600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.
« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr
Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.
« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.
Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.
Un flux de départs à 60 ans surestimé
Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.
Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.
Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.
« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr
Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.
Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.
« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années”, a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.
Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.
« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.
« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr
Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…
AB
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