Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu mardi les représentants des salariés et du patronat, entouré des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique).
Ce que veulent les syndicats
Le Nouvel Observateur et Challenges.fr, notamment, récapitulent les positions des différents syndicats et soulignent leur division.
La CGT veut revenir à la retraite à 60 ans pour tous
En attendant de connaître cette semaine le nom du nouveau secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault s’était déjà prononcé sur la prise en compte tous les trimestres validés (c’est-à-dire y compris les périodes de chômage, maladie, invalidité…). Tout en formant le vœu d’un rétablissement de l’âge de départ légal à 60 ans pour tous comme il y a 15 jours sur RTL.
Des consultations portant sur les grands chantiers sociaux et notamment le retour partiel de la retraite à 60 ans, afin de connaître les doléances des partenaires sociaux sur cette promesse électorale de François Hollande.
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT… par rtl-fr
L’application la plus large possible pour FO
Même son de cloche à FO. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, demande l’application la plus large possible du retour partiel à 60 ans.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force… par rtl-fr
« Quelqu’un qui a été au chômage n’a pas choisi d’être au chômage. Au nom de quoi il serait pénalisé ? », s’est insurgé le leader de FO.
Une réforme fondée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal pour la CFDT
Pour la CFDT, son leader, François Chérèque, milite pour une « réforme systémique », basée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal. Celle-ci remettrait à plat l’ensemble des règles en vigueur.
Ce que veut le patronat
« Pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle »
Laurence Parisot, invitée dimanche dernier du Grand Jury RTL-LCI- Le Figaro, espère pouvoir convaincre le gouvernement d’agir en douceur et avec parcimonie. (voir aussi le post : « Retraite à 60 ans : le Medef se rebiffe ! »)
“Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu’un qui gagne environ 2 000 euros brut par mois”, a affirmé la présidente du Medef.
« Ce n’est pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables »
Des propos alarmistes réitérés par la dirigeante patronale sur BFMTV.
« Si la mesure devait s’appliquer directement aux régimes complémentaires de retraite, alors le risque d’une faillite d’un des deux grands régimes complémentaires est très grand et à un horizon très bref : 2014-2015 »
Ce qu’en pense l’opposition
Fillon : “Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche”
François Fillon a estimé que la question de la retraite à 60 ans était une “hypocrisie”, rapporte LePoint.fr.
“Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche […]. Cela a souvent été le cas dans l’Histoire. La gauche s’était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n’est déjà plus d’actualité puisque maintenant, ça n’est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C’est donc une hypocrisie”, a déclaré l’ancien Premier ministre à la presse en marge d’une visite de soutien à un candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis.
“Pendant tout le débat parlementaire, la gauche nous a expliqué que si elle revenait au pouvoir, elle abrogerait la réforme qui a été votée. Je vois qu’aujourd’hui, il n’est plus question de l’abroger mais simplement de l’aménager”, a ajouté l’artisan de la réforme des retraites.
“Maintenant, les engagements qu’a pris le gouvernement sur le retour à la retraite à 60 ans, toutes les mesures qui visent à augmenter la dépense publique sont des mesures qui sont dangereuses dans un contexte de crise économique et financière européenne”, a mis en garde François Fillon. Demandant, enfin, « au président de la République au moins de suspendre la mise en oeuvre de ces réformes car, dans les trois mois qui viennent, nous allons voir la situation économique et financière en Europe »
Une « double peine », selon Jean-François Copé
Invité de la matinale de RTL, le secrétaire national de l’UMP a, de son côté, reproché au gouvernement de faire l’impasse sur la compétitivité des entreprises.
Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP…par rtl-frC
« Si vous revenez à la retraite à 60 ans, vous augmentez les cotisations des employeurs, vous augmentez les cotisations des salariés, donc c’est double peine », a justifié le député-maire de Meaux.
« Le premier enjeu, c’est la création d’emplois », a-t-il plaidé. « La question du coût du travail est majeure ».
Que va donc faire le gouvernement ?
Accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, selon LesEchos.fr. Car la promesse de François Hollande devrait coûter beaucoup moins cher que prévu, selon le site du quotidien économique.
Le retour partiel à la retraite à 60 ans devrait, en effet, concerner moins de personnes que prévu. Alors que le projet PS tablait sur un coût de 1 milliard d’euros la première année puis de 5 milliards d’euros en régime de croisière (en 2017), la facture de la mesure devrait ainsi se « limiter » à moins de 2 milliards d’euros par an, à terme.
Le relèvement programmé des cotisations servirait alors à combler un déficit aggravé par la crise. Ainsi, fort d’une plus grande marge de manœuvre que prévu, le gouvernement pourrait donc accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, en prenant par exemple en compte certaines périodes de chômage.
Verdict dans les 3 semaines puisque le décret sera déposé rapidement selon la volonté du 1er ministre. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation ») Et instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein, s’ils ont cotisé 41 ans et/ou validé tous les trimestres.
AB










