Archive pour juin 2012

Retraite à 60 ans : qui, quand et comment ?

Vendredi 29 juin 2012

On va pouvoir enfin s’y retrouver avec… le retour partiel de la retraite à 60 ans !

Annoncée lors du Conseil des ministres du 6 juin dernier, la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise a fait l’objet d’un projet de décret. Un décret relatif à l’âge d’ouverture du droit à pension de vieillesse qui a été transmis, pour avis, au Conseil d’administration de la Cnav (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) le 18 juin dernier. Disposant désormais du texte de ce projet de décret, la Cnav, en tant que premier opérateur de la retraite en France, a décrypté cette nouvelle mesure lors d’un point presse cette semaine.

Les 5 points à retenir :

  1. Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er novembre 2012.
  2. Cette mesure concerne l’ensemble des régimes obligatoires de base : régime général, régimes des trois fonctions publiques, régimes agricoles (travailleurs salariés et non salariés), régime social des indépendants, régime des cultes, régime des professions libérales, régime des avocats et tous les régimes spéciaux (à compter de 2017, et 2016 pour la Banque de France) à l’exception de la SNCF et de l’ENIM.
  3. Le projet de décret prévoit que les assurés doivent désormais justifier d’un début d’activité avant 20 ans.

Pour rappel, il fallait jusqu’à présent avoir débuté son activité professionnelle avant l’âge de 18 ans pour bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.

Exemple :

- Assuré né en février : doit justifier de 5 trimestres avant l’année civile de ses 20 ans ;

- Assuré né en décembre : à défaut de remplir la 1ère condition, doit justifier de 4 trimestres l’année de ses 20 ans.

4 – Le projet de décret prévoit de ne plus opposer aux assurés cette notion de durée d’assurance totale validée. Seule une condition de durée d’assurance cotisée sera désormais exigée pour bénéficier du dispositif.

Exemple :

- Assuré né en 1954 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 165 trimestres pour prétendre à un départ à 60 ans.

A noter que le projet de décret introduit un « lissage » des conditions de durées validée et cotisée pour les départs avant 60 ans.

Exemple :

- Assuré né en 1957 : doit justifier d’une durée d’assurance cotisée de 166 trimestres pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

Avant le projet de décret (effet «lissage») cet assuré aurait dû justifier de 174 trimestres dont 170 cotisés pour prétendre à un départ à 59 ans et 8 mois.

5 – Le projet de décret retient désormais dans les trimestres réputés cotisés :

  • 4 trimestres de service national ;
  • 4 trimestres de perception d’IJ maladie, maternité, AT/MP ;
  • 2 trimestres au titre de la maternité ;
  • 2 trimestres de chômage indemnisé.

Date possible de départ dispo dès cet été

Dès la publication du décret prévue en juillet, la Cnav s’est engagée à délivrer sur demande une attestation de départ en retraite anticipée aux personnes concernées par le nouveau dispositif, rapporte 20Minutes.fr 

« Cela concerne les personnes qui sont nées en 1952, 1953 ou éventuellement en 1954, inutile de s’y prendre très l’avance », précise Pierre Mayeur. « Même si la mesure s’applique à partir du 1er novembre 2012, cela permettra aux assurés d’avoir la garantie qu’il peuvent partir dans le cadre de ce dispositif », a ajouté le Directeur de la Cnav.

Pour en savoir plus et savoir concrètement si vous êtes concerné et de quelle manière par cette mesure, la Cnav a mis à disposition du public tous les éléments d’information sur son site internet lassuranceretraite.fr  et sur sa page Facebook.

De plus ses téléconseillers joignables au numéro de téléphone unique, le 39 60 (Prix d’un appel local depuis un poste fixe du lundi au vendredi de 8 h à 17 h), sont désormais en mesure de renseigner le public.

Enfin un chat sera également organisé sur le site internet de l’assurance retraite le 12 juillet prochain, pour répondre aux interrogations des futurs retraités.

AB

La « cagnotte » surprise de la retraite à 60 ans

Mercredi 27 juin 2012

600 millions d’euros. C’est le solde plus que positif qui sera généré l’an prochain par le retour partiel de la retraite à 60 ans. Résultat dévoilé par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) qui a reçu le projet de décret de la mesure prévoyant l’élargissement des possibilités de départ à la retraite à compter de 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise, et l’a décrypté hier lors d’un point presse.

« Le retour aux 60 ans ne devrait coûter que 450 millions d’euros l’an prochain, deux fois moins que le milliard de cotisations supplémentaires », explique LesEchos.fr

Une bonne nouvelle pour les finances publiques. Mais sans aucun doute une mauvaise surprise pour le patronat, qui se plaint de cette hausse du coût du travail, ajoute le site du quotidien économique.

« Le malaise était palpable », rapporte d’ailleurs LeMonde.fr.

Car les chiffrages de la CNAV sont, en effet, en totale contradiction avec ceux présentés par le gouvernement lors de l’annonce de la mesure, le 6 juin dernier.

Un flux de départs à 60 ans surestimé

Selon le gouvernement, le coût du retour de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, tous régimes confondus, sera de 1,1 milliard d’euros en 2013, 3 milliards en 2017. Dans un premier temps, déjà, la promesse électorale de François Hollande avait été estimée à 5 milliards en 2017 avant d’être revue à la baisse.

Et pour financer ce dispositif, les cotisations vieillesse salariale et patronale seront augmentées de 0,25 point chacune en 2017.

Ainsi, pour le seul régime général, cette hausse des cotisations va rapporter 1,050 milliard d’euros en 2013. Sauf, que le gouvernement promettait que 110 000 personnes en plus pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 2013. Alors que la CNAV estime de son côté qu’il n’y en aura pas plus de 60 000 au sein du régime général.

« Même si la mesure bénéficiera aussi aux personnes des autres régimes (fonction publique, artisans, commerçants…), on voit mal comment le nombre total de départs pourrait atteindre les 110 000. Plus de 70 % des actifs dépendent en effet du régime général », assure LeMonde.fr

Bref, le flux de départ a été surestimé par le gouvernement.

Par conséquent, la mesure coûtera plutôt, pour la même année, 448 millions d’euros, selon la Cnav, soit un bénéfice de 600 millions d’euros. Encore mieux, à l’horizon 2020, le bénéfice devrait s’élever à plus d’un milliard d’euros.

« Il n’y a toutefois aucune cagnotte étant donné les déficits prévisionnels du régime général qui s’élèvent à plusieurs milliards pour les prochaines années”, a relativisé Pierre Mayeur, le directeur de la CNAV.

Le déficit prévu du régime général des retraites atteindra, en effet, 6 milliards en 2013.

« Il y a eu assez, par le passé, de mesures décidées sans financement pour qu’on ne se plaigne pas que celle-ci soit surfinancée », a ajouté Gérard Rivière, président (FO) de la CNAV.

« Le gouvernement a préféré voir trop large plutôt que de se retrouver face à un problème de financement, d’autant qu’il est très difficile de prévoir précisément les comportements des assurés pour le départ à la retraite », décrypte un haut fonctionnaire sur LesEchos.fr

Pas certain que tous les salariés qui ne connaîtront jamais la retraite à 60 ans soient aussi magnanimes en découvrant le petit coup de rabot de quelques euros sur leur bulletin de salaire pour financer cette mesure et sa « cagnotte » surprise…

AB

Les retraites en France réduisent les inégalités

Lundi 25 juin 2012

Les retraites réduisent les inégalités en FranceNotre système de retraite par répartition diminue les disparités entre les plus riches et les plus pauvres et entre les hommes et les femmes, une fois que les salariés ont cessé de travailler, montre une étude de l’Insee publiée mercredi.

Nos régimes de retraite fonctionnent, en effet, de manière « contributive », c’est-à-dire que plus on cotise plus on a des chances d’avoir une bonne pension de retraites. Mais, notre système joue aussi « un rôle redistributif important », expliquent Patrick Aubert et Marion Bachelet dans ce document.

« Parce qu’il corrige les aléas de carrière, il entraîne une dispersion des retraites sensiblement moindre que celle des salaires », démontrent les auteurs.

Concrètement, le rapport entre les salaires perçus sur l’ensemble de leur carrière par les 10 % les mieux payés et les 10 % les moins bien payés atteint 5,9. Pour les pensions de retraite, il n’est plus que de 4,1, souligne LesEchos.fr.

Les principaux mécanismes qui contribuent à cette réduction des inégalités sont la validation des trimestres de chômage, l’assurance-vieillesse des parents au foyer, en faveur des personnes qui ont cessé de travailler pour élever un enfant, et enfin les minima de pension, qui favorisent les petites retraites, explique le site web du quotidien économique.

Une redistribution plus avantageuse pour les femmes

Les femmes profitent davantage de la redistribution réalisée par les retraites parce que leurs salaires sont plus faibles, de façon générale, et leurs carrières sont souvent plus courtes que celles des hommes. En outre, certains dispositifs de réglage des inégalités tels que la majoration de durée d’assurance pour enfants, s’adressent uniquement aux mères, explique le site web de l’Usine Nouvelle.

En revanche, note l’Insee, d’autres mécanismes implicites, comme la prise en compte dans le calcul de la retraite des seules « meilleures années » ou la différence de traitement des salaires au-dessus et en dessous du plafond de la Sécurité sociale, jouent un rôle d’amplification des inégalités de carrière. Quant au bonus de 10 % de pension accordé à tout parent de 3 enfants et plus, il est d’autant plus important que le revenu est fort, rapporte La-Croix.com

Enfin, les jeunes générations devraient moins ressentir les effets de cette redistribution car leurs carrières sont de plus en plus longues et les écarts de salaires entre hommes et femmes se réduisent lentement. Mais aurons-nous encore un système de retraite par répartition à l’avenir ? Une très large majorité d’entre eux en doute comme on l’a vu cette semaine. (voir le post “82% des jeunes actifs n’ont plus confiance en la retraite par répartition”)

En tout cas la question sera peut-être à l’ordre du jour de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

A suivre…

AB

82% des jeunes actifs n’ont plus confiance en la retraite par répartition

Mercredi 20 juin 2012

La jeunesse est très majoritairement pessimiste quant à l’avenir de sa propre retraite.

C’est l’un des enseignements, pour le moins édifiant, d’un sondage TNS Sofres pour le groupe Amundi Asset Management publié hier : 82% des jeunes actifs ne font plus confiance à notre système fondé sur la solidarité entre les générations pour leur assurer une pension suffisante.

Des jeunes carrément résignés, puisque 88% d’entre eux sont mêmes « conscients » que les pensions des régimes obligatoires (régime général, régimes complémentaires, régimes spéciaux) « vont baisser ».

Ils pensent même qu’elles seront trop faibles pour couvrir les besoins essentiels (logement, alimentation etc…) :

  • 50% des 35-44 ans
  • 36% des 25-34 ans

Selon ces jeunes actifs, le taux moyen de remplacement idéal c’est à dire la proportion du salaire touché à la retraite, devrait être de 76% alors qu’ils entrevoient pour eux seulement 56%, ce qui est déjà optimiste puisque c’est un peu plus que le taux de remplacement actuel moyen pour les salariés du privé (régime général).

Aujourd’hui seuls les fonctionnaires touchent environ 75% de leur salaire à la retraite.

« On sait que le compte n’y est pas », confirmait il y a quelques mois sur i-télé, Michel Godet, économiste et professeur au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers).

« La retraite par répartition c‘est une chaine d’argent. Ce sont les actifs d’aujourd’hui qui payent pour les retraités d’aujourd’hui. Et demain il y aura beaucoup trop de retraités », explique-t-il.

« Les générations futures ont déjà le fardeau de notre dette », ajoute Michel Godet.

Les jeunes épargnent tôt pour leur retraite

« Il faudra un jour faire la retraite à points », préconise donc l’économiste. Mais en attendant l’éventualité d’un système de retraite à points, les jeunes, plutôt pessimistes, mettent des sous de côté pour leurs vieux jours : 34% des 25-34 ans et 41% des 35-44 ans ont commencé à épargner pour la retraite.

C’est d’ailleurs l’une des récentes recommandations de l’OCDE qui préconise aux gouvernements de redoubler d’efforts pour promouvoir les pensions privées.

L’un des principaux produits de l’épargne salariale en vue de la retraite est le Perco (Plan d’épargne pour la retraite collectif), que peut proposer une entreprise et ouvert à tous les salariés.

En 2011 les souscriptions ont dépassé 1,3 milliard d’euros selon le groupe Amundi.

Les actifs en quête d’épargne pour la retraite peuvent aussi ouvrir un Pere (plan d’épargne retraite entreprise), si l’entreprise le propose, ou souscrire un Perp (plan d’épargne retraite populaire) auprès d’une institution de prévoyance, d’une compagnie d’assurance ou d’une mutuelle.

Autant de solutions que vous pouvez comparer simplement grâce à notre comparateur en ligne de solutions retraite (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. », écrivait Henri Estienne, philologue et humaniste du XVIème siècle. On dirait que les temps ont changé…

AB

L’Allemagne tacle la France sur la retraite à 60 ans

Vendredi 15 juin 2012

Lors du sommet du G8, à Camp David (USA)

C’est un véritable sermon qu’a adressé le ministre allemand des Finances à l’encontre du Président de la République, François Hollande. Dans un entretien publié mercredi dernier par le quotidien italien La Stampa, Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines personnes entrées tôt dans le monde du travail.

« En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué.

Une position encouragée d’ailleurs par le rapport publié cette semaine sur Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. (voir le post « Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées »)

« Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. », a critiqué le ministre allemand des Finances.

En comparaison, l’âge minimum légal de départ à la retraite est de 63 ans en Allemagne, après 35 ans seulement de cotisations mais pour toucher une pension avec décote. Pour une pension à taux plein, les deux pays sont en revanche plus proches puisqu’en France, la réforme des retraites prévoit de la faire passer progressivement de 65 à 67 ans d’ici à 2023. Ce que l’Allemagne prévoit également de réaliser d’ici à 2028, rappelle LeFigaro.fr.

L’Allemagne exhortée à remettre le moteur de l’économie en route

Le quotidien souligne par ailleurs que ce mercredi, François Hollande recevait les dirigeants de l’opposition socialiste allemande à l’Élysée. Une coïncidence qui pourrait expliquer le pourquoi d’une telle critique. De plus, l’Allemagne doit faire face ces temps-ci à un feu croisé de critiques. De Washington à Rome, en passant par Londres, les dirigeants du G7 appellent l’Allemagne à relâcher sa position à propos de la rigueur, ajoute LeFigaro.fr

Outre Manche et outre Atlantique, le célèbre quotidien économique The Economist a même demandé en Une à Angela Merkel de «remettre le moteur» de l’économie en route.

La chancelière allemande, stoïque, a répondu que l’arrêt des réformes structurelles du marché du travail en cours «serait fatal». Et de vanter le modèle allemand. Les résultats de l’Allemagne «ont montré qu’il s’agissait du bon chemin», a-t-elle insisté. Mais, a-t-elle reconnu, ces réformes «ont besoin de temps» pour agir sur la croissance, rapporte LeFigaro.fr

Quant à la réaction de la France aux critiques de l’Allemagne, seul Pierre Moscovici, pour le moment, a répondu lors d’une conférence de presse :

« En ce qui concerne les propos de monsieur Schäuble, je serai extrêmement bref : je ne fais jamais de commentaire sur la politique qui est menée en Allemagne, voilà. »

Pourtant, de gauche comme de droite, lors de la campagne présidentielle, les commentaires sur la politique menée en Allemagne allaient bon train. Tous élogieux. Mais ça c’était avant…

AB

Pour l’OCDE, il faut relever l’âge de la retraite et promouvoir les pensions privées

Mardi 12 juin 2012

« Les gouvernements devront graduellement augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés »

Voici la dernière recommandation de l’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques dans un rapport publié cette semaine.

Sur le long terme, l’âge de départ à la retraite sera de 65 ans dans la moitié des pays de l’OCDE et de 67 ou 69 ans dans 14 pays. Des relèvements de l’âge de la retraite sont en cours ou prévus dans 28 des 34 pays de l’OCDE, indique ce même rapport.

De quoi, vous avouerez, nous laisser perplexe alors même que le gouvernement de François Hollande entérine le retour partiel de la retraite à 60 ans au lieu de 62 anspour celles et ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations.

« Faire tomber les obstacles à la poursuite d’activité au-delà de l’âge habituel d’accès à la retraite sera indispensable pour garantir à nos enfants et à nos petits enfants le bénéfice d’une retraite adéquate au terme de leur vie active », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría.

La raison d’une telle recommandation est que l’espérance de vie continue d’augmenter partout dans le monde. Au cours des 50 prochaines années, l’espérance de vie à la naissance devrait s’accroître de plus de 7 ans dans les économies développées, selon Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2012. 

« Promouvoir les pensions privées »

« Les gouvernements devraient donc envisager de lier formellement l’âge de la retraite à l’espérance de vie, comme au Danemark et en Italie, et redoubler d’efforts pour promouvoir les pensions privées », préconise l’OCDE.

Car relever l’âge de la retraite est nécessaire mais pas suffisant malgré tout pour maintenir le niveau des pensions de retraite à l’avenir. En effet, les personnes qui commencent de travailler aujourd’hui ne pourront pas espérer percevoir une pension de régime public de plus de la moitié de leurs revenus nets.n Alors que dans pratiquement les 13 pays qui ont rendu les pensions privées obligatoires, les retraités peuvent espérer percevoir une pension représentant environ 60 % de leurs revenus. Soit 10% de mieux !

« Plus généralement, réformer les allégements d’impôts de manière à encourager l’épargne retraite privée est également impératif, car les faibles revenus et les travailleurs jeunes sont beaucoup moins susceptibles de se constituer une pension privée », recommande aussi cette 1ère édition des perspectives de l’OCDE sur les pensions.

De quoi nous encourager à étudier dès aujourd’hui toutes les solutions possibles et imaginables pour nos futures retraites. A ce propos, n’hésitez pas à profiter de notre comparateur en ligne de solutions retraite (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.

Il n’est jamais ni trop tôt, ni trop tard pour bien faire…

AB

Les professeurs retraités rappelés au tableau ?

Vendredi 8 juin 2012

Demander à des professeurs retraités de remettre la blouse pour conseiller de jeunes collègues alors que la retraite à 60 ans est partiellement de retour : le gouvernement de François Hollande serait-il plus libéral qu’on ne le pense ? Ou cela ressemble fort à un paradoxe ?

Seule certitude, la belle idée de Vincent Peillon, ne suscite pas vraiment l’enthousiasme. La semaine dernière, le nouveau ministre de l’Éducation nationale avait en effet jugé dans un entretien au Parisien que le recours rémunéré à des professeurs retraités pour des missions de tutorat auprès de leurs jeunes confrères serait une belle idée, tout en excluant qu’il soit fait appel à eux pour des remplacements.

Mais c’est vraiment tièdement que les syndicats ont accueilli cette nouvelle, rapporte VousNousIls.fr, l’e-mag de l’éducation. 

 Une « fausse belle idée »

« J’ai dit lundi à Vincent Peillon que c’était une fausse belle idée car, dans le primaire, nous avons un corps de formateurs dont c’est le métier », a déclaré cette semaine Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires.

Certains profs, eux-mêmes retraités, jugent cette mesure inquiétante, comme Michel Soubiran dans une tribune sur le Plus du Nouvel Observateur :

« Elle implique de faire retravailler des enseignants retraités alors que les jeunes générations ont repris le flambeau ».

« Je suis à la retraite depuis le mois d’octobre et je peux vous dire que le travail me manque. Retrouver les écoles, les élèves et la pratique serait quelque chose qui pourrait vraiment me séduire. Mais la raison doit l’emporter : la proposition a déjà été faite à des professeurs retraités de prendre des postes aménagés ; l’aménagement se faisait au détriment des professeurs en poste… », déplore-t-il.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’un ministre de l’Éducation Nationale souhaite rappeler au tableau les profs à la retraite. Il y a 2 ans déjà, en mars 2010, Luc Chatel avait proposé de faire appel à des retraités pour pallier l’absence de certains professeurs absents, ce qui avait entraîné de nombreuses critiques chez les syndicats d’enseignants, rappelle LeParisien.fr.

Alors qu’en penser ? Le métier d’enseignant serait-il moins pénible que d’autres pour que l’on demande ainsi à des retraités de reprendre du service, tandis que d’autres pourront à nouveau partir à 60 ans ?

« La proposition de Vincent Peillon me va droit au cœur, mais ma raison me dit qu’on doit pouvoir trouver mieux », conclut le professeur retraité.

AB

Retraite à 60 ans : ça passe pour les mères de famille et les chômeurs âgés

Jeudi 7 juin 2012

C’est donc hier matin, comme prévu que le dispositif sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt a été présenté en Conseil des ministres. Avec un geste pour les mères de famille et les chômeurs.

Dans le détail, le décret permettra aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant 41,5 ans de cotisations (166 trimestres pour ceux nés en 1955, un peu moins pour ceux nés avant) de partir à 60 ans à taux plein, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme des retraites de 2010, explique LesEchos.fr. Il s’agit donc d’une extension du dispositif « carrières longues » réservé jusque là à celles et ceux qui ont commencé à travailler au plus tard à 17 ans. Avec également un bonus au titre de la maternité et du chômage.

En clair, les mères de famille vont gagner deux trimestres supplémentaires considérés comme « cotisés » si elles ont eu trois enfants et plus au cours de leur carrière. Jusqu’ici elles ne bénéficiaient au maximum que de quatre trimestres additionnels.

De même, les personnes ayant connu le chômage, qui ne bénéficiaient jusqu’ici d’aucun avantage spécifique seront gratifiées de deux trimestres considérés comme cotisés. Ce qui devrait permettre à des seniors chômeurs de longue durée proches des 60 ans de pouvoir partir en retraite et de toucher leur pension alors que jusqu’ici ils doivent patienter avec de très faibles ressources entre la fin de l’indemnisation chômage et la retraite.

Le coût de cette mesure est estimé pour l’an prochain à 1,1 milliard d’euros financé par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1 point par an pour les salariés et pour les employeurs.

« Soit 1,60 euro pour quelqu’un qui gagne le smic, 2 euros pour quelqu’un qui gagne 1600 euros par mois », a détaillé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, en charge de ce décret.

« A terme, en 2017, la mesure coûtera moins cher que ce qui était prévu tout en concernant autant de personnes», a souligné la ministre, évaluant le montant à « environ 3 milliards d’euros » au lieu des 5 milliards initialement prévus.

Du coup la hausse des cotisations retraite salariale et patronale prévue n’atteindront pas 0,5% en 2017 mais seulement 0,25% pour les salariés et 0,25% pour les entreprises, de quoi donner des marges de manœuvre pour la partie assumée par les complémentaires, et rassurer le patronat très critique vis à vis de cette mesure.

Au total, ce sont 110 000 personnes qui seront concernées en 2013 par cette promesse électorale de François Hollande. Le décret qui doit être examiné notamment par le Conseil d’État, sera publié au Journal Officiel au début de l’été. Il entrera en vigueur au 1er novembre.

« Une mesure de justice » décevante pour certains syndicats

Pour Marisol Touraine, cette décision du gouvernement est clairement “une mesure de justice”.


Le gouvernement accorde 2 trimestres de plus… par BFMTV

Côté syndicats, en revanche, certains semblent rester sur leur faim, jugeant globalement insuffisantes ces annonces, rapporte Europe1.fr

« Au-delà de deux enfants c’est principalement les femmes qui ont eu un congé parental ou qui se sont mises à temps partiel. Et elles n’arriveront jamais, avec deux trimestres supplémentaires, à 41 ans de cotisations même si elles ont commencé à 18 ou 19 ans », a déclaré Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC.

« Pour les mères de famille de plus de deux enfants, deux trimestres supplémentaires, ça ne suffit pas, il en aurait fallu au moins quatre », a-t-elle estimé.

« C’est un décret à l’eau tiède », a réagi pour sa part Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière.

« Certes le gouvernement a décidé de prendre en compte deux trimestres supplémentaires pour les congés maternité et les chômeurs, mais c’est insuffisant », ajoutant que ce n’est « rien pour les chômeurs de longue durée ».

« C’est pourquoi nous allons continuer à peser, puisqu’il ne s’agit que de la présentation d’un projet. Ce n’est donc pas définitif », a poursuivi le leader FO, rappelant que le débat sur les retraites allait redémarrer sur l’ensemble du dossier, à partir de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

En effet, les partenaires sociaux, syndicats et patronat déjà consultés sur ce thème il y a quelques jours, seront à nouveau sollicités pour se prononcer sur le texte définitif avant que ce dernier ne soit publié au Journal officiel, probablement à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, explique LeFigaro.fr

Un retour à la retraite à 60 ans pour tous est exclu

L’opposition, de son côté, dénonce une vraie « folie ». Reprenant son discours d’avant hier sur TF1, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a tenu à “alerter les Français sur les folies” que constituent les “cadeaux électoraux” du gouvernement, qui vont selon lui conduire à “une hausse massive des impôts”.

“Pour 100 000 personnes qui vont effectivement avoir la possibilité de partir plus tôt à la retraite à 60 ans, il y aura des millions de personnes qui vont payer plusieurs centaines d’euros de cotisation retraite supplémentaires” par an, a estimé pour sa part Valérie Pécresse sur Europe 1.


Aubry ” véritable ministre des Finances de… par Europe1fr

Mais qu’on se le dise, l’avenir de nos retraites ne s’arrête pas à ce cadeau bonus. Un débat plus global sur les retraites est prévu en juillet au cours d’une grande conférence sociale et dont les préparatifs ont commencé mardi, à Matignon. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault y a reçu les partenaires sociaux.

Mais Michel Sapin, le ministre du Travail, a d’ores et déjà exclu un retour à 60 ans pour tout le monde :

“Chacun sait très bien qu’aujourd’hui, ce n’est pas possible”, rapporte Europe1.fr

A bon entendeur…

AB

Qui veut vraiment partir à la retraite à 60 ans ?

Vendredi 1 juin 2012

Le retour partiel de la retraite à 60 ans avance. La promesse électorale de François Hollande, qui doit prendre la forme d’un décret pour permettre aux salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant suffisamment cotisé de partir à la retraite à 60 ans, sera à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault l’a annoncé ce matin sur BFM-TV et RMC.


Bourdin 2012 : Jean-Marc Ayrault partie 1 par BFMTV

«Le cap sera tenu», a insisté le Premier ministre, soulignant que les premières mesures du gouvernement étaient «des mesures de justice».

Et ce, malgré les réticences exprimées cette semaine par la Commission européenne en raison de son coût, comme l’a indiqué hier, par ailleurs, Pierre Moscovici sur France Inter. La Commission a critiqué en particulier cette mesure qu’elle voit comme préjudiciable pour le retour à l’équilibre des finances publiques et la stabilisation de la zone euro.


Pierre Moscovici par franceinter

«Ce sera fait et ce sera fait dans les prochaines semaines. La retraite à 60 ans, à taux plein pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et qui ont travaillé longtemps, oui, ce sera fait dans les prochaines semaines», a insisté le ministre de l’Economie.

Le passage à la retraite n’ouvre pas nécessairement une période idyllique

En attendant, chacun a pu donner son avis cette semaine à l’issue des consultations programmées par le gouvernement (voir le post « Retraite à 60 ans : en attendant la fumée blanche… »), ses doléances sur ce retour partiel de la retraite à 60 ans. Gouvernement, syndicats, patronat, opposition, tous, sauf… les retraités eux-mêmes !

C’est, en tout cas, l’avis du sociologue Serge Guérin dans une tribune sur Atlantico.fr qui révèle un point de vue original et légitime :

« Pourquoi priver d’activité des personnes motivées et passionnées par leur métier ? », s’interroge-t-il.

Le sociologue avance que le passage à la retraite n’ouvre pas nécessairement une période idyllique. Ainsi les nouveaux retraités sont nombreux à sombrer dans la déprime, le sentiment d’inutilité, l’ennui… Parfois la retraite se termine par une tentative de suicide, selon lui.

« C’est un moment compliqué pour un couple. Il faut retrouver ses marques, inventer une nouvelle vie. D’ailleurs, en moins de 20 ans, le taux de divorce a doublé. La retraite, surtout chez les hommes, peut être synonyme de défaite, de retrait social, de passivité. Ce n’est pas un hasard si, en moyenne, le passage à la retraite se traduit par une augmentation de 30% du temps passé chaque jour à regarder la TV », affirme-t-il.

« N’oublions pas, enfin, que la retraite est de plus en plus synonyme de perte de pouvoir d’achat et de manque de moyens. Le passage entre le dernier salaire et la première pension est brutal : en moyenne la personne concernée va perdre 50 % de son revenu au passage »

D’où l’importance primordiale de la préparer au mieux financièrement et le plus tôt possible comme nous vous le conseillons régulièrement sur ce blog. Le premier pas est d’obtenir un aperçu financier de ce que vous toucherez pour votre retraite. Pour cela, vous pouvez par exemple cliquer sur ce lien (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite.

Pour prolonger, ce comparateur de solutions retraite vous éclairera aussi. L’outil permet de comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution y sont également présentés.

Il ne sera jamais trop tard pour mettre au point votre plan d’action afin de couler des jours vraiment heureux une fois à la retraite. Du moins quand vous le déciderez.

« Le cycle de vie de chacun ne doit pas être indéxé sur une norme sociale mais sur des envies, des projets, des modes de vie, des situations personnelle, familiale et professionnelle », conclut Serge Guérin.

AB