Les retraités japonais, des kamikazes du boulot

Ce n’est pas vraiment pour passer le temps. Même s’il peut avoir tendance à s’écouler un peu trop lentement aux goûts de certains retraités. Mais, hélas, par obligation de gagner sa croûte. En effet, nombre de retraités Japonais préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles, nous apprend Kyoko Hasegawa, le correspondant de l’Agence France-Presse à Tokyo. 

Il y a quelques mois, les Japonais se distinguaient déjà avec une proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste dont nous nous sommes faits l’écho sur ce blog : taxer les beaux gosses pour financer les retraites !

Doubler les impôts des « beaux » et réduire ceux des « laids » pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.

En 2060, 2 Japonais sur 5 auront plus de 65 ans

Car la 3ème puissance économique mondiale est une société plus que vieillissante. Aujourd’hui, plus d’un Japonais sur cinq a au moins 65 ans. En 2060, ce sera près d’un sur deux (40%) !

C’est l’une des proportions les plus élevées au monde, rappelle l’article. L’espérance de vie des hommes pourrait alors atteindre 84 ans (78,2 ans en France) et celle des femmes frôler 91 ans (84,8 ans en France). Le déclin démographique et la crise économique menacent le système de protection sociale et nombre de Japonais ne croient plus en la capacité de la collectivité à financer les retraites.

« Il n’y a aucun emploi pour les septuagénaires et les octogénaires ! », se lamente ainsi un septuagénaire nippon.

Pourtant, une loi prévoyant l’instauration d’un minimum vieillesse a été promise par la majorité de centre-gauche lors de son arrivée au pouvoir en septembre 2009. Près de trois ans plus tard, elle fait toutefois encore l’objet de vifs débats au Parlement.

Aujourd’hui, force est de constater selon le journaliste que de nombreux seniors ne comptent plus que sur eux-mêmes. D’autant plus que leurs besoins financiers sont importants car ces générations grisonnantes nécessitent d’importantes dépenses de santé, en matériel comme en personnel médical.

« Un grand nombre de sexagénaires retraités veulent continuer à travailler pour des raisons économiques. Ils s’inquiètent des coûts de la prise en charge de leurs parents, de leurs propres dépenses médicales et de la baisse du niveau des pensions », résume un chercheur à l’Organisation japonaise pour l’emploi des seniors et des handicapés.

71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans et plus

D’après un livre blanc remis en juin au gouvernement, 71,1% des plus de 60 ans voudraient travailler jusqu’à 70 ans voire plus. Un vœu pieux, car dans les faits, en 2011, le taux d’emploi des 65-69 ans était plutôt de 36,3% et celui des 70-74 ans de 22,8%.

Mais les auteurs de ce rapport recommandent d’élever ce taux afin de maintenir une croissance acceptable.

Ainsi on voit d’ores et déjà des seniors, parfois très vieux, dans des emplois non qualifiés, comme le nettoyage des bureaux avant l’arrivée des employés ou la gestion de la circulation autour des travaux publics, raconte l’article.

Mais on trouve aussi des retraités Japonais dans des métiers plus qualifiés. D’ailleurs l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui organise l’aide du Japon envers les pays pauvres recrute des seniors. Des volontaires de 40 à 69 ans pour travailler dans un pays du sud pour deux ans maximum. Ainsi, chaque année, jusqu’à 470 personnes partent dans une soixantaine de pays.

Un volontaire, par exemple, a été envoyé au Paraguay pour éditer un ouvrage d’histoire à l’attention des nouveaux immigrants japonais. A 58 ans, il a dû « dérouiller » son anglais et se mettre à l’espagnol en partant de zéro.

Ce retraité, programmateur informatique à ses débuts professionnels, a été peu à peu poussé hors du métier technique avec l’arrivée de jeunes plus au fait des nouvelles technologies, et s’est retrouvé employé administratif en fin de carrière.

« Ce changement m’a aidé à vouloir faire quelque chose de complètement nouveau lorsque je suis arrivé à la retraite », confie cet ex-technicien de 66 ans.

Bref, pour les retraités Japonais aussi, le changement, c’est maintenant. Aux antipodes évidemment de ce qui est promis aux retraités Français. Mais pour combien de temps ?

AB

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Un commentaire, blog retraite sur “Les retraités japonais, des kamikazes du boulot”

  1. [...] D’autant que de plus en plus de seniors reprennent le chemin du travail ces dernières années. En effet, il n’y a pas qu’au Japon, comme on l’a vu dans le précédent post, où nombre de retraités préfèrent retravailler pour nourrir leurs familles. [...]

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