Archive pour le mot-clef ‘agirc’

Régimes de retraite : grand ménage de printemps ?

Lundi 27 mai 2013

Le secteur public « fera évidemment partie de la réforme des retraites que le gouvernement compte présenter à l’automne (…) et tout est sur la table », a déclaré Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, ce jeudi sur LCI.

« Nous avons besoin d’une réforme qui fasse appel aux efforts de tous les Français, mais nous avons surtout besoin d’une réforme de justice parce qu’il reste des inégalités (…) Il y a des injustices qui doivent être corrigées », a argumenté Marisol Touraine sans pour autant donner plus de détails.

La ministre a voulu, en revanche, éviter que l’on stigmatise les fonctionnaires et les salariés du secteur public en expliquant que « contrairement aux idées reçues, d’ores et déjà, beaucoup des règles qui s’appliquent dans le privé s’appliquent aussi au public, par exemple la durée de cotisation » et qu’il y a « des primes qui sont versées à un certain nombre de fonctionnaires qui ne sont pas prises en compte dans la base de calcul des retraites ».

Sauf qu’une inégalité subsiste et elle est de taille : la base de calcul du montant des pensions.

Ainsi, ce printemps serait-il annonciateur d’un grand ménage dans les régimes de retraite ?

Déjà, lors de sa deuxième conférence de presse abordant notamment la future réforme des retraites, François Hollande avait évoqué ces « inégalités entre régimes ».

“On a 35 régimes de retraite différents, il faut quatre régimes de base”

Sujet éminemment sensible : un monde sépare les retraités du public et du privé pour la prise en compte du salaire de référence dans le calcul de la pension de retraite au moment de faire valoir ses droits.

Pour les fonctionnaires, seuls les six derniers mois sont pris en compte. Pour les salariés du secteur privé ce sont les 25 meilleures années ! Une règle déjà pointée du doigt par le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) en début d’année à l’occasion de l’adoption de son 12e rapport consacré à l’état des lieux du système de retraite français.

Un « choc de simplification » qui ne serait pas pour déplaire à Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef :

« On a 35 régimes de retraite différents. Il faut quatre régimes de base : un régime pour les agriculteurs, un pour le privé, un pour la fonction publique, un pour les professions libérales, ensuite des systèmes complémentaires par capitalisation et non pas par répartition », proposait la semaine dernière le patron du groupe Omea (Virgin Mobile).

Sauf que d’ici la conférence sociale de fin juin à l’issue de laquelle le gouvernement doit présenter sa réforme, il semble difficile, en quelques semaines seulement, de remettre à plat cette spécificité bien française d’une multitude de régimes de base, structurés en fonction de critères d’appartenance socioprofessionnelle. Surtout sans la moindre contestation…

AB

Réforme des retraites : des cotisations en hausse ?

Mercredi 24 avril 2013

cotisation_retraiteFaudra-t-il cotiser plus pour les retraites ?

C’est ce que laisse entendre LesEchos.fr en présentant l’état d’avancée des réflexions du gouvernement à propos de la future réforme des retraites pour réduire un déficit du régime général estimé à 20 milliards d’euros à l’horizon 2020.

De toute façon, les autres leviers sont exclus, insuffisants ou pas pour tout de suite, rappelle le site du quotidien économique.

Relever l’âge légal ?

C’est non ! Jean-Marc Ayrault l’a promis dans sa récente interview accordée au Journal du Dimanche :

« Nous ne toucherons pas à l’âge légal. Le fil conducteur de nos décisions, c’est la justice. Cette réforme traitera la pénibilité au travail, la complexité des régimes et résoudra les inégalités. Au final, nous paierons les retraites, nous préserverons les plus petites retraites, et nous pérenniserons les régimes de retraite pour les générations à venir. »

Augmenter la durée de cotisation ?

Oui mais ce n’est pas pour demain ! François Hollande l’a pourtant annoncé lors de son grand oral sur France 2 :

« Comme on vit plus longtemps (…) il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues ».

Mais, LesEchos.fr explique que le relèvement de la durée de cotisation est déjà programmé jusqu’en 2020 par la précédente réforme des retraites à raison d’un trimestre supplémentaire par génération, passant ainsi de 164 trimestres pour les personnes nées en 1952, à 166 trimestres pour les personnes nées en 1956 et les générations suivantes. Or, si le Président de la République veut allonger encore un peu plus la durée de cotisation, il est obligé d’annuler les décrets en vigueur. Je vous laisse imaginer la pagaille pour les futurs retraités concernés. Donc un nouveau relèvement de la durée de cotisation ne sera pas possible avant 2020.

Toucher aux pensions ?

Vraisemblablement ! Il faut s’attaquer aux dépenses. Pas en baissant les pensions mais en limitant leur progression calquée jusqu’ici sur le coût de la vie. C’est ce qu’ont déjà décidé les partenaires sociaux pour les régimes complémentaires AGIRC ARRCO, également déficitaires, en désindexant les pensions de l’inflation. Mais de nombreuses questions subsistent dans le cas d’une telle mesure. Combien de temps, quelle proportion et qui ? En effet, toutes les pensions seront-elles touchées, alors même que le Premier ministre a déclaré :

« il n’est pas question que les petites retraites soient pénalisées » ?

Cotiser plus ?

Évidemment ! Forcément ! D’autant plus si on ne rabote légèrement que certaines pensions. Augmenter les ressources est donc le levier inévitable pour cette future réforme afin d’espérer équilibrer le régime général des retraites. Ainsi, le gouvernement étudie l’éventualité de déplafonner les cotisations, mettant par conséquent à contribution les hauts salaires. Par ailleurs, l’idée d’un alignement de la CSG appliquée aux retraites (6,6%) sur celle appliquée aux salaires (7,5%) refait surface.

En attendant, les cotisations retraite sont déjà très élevées en France, rappelle le journal économique. De plus, souvenons nous que le gouvernement, lors de son arrivée au pouvoir, les a déjà relevées pour financer la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans.

Quoi qu’il en soit, les hauts salaires risquent d’être très clairement dans la ligne de mire de la future réforme des retraites.

Après l’imbroglio de la fameuse taxe à 75%, qui sera finalement payée par les entreprises, ces dernières n’ont sûrement pas fini de mettre la main à la poche, on dirait…

AB

Retraite complémentaire : pourquoi le débat est au point mort ?

Vendredi 8 mars 2013

Les négociations ont une nouvelle fois échoué hier entre les partenaires sociaux pour réduire le gouffre de l’AGIRC-ARRCO.

Il y a pourtant urgence. Ces deux régimes complémentaires, l’AGIRC pour les cadres et l’ARRCO pour tous les salariés, ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Syndicats de salariés et patronat semblaient pourtant d’accord pour s’attaquer aux dépenses en désindexant les retraites complémentaires de l’inflation. En clair, revaloriser les pensions à un niveau moindre que l’augmentation du coût de la vie, au grand dam des retraités.

Par exemple, une revalorisation des pensions Agirc-Arrco d’un point de moins que l’inflation, permet d’économiser 700 millions d’euros dès la première année.

Mais c’est sur la durée de cette mesure envisagée que les partenaires sociaux n’ont pas réussi à s’entendre. Le Medef proposait initialement de l’appliquer pendant 5 ans avant de s’en tenir à 3 ans seulement. Les syndicats, de leur côté, souhaitent la limiter à 2 ans.

Calculer le montant de votre retraite

Retraite : hausse des cotisations, le bât qui blesse

Mais la principale pierre d’achoppement est la hausse des cotisations, les ressources de l’AGIRC-ARRCO. Une hausse réclamée par les syndicats qui permettrait d’avoir à terme une retraite plus élevée pour compenser la désindexation des pensions de l’inflation. Mais là, c’est le Medef qui s’y oppose, souhaitant que le bénéfice de ce relèvement ne profite pas directement aux retraités mais à renflouer les caisses.

Mais ce n’est pas tout. Le patronat aimerait bien aussi raboter les pensions de réversion. Les veufs et veuves ne toucheraient plus que 56 % de la retraite complémentaire de leur conjoint décédé, au lieu de 60n% actuellement, et à partir de 60 ans seulement (alors que l’âge minimum est de 55 ans à l’Arrco).

Par ailleurs, le Medef projette également de reculer progressivement l’âge à partir duquel il est possible de toucher sa pension complémentaire. Or elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. Avec une telle mesure, les seniors reculeraient d’autant leur départ à la retraite pour pouvoir toucher l’intégralité de leur pension.

Autant dire que ce n’est pas gagné pour que les partenaires sociaux s’entendent rapidement. A l’issue de l’échec de cette nouvelle journée de discussion, les syndicats ont estimé que le Medef utilisait les négociations sur les régimes de retraites complémentaires comme « moyen de pression » sur le gouvernement. Ce dernier a en effet laissé entendre qu’il pourrait s’inspirer d’un éventuel accord sur les complémentaires pour sa réforme en cours du régime général, rapporte LePoint.fr.

Par ailleurs, selon eux, la lutte interne au Medef pour la succession de Laurence Parisot pèse aussi sur les débats. Quoiqu’il en soit, une nouvelle séance de négociation est programmée pour mercredi prochain.

Mais le temps presse, rappelle Boursier.com.

En cas de nouvel échec d’ici le 1er avril, l’ancien accord devrait alors s’appliquer. Les retraités actuels y gagneraient avec un relèvement des pensions du même niveau que l’inflation a priori 1,85% selon la formule de calcul. En revanche, cela assècherait un peu plus les finances des régimes Agirc et Arrco.

Alors, n’est-il pas plus que temps de bien préparer sa retraite soi-même et le plus jeune possible ?

AB

Retraite complémentaire : Noël au charbon, pâques… à la privation

Vendredi 14 décembre 2012

« Les retraités devront malheureusement se serrer la ceinture. (…) plutôt que de voir disparaître à terme les complémentaires », a déclaré Philippe Pihet, président FO de l’Arrco ce vendredi matin sur Europe 1. 

Une véritable première pour les retraites complémentaires qui ont toujours suivi l’inflation. Les partenaires sociaux envisagent en effet de revaloriser les pensions mais à un rythme moindre que l’inflation. Pas de Père Noël donc pour les retraités qui doivent se préparer à un régime minceur inévitable l’an prochain.

Concrètement, au 1er avril 2013, la revalorisation annuelle ne serait que de 0,8% pour une inflation à 1,8%. Autrement dit le pouvoir d’achat des retraités va baisser.

Un déficit de 10 milliards d’euros en 2017

Mais les caisses de retraite complémentaire économiseraient ainsi près de 800 millions d’euros par an. Un peu d’oxygène pour deux régimes qui ne cessent de racler les fonds de tiroir ces dernières années. Leur déficit dépassera 10 milliards d’euros dans cinq ans.

Il faut donc sauver le « soldat Agirc-Arrco », la part complémentaire des pensions de 18 millions de salariés et 11,5 millions de retraités du secteur privé. Car elle représente en moyenne 31 % de la pension d’un salarié, 57 % de celle d’un cadre. L’Arrco, pour tous les salariés, a versé l’an dernier près de 38 milliards d’euros de prestations. L’Agirc, réservée aux cadres, a versé 18 milliards. A ce rythme-là, les réserves de ces régimes de retraite complémentaire fondent comme neige au soleil et seront à sec, respectivement en 2016 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco, souligne les Echos.

Sauf que cette moindre revalorisation s’ajoute à la future « taxe dépendance » de 0,3% dès le 1er avril 2013 sur les revenus de 7,5 millions de retraités, soit un retraité sur 2.

« Les retraités du secteur privé qui sont les seuls touchés ne sont pas prêts à l’accepter. Je crois que le sentiment que l’on peut éprouver est un sentiment d’écœurement parce qu’un régime de retraite ça se pilote à long terme. On n’attend pas d’être au bord du précipice pour prendre des mesures d’urgence », s’est insurgé François Bellanger, Président de la Confédération Française des Retraités, à la mi-journée sur Europe 1.

Si rien n’est encore signé puisque syndicats et patronat se sont donnés jusqu’en mars pour aboutir, ce principe d’un coup de frein à la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation semble malgré tout acquis et pourrait perdurer.

Une hausse des cotisations à craindre

Mais pas sans condition. Tous les syndicats qui se sont résignés, excepté la CGT, réclament en contrepartie une hausse des cotisations patronales pour certains et des mesures pour épargner les retraités les plus modestes pour d’autres. Une hausse de cotisation de 0,1 point, rapporterait un peu moins de 600 millions, explique le site du quotidien économique.

Autrement dit, ce sont les salariés qui risquent au final de devoir mettre à nouveau la main à la poche pour les retraites complémentaires de leurs aînés sans avoir l’assurance totale de pouvoir en bénéficier au même niveau à leur tour, dans quelques années.

En attendant, le gouvernement veut rassurer.

« Le pouvoir d’achat est notre préoccupation, a réagi Pierre Moscovici, ministre de l’Économie sur Europe 1 ce matin. Ne vous en faites pas pour les retraités. Les Français savent et doivent savoir que ce gouvernement veut défendre leur pouvoir d’achat, a-t-il assuré. »

“Mettre les mains dans la machine, superviser… par Europe1fr

Mais entre vouloir et pouvoir… à moins de croire encore au Père Noël !

Retraite à 60 ans : les régimes complémentaires aussi !

Jeudi 9 août 2012

rétraite complémentaires 60ansC’était l’interrogation qui subsistait après la publication le 3 juillet dernier au Journal Officiel du décret prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise.

Celles et ceux concernés par la promesse électorale de François Hollande ainsi concrétisée allaient-ils pouvoir obtenir les mêmes avantages au titre du régime complémentaire et toucher ainsi une retraite complète ?

La réponse est oui. Les régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) viennent de recevoir le feu vert des partenaires sociaux pour appliquer le nouveau dispositif carrières longues à la retraite complémentaire à compter du 1er novembre 2012.

« Le Medef a écrit fin juillet aux syndicats, avec lesquels il gère les régimes complémentaires, pour leur indiquer que le décret serait pris en compte par ces régimes », détaille le site du Nouvel Observateur.

Après avoir fait procéder à une analyse juridique du décret par des juristes extérieurs, ce qui avait provoqué la colère des syndicats, l’organisation patronale a finalement accepté d’en appliquer les modalités pour les régimes complémentaires.

« Considérant que les études juridiques sont contradictoires, nous avons annoncé aux organisations syndicales que nous prenions en compte le décret », a annoncé à l’AFP Jean-François Pilliard, représentant du Medef.

Reste l’embarrassante question du financement

Pour autant, ce dossier est loi d’être bouclé. Car il s’agit maintenant de régler la question du financement de cette mesure par des régimes complémentaires en situation financière déjà préoccupante.

Pour les régimes de base, la dépense sera couverte par une hausse des cotisations sociales de 0,5 point. Mais pour les complémentaires, rien n’est prévu pour le moment, rappelle Les Echos.

« Une hausse des cotisations paraît, là aussi, inéluctable, car les deux régimes sont déjà dans une situation financière tendue. Même si le patronat y est pour l’instant vivement opposé. », ajoute le quotidien économique.

L’Agirc et l’Arrco puisent en effet dans leur réserve qui, par la force des choses, s’amenuisent.

« Nous verrons lors d’une réunion prévue le 12 octobre sur la question des équilibres financiers des régimes comment intégrer cette donnée supplémentaire qui va alourdir le déficit déjà important », a précisé M. Pilliard.

« Il est évident qu’il faut un financement supplémentaire et le vrai enjeu maintenant, c’est d’en discuter sérieusement », a confirmé le responsable retraite de FO, Philippe Pihet.

La promesse d’une rentrée bien studieuse pour les retraites…

Retraite à 60 ans : le Medef se rebiffe !

Mercredi 23 mai 2012

Des “consultations étendues”, c’est ce que réclame Laurence Parisot. La présidente du Medef (Mouvement des Entreprises de France), qui intervenait hier publiquement pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, craint un dérapage financier sur le dossier de la retraite.

Attention à l’impact financier“, a mis en garde la patronne des patrons au cours d’une conférence de presse.

Insupportable pour les régimes complémentaires

Laurence Parisot demande ainsi au gouvernement des consultations étendues alors que la ministre des Affaires sociales et de la Santé – Marisol Touraine – planche actuellement sur le décret qui doit permettre aux personnes ayant commencé à travailler dès 18 ou 19 ans et ayant cotisé 41 ans, de partir en retraite à 60 ans à taux plein. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation »)

Pour la Présidente du Medef, l’impact de cette promesse électorale sur les régimes complémentaires serait insupportable.

“L’impact financier n’est tout simplement pas le même”, explique-t-elle :

- si « dans le calcul sont pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés » (intégrant les congés maternité, périodes de chômage etc.) ;

- si « les fonctionnaires sont également concernés ».

Par ailleurs, selon Mme Parisot, cette mesure va s’inscrire « dans la logique des carrières longues » et « cela voudrait dire que le nouveau dispositif serait immédiatement et obligatoirement applicable aux régimes Agirc et Arcco » de retraite complémentaire.

Or ces régimes, en particulier l’Agirc, ne seraient « pas à même de supporter un tel choc », prévient-elle.

En effet, d’après le Medef, l’impact de ce décret « pour les régimes complémentaires serait de 2 milliards d’euros par an à partir de 2017 ». Il serait aussi « d’au minimum 5 milliards par an à partir de 2017 pour le régime général » sans compter le « chiffrage pour la fonction publique ».

« On est déjà dans des ordres de grandeur considérables qui pourraient annuler en partie l’effet de la réforme des retraites de 2010 » que le Medef « défend », souligne la dirigeante patronale.

Mme Parisot prévient que si l’Agirc et l’Arcco devaient financer ce surplus, le Medef serait « amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes ».

« Dans cette hypothèse, l’Agirc n’a plus les moyens de se financer dès horizon 2014, ce qui va nous obliger à être imaginatifs », a-t-elle dit sans plus de précision.

Laurence Parisot a prévenu aussi que les employeurs ne peuvent « pas accepter d’augmentation de cotisations » et que celle déjà prévue (+0,1 point) « est à la limite du supportable », prédisant le pire en cas d’augmentation nouvelle des prélèvements obligatoires pour les entreprises.

“Il ne faut pas dramatiser”

Message reçu 5/5 ce matin par le Premier ministre.

« Il ne faut pas dramatiser », a répondu Jean-Marc Ayrault, invité ce matin de RTL, qui a indiqué que le gouvernement recevra les partenaires sociaux le 29 mai pour préparer la conférence pour la croissance et l’emploi prévue en juillet.

« Le 29 mai, je vais recevoir avec les ministres Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales) et Marylise Lebranchu (Réforme de l’Etat) chaque organisation syndicale et patronale représentatives. Je vais écouter attentivement la manière dont ils voient l’instauration, dans la durée, de ce dialogue social », a-t-il dit.

« Je recevrai aussi Mme Parisot qui dira son point de vue, on est dans un dialogue… j’écouterai ce que dira Mme Parisot, attentivement », a-t-il ajouté.


Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mercredi… par rtl-fr

Tout en souhaitant néanmoins que le décret sur le retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt soit pris « dans les trois semaines ».

Le compte à rebours a commencé…

AB

Retraite : coup de pouce pour les jeunes au chômage

Jeudi 11 août 2011

Alors que la suppression du départ à la retraite à 60 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour une pension à taux plein ont fait grand bruit au début de l’été, la meilleure prise en compte du chômage non indemnisé des jeunes passe un peu inaperçue ces derniers jours.

Pourtant, c’était « l’une des mesures de solidarité promises l’an dernier par le gouvernement pour tenter de mieux faire passer la réforme des retraites », rappelle Les Echos.

Car, d’une manière générale, le chômage est bien pris en compte dans le calcul de la retraite, même si on ne le sait pas forcément comme en témoigne ce micro trottoir vidéo :

Les périodes de chômage, indemnisé ou non, peuvent donc donner lieu à la validation de trimestres d’assurance vieillesse pour la retraite de base versée par la Sécurité sociale. Des points de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC (pour les cadres) peuvent également être attribués selon des règles détaillées sur le site du Ministère du travail, de l’emploi et de la santé.

18 mois au lieu d’un an

Un décret publié au Journal officiel du jeudi 4 août 2011 allonge donc à 6 trimestres la 1ère période de chômage non-indemnisée (postérieure au 31 décembre 2010) pouvant être validée pour le calcul des droits à la retraite.

Concrètement cela signifie que désormais, si pour la 1ère fois de votre carrière vous êtes au chômage sans percevoir d’indemnités, vous ne serez pas pénalisés pendant 18 mois maximum (au lieu d’un an) pour votre retraite et on vous validera, même si vous ne cotisez pas, jusqu’à 6 trimestres (au lieu de 4).

Il est vrai que cette mesure ne concerne que 6000 personnes par an sur les 800 000 nouveaux retraités chaque année. Une situation rare pour ces générations qui ont moins connu une longue période de chômage en début de carrière. En revanche, c’est un geste appréciable pour les jeunes générations explique Les Echos :

« La part des jeunes sortis de formation initiale sans diplôme est de 17%, et 31% de ces mêmes jeunes sont au chômage au cours des premiers mois de leur vie active » soulignait l’an dernier le rapporteur UMP de la loi, Denis Jacquat.”

Une mesure louable donc que ce coup de pouce, demain, pour la retraite des jeunes, même si l’on préfèrerait un vrai coup de main, aujourd’hui, pour leur emploi !

AB

Réforme des retraites : et les complémentaires ?

Mardi 5 juillet 2011

Entrée en vigueur vendredi dernier, la réforme des retraites a entraîné aussi des évolutions pour les retraites complémentaires. L’occasion pour le site votreargent.fr de faire le point.

3 mois de retard, pour commencer, dans la revalorisation des pensions. Il a en effet fallu attendre ce fameux 1er juillet 2011, à défaut du mois d’avril d’ordinaire, pour que les retraités voient enfin leur pension augmenter de quelques dizaines d’euros comme chaque année (2,11% pour le régime Arrco et de 0,41% pour l’Agirc).

Autre changement mais pour mieux : le versement mensuel des pensions, contre chaque trimestre aujourd’hui, qui devrait intervenir au plus tard en 2014. Patience !

Mais il me semble que la principale conséquence de la réforme sur les retraites complémentaires soit en effet l’âge de départ. Le même que pour le régime de base. C’est à dire qu’à partir de 2018, il sera possible de toucher sa retraite complémentaire uniquement à partir de 62 ans pour les personnes nées en 1956 et après.

Seule consolation, il sera encore possible, comme avant et jusqu’en 2018, de toucher sa complémentaire “plein pot” dès qu’on dispose de tous ses trimestres au régime de base.

Un déficit global de plus de 350 millions d’euros

Et après ? Qui vivra verra ! Car la réforme des retraites ne « garantit l’équilibre que jusqu’en 2020 ou 2021. », comme je l’avais déjà évoqué sur ce blog dans l’article « La vie commence à 60 ans… mais plus la retraite ».

” Le rapport cotisants/retraités continuera à se dégrader et il sera probablement nécessaire de repousser encore le moment de la retraite.”

Et les régimes complémentaires ne dérogent pas à cette règle démographique qui « plombe » le régime de base. Le Monde.fr s’est récemment fait l’écho, d’ailleurs, de la présentation des résultats des régimes Agirc-Arrco pour 2010.

Total : un déficit global de plus de 350 millions d’euros !

Voilà pourquoi les régimes complémentaires sont logés à la même enseigne que le régime de base avec la réforme des retraites.

Les règles de réversion épargnées

Les retraites complémentaires seront donc liquidées selon les mêmes conditions d’âge et de durée d’activité que celles des régimes de base, comme l’indique le site des retraites complémentaires des salariés, cadres et assimilés, www.agirc-arrco.fr.

L’accord a aussi revu à la baisse les majorations de pension pour les familles nombreuses à l’Agirc et introduit un plafond de 1 000 euros par an pour ces majorations dans les deux régimes. Un coup de massue pour les cadres comme dit déjà sur ce blog précédemment. A ce propos, le site du Monde annonce que « l’association L’Union des familles en Europe (…) va saisir le tribunal de grande instance de Paris, et le cas échéant le Conseil d’Etat, pour faire annuler cette disposition, jugée inéquitable et juridiquement infondée »

Enfin, seules rescapées de tous ces changements, les règles de réversion. Le mariage a donc encore de beaux jours devant lui ! Mais jusqu’à quand ?

D’autant plus que l’accord prévoit de stabiliser les rendements des régimes de 2013 à 2015 seulement. Autrement dit, un euro cotisé rapportera jusqu’à cette date le même montant de retraite. Mais après ? Seul l’avenir nous le dira.

Raison de plus de s’intéresser dès aujourd’hui à d’autres sources de revenus “complémentaires” que les seuls régimes de retraites, finalement si fragiles financièrement.


AB