Le secteur public « fera évidemment partie de la réforme des retraites que le gouvernement compte présenter à l’automne (…) et tout est sur la table », a déclaré Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, ce jeudi sur LCI.
« Nous avons besoin d’une réforme qui fasse appel aux efforts de tous les Français, mais nous avons surtout besoin d’une réforme de justice parce qu’il reste des inégalités (…) Il y a des injustices qui doivent être corrigées », a argumenté Marisol Touraine sans pour autant donner plus de détails.
La ministre a voulu, en revanche, éviter que l’on stigmatise les fonctionnaires et les salariés du secteur public en expliquant que « contrairement aux idées reçues, d’ores et déjà, beaucoup des règles qui s’appliquent dans le privé s’appliquent aussi au public, par exemple la durée de cotisation » et qu’il y a « des primes qui sont versées à un certain nombre de fonctionnaires qui ne sont pas prises en compte dans la base de calcul des retraites ».
Sauf qu’une inégalité subsiste et elle est de taille : la base de calcul du montant des pensions.
Ainsi, ce printemps serait-il annonciateur d’un grand ménage dans les régimes de retraite ?
Déjà, lors de sa deuxième conférence de presse abordant notamment la future réforme des retraites, François Hollande avait évoqué ces « inégalités entre régimes ».
“On a 35 régimes de retraite différents, il faut quatre régimes de base”
Sujet éminemment sensible : un monde sépare les retraités du public et du privé pour la prise en compte du salaire de référence dans le calcul de la pension de retraite au moment de faire valoir ses droits.
Pour les fonctionnaires, seuls les six derniers mois sont pris en compte. Pour les salariés du secteur privé ce sont les 25 meilleures années ! Une règle déjà pointée du doigt par le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) en début d’année à l’occasion de l’adoption de son 12e rapport consacré à l’état des lieux du système de retraite français.
Un « choc de simplification » qui ne serait pas pour déplaire à Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef :
« On a 35 régimes de retraite différents. Il faut quatre régimes de base : un régime pour les agriculteurs, un pour le privé, un pour la fonction publique, un pour les professions libérales, ensuite des systèmes complémentaires par capitalisation et non pas par répartition », proposait la semaine dernière le patron du groupe Omea (Virgin Mobile).
Sauf que d’ici la conférence sociale de fin juin à l’issue de laquelle le gouvernement doit présenter sa réforme, il semble difficile, en quelques semaines seulement, de remettre à plat cette spécificité bien française d’une multitude de régimes de base, structurés en fonction de critères d’appartenance socioprofessionnelle. Surtout sans la moindre contestation…
AB








