011 !
Le seul autre pays du monde dans lequel l’État providence suscite encore un fort indice de confiance est la Chine (37%), qui soit dit en passant, réfléchit à un éventuel allongement de l’âge de la retraite.
Seuls les plus jeunes (25-34 ans) semblent heureusement les plus lucides et ont une confiance moins marquée vis-à-vis de la capacité de l’État à leur fournir l’essentiel de leurs revenus à la retraite (30% seulement). Ils anticipent ainsi d’autres sources de financement, pour une part équivalente aux pensions de retraite publiques (20% épargne salariale, 30% assurance vie, 38% épargne court terme).
Une jeunesse qui va, malgré tout, devoir continuer à mettre aussi la main à la poche pour assumer les retraites de ces générations précédentes qui ont brillé par leur attentisme et une confiance aveugle dans un système désormais inadapté.
Et vous, comment préparez-vous votre retraite et quel montant espérez-vous ? Pour vous aider, calculez votre retraite en ligne.
AB











