Nos retraites, répartition ou capitalisation ?

Les deux mon capitaine !

Et ce par exemple grâce à cet ouvrage, paru aux éditions Le Muscadier cet été, très instructif et très intelligent puisque sans parti pris. Chacun peut en effet se faire sa propre opinion sur cette question posée à deux personnalités aux points de vue diamétralement opposés, après une introduction rédigée par un spécialiste impartial du sujet afin d’avoir le bagage minimum pour aborder ensuite facilement l’argumentation développée par les parties opposées.

D’un côté, Philippe François de la fondation iFRAP, ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes. De l’autre, Pierre-Yves Chanu, chargé de la question des retraites pour la CGT. Bref, deux visions radicalement différentes de l’avenir du financement des retraites. Car il y aura bien une nouvelle réforme des retraites en 2013. La réforme de 2010 l’a mise sur les rails, le 1er ministre, Jean-Marc Ayrault en a sifflé le top départ. Et ce sera une véritable réforme de fond.

En effet, malgré les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010, trois problèmes essentiels demeurent, rappelle Philippe François :

  1. des inégalités importantes entre les régimes publics spéciaux (SNCF, RATP, EDF, Fonctions publiques,…) et le régime général des salariés ;
  2. des déficits permanents ;
  3. l’absence de retraite par capitalisation comme il en existe en Suède et en Allemagne.

La nouvelle réforme des retraites devra en effet bien régler une fois pour toutes ces problématiques et notamment cette lacune en matière de retraite par capitalisation, plaide l’expert.

Les fonds de pension, puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France

Selon lui, le gouvernement met en place des « échafaudages publics » (OSEO, FSI, FSI région, CDC, CDC-Entreprises, Banque Publique d’Investissement,…), censés palier le manque de capitaux de nos entreprises. Or ces dispositifs sont peu efficaces, d’après Philippe François. D’une part, leurs capitaux sont faibles et d’autre part, les acteurs publics ne sont pas les plus compétents, ni les plus libres pour investir de manière judicieuse. Contrairement aux fonds de pension, rompus à l’exercice qui disposent de sommes astronomiques.

En clair, les fonds de pension « sont les puissants moteurs de l’économie qui manquent à la France », selon l’expert de l’iFRAP.

Pour autant, ce partisan de la capitalisation ne plaide pas pour un système de retraite 100% en fonds de pension. Mais plutôt pour une pondération entre les deux régimes :

« un régime minimum par répartition fournissant une retraite de base mais en pratique garantie quelle que soit la situation économique du pays, et un régime par capitalisation géré comme en Suède par des opérateurs agréés variés. », explique-t-il.

La prochaine réforme des retraites annoncée pour 2013 semble donc capitale pour la France et mériterait qu’elle dépasse les caricatures et le débat stérile d’un simple choix archaïque entre répartition ou capitalisation.

Nous avons besoin des deux, mon capitaine ! Reste à savoir s’il y aura un vrai capitaine… à la barre.

AB

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3 commentaires, blog retraite sur “Nos retraites, répartition ou capitalisation ?”

  1. N’est-ce pas ce que nous espérons tous ? On attend…
    Stéphanie

  2. [...] Le conseiller financier préfère un système par répartition, réaliste, avec un complément de capitalisation. Partageant, par ailleurs, l’idée récurrente d’une remise à plat complète du système avec pourquoi pas l’adoption d’un modèle « par points », à la suédoise comme le suggèrent certains syndicats et leaders politiques. [...]

  3. [...] D’ailleurs, pour 51% des Français, le régime actuel par répartition existera toujours mais aura un rôle réduit car il sera supplanté par l’épargne personnelle. Près de la moitié des sondés (49%) disent avoir épargné en vue de leur retraite. [...]

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