Archive pour mai 2012

Retraite à 60 ans : en attendant la fumée blanche…

Jeudi 31 mai 2012

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu mardi les représentants des salariés et du patronat, entouré des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique).

Ce que veulent les syndicats

Le Nouvel Observateur et Challenges.fr, notamment, récapitulent les positions des différents syndicats et soulignent leur division.

La CGT veut revenir à la retraite à 60 ans pour tous

En attendant de connaître cette semaine le nom du nouveau secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault s’était déjà prononcé sur la prise en compte tous les trimestres validés (c’est-à-dire y compris les périodes de chômage, maladie, invalidité…). Tout en formant le vœu d’un rétablissement de l’âge de départ légal à 60 ans pour tous comme il y a 15 jours sur RTL.

Des consultations portant sur les grands chantiers sociaux et notamment le retour partiel de la retraite à 60 ans, afin de connaître les doléances des partenaires sociaux sur cette promesse électorale de François Hollande.


Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT… par rtl-fr

L’application la plus large possible pour FO

Même son de cloche à FO. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, demande l’application la plus large possible du retour partiel à 60 ans.


Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force… par rtl-fr

« Quelqu’un qui a été au chômage n’a pas choisi d’être au chômage. Au nom de quoi il serait pénalisé ? », s’est insurgé le leader de FO.

Une réforme fondée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal pour la CFDT

Pour la CFDT, son leader, François Chérèque, milite pour une « réforme systémique », basée sur les années de cotisation et non sur l’âge légal. Celle-ci remettrait à plat l’ensemble des règles en vigueur.

 

Ce que veut le patronat

« Pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle »

Laurence Parisot, invitée dimanche dernier du Grand Jury RTL-LCI- Le Figaro, espère pouvoir convaincre le gouvernement d’agir en douceur et avec parcimonie. (voir aussi le post : « Retraite à 60 ans : le Medef se rebiffe ! »)

“Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu’un qui gagne environ 2 000 euros brut par mois”, a affirmé la présidente du Medef.

« Ce n’est pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables »

Des propos alarmistes réitérés par la dirigeante patronale sur BFMTV.

« Si la mesure devait s’appliquer directement aux régimes complémentaires de retraite, alors le risque d’une faillite d’un des deux grands régimes complémentaires est très grand et à un horizon très bref : 2014-2015 »

Ce qu’en pense l’opposition

Fillon : “Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche”

François Fillon a estimé que la question de la retraite à 60 ans était une “hypocrisie”, rapporte LePoint.fr.

“Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche […]. Cela a souvent été le cas dans l’Histoire. La gauche s’était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n’est déjà plus d’actualité puisque maintenant, ça n’est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C’est donc une hypocrisie”, a déclaré l’ancien Premier ministre à la presse en marge d’une visite de soutien à un candidat aux législatives en Seine-Saint-Denis.

“Pendant tout le débat parlementaire, la gauche nous a expliqué que si elle revenait au pouvoir, elle abrogerait la réforme qui a été votée. Je vois qu’aujourd’hui, il n’est plus question de l’abroger mais simplement de l’aménager”, a ajouté l’artisan de la réforme des retraites.

“Maintenant, les engagements qu’a pris le gouvernement sur le retour à la retraite à 60 ans, toutes les mesures qui visent à augmenter la dépense publique sont des mesures qui sont dangereuses dans un contexte de crise économique et financière européenne”, a mis en garde François Fillon. Demandant, enfin, « au président de la République au moins de suspendre la mise en oeuvre de ces réformes car, dans les trois mois qui viennent, nous allons voir la situation économique et financière en Europe »

Une « double peine », selon Jean-François Copé

Invité de la matinale de RTL, le secrétaire national de l’UMP a, de son côté, reproché au gouvernement de faire l’impasse sur la compétitivité des entreprises.


Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP…par rtl-frC

« Si vous revenez à la retraite à 60 ans, vous augmentez les cotisations des employeurs, vous augmentez les cotisations des salariés, donc c’est double peine », a justifié le député-maire de Meaux.

« Le premier enjeu, c’est la création d’emplois », a-t-il plaidé. « La question du coût du travail est majeure ».

Que va donc faire le gouvernement ?

Accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, selon LesEchos.fr. Car la promesse de François Hollande devrait coûter beaucoup moins cher que prévu, selon le site du quotidien économique.

Le retour partiel à la retraite à 60 ans devrait, en effet, concerner moins de personnes que prévu. Alors que le projet PS tablait sur un coût de 1 milliard d’euros la première année puis de 5 milliards d’euros en régime de croisière (en 2017), la facture de la mesure devrait ainsi se « limiter » à moins de 2 milliards d’euros par an, à terme.

Le relèvement programmé des cotisations servirait alors à combler un déficit aggravé par la crise. Ainsi, fort d’une plus grande marge de manœuvre que prévu, le gouvernement pourrait donc accepter d’assouplir les conditions d’accès au dispositif, comme le demandent les syndicats, en prenant par exemple en compte certaines périodes de chômage.

Verdict dans les 3 semaines puisque le décret sera déposé rapidement selon la volonté du 1er ministre. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation ») Et instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein, s’ils ont cotisé 41 ans et/ou validé tous les trimestres.

AB

Rien ne sert de courir, il faut partir à point… à la retraite

Vendredi 25 mai 2012

Tandis qu’une concertation va s’engager la semaine prochaine entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour déterminer les conditions du retour partiel à la retraite à 60 ans, promis par François Hollande, Rue89 Eco nous permet de ne pas oublier une autre réalité qui suscite beaucoup moins l’enthousiasme : le quotidien d’une retraitée  au bout du rouleau. Elle s’appelle Liliane. Elle a 62 ans. Et seulement 634 € par mois pour vivre.

« J’ai un appart’ de pauvre, ça se voit. », confie celle qui vit avec une retraite de misère, comme de plus en plus de femmes âgées.

Une minuscule retraite pour un parcours “cabossé”

La dernière fois, raconte-t-elle à la journaliste, un petit garçon de l’immeuble est passé devant sa porte entrebâillée et a dit : « C’est moche, il y a rien. » C’était un enfant mais ça l’a « blessée ».

L’article égraine ainsi la vie et le quotidien de cette femme au parcours cabossé qui reçoit chaque mois une minuscule retraite : elle n’a pas cotisé en étant mère au foyer (comme beaucoup de retraitées), puis sans-domicile et chômeuse. Il lui manque soixante trimestres.

Avec un revenu de 448 euros par mois, Liliane est ainsi largement en-dessous du seuil de pauvreté dressé par l’Insee. Elle a renoncé à se soigner, ne prend qu’un repas par jour et n’a pas de loisirs.

Autour du 15-20 du mois, Liliane n’a plus rien. Elle ne se plaint pas, explique qu’elle n’aime pas montrer ses conditions de vie et insiste :

« La santé, c’est un trésor, quand ça fout le camp, ça revient pas. »

Quand elle évoque sa vie, Liliane tient des paroles dures :

« J’ai l’impression que je suis arrivée au bout du rouleau. »

Malheureusement, elle n’est pas la seule. La pauvreté augmente aussi chez les aînés, rapporte l’Observatoire des Inégalités.

De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles, sont donc obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans les posts Le cri d’alarme des retraités et Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !.

Retraite à 60 ans : un miroir aux alouettes ?

Alors, bien sûr, quand on a ses 41 annuités à 60 ans, c’est rageant et désespérant de se dire qu’il faut attendre encore un peu avant de partir à la retraite. Cette promesse électorale du candidat Hollande tombe à point nommé.

Mais que doit-on se dire, lorsqu’on sait que quelque soit l’âge, la retraite ne sera qu’un long calvaire parce qu’on n’a pas su, parce qu’on n’a pas pu, la préparer comme il se doit.

Le système de retraite par répartition repose sur la solidarité entre générations. Les jeunes générations travaillent et cotisent pour financer les retraites de leurs aînés. Et à leur tour, leurs propres retraites seront financées par les générations suivantes.

Oui mais voilà, tant que les jeunes générations auront du mal à trouver du travail, qu’ils auront plusieurs trous dans leur carrière, pourront-ils continuer à payer les retraites de leurs aînés ?

Pour eux-mêmes, à quoi bon courir après la retraite à 60 ans s’il devient impossible de remplir les 41 annuités de cotisation ?

Et tant qu’il y aura des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, à quoi bon se presser pour avoir une maigre pension en conséquence ?

Ainsi, ne vaudrait-il pas mieux dépenser les milliards que coûtera le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les 100 000 « chanceux » concernés, dans la lutte contre le chômage de ceux qui ont la capacité de cotiser et les inégalités salariales ?

Les emplois et les salaires d’aujourd’hui ne sont-ils pas les retraites et leur niveau de pensions de demain ?

Tout dépend, apparemment, où l’on place le curseur de la solidarité…

AB

Retraite à 60 ans : le Medef se rebiffe !

Mercredi 23 mai 2012

Des “consultations étendues”, c’est ce que réclame Laurence Parisot. La présidente du Medef (Mouvement des Entreprises de France), qui intervenait hier publiquement pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, craint un dérapage financier sur le dossier de la retraite.

Attention à l’impact financier“, a mis en garde la patronne des patrons au cours d’une conférence de presse.

Insupportable pour les régimes complémentaires

Laurence Parisot demande ainsi au gouvernement des consultations étendues alors que la ministre des Affaires sociales et de la Santé – Marisol Touraine – planche actuellement sur le décret qui doit permettre aux personnes ayant commencé à travailler dès 18 ou 19 ans et ayant cotisé 41 ans, de partir en retraite à 60 ans à taux plein. (voir le post « Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation »)

Pour la Présidente du Medef, l’impact de cette promesse électorale sur les régimes complémentaires serait insupportable.

“L’impact financier n’est tout simplement pas le même”, explique-t-elle :

- si « dans le calcul sont pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés » (intégrant les congés maternité, périodes de chômage etc.) ;

- si « les fonctionnaires sont également concernés ».

Par ailleurs, selon Mme Parisot, cette mesure va s’inscrire « dans la logique des carrières longues » et « cela voudrait dire que le nouveau dispositif serait immédiatement et obligatoirement applicable aux régimes Agirc et Arcco » de retraite complémentaire.

Or ces régimes, en particulier l’Agirc, ne seraient « pas à même de supporter un tel choc », prévient-elle.

En effet, d’après le Medef, l’impact de ce décret « pour les régimes complémentaires serait de 2 milliards d’euros par an à partir de 2017 ». Il serait aussi « d’au minimum 5 milliards par an à partir de 2017 pour le régime général » sans compter le « chiffrage pour la fonction publique ».

« On est déjà dans des ordres de grandeur considérables qui pourraient annuler en partie l’effet de la réforme des retraites de 2010 » que le Medef « défend », souligne la dirigeante patronale.

Mme Parisot prévient que si l’Agirc et l’Arcco devaient financer ce surplus, le Medef serait « amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes ».

« Dans cette hypothèse, l’Agirc n’a plus les moyens de se financer dès horizon 2014, ce qui va nous obliger à être imaginatifs », a-t-elle dit sans plus de précision.

Laurence Parisot a prévenu aussi que les employeurs ne peuvent « pas accepter d’augmentation de cotisations » et que celle déjà prévue (+0,1 point) « est à la limite du supportable », prédisant le pire en cas d’augmentation nouvelle des prélèvements obligatoires pour les entreprises.

“Il ne faut pas dramatiser”

Message reçu 5/5 ce matin par le Premier ministre.

« Il ne faut pas dramatiser », a répondu Jean-Marc Ayrault, invité ce matin de RTL, qui a indiqué que le gouvernement recevra les partenaires sociaux le 29 mai pour préparer la conférence pour la croissance et l’emploi prévue en juillet.

« Le 29 mai, je vais recevoir avec les ministres Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales) et Marylise Lebranchu (Réforme de l’Etat) chaque organisation syndicale et patronale représentatives. Je vais écouter attentivement la manière dont ils voient l’instauration, dans la durée, de ce dialogue social », a-t-il dit.

« Je recevrai aussi Mme Parisot qui dira son point de vue, on est dans un dialogue… j’écouterai ce que dira Mme Parisot, attentivement », a-t-il ajouté.


Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, mercredi… par rtl-fr

Tout en souhaitant néanmoins que le décret sur le retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt soit pris « dans les trois semaines ».

Le compte à rebours a commencé…

AB

Retraite à 60 ans : avant l’été mais pas sans concertation

Lundi 21 mai 2012

Ce sera pour début juillet au plus tard a annoncé Marisol Touraine. La ministre française des Affaires sociales et de la Santé, fraîchement nommée, s’est engagée ce matin sur France 2 à ce que le décret rétablissant partiellement la retraite à 60 ans soit publié rapidement.

«Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou à 19 ans, qui ont leur 41 annuités de cotisations pourront partir à 60 ans et non pas à 62 ans comme c’est le cas aujourd’hui», a-t-elle affirmé.

Avec ou sans périodes de chômage ?

Mais cette promesse symbolique du nouveau président de la République, qui devrait concerner 150 000 personnes par an, ne se fera pas sans concertation. Car les trimestres validés au titre du chômage ou des majorations pour enfants posent déjà problème.

«Il est indispensable de discuter des modalités d’application», exige Bernard Thibault. Faute de quoi, «cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement», a menacé Jean-Claude Mailly (FO) la semaine dernière, rapporte LeFigaro.fr.

François Hollande a rappelé qu’il faudrait avoir effectivement cotisé 41 annuités, et que ces trimestres validés au titre du chômage ou de la maternité ne seraient pas pris en compte. Or les syndicats demandent un assouplissement.

« Qui sera concerné exactement par cette mesure ? Nous voulons en discuter », explique Eric Aubin, le « M. Retraites » de la CGT, sur LesEchos.fr.

« Cette mesure sera de toute façon bénéfique, mais on peut encore l’améliorer, notamment pour tenir compte de certaines situations de chômage ou de la maternité », ajoute Jean-Louis Malys (CFDT).

Marisol Touraine s’est néanmoins avancée ce matin sur les congés maternité qui seraient comptabilisés, de même que les périodes de service militaire. En revanche, pour les périodes de chômage, il faudra attendre la rencontre prévue la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.

Un obstacle financier

« J’ai demandé hier à Marisol Touraine, nouvelle ministre, dès sa prise de fonction, d’engager la concertation avec les partenaires sociaux avant de rédiger définitivement le projet de décret», a confirmé de son côté Jean-Marc Ayrault sur France Inter.

Le Premier ministre a indiqué que son arbitrage se ferait après cette consultation et au vu des contraintes budgétaires.


Jean-Marc Ayrault par franceinter

Car le principal obstacle sera bel et bien financier, rappelle Le Figaro.

« La mesure, dans sa version restreinte, devrait déjà coûter jusqu’à 5 milliards par an (financés par une hausse des cotisations) au seul régime de base. Peut-être ces syndicats se montreront-ils moins velléitaires lorsqu’il s’agira de la transposer aux régimes complémentaires Agirc-Arrco, qu’ils cogèrent avec le patronat. Le coût est estimé à environ 50 % de celui pesant sur le régime de base »

Un bon test en tout cas en prévision d’une concertation beaucoup plus vaste qui aura lieu par la suite sur l’ensemble du système de retraites. Âge légal, durée de cotisation, financement, rapprochement des règles entre régimes, pénibilité,…

Et dire que la réforme des retraites est entrée en vigueur il y a moins d’un an. Déconcertant non ?

AB

Au boulot… les seniors !

Mercredi 16 mai 2012

« A 57 ans on n’est pas fichu, on n’est pas foutu, et on a autre chose à faire que de rester chez soi, à attendre la retraite, à déprimer et se sentir inutile », a martelé, durant toute la campagne présidentielle, 2012, le candidat sortant Nicolas Sarkozy. Position en phase avec son discours sur le “travailler plus”.

Même si l’élection de François Hollande signe le retour de la retraite à 60 ans pour “les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités“ (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), le nouveau Président de la République entend bien, lui aussi, œuvrer également au maintien de l’emploi des seniors par le biais de son contrat de génération.

Ce contrat prévoit, en effet, l’exonération de charges sociales pour l’embauche d’un jeune CDI accompagnée du maintien dans l’entreprise d’un plus de 55 ans.

Le contrat de génération déjà controversé

Un dispositif déjà controversé et qui aurait deux versions, selon LaTribune.fr. L’une passerait par la loi, l’autre serait négociée en juillet à l’occasion de la conférence sociale. Le choix dépendra du climat politique et social du début d’été.

« Aucun leader syndical n’a en effet été enthousiasmé par l’idée de François Hollande. Martine Aubry en a toujours dit beaucoup de mal, voyant dans cette double exonération, au pire un effet d’aubaine pour quelques chefs d’entreprise, au mieux une mesure capotant rapidement et donc peu onéreuse pour le contribuable. Elle-même s’était fourvoyée avec une mesure similaire il y a 12 ans lorsqu’elle était ministre des Affaires sociales », explique le quotidien économique.

A l’origine, le coût du contrat de génération était évalué entre 8 et 10 milliards d’euros. Aujourd’hui son coût pour la collectivité ne dépasserait pas 2,25 milliards d’euros.

« Explication : les exonérations pour les plus 55 ans seront désormais limitées aux cotisations chômage. Quelques économistes ont ainsi fait valoir à François Hollande que les plus de 55 ans étant mieux payés que les débutants, le montant de l’exonération s’élèverait à 7 milliards d’euros pour les plus de 55 ans contre 1 milliard d’euros pour les moins de 30 ans. Financer autant les seniors alors qu’il s’agissait d’aider les jeunes était aberrant », révèle LaTribune.fr

Toutes les 37 secondes, un baby boomer… franchit le cap des 50 ans !

Pour autant cette mesure suffira-t-elle à régler le problème de l’emploi des seniors ? Car, n’oublions pas que toutes les 37 secondes, un baby boomer franchit le cap des 50 ans ! Encore de « vieilles recettes inefficaces », regrette l’économiste Philippe Askenazy sur Rue89.com

Que se passe t-il ? François Hollande entend actionner le même levier que Nicolas Sarkozy, peser sur le coût du travail. Autrement dit, jouer sur les cotisations sociales des entreprises. Une solution appliquée depuis plus de vingt ans en France, sans résultats, fait remarquer ce chercheur qui fait partie des Economistes atterrés, qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néolibérale », et pensent que « d’autres politiques économiques sont possibles ».

« Les bonnes politiques doivent être tournées vers la création d’activité, les capacités d’innovation, la formation tout au long de la vie », recommande-t-il.

Près de 485 000 seniors-chômeurs

D’autres économistes, Adnane Maâlaoui, Imen Safraou, Sylvaine Castellano, professeurs-chercheurs à ESG Management School et Gilles Bouchard, administrateur d’Harvard Angels France critiquent l’attitude des pouvoirs publics qui ignorent le phénomène des seniors qui deviennent entrepreneurs.

« Cette frange de la population continue à mettre en difficulté, involontairement, la sphère économique et sociale. En France, l’Insee comptabilise près de 485 000 seniors-chômeurs » rappellent-ils.

Par ailleurs, les seniors qui perdent leur emploi éprouvent les plus grandes difficultés à retrouver un poste, selon LeFigaro.fr.

Chômeurs « âgés » et chômeurs de longue durée

C’était d’ailleurs l’objet d’un débat vendredi dernier sur Europe 1 animé par Nicolas Poincaré autour des seniors : quel avenir pour les plus de 50 ans dans le monde du travail ?

« La grande erreur ça a été de faire la retraite à 60 ans pour tous, ce qu’il fallait faire c’est la retraite ouvrière à 60 ans, couplée avec des retraites avancées en cas de pénibilité tout à fait manifeste », a clamé, lors de cette émission, François de Closets.

” En France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté “

Pourquoi dans les entreprises a t-on tendance à pousser vers la porte les « cheveux gris » ? Pour lui, ce n’est pas seulement les préjugés sur le manque de dynamisme et de créativité des seniors, mais le fait qu’en France nous pratiquons une folie : le salaire à l’ancienneté !

En effet, l’écart de salaires entre les trentenaires et les quinquagénaires n’a cessé de se creuser au fil des décennies.

« Dans la vie, là où on a le plus de besoins, d’avoir les revenus les plus élevés, c’est à 40 ans pas à 60 ans », avance le journaliste et essayiste.

« C’est justement les limites de la structure pyramidale qu’ont les entreprises aujourd’hui. Si le seul cheminement c’est, monter ou dehors, ça ne fonctionne plus. Et justement avec tous les réseaux sociaux et l’avènement du pouvoir latéral, on est en train de réfléchir à ce qu’il y ait des cheminements qui se promènent le long de la montagne plutôt que d’aller directement au sommet et d’être éjecté. Changer de métier plutôt que de toujours progresser, apprendre d’autres choses, pouvoir se renouveler. Il faut favoriser les parcours latéraux », a défendu Anne Thevenet-Abitbol, Directrice Prospective et Nouveaux Concepts chez Danone, entreprise à l’initiative du programme Octave

Ce programme inter-entreprises de leadership inter-générations, vise à la construction d’individus forts et inspirants qui porteront le changement dans l’entreprise parce qu’ils sauront prendre en compte les différences de comportements, d’attitudes, et d’aptitudes des différentes générations.

Le souhait est de mettre en place de nouvelles pratiques pour permettre à chaque génération de maximiser son potentiel. Bref, tout un programme… bien au delà d’un simple contrat de génération.

AB

Un médiateur pour l’Assurance Retraite

Vendredi 11 mai 2012

Réclamation, contestation des droits calculés,… l’Assurance Retraite s’est enfin dotée d’un médiateur. Il s’appelle Claude Périnel. C’est l’ancien Directeur de l’action sociale à la CNAV. C’est lui, désormais qui s’emparera de tout litige entre un assuré, un retraité et sa caisse.

Du moins dans les quatre régions (Centre, Languedoc-Roussillon, Nord-Picardie et Normandie) où ce dispositif est ouvert à titre expérimental avant d’être généralisé, assure la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), à l’ensemble du pays.

Concrètement, les missions du Médiateur de l’Assurance retraite consisteront à :

  • Offrir une nouvelle voie de recours gracieux aux assurés qui ont déposé une réclamation ou contesté le traitement de leur dossier par leur caisse de retraite, s’ils ne sont pas satisfaits ou sont en désaccord avec la réponse qui leur a été apportée.
  • Proposer, au regard des demandes qui lui auront été adressées dans le cadre de sa mission, des évolutions législatives ou réglementaires.

Impartial, le Médiateur de l’Assurance retraite pourra fournir au retraité, après examen de son dossier, des explications sur la décision de sa caisse régionale ou formuler, auprès de sa caisse, une recommandation pour le réexamen de sa demande.

Mais, la décision finale relèvera, quoi qu’il arrive de la responsabilité de la caisse régionale.

Qui peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Tout le monde. Tout assuré (ou son représentant légal) dès lors que vous aurez préalablement déposé une réclamation écrite auprès de votre caisse de retraite et que vous n’êtes pas satisfait de la réponse.

Dans le cas particulier d’une contestation des droits qui vous ont été notifiés, vous devrez auparavant avoir saisi la Commission de recours amiable de votre Caisse de retraite et avoir reçu sa décision, avant de pouvoir saisir le Médiateur de l’Assurance retraite en dernier ressort.

Comment saisir le Médiateur de l’Assurance retraite ?

Chacun peut saisir le Médiateur de l’Assurance retraite par courrier ou par courriel.

Le recours au Médiateur étant gratuit.

Coordonnées :

Le Médiateur de l’Assurance retraite

M. Claude PÉRINEL

75951 Paris Cedex 19

mediateur@cnav.fr

Voilà qui devrait soulager quelque peu le Défenseur des droits qui a repris les attributions du Médiateur de la République…

AB

Les retraités ont-ils fait gagner Hollande ?

Lundi 7 mai 2012

« Je suis le président de la jeunesse de France », a notamment déclaré le nouveau président de la République, lors de son discours place de la Bastille hier soir devant la foule rassemblée pour fêter son élection. Mais les retraités n’ont-ils pas contribué à élire François Hollande ? Ont-ils sanctionné le président sortant ?

Les retraités avaient joué un rôle essentiel dans la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, en votant à 70% pour le candidat de l’UMP.

Hier, leur choix a-t-il été de nouveau décisif ? C’est la question que l’on peut se poser, au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, à la lumière d’un essai : « La minorité silencieuse ».

C’est le titre d’une étude sur les retraités des sociologues Alain Mergier et Philippe Guibert, publié début mai par la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste.

Selon eux, les retraités forment une classe d’électeurs à part entière qui finit par peser dans les urnes.

« Une catégorie politique est en train de naître, qui va prendre de l’importance, compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de vie », avertit l’un des auteurs interrogé par LeMonde.fr

Car les retraités constituent près du tiers de l’électorat, sont plus marqués politiquement autour d’un clivage droite/gauche et sont davantage partisans que le reste de la population. Mais, surtout, Alain Mergier et Philippe Guibert notent, parallèlement, « une certaine régularité dans la manière dont ils perçoivent la société, laissant apparaître de fait un clivage net avec les actifs », au delà de leur sensibilité politique.

Un discours de désapprobation qu’ils soient de droite ou de gauche

Selon les auteurs, les retraités, quelque soit leur bord politique, ont un discours commun. Cette même parole est avant tout critique et distincte des discours de la vie active, du fait de leur mise à l’écart.

Un discours de désapprobation, structuré en 2 pôles : « l’argent roi » et « l’enfant roi ».

Les retraités s’insurgent à la fois contre l’incohérence manifeste aujourd’hui entre l’argent et le travail mais aussi l’excès de jeunisme qui se caractérise, selon eux, par une « disqualification de la transmission et la déperdition des savoirs ».

Par ailleurs, « les retraités ont une conception commune de l’autorité politique, incarnée par le Général de Gaulle », explique les deux auteurs. De droite ou de gauche, ils plébiscitent la fermeté tout en attendant d’un président qu’il exerce son autorité de façon calme et réfléchie, et non par l’agitation et l’agressivité.

Alain Mergier et Philippe Guibert laissent entendre ainsi que « c’est ce qui conduit une majorité de retraités à trouver que François Hollande, en 2012, incarne mieux la conception gaullienne que Nicolas Sarkozy »

C’est en tout cas ce qui ressort des longs entretiens individuels que ces sociologues ont eu avec 24 retraités représentatifs pour leur sujet d’étude.

« Le vote retraité est décisif »

Autre principal enseignement : le poids électoral des retraités, qui boude moins les urnes que le reste de la population, ne cesse de croître.

« Le vote retraité est décisif, aussi décisif que celui des milieux populaires », soulignent les deux auteurs.

« Leur désir constant de stabilité tant politique qu’économique explique le faible vote des retraités en faveur des extrêmes, leur refus de leur sortie de l’euro et leur souhait de réduction de la dette publique – même si réapparaît dans les différentes causes et solutions proposées le clivage gauche/droite », ajoutent-ils.

Au 1er tour, selon une étude de l’IFOP, les retraités ont voté à 37 % pour le président sortant, à 32 % pour le candidat socialiste François Hollande, à 10 % pour Marine Le Pen (Front national), à 9 % pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem).

« L’écart entre M. Sarkozy et M. Hollande était plus faible dans le vote des retraités qu’il ne l’était au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 entre le candidat de l’UMP et Ségolène Royal qui défendait alors les couleurs du PS. Ainsi, à titre d’exemple, pour Ipsos, M. Sarkozy avait obtenu 41 % des suffrages dans cette catégorie, contre 23 % seulement pour Mme Royal », rappelle LeMonde.fr

Qu’en a-t-il été hier pour le 2nd tour ? Difficile, pour l’heure, d’en avoir une idée précise.

Les retraités, même de droite, avaient de sérieuses réserves sur Nicolas Sarkozy

Pourtant, selon un sondage Ipsos l’avantage pour Nicolas Sarkozy était important : il obtenait près de 59 % des intentions de vote, contre 41 % pour François Hollande, chez les retraités.

« Les retraités, y compris ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, ne semblent plus retrouver chez lui la conception de l’autorité présidentielle. En outre, les retraités qui se disent de droite, malgré leur fidélité politique évoquée plus haut, expriment ouvertement de sérieuses réserves au sujet d’un candidat qui incarne la conception de l’argent roi. Il serait donc surprenant que l’électorat retraité se prononce en faveur de Nicolas Sarkozy avec une ampleur similaire à 2007 », concluaient dès le 2 mai, Alain Mergier et Philippe Guibert, auteurs de « La minorité silencieuse – Étude sur les retraités », publié par la Fondation Jean Jaurès.

Une minorité silencieuse, que les futur(e)s candidat(e)s pour 2017 devront apprendre à courtiser… ou dont ils devront se méfier !

AB

Les retraites en retrait du débat Sarkozy-Hollande

Jeudi 3 mai 2012

Quel retraité ou futur retraité, n’est pas resté sur sa faim, hier, à l’issue du débat télévisé de l’entre deux tours de l’élection présidentielle ?

J’ai beau lire ou revoir les extraits sélectionnés par la presse et le web ce matin, la petite poignée de minutes consacrée à ce sujet -pourtant capital- n’a pas retenu l’attention de grand monde, comme en témoigne ce résumé vidéo du débat réalisé par le Nouvel Obs :


Le débat Hollande – Sarkozy en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

Dans le détail, Nicolas Sarkozy s’est simplement félicité d’avoir mené une réforme nécessaire, sans heurts, ni violences tandis que François Hollande a juste réitéré sa promesse :

« Je rétablirai le départ à 60 ans dès lors qu’il y a 41 années de cotisations et qu’on a commencé tôt à travailler »

Un peu mince pour se faire véritablement une opinion, savoir de quoi sera fait l’avenir. Rappelons que la réforme ne permet de financer notre système de retraite que jusqu’en 2017. Et après ?

L’avenir des retraites, une nouvelle patate chaude ?

Si l’on voulait un peu plus de fond sur les retraites et leur avenir, c’est la radio qu’il fallait écouter, hier. Plus tôt dans la matinée, Europe 1 a été le théâtre d’un vrai débat d’idées entre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy et Marisol Touraine, chargée de cette question auprès de François Hollande.


Retraites : la réforme “n’est pas juste” par Europe1fr

Sur la réforme de 2010, tout d’abord :

« L’espérance de vie s’allonge. Elle a pris 15 ans depuis 1950. Notre réforme a permis de sauver le système des retraites et de le financer au moins pour les 5 ans qui viennent. Ce n’était pas une réforme facile à faire. Tout le monde a bien compris l’enjeu », a rappelé la porte parole du candidat de l’UMP.

De son côté, Marisol Touraine, a appelé à « tout reprendre » parce qu’il y a un « problème ».

« Le choix du gouvernement a été de faire peser sur ceux qui ont commencé à travailler jeune l’essentiel de la réforme. Tout cela pour pas grand chose puisque la caisse nationale d’assurance vieillesse, la branche vieillesse reste en déficit. Pas qu’un peu, de 6 milliards d’euros pour 2011 », a-t-elle estimé en soulignant qu’il s’agissait d’une « réforme injuste ».

Sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains :

La porte parole du candidat PS a justifié cette promesse par le fait que « nous ne vivons pas tous plus longtemps avec la même espérance de vie en bonne santé. »

« Il nous paraît donc légitime que ceux qui ont eu des métiers pénibles, ceux qui ont commencé à travailler jeune puissent partir avant les autres », a-t-t-elle insisté.

De son côté, NKM a défendu le fait que « quand on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps sauf à prendre le risque d’augmenter les impôts comme veulent le faire les socialistes, là ce sera pour tous les travailleurs des impôts en plus ».

Sur le financement :

La promesse de François Hollande, qui coûterait 1 milliard d’euros par an, sera financée par une hausse des cotisations vieillesse de 0,1% par an.

Une proposition injuste qui « va être payée par tous les Français », selon la porte parole de Nicolas Sarkozy, estimant que cela représentera une hausse d’impôts de « 250€ par an pour un couple qui gagne, chacun, 1 650€ par mois ».

Et après 2017 ?

La question reste, hélas, sans réponse comme si une réforme inévitable de la réforme des retraites était une nouvelle patate chaude que chacun des candidats voudrait bien repasser à un(e) autre… mais dans 5 ans !

AB

Pour prolonger : relire aussi “Le débat fiscal, entre les deux tours“; et revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme demain“.

Vivre sa retraite à l’étranger : le choix du climat et de la… fiscalité !

Mercredi 2 mai 2012

Avez-vous déjà songé à profiter de votre retraite ailleurs qu’en France ? Oui, bien sûr, mais où ?

Challenges.fr nous éclaire cette semaine avec le classement des 10 pays préférés des Français sous forme de diaporama. Détaillant aussi les raisons, souvent météorologiques, toujours fiscales, qui peuvent pousser nos compatriotes à s’expatrier à l’heure de la retraite.

Sans surprise, c’est le Maroc, à 3h d’avion seulement de Paris, qui arrive en tête des destinations préférées des Français qui, sans y avoir d’attaches familiales, choisissent de prendre leur retraite hors de France. Ils seraient déjà entre 20.000 et 25 000 environ à profiter d’un climat agréable mais aussi d’une fiscalité douce.

En effet, les “non-résidents” français sont imposés au Maroc sur leur pension, selon une convention fiscale signée entre les deux pays. Mais le royaume chérifien accorde aux retraités français un double avantage sur la part des revenus touchés au Maroc : un abattement de 40 % sur le montant à déclarer et une réduction de 80 % de l’impôt dû.

Au final, le Maroc offre aux retraités Français un coût de la vie environ 30 % inférieur à celui de l’Hexagone. Selon le site retraite-étranger.fr, l’avantage mensuel sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités résidant au Maroc, serait de 28 % (s’il est propriétaire) et même de 39 % (s’il est locataire) !

L’Espagne s’octroie la 2e place de ce classement. Il faut dire que les Franco-Espagnols sont nombreux, plus de 150 000 personnes selon les estimations, à revenir au pays lorsque sonne l’heure de la retraite pour profiter d’un climat plus agréable et d’un différentiel de niveau de vie encore – mais de moins en moins — intéressant.

Contrairement au Maroc, la fiscalité est neutre. C’est-à-dire que vos pensions resteront imposables en France. Et le coût de la vie est d’environ 10 % inférieur à la France.

Son voisin, le Portugal, occupe la 3e marche du podium. Les Portugais sont une des communautés les plus structurées et les plus fortes en France. Les mariages mixtes sont très nombreux, ce qui explique en grande partie le nombre élevé de Français (entre 30 000 et 50 000 environ) prenant leur retraite au Portugal. Comme pour l’Espagne, globalement, le coût de la vie au Portugal est moins élevé que dans la plupart des autres pays d’Europe où un retraité français peut “vivre mieux en dépensant moins”.

Un niveau de vie jusqu’à 60 % supérieur qu’en France

Mais d’une manière générale pour vivre vraiment mieux qu’en France avec le même budget il faut quitter l’Europe, traverser la Méditerranée et même les Océans.

Autres destinations privilégiées par les nouveaux retraités :

  • Tunisie : les Français y seraient déjà plus de 10 000, le coût de la vie est jusqu’à 50 % inférieur ;
  • Sénégal : de 3 000 à 5 000 Français qui n’ont pas d’attaches familiales avec le pays. L’avantage sur les dépenses mensuelles, pour un couple de retraités serait d’environ 40 % ;
  • Île Maurice : environ 15 000 Français et leurs proches y résideraient ;
  • Floride (USA) : beaucoup de retraités attirés par la baisse des prix de l’immobilier sur place. Un tiers des 100 000 Français sur place seraient des retraités. Même s’ils restent imposables en France, le coût de la vie y est inférieur de 5 %.
  • République Dominicaine : un millier de Français. Hormis le climat et le coût de la vie dû à la pauvreté de l’île, cette destination offre peu d’avantages : absence de services publics et risque de double imposition.

Enfin, deux nouvelles destinations sont de plus en plus prisées, dernièrement, par les retraités Français : la Thaïlande et le Brésil.

La part des plus de 60 ans parmi nos compatriotes vivant en Thaïlande est passée de 4 % à 16 % ces 15 dernières années. C’est l’un des pays où le différentiel de niveau de vie est le plus favorable aux Français, jusqu’à 60 % supérieur, mais vous resterez imposable en France.

Au Brésil, en revanche, où le nombre des résidents français retraités y a plus que décuplé en 10 ans, vous serez imposables sur place.

Attention à l’effet “coup de soleil” !

Quelle que soit la destination que vous choisiriez pour passer votre retraite, même si climat et fiscalité se révèlent plus doux qu’en France, il ne faut pas négliger certains points faibles, rappelle le site de l’hebdomadaire économique.

“Attention à l’effet “coup de soleil” : quand on vient dans un pays en vacances, on bronze et on peut avoir l’impression que tout y est facile. Mais une fois installé, il faudra apprendre à vivre sur place toute l’année : se mettre, dans les pays non francophones, à apprendre la langue et s’y faire des amis. On ne peut pas passer sa vie à marcher sur la plage !”, met en garde Louis Eudes, PDG de Délocalia, société de conseil patrimonial pour les Français de l’étranger.

L’effet coup de soleil peut amener à surpayer les biens et les services, par méconnaissance des usages, de la réalité des prix et des prestations. Prenez par exemple la santé : dans les pays où le coût de la vie est bas, elle peut se révéler très chère, beaucoup plus qu’en France. Et il faudra donc prévoir une assurance santé ou l’adhésion à la CFE (Caisse des Français à l’étranger) avec mutuelle.

Alors ? Prêts vous aussi à tenter l’aventure, une fois retraité, pour un petit coin de paradis… fiscal ?

AB