C’est la proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste Japonais : Takuro Morinaga. Elle est publiée dans un entretien au magazine japonais Aera, repris et traduit par Courrier International, pour faire d’une pierre, deux coups : limiter la progression du célibat et enrayer la chute du taux de natalité mais aussi sauver l’avenir des retraites nippones.
Le vieillissement de la population étant catastrophique au pays du soleil levant, comme le montre cet extrait d’un documentaire diffusé sur Arte :
1 Japonais sur 2, de 30 à 35 ans, est célibataire
« Depuis l’an dernier, les célibataires constituent le premier type de foyer au Japon : 16 millions de Japonais vivent seuls. Ceux qui se marient ont de moins en moins d’enfants (1,39 enfant par femme), et de plus en plus tard (âge moyen 29 ans). Il n’y a jamais eu aussi peu de naissances dans l’Archipel et le ratio de personnes âgées ne cesse et ne cessera de progresser.
Les femmes, quant à elles, refusent de former une famille, car cela revient pour elles à accepter un déclassement social et professionnel. 70 % des femmes japonaises quittent leur emploi au premier enfant. », rappelle LeFigaro.fr.
Et la crise n’a pas épargné les célibataires nippons. Leur salaire moyen annuel a dégringolé de 47 000 à 28 000 euros en dix ans ! Autant dire que leur sex-appeal auprès des Japonaises, apparemment vénales, a pris lui aussi une sacrée claque. En effet, ces dernières continuent de chercher le mari idéal, qui est censé gagner deux fois plus qu’elles.
À l’époque, explique l’économiste, la coutume était de dire : “Même s’il n’est pas très séduisant, il travaille dans une bonne entreprise. Avec lui, tu seras tranquille toute ta vie !”
Or, “le système de l’emploi à vie s’est effondré dans notre pays depuis l’éclatement de la bulle financière, au début des années 1990 et la pratique du mariage à vie qui était soutenue par ce dernier s’est écroulée à son tour”, ajoute Takuro Morinaga.
En s’appuyant sur les résultats d’une enquête sur la structure de l’emploi, une cellule de réflexion a calculé le nombre d’hommes mariés chez les 25-30 ans selon les tranches de revenus. Elle a mis en évidence que plus de 70 % des hommes ayant un revenu annuel de plus de 10 millions de yens (environs 95 000 euros) étaient mariés. En revanche, plus le revenu baissait, plus le nombre de mariages diminuait et, à l’approche du million de yens (9 500 euros), seul un homme sur six était marié.
Ainsi, « le seul moyen pour les laids de rivaliser avec les beaux, c’est l’équilibrage des revenus. La méthode la plus simple est de taxer les beaux mecs qui ont le monopole de la séduction. », avance Takuro Morinaga.
Doubler les impôts des “beaux”, réduire ceux des “laids”
Il propose donc de classer les Japonais en 4 catégories :
- les “beaux”, dont le taux d’imposition serait doublé
- les “normaux” ensuite, dont l’imposition ne serait pas affectée,
- les “moyennement laids”, qui obtiendraient une réduction de 10 % d’impôts
- les laids, qui paieraient 20 % en moins.
« La baisse de recettes fiscales provenant des contribuables laids sera largement compensée parce qu’auront à verser les beaux. Si l’on affecte ce surplus à la protection sociale, le financement des retraites sera facilité et l’avenir du Japon sera plus radieux. », ajoute-t-il.
La beauté serait évaluée lors d’une audience devant un “conseil d’évaluation de la beauté”, ou siégeront cinq femmes, tirées au sort.
Quant à aux femmes, selon l’économiste, celles
« qui séduisent les hommes et les mènent par le bout du nez ne sont pas forcément des beautés. Pour plaire aux hommes et profiter de leurs largesses, c’est la manière – les gestes, les manœuvres – qui compte, plus que l’apparence. Certaines femmes ont l’art de se faire entretenir, indépendamment de leur physique. Pour celles-là, il faudrait que leur revenu imposable soit calculé en fonction des avantages en nature qu’elles reçoivent des hommes. »
Ce n’est pas la première fois que le Japon songe à briser le principe d’égalité devant l’impôt. En 1941, déjà, l’État envisageait un impôt sur les célibataires, rappelle LeFigaro.fr.
AB
Mots-clefs : économiste, emploi, entreprise, fiscalité, japon, japonaises, mariage, natalité, réduction d'impôts, retraites, salaire



[...] Il y a quelques mois, les Japonais se distinguaient déjà avec une proposition insensée mais néanmoins sérieuse d’un économiste dont nous nous sommes faits l’écho sur ce blog : taxer les beaux gosses pour financer les retraites ! [...]
Faisons plutôt la promotion des moches.
http://www.youtube.com/watch?v=SRKxQSRvZRg&feature=relmfu
Bonjour Noemi,
C’est tout l’intérêt d’une telle taxe. En tout cas bravo pour ce clip très drôle !