Chaque jour, chaque heure, chaque minute, pour ne pas dire chaque seconde, une nouvelle actualité en chasse une autre. Et encore plus à l’heure du web et des réseaux sociaux… C’est le cas de la Grèce et de ses retraités, quelque peu tombés dans l’oubli médiatique depuis l’été dernier. Ils ne font plus les gros titres de l’actualité et pourtant ils la vivent de manière violente et désespérante depuis cette rentrée.
Cet été, les retraités grecs sont descendus dans la rue, bravant la chaleur étouffante d’Athènes, pour manifester contre la baisse de leurs pensions et la mise en place de nouveaux impôts. Mais, pour dénoncer, aussi, la fin du remboursement de certains traitements médicaux. Un nouveau coup dur pour une population déjà fragile. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés devant le ministère de la Santé pour crier leur colère au point d’investir les bureaux.
Pensions et remboursements de santé en berne
« J’ai commencé à travailler en 1965, explique cet homme. Je ne me suis pas arrêté depuis, et maintenant après 47 ans de cotisation, je suis puni et je n’ai plus assez d’argent pour manger, pour payer les factures d’électricité. Et maintenant ils veulent qu’on paye en plus ! Mais comment faire si on n’a pas d’argent ?»
« Je ne peux plus m’acheter mes médicaments, que voulez-vous que je fasse avec 400 euros ? s’écrie une vieille femme. Comment pourrais-je payer de nouveaux impôts ? Je ne parle pas juste de moi, c’est tout le pays qui s’écroule, moi je suis vieille et je vais disparaître, mais nos enfants, que vont-ils devenir ? Ils sont en train de tout détruire ! »
« Ils », c’est la troïka des représentants des créanciers (Union européenne, FMI, BCE) accusée de tous les maux par le peuple grec. Début septembre, les retraités sont d’ailleurs revenus à la charge. Ils ont encore investi une grande artère du centre d’Athènes pour protester contre les coupes du budget de la santé et ses répercussions sur le système d’aide sociale.
« La situation est tragique, nos vies sont en danger affirme Dimos Koubouris président de l’Union de retraités. La situation des retraités est désespérée, nous exigeons la distribution de médicaments. Nous demandons l’arrêt des coupes budgétaires, nous demandons enfin que le montant de nos retraites et nos avantages nous soient restitués. Pendant toute notre vie nous avons cotisé pour ça ».
De nouvelles réductions des retraites
Baisse des pensions. Baisse des remboursements de santé. Quelles seront les prochaines coupes sur le dos des retraités ? Seule certitude, elles seraient nombreuses, selon un blogueur s’exprimant sur le site Mediapart :
- Reduction de 10 à 30% du pécule (somme cotisée comme la retraite mais versée en une seule fois au moment de la cessation d’activité) de 23 caisses de retraites. La réduction atteindrait 40% pour certaines caisses.
- Contribution d’1% du montant de la retraite pour tous ceux qui ont déjà perçu leur pécule. Contribution évidemment établie indépendamment du niveau des retraites et des autres coupes. Cette mesure concernerait à peu près 800 000 travailleurs.
- Réduction échelonnée des retraites.Le projet étudié par le gouvernement réduirait toutes les pensions de retraites supérieures à 600 ou 700 euros. Pour les retraites les plus faibles la réduction serait de 1 à 2%. Pour une retraite proche de 1000€ la coupe serait de 5% tandis que pour une pension de 2000€ la réduction atteindrait 20%. Pour les pensions supérieures à 2000€ le taux augmenterait, et un plafond pourrait être institué (on parle de 2500€).
- Les retraites de l’OGA, les assurances agricoles, pourraient également être réduites.
- Un prélèvement supplémentaire sera institué sur les retraites complémentaires supérieures à 400€. On parle d’une réduction de 8 à 12% si la retraite ne dépasse pas 1000€, et de 15 à 20% au-delà.
La facture est effectivement salée mais la Grèce doit réduire ses dépenses d’environ 12 milliards d’euros sur les deux prochaines années afin de satisfaire aux conditions de ses créanciers internationaux qui ont suspendu le versement de la dernière tranche d’aide financière destinée à lui éviter une faillite, rappelle le correspondant de l’agence Reuters.
Les retraités grecs y survivront-ils ?
AB








