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Retraités frontaliers : fin de la double imposition entre la France et l’Allemagne

Jeudi 2 janvier 2014

systeme_retraiteC’est un joli cadeau de Noël reçu par les frontaliers retraités au pied de leur sapin : la fin de la double taxe entre la France et l’Allemagne, rapporte le site du quotidien La Croix

Le Finanzamt (centre des impôts Allemand) qui centralise l’imposition des retraites allemandes perçues à l’étranger, a décidé il y a 3 ans d’imposer les pensions des frontaliers comme les revenus complémentaires de non-résidents en Allemagne. Ils étaient donc soumis à l’assujettissement fiscal limité sans aucun abattement à la base. Conséquence : l’impôt forfaitaire annuel représentait généralement équivalent d’un mois de traitement, explique L’Alsace.fr

Un véritable casse-tête auquel étaient confrontés ces personnes déjà fragilisées par un âge avancé, d’éventuelles maladies, le manque de maîtrise de la langue et la complexité du droit fiscal allemand.

Il y a quelques mois, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel avait proposé de céder l’imposition de ces retraites à la France moyennant une rétrocession fiscale, comme c’est le cas avec la Suisse. Une solution qui vient donc d’être entérinée par Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, et son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

Les modalités techniques de cet accord feront l’objet de discussions entre administrations fiscales au début de l’année 2014, précise Boursier.com.

A croire que pour ces retraités frontaliers, soutenus par de nombreuses associations et comités de défense ayant obtenu gain de cause après des années de combat, la magie de Noël existe vraiment…

 AB

Vos cotisations retraite placées en bourse rapporteraient aujourd’hui… 800 000 euros !

Jeudi 7 février 2013

C’est le savant calcul réalisé par Acrithène, doctorant en économie et blogueur sur Atlantico.fr.

Il a fait une simple estimation du capital dont vous pourriez disposer aujourd’hui pour votre retraite si vous aviez investi, durant toute votre vie active, vos cotisations en bourse plutôt que dans le système de répartition.

Résultat : 800 000 euros.

Voilà la somme que vous auriez aujourd’hui pour profiter de votre retraite.

Pour ses calculs, cet expert en économie a pris l’exemple d’un salarié du privé qui prendrait sa retraite cette année après 43 ans de travail et donc de cotisations. Il s’est basé sur un salaire représentant à peine 59% du salaire moyen en 1970, soit moins de 10 000 euros par an, et 115% du salaire moyen aujourd’hui, soit 40 000 euros bruts.

Sur 43 ans, les cotisations cumulées ne représentent que 200 000 euros

Sachant que les cotisations retraite représentent 26% aujourd’hui de votre salaire brut, en ayant placé ne serait-ce que 20% de son salaire brut dans le CAC 40, et réinvesti à chaque fois les dividendes, nets d’impôts, de ces mêmes actions, vous seriez détenteur d’un portefeuille d’une valeur de plus de 800 000 euros. Alors que les cotisations cumulées depuis 1970 ne représentent que 200 000 euros environ.

Un capital que ce retraité fictif pourrait très bien convertir en rente viagère auprès d’un assureur. En estimant son espérance de vie à 86 ans, il toucherait pendant 24 ans, une rente équivalente à près de 38 000 euros par an ! Une pension plutôt confortable, et sans avoir fait appel à la collectivité, c’est à dire sans bénéficier des cotisations des actifs plus jeunes comme le prévoit notre système par répartition.

Aujourd’hui le revenu annuel moyen d’un retraité célibataire en France n’est que de 14 600 euros, alors que les Français en espèrent le double !

Cette simulation originale jette donc un sacré pavé dans la mare, alors qu’une nouvelle réforme des retraites se dessine. Sans forcément balayer le système actuel, l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne se révèle nécessaire.

D’ailleurs, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent avoir épargné en vue de leur retraite.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour cette année semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ?

AB

Nos retraites, répartition ou capitalisation ?

Mercredi 5 septembre 2012

Les deux mon capitaine !

Et ce par exemple grâce à cet ouvrage, paru aux éditions Le Muscadier cet été, très instructif et très intelligent puisque sans parti pris. Chacun peut en effet se faire sa propre opinion sur cette question posée à deux personnalités aux points de vue diamétralement opposés, après une introduction rédigée par un spécialiste impartial du sujet afin d’avoir le bagage minimum pour aborder ensuite facilement l’argumentation développée par les parties opposées.

D’un côté, Philippe François de la fondation iFRAP, ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes. De l’autre, Pierre-Yves Chanu, chargé de la question des retraites pour la CGT. Bref, deux visions radicalement différentes de l’avenir du financement des retraites. Car il y aura bien une nouvelle réforme des retraites en 2013. La réforme de 2010 l’a mise sur les rails, le 1er ministre, Jean-Marc Ayrault en a sifflé le top départ. Et ce sera une véritable réforme de fond.

En effet, malgré les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010, trois problèmes essentiels demeurent, rappelle Philippe François :

  1. des inégalités importantes entre les régimes publics spéciaux (SNCF, RATP, EDF, Fonctions publiques,…) et le régime général des salariés ;
  2. des déficits permanents ;
  3. l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne.

La nouvelle réforme des retraites devra en effet bien régler une fois pour toutes ces problématiques et notamment cette lacune en matière de retraite par capitalisation, plaide l’expert.

Les fonds de pension, puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France

Selon lui, le gouvernement met en place des « échafaudages publics » (OSEO, FSI, FSI région, CDC, CDC-Entreprises, Banque Publique d’Investissement,…), censés palier le manque de capitaux de nos entreprises. Or ces dispositifs sont peu efficaces, d’après Philippe François. D’une part, leurs capitaux sont faibles et d’autre part, les acteurs publics ne sont pas les plus compétents, ni les plus libres pour investir de manière judicieuse. Contrairement aux fonds de pension, rompus à l’exercice qui disposent de sommes astronomiques.

En clair, les fonds de pension « sont les puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France », selon l’expert de l’iFRAP.

Pour autant, ce partisan de la capitalisation ne plaide pas pour un système de retraite 100% en fonds de pension. Mais plutôt pour une pondération entre les deux régimes :

« un régime minimum par répartition fournissant une retraite de base mais en pratique garantie quelle que soit la situation économique du pays, et un régime par capitalisation géré comme en Suède par des opérateurs agréés variés. », explique-t-il.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour 2013 semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Nous avons besoin des deux, mon capitaine ! Reste à savoir s’il y aura un vrai capitaine… à la barre.

AB

L’Allemagne tacle la France sur la retraite à 60 ans

Vendredi 15 juin 2012

Lors du sommet du G8, à Camp David (USA)

C’est un véritable sermon qu’a adressé le ministre allemand des Finances à l’encontre du Président de la République, François Hollande. Dans un entretien publié mercredi dernier par le quotidien italien La Stampa, Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines personnes entrées tôt dans le monde du travail.

« En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué.

Une position encouragée d’ailleurs par le rapport publié cette semaine sur Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. (voir le post « Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées »)

« Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. », a critiqué le ministre allemand des Finances.

En comparaison, l’âge minimum légal de départ à la retraite est de 63 ans en Allemagne, après 35 ans seulement de cotisations mais pour toucher une pension avec décote. Pour une pension à taux plein, les deux pays sont en revanche plus proches puisqu’en France, la réforme des retraites prévoit de la faire passer progressivement de 65 à 67 ans d’ici à 2023. Ce que l’Allemagne prévoit également de réaliser d’ici à 2028, rappelle LeFigaro.fr.

L’Allemagne exhortée à remettre le moteur de l’économie en route

Le quotidien souligne par ailleurs que ce mercredi, François Hollande recevait les dirigeants de l’opposition socialiste allemande à l’Élysée. Une coïncidence qui pourrait expliquer le pourquoi d’une telle critique. De plus, l’Allemagne doit faire face ces temps-ci à un feu croisé de critiques. De Washington à Rome, en passant par Londres, les dirigeants du G7 appellent l’Allemagne à relâcher sa position à propos de la rigueur, ajoute LeFigaro.fr

Outre Manche et outre Atlantique, le célèbre quotidien économique The Economist a même demandé en Une à Angela Merkel de «remettre le moteur» de l’économie en route.

La chancelière allemande, stoïque, a répondu que l’arrêt des réformes structurelles du marché du travail en cours «serait fatal». Et de vanter le modèle allemand. Les résultats de l’Allemagne «ont montré qu’il s’agissait du bon chemin», a-t-elle insisté. Mais, a-t-elle reconnu, ces réformes «ont besoin de temps» pour agir sur la croissance, rapporte LeFigaro.fr

Quant à la réaction de la France aux critiques de l’Allemagne, seul Pierre Moscovici, pour le moment, a répondu lors d’une conférence de presse :

« En ce qui concerne les propos de monsieur Schäuble, je serai extrêmement bref : je ne fais jamais de commentaire sur la politique qui est menée en Allemagne, voilà. »

Pourtant, de gauche comme de droite, lors de la campagne présidentielle, les commentaires sur la politique menée en Allemagne allaient bon train. Tous élogieux. Mais ça c’était avant…

AB

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

« Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors »

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB

Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ?

Mercredi 22 février 2012

Les retraites continuent de faire débat entre les candidats à l’élection présidentielle.

Lors de son 1er grand meeting à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a visé le projet de François Hollande : ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans, en maintenant les 41,5 années de cotisation :

« Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en sachant que dans moins de dix ans on ne pourra plus payer les retraites », a clamé le candidat UMP.

Discours de Nicolas Sarkozy à Marseille

Un argument sujet à caution selon Les décodeurs, blog du Monde.fr  qui se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux.

La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ne coulerait pas le système.

« Le PS ne propose pas un retour aux 60 ans pour tous, mais bien la possibilité laissée à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans de partir, dès lors qu’ils ont 41,5 années de cotisation, à 60 ans. Mais affirmer que cette réforme provoquera la faillite du système est un abus. », souligne le blog.

Les décodeurs rappellent que le parti socialiste chiffre le coût de ce rétablissement entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an, au début du dispositif, pour 130 000 personnes concernées environ.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) parle lui aussi de 100 000 à 110 000 personnes concernées chaque année par un départ en retraite anticipé pour carrière longue. Quant au coût, il augmenterait année après année à mesure de la montée en charge du dispositif.

L’Institut Montaigne, d’orientation libérale, le chiffre à 5 milliards d’euros par an en 2017, en comptabilisant la baisse du chômage induite par la réforme. Le PS assure pour sa part qu’il financera cette mesure par deux hausses de taxes, sur les bonus et stock-options (relèvement du forfait social de 8 % à 20 %) et sur les cotisations patronales et salariales (0,1 % par an), ce qui rapporterait 5 milliards au total.

« La mesure serait donc en principe financée et ne coulerait pas le système de retraites. », affirment Les décodeurs.

Mais au-delà de ce combat d’arrière-garde sur « l’âge du capitaine », une vraie question se pose : pourra-t-on encore payer les retraites dans moins de 10 ans au même niveau qu’aujourd’hui ?

Les pensions de retraite en Allemagne se réduisent comme peau de chagrin

L’observatoire des politiques publiques, rappelle sur Challenges.fr, ce qui se fait à l’étranger. Et dans la plupart des pays voisins, l’âge légal de départ à la retraite est supérieur au nôtre.

« En Autriche, Portugal et Italie, il est fixé à 65 ans. Mais à la différence dela France, ces systèmes n’ont qu’un curseur : l’âge légal, qui permet de partir sans décote quelle que soit la durée de cotisation. », souligne l’observatoire.

La Grècea, elle aussi, décidé, du fait de la crise, de passer de 60 à 65 ans à l’horizon 2015.

« En janvier 2011, Angela Merkel se prononçait même pour une généralisation d’un âge légal à 67 ans dans toute la zone euro. », rappelle l’observatoire.

Car en Allemagne, depuis 2007, il a été repoussé de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein avec une entrée en vigueur progressive d’ici à 2030. Mais il faut savoir qu’outre-Rhin, il est néanmoins possible de partir à la retraite à 63 ans en touchant une moindre pension. Le montant des pensions devient d’ailleurs problématique depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

« Mais, du fait d’une pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés », selon le site économique.

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Autant dire que le problème du déficit des régimes de retraite reste entier en France malgré des économies estimées à 19 milliards par an à partir de 2018, selon l’observatoire des politiques publiques qui s’interroge sur Challenges.fr sur cette éventualité d’une réforme… de la réforme.

Du reste, rappellent Les Décodeurs, le PS a aussi promis une remise à plat globale du financement des retraites. Par ailleurs, le texte voté par le gouvernement en 2010 inclut lui aussi un amendement promettant une « réflexion nationale » sur une refonte complète des retraites dès 2014.

« Aucun des deux partis n’a donc aujourd’hui de solution pérenne dans tous les cas de figure. », conclut le blog.

Pas vraiment rassurant…

 

AB

Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : « On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à « la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible » comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : « Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition ».

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

Copyrights : Parti socialiste sur Flickr

Retraite à 67 ans : l’âge de glace ou l’âge de raison ?

Vendredi 23 septembre 2011

retraite_67_ans_age_glace_age_de_raisonFrançois Fillon vient de déterrer la hache de guerre de l’âge de départ en retraite. En plaidant pour une convergence franco-allemande, le premier ministre a estimé, hier

« il faudra aller vers un temps de travail commun, vers un âge de retraite commun, vers une convergence progressive de l’organisation économique et sociale de nos deux pays »

Or l’âge de la retraite avec une pleine pension – sauf pour les carrières longues – sera porté à 67 ans outre-Rhin d’ici à 2029, rappelle Le Figaro.

Mais, en toute honnêteté, Le Monde souligne qu’ « il est impossible d’affirmer que le premier ministre entendait repousser l’âge de départ légal à 67 ans ». D’autant plus que les Français, eux, devront, déjà, dès 2023, atteindre 67 ans pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein même si l’on n’a pas le nombre de trimestres de cotisation requis.

Surenchère de réactions

Sans plus de précisions sur l’objectif de ses propos, le premier ministre sème donc le trouble et déclenche aujourd’hui une avalanche de réactions et d’interprétations politiques et syndicales enflammées, compilées par Le Nouvel Obs.

« C’est illusoire de vouloir copier l’Allemagne. On s’opposera, bien entendu, à toute velléité d’augmenter de nouveau l’âge de départ en retraite ou d’augmenter la durée de cotisation », a menacé Eric Aubin (CGT).

« C’est une déclaration très inopportune et provocatrice, on sort d’une réforme et on veut en rajouter une couche », a déploré, à la CFDT, Jean-Louis Malys.

Pour les candidats aux primaires PS, François Fillon « a un problème avec la réalité des chiffres », il « révèle le programme de Sarkozy » ou encore fait preuve « d’un aveuglement ».

A l’opposé, Laurence Parisot, présidente du Medef, qui a souligné sur RMC/BFM TV une « excellente idée », a même affirmé avec audace :

« quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui »

Bref, une surenchère d’affirmations et de convictions dont il faut se méfier car cette nouvelle polémique sur l’âge de départ en retraite doit surtout nous permettre, désormais, de nous interroger vraiment de façon individuelle et de faire enfin son calcul.

Ne plus focaliser sur l’âge mais sur la décote

Car ce n’est pas sur l’âge qu’il faut focaliser mais sur la décote. D’autant que « l’âge légal à 65 ans devient de plus en plus la règle en Europe – c’est déjà le cas en Autriche, en Belgique, au Portugal ou en Italie – jusqu’à franchir le seuil des 67 ans, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark », prévenait, déjà en début d’année, Le Figaro.

En effet, faut-il continuer à s’accrocher à ce sacro-saint taux plein, c’est à dire courir jusqu’à 67 ans après une pension sans décote, ou anticiper dès aujourd’hui une certaine décote et faire en sorte de la compenser par d’autres sources de revenus pour pouvoir partir à la retraite dès 62 ans ?

Pour revenir sur l’idée de convergence lâchée par François Fillon, ce sera plutôt une bonne nouvelle, finalement, si la décote française s’aligne sur la décote allemande. Comme l’a souligné Jean-Jacques Bourdin, et comme le montre ce tableau comparatif du Figaroles décotes appliquées en Allemagne (3,6% par an) sont beaucoup moins élevées qu’en France (1,5% par trimestre).

« Véritable bonus-malus de la retraite, les mécanismes de décote et de surcote ont pour but d’inciter les salariés à travailler plus longtemps. Bien anticiper leur impact financier permet de partir au moment voulu… en toute connaissance de cause », conseille à juste titre le site Dossier Familial.

« D’être content sans vouloir davantage, c’est un trésor qu’on ne peut estimer » disait déjà à la Renaissance le poète Clément Marot. Reste plus qu’à l’estimer vraiment aujourd’hui, ce « trésor » nécessaire pour sa retraite.

AB

Copyrights : TruShu sur Flickr